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CHAPITRE IL

Réflexions sur la solution des corps et sur leur JbùfUtiL

§ 6. XK>rac{ue Feaa «^introduit parmi lee par^ des d^une substance snsc^ty^le d^étra pénétrée, elle ramollit et la réduit en pâte« La dose de Teau eat^eOe augmentée ? Le corps acquiert toutes les qualités du fluide avec lequel il est mêlé* Suppose»t-on un Toliime d^eau encore plus con^sidérable ? U pourra arriver que la substance se dissoudra entièrement et cessera d^étre perceptible à nos sens. Yoilà pourquoi les chimistes voulant distinguer la dissoludon d'avec le mélangs^ ont pris pour base de leur distinction la transparence du fluide. Ils disent qu'un corps est dksous dans Teaa, lorsque ses molécules sont tellement subtilisées et unies à celles du fluide ^ que la transparence de ce fluide n'en est plus altérée; et qu'au contraire il y a mélange , lorsque Teau est sensiblement troublée par la mixtion des molécules de la substance. Remarquons qu'un très-grand nombre de substances sont sujettes à être dissoutes dans Peau^ et que celles qui résistent à raction de ce fluide , ne peuvent s'y soustraire, lorsque ce même fluide est animé par quelque

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atrtrè principe. A la vérité les chimistes ont rc* connu quelques substances métalliques 0) presque insolubles dans tous les acides , sans en excepter le nitro-muriatique le plus fort employé à la dose de 3 à 4 cents parties ; mais ces substances existent dans la nature en si petite quantité , qu^elles ne semblent pas devoir faire exception à la règle générale que touîÉes les substai^ces sont plus- ou moins solubles dans Teau par le moyen de quelque dissolvant.

§ 7. Nous pouvons à peu près raisonner de la même manière stur la fluidité du feu. Lorsque le calorique sUntroduit en quantité suffisante parmi les parties d^un coi*ps y il détruit la cohésion de ces 'parties, et s^idterposânt entr^elles, les ' éloigne de leur point de contact réciproque. Alors, le corps devient fluide , et dans son mouvement obéit aux lois de la fluidité. Si le calorique continue à s'insinuer dans le corps, les molécules déjà séparées s'éloignent de plus en plus , la fluidité va toujours croissant au point quelle <!orps devient spécifiquement plus léger que Tair , se volatilise, prend la forma gaseuse ou . vaporeuse, et se dérobe à nos sens. La volatilisation - ou Févaporation peut donc être

(i) Tel serait le métal contenu dans la platine , et qui a été appelé osmium, nom dérivé du grec osméy odeur, à cause de la forte odeur que répand son oxide. La chimie doit au célèbre Teqnipit: là découverte 'da cette substance métriiiqoe.

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considérée comme ime entière dissohition d*mie substance dane le calorique. ^

§ 8. Plusieurs physiciens établissent ime dif^ fèrence entre Tètat de gaz et celui de papeur» Ib regardent le premier comme un «état permanent dans* la ten^rature et sous la pression atmo8pbéri<|ue ordinaires: ib considèrent le se* cond comme un état passager et qui ne dure que tout autant que continuent la pression sous laquelle il a été pro<^it, et la température à laquelle le corps doit «son étastificadon ^ pour me servir de Texpression de Pictet, BïbL Brit. poL X. Cependant si Ton réfléchit bien sur lea phénomènes de la chimie , on se convaincra que cette distinction entre les çapeurs et les gax est assez inutile, et que la différence apparenté de Fètat vaporeux d*avec Tétat gazeux dépend des divew degrés Jaffinité qu'ont avec le calorique les substances vaporisables ou gazificables; d'où il résulte seulement que Fétat des premières comparativement à Tétat des secondes requiert une moindre quantité de calorique. En faisant abstrac* tîon de la pression atmosphérique , nous pouvons donc poser, en principe que Tétat vaporeux ou gazeux est produit uniquement par le calorique , en sorte que Teau qui dans notre planète peut se réduire en vapeur, et persévère dans cet état tant que dure la température nécessaire , formerait, par exemple dans mercure, un gaz

élastique permanent. Uoxigèae est converti en gaz par le moyen du calorique, exactement de la même manière que Teau se réduit en vapeur: mais Taffinité de Teau avec le calorique est, sans contredit , bien moindre que celle de foxigène avec le calorique ; d^où il suit qu*uiie moindre dose de calorique suffit pour réduire Teau en Tapeur, tandis qu*il en faut une quantité bien plus considérable pour convertir Toxigène en gaz. Il est par conséquent beaucoup plus facile d^enlever à la vapeur le calorique qui lui donne la forme élastique , que de rédukre le gaz oxigène à Fétat de solidité.

§ 9* U y a dans la nature des substances qui^ au moyen d*une assez petite quantité de calorique, prennent la forme du gaz ou de la vapeur, et redeviennent tolides à des températures peu froides. Une température qui approche du 60 de Réaumur , suffit pour donnw la forme vaporeuse à Tiodine (0, laquelle s^est à peine refroidie au-dessous de ce degré , qu'elle reprend la forme solide sans passer par Tétat de fluidité

(i) Substance ainsi appelée de la belle-oouleur violette qa^ellc {nréienta lonqa*eUft se convertît en Tapeor dans det vaiea dm Terre feni^. On obtieat cette tubitanoe en venant Paoïde maiforique ior les eaux mèret qoi restent après que la soude a été séparée par la lessivation des cendres da varec , c*est à dire des ces plantes marines qui croissent en divers liens de Focéan, «t 5iu*on trpuve priacipafemeiift sur les c6tes de U Monuiadie.

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intermédiaire ainû que le gas ctorînt (t) qui i, à la température d^eurviron téro^ devient solide et se cristallise en perdant sa forme gazeuse. £n général , les diTenes substances solides de la nature, les teires, les métaux W^ les corps les

(I) Tcnie déftvé da pM$ c/#rMf vert, dpnt Daryc*eat9cm pour indiquer cette tubstJince de couleur Tertc^jauoatre que d*4utre« auteur» ont appelée muria ou murigène. Cette mfme •ubaeaace était connue en général tout le nom d*acide muriatiqueoxigétté t st mûfwat D«ry , c'est u» corps jotqn^à présent indé^ composé qui se combinant avec rhydrogène» fonne facido mnriatiquc dans lequel le principe acidifiant nVit déjà plus l^oxigèncy maïs bien Thydrogène. Lorsqu^à racide-muriatique on jobit rom^ène , ee cfo'on peut faire à Paide de Foxide de mangao^se, cot Sxigè&e se combine avec rbydrogèm contenu dut VacidCf forme de Teau et laisse isolée la base de racide-miw riatiqne , e*est à dire la €lorine. Il y a cependant des chimistes <pji prétendent avoir trouvé Toxigène dans racidc-murîatiqueoxigéné, on dans la donne de Davy.

(a) L^ar^nt et Tor exposé* an feu pcoddl par un minnr ardent jettent une iumée copieuse et qui dure asses long-temps. Conmie les corps exposés à cette vapeur prennent la couleur de Vor et de Fargent , ont ne peut pas douter que cette mtee -wâpvm ne toit finméo do parties métallique» volatilisées. Davy m démontré qne le gas bydrogène dissout quelques métaux, formant avec eux un gas métallique invisible; et que si ce gas e*eiiflamme , les substances métalliques sont précipitées en forme de résean solide . sur les parois du vase dans lequel on ftât Texpéneace. Ce hit pomnat. donner quelque honière sur le fhfumkkm m certain et encore si obscur de la chute de mé* téorolkest qnoiqne, d*aprèa Topinion de plusieun i^yaictenst ces eortca de pierret soient regardéca ccome dea fragmens de planètes.

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plus durs , le diamant même (0 peavent être réduits à Tètat de vapeur et encore de gaz* La pression atmosphérique peut 'bien parfois s*opposer à la volatilisation de quelque corps; mais cet obstacle a une limite. Au contraire on ne saurait déterminer le degré de température aur cpiel peut s^éleyer une substance modifiée par Faction énergique du calorique. U n^est point de corps qui, par les degrés de calorique convenables , ne puisse passer à Tétat de fusion , et même de volatilisation, qui est le dernier degré de la fusion. Telle substance, qui dans son état de pureté résiste aux degrés de chaleur les plus intenses que nous soyons en état de produire^ peut être fusible et même volatilisée à un point qui excède les bornes de tout ce que nous connoissons. Plusieurs corps qui résistent à Faction de nos fomeaux les plus ardens , cèdent à Factivitè' d^une flamme animée par le gaz oxigène ^ et nous savons que quelques-uns de ces corps qu^on regarde comme les plus réfiractaires , réduits en • très-petits fragmens et fixés i Fextrémité des filamens du disthène, ont fondu dans les mains de Saussure. Davy a aussi vu fondre

(I) Les expéiien'cet' iaîtet à Rbrence par G&ne in> et qni coitfisuieiit' à expoter le diamant à raction des rayons' solaires concentrés, démontrent la ▼bUdlisatioh dii diamant; et les m^mes expériences répétées par Davy ont confirmé que le diamuit en brCybut fournit seulement le gas «ddc-carbonique pur.

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