CHAPITRE VI
Examm de t(^inion de Dolondeu et de celle de J>€ Luc sur le même sufeU
§ A 3. Doloiniett a tranché toute difficulté et d*une manière bien plus singulière. Rome de Tlale avait imaginé on cfiBBolvant inconnu: Dolofniea ne se contente pas d'admettre cette supposition ^ mais il soutient encore que scuu doute le dissolvant inconnu s'anéantit au moment de la pré* cipitation générale de la matière terrestre , de manière qu'il n'en reste aucune trace ( Voy. /ournul des Mines ^ n.^ d2 ). Si les philosophes les pins circonspects trouvent trop forte l'expreseion sans doute ^' ceux qui font preuve de plus de courage voudront-ils admettre l'idée de l'anéan* tissement? Cependant les raisonnemens de ce célèbre naturaliste méritent d'être examinés avec l'attention la plus réfléchie.
§ 24. Après avoir avancé que dans Tordre actuel des choses la solution n'est pas nécessaire pour la cristallisation ( Voy. §18), Dolomieu en traitant de la première consolidation du globe, croit néanmoins que les madères qui constituent les roches primitives iîitrent retenues en dissolution par un dissolvant qui s'anéantit
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ta moment de la grande précipitation ; ^t il fonde son opinion sur un motif diffèrent de celui adopté par les autres auteurs qui ont suivi la mé* me hypothèse. Voici quel e*t ce motif ; « Quoique y» les molécules isolées puissent s'arranger eatr'elr 9 les indépendamment d'un diss<Avant) les ma- 9 tières qui dans les montagnes primitives ont 9 formé les roches inférieures, par leur position 9 primordiale à toutes les autres, n'auraient pas 9 pu prendre cet état de cristallisation confuse » qui les caractérise ^ si un dissolvant ^ iu mo* 9 ment de leur ibrmatiOii , ne les avait pas dé« 3» tivrées du poids de toutes le» matière^ qtii se 9 sont placées postérieurement sur dksé EUes » seraieiit restées à jamais immdbttcs sons k » pmds qn^elles auraient porté, si par une voie 9 quelconque toutes les matiètiM mpéïicaft^ 9 n'avaient pas été suspendues de manière à 9 emp^her les effets de leur gravitation. Il a » fallu nécessairement une précipitation lente et » successive pour que IM molécules aiient pu se 9 disposer de la manière Ao/ttt on le» voit dam » les gpranits^ dans les marbres sriins et dans 9 toutes les ro<ihes du même genre, avant qu^elles 9 fuÉsent accablées sous la chaîne des couches 9 supérieures^ ^
% 25. Dolomieti conçoit donc toutes les sub^ stances pierreuses du globe tenues en dissolution dans Feau par le moyen d'un dissolvant ; il
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suppose aussi qu'il se fit diverses prèc^îtatioos qui produisirent les différentes, espèces de roches, et que pendant que la première précipitation s'effectuait par suite de Fanéantissement du dissolvant qui donnait à Teau la force de tenir ces matières en dissolution, les autres substances restèrent dans un état de suspension et de dissolution. Il suppose enfin que la précipitation d'une même roche, comme par exemple du granit, s'opéra d'une manière lente et successive. Par la raison que la précipitation de la matière dissoute fut, suivant cet auteur, Tefiet de Fanéantissement du dissolvant qui la tenait comme suspendue dans le fluide aqueux, il faudra nécessairement admettre que cet anéantissement fut pareillement lent et successif. Nous devrons en outre imaginer l'existence d'autres dissolvans capables de tenir en dissolution les roches qui furent formées par des précipitations postérieures^ et encore leur anéantissement au moment de ces mêmes précipitations/ Enfin comme dn distingue diverses espèces de roches primidvés, on ne pourra pas se dispenser de supposer toUtauUnt de dissolvans inconnus et anéantis aux diverses époques des précipitations qui se sont opérées. Voilà une longue série de suppositions byjpothé* tiques qui nous paroissént dénuées dé toute vraisemblance. En effet, concevons «une conti:^ montueuse dans le fond de laquelle git une
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lOche primitive 9 comme, par exemple,, mi granit; à ce granit superposons un gneÎBS , et au gneiss k porphyre ou la serpentine. Diaprés Phypothèse de Dolomieu, ces substances étaient tenues en dissolution dans le fluide aqueux par le moyen d'^un dissolvant: lorsque le dissolvant qui tenait en dissolution le granit vint à s^anéantir, les parties granitiques se rapprochèrent, et se cristal-* lisant, se précipitèrent. Cependant les autres substances restèrent dissoutes dans Teau , et ne se précipitèrent qu*à une épocpie postérieure^ c^est*à-dire , lors de Tanéantissement de leurs dissolvans respectife. Mais si les diverses roches primmves ne sont pas régulièrement superposées les unes aux autres , si au contraire elles alternent quelquefois entr*elles , nous nous trouverons dans un étrange embarras, et nous serons obligés de recourir à une nouvelle supposition, c^est-A-* dire, à des anéantissemens partiels du même dissolvant. C^est ainsi que plus nous compliquons nos raisonnemens pour étayer une hypodièse gratmtement admise, plus' nous nous écartons de la simplicilé des voies de la nature. ' § 216. De Luc dans ses lettres àBlumenbach^ pag. lao, s'exprime ainsi: « Dans Fétat actud » des choses sur notre globe, on chercherait en- 3r vain un menstrue dans lequel nos substances » minérales auruent ,été une fois dissoutes, puis* » que dans Torigine il n'existait que de simples
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3i élëmeor, et que maintenant nous ne voyons » que des composés^ à Texoeption de la lumière » et de Teau les seules substances simple» ob* » servables par nous. » Avec de tels raisonnemens il est bien facile de trancher les difficultés , mais non pas de les résoudre. U n'y a point de motif qui nous porte à croire que le principe dissolvant dont parle De Luc^ fut (4ut6t une substance élémentaire qu'une substance composée: mais dans Tun ou Tautre cas, il semble très* probable qu*on en devrait trouver quelque ves* tige. Suivant De Luc, la lumière et Teau se sont conservées dans la nature; comment se faitHl donc que nous ne puissions plus reconnottre k substance qui communiquait à Teau la faculté de tenir en dissolution la matière terrestre ? Ensuite observons que Feau n^est rien moins qu*une sub* stanee sinqple, puisqu'il est reconnu au contraire qu'elle est un composé d'oi^igène , d'hydrogène et de calorique; et que, d'après l'opinion de De Luc Im-m^e^ c'est un surcomposé résultant d'une base combinée avec k feUi» de manière que^ suivant les principes posés par cet auteor, dans Teaii fluide il y a la base de l'eau , celle du feu et la lumière ( Voy. § 4 ). A la suite du passage que nous avons rapporté ci-dessus. De Luc ajoute: « Il n'y eut d'abord sur notre globe ni menstrue, » ni dissolvende; il s'y forma un assemblage 9 confus dTélémens dans un liquide d<mt Tean