‹ Institutiones géologiquesChapitre 22 sur 151 · LIVRE VKIM. CHâP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE VKIM. CHâP. VI

» était la base; et c^eet de ce premier mélange que > ee séparèrent successivement toutes les sub* » stances. » Les expressions dont se sert ici cet auteur semblent indiquer qu'il abandonne Tidée de la solution, et qu'il penche vers Thypothèse du fluide cahotique de Kirwan , que nous ^exa* minerons bientôt.

§ d7. Pour donner une interprétation plausi*ble aux paroles de De Luc , il faudrait supposer que ie dÎNohrant général qui communiqua à Feau la fieiculté de dissoudre toutes les substances ter^ restree ^ se combina de quelque manière avec celles de ces substances qui fârent précipitées t mais un tel diss^dvant, quelle que fut sa nature, dcfVait nécessaireilient être une substance, et se trouver en très*grânde quantité dans notre globe, puisqu^il fallait que cette quantité fut propop* tionnée à celle de la matière qui était tenue en dissolution; et il semble fort étrange quemidgrè les progrès que nous avons faits en chimie, midgré que nous ayons signalé f existence de beaucoup de ^Ussolvans qui circulent dans la natitre en quantité assez bornée , une substance si ^copieusement répandue ait échappé fusqu^à présent à nos expériences analytiques.

§ a8. Mais De Luc ( Traité élémenmre df géologie ) nous prévient que toutes nos redierche* sar cet objet seraient fort inutiles , parce qu^on ne saorait, dit4l, remonter < par les afiuiîtés

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.» tpécifiqaes conclues de nos expèrieiice*, à un » état de choses qui n*à existé qu'une fois sui » nôtre globe , et qui changea successivement » par les précipitations elles-mêmes. Alors le U- » quide primordial , par des affinités réciproque! > de tous les ingrédiens entr*eux et ayee Peau, » contenait toutes les substances qui se trouvent ai maintenant divisées en quatre masses générales, » nos couches, Tatmosphère, Teau de la mer » et Teau commune. Comment pouvoir recom- » poser un liquide formé de toutes ces substan- » ces, tandis que les ingrédiens élémentaires » dont naissent les affinités, sont maintenant » épars dans des c(Mnbinai»ons que nous sonmies » loin de bien c>^nno(tre. » Ces paroles de De liUc semblent nous autoriser à nous former une idée quelconque^ fAt-elle des plus singulières, de ce fluide primitif qui est Tobjet de' nos recherches; et lui-m^me pour soutenir sonhypo*th^se , s*est Acarté de cette règle qu^il avait sagement établie à la page 6 1 du même traité, lorsque parlant de Tétat de nos contidens dans la première période de leur formation, il dit qu*aussi long-temps « que cet état ne sera pas 3i invariablement et incontestablement' fi^é ^ il » n*y aura rien que de vague en géologie. » Et il ajoute que « la seule route ' de recherches ai sûres à cet égard est Tétude des 'cmuses » actuellement agissantes, et des effets, qd^elles

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> ont déjà produits. » Or si nous examinons aveé attention toutes les causes connues qui peuvent produire la solution et la précipitation des substances terreuses dans un fluide , nous n*en trouverons aucune à Tinfluence de laquelle nous puissions attribuer Tètat primitif du globe.

11 résulte de ce que nous venons de dire, cpie dans les opinions de De Luc , on remarque cette oscillation et cette confusion dMdées qu*on rencontre dans les écrits de tous les naturalistes qui ont voulu expliquer la consolidation primitive de notre planète par les principes de la dissolution et de la précipitation aqueuses. Lorsque dans un système on part d^une hypothèse qui répugne à tous les principes généralement reçus, et qui sont les bases les plus solides de nos connoissances , il est impossible de faire un pas sans . se perdre dans des obscurités énigmatiques, sans tomber dans des contradictions palpables.

§ 29. Supposons que Teau animée ou par un dissolvant inconnu ou par la nature des principes qu'elle contenait, eût la faculté de tenir en dksolution la matière dont se composent à présent les couches terreuses primitives. Une snbstance dissoute dans un fluide ne peut s>n séparer par la voie de la précipitation , que dans Tun des deux cas suivans; savoir, ou lorsque la masse du fluide vient à diminuer, ou lorsque le principe quelconque qui par son influence

facilitait la diisolution de la substance, comme serait par exemple le calorique , un acide ^ se sépare de ce fluide. Gela posé, il est seosîble que la première précipitation qui s*ese opérée dans le globe, du moins autant que nouf pouvons en juger diaprés les connoissances que nous avons acquises, a été celle qui a produit les granits. Mais par suite de quelle force in^ukive , les divers élémens granitiques se sont* 3s séparés du fluide aqueux pour s^unir, pour coopérer à une cristallbation simultanée et corn* mune , et pour former ces couches et ces masses pierreuses ? Est-ce la diminution du fluide ou la séparation du menstrue d^avec le fluide , qui a produit un pareil effet? Peut-être ces élémem d*abord séparés et tenus en dissolution dans ce fluide, se sont-ils précipités aussitôt qu^ib ont pu s*unir, et ont-ib ainsi formé les quarts, les feld«q>aths , les micas , etc. ? Mais encore quelle est la cause qui a déterminé Tunion de ces mêmes élémens qui étaient antérieurement séparés? Les molécules dissoutes dans un fluide ne peuvent obéir à la force de la polarité cristalUfique, que dans Tune des deux circonstances dont nous avoué déjà parié; savoir, ou lorsque le fluide vient à diminuer, ou lorsqu^il perd sa vertu dissolvante; à moins qu^on n*aûne mieux supposer ou que le fluide n*a précisément que le volume nécessaire pour pouvoir retenir pendant

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