‹ Institutiones canoniques (volume 2)Chapitre 711 sur 863 · DES VISITES AU PARLOIR · texte numérisé non relu

DES VISITES AU PARLOIR

» compagnies, leur père et mère et les parents du » premier degré s. »

Il appartient à la prudence des supérieurs d'appliquer cette loi avec discrétion et charité. Il peut arriver que les père et mère d'une religieuse soient, comme dit l'Évangile, au point de vue spirituel, ses pires ennemis, et mettent tout en œuvre pour la détourner de sa vocation. Il convient en ce cas d'agir en conséquence, et de protéger la sœur contre la présence des parents par la présence d'une compagne, ayant l'autorité de l'âge et de la vertu.

Si, au contraire, il n'y a rien à craindre pour l'âme d'une sœur de la présence de ses parents, on peut d'ordinaire la laisser seule et sans compagne avec le père, la mère, les frères, les sœurs, les grands-pères et grandsmères.

A moins de circonstances exceptionnelles, on ne doit

» voilà qui est bien rude ! — » Mes filles, lorsqu'il plaira à » Dieu de faire connaître aux » Filles de la Charité le dan- » ger qu'il y a dans les con- » versations avec les hommes, » vous verrez qu'on a eu rai- » son de vous donner cette » règle. » (S. Vincent de Paul, Conférences aux Filles de la Charité, conférence du 23 décembre 1657.)

Combien de fois en effet se vérifient dans les maisons, oîi le parloir est trop fréquenté par les religieuses, les maux si bien dépeints par une supérieure d'un institut moderne :

" II ne faut que deux ou » trois religieuses dans une )> communauté, qui aient ce » mauvais goût dos visites au

» parloir, pour perdre toute » tme maison. On fait part des

• entretiens qu'on y a eus; on

» raconte indiscrètement des » histoires et des nouvelles » peu édifiantes qu'on y a en- » tendues ; on rapporte des » maximes toutes charnelles y> qui y ont été débitées, etc.

» D'abord cela ne se commu- » nique qu'à quelques confi- » dentés, en qui il reste encore » quelque empreinte de l'es- » prit du monde, puis cela » passe à d'autres, peu en » garde contre elles-mêmes : » et par là l'irrégularité, le » défaut de recueillement, » d'esprit intérieur, le goût » pour les vaines dissipations, » les discours frivoles, etc., » traînent insensiblement. »

(Mère Fleuret, religieuse de Notre-Dame, de S. Pierre Fourrier, Guide des supérieures, édit. Rusand, 1826.)

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