CHAPITRE VIII
On ne peut p(is supposer qu'après la cristalUsador^ de la madère terrestre^ Peau se soit retirée vers le centre du globe.
§ 33. Four prouver que Timmense quantité, cTeau nècesraire à la diesolution du solide ter«* restre n'a pu ee réfugier dans rintèrieur du globe ^ il suffit de faire, observer que cette quaor dtè d*eau est représentée par un solide de»
!2^350i)4>^6^^^ lieues cubiques , et que si de ce sofide, on ôte celui de iio,i83,aco lieues cubiques qui représente la quantité d*eau existante dans la nature ( Voy. § 3o ) , il restera un solide de i^s4^,a']^3^6oo lieues cubiques auquel H faudra trouver une place dans Tintérieur de la terre. La masse du globe ^ en retranchant la masee de Teau^ forme un solide de 1^175,22^8^400 lieues cubiques'; et il est évident que dans ce der* nier solide ne pourra jamais être renfermé un solide plus grand, c'est-à-dire, celui de 1,240,2^73,600 lieuQB cubiques. Mais. laettons à Técart tous les calcuk. L'existence : d'un abfme d*eau près, du centre de la terre est une hypothèse contredilse par une foule de raisons qui nous portenit afx contraire à croire que le noyau de la terre doit
être composé d'une matière extrêmement "cows' pacte et pesante. Hutton ayant calculé les observations faites par Maskelin sur rattraction de la montagne de Shehallien ^ en conclut que la densité, de la terre est à celle de Feau comme 4,48 à I. Les observations faîtes par Maskelin en 1 774 furent répétées par Playfaîr et publiées dans la Bibliothèque britannique du mois de décembre 1814. Maskelin avait évalué la gravité spécifique des roches du mont Shehallien^ égale à n^So ^ qui est réellement la densité moyenne des matières pierreuses prises en général; mais cette évaluation est trop foible relativement à cette montagne presque entièrement composée de roches qui ont une gravité spécifique de beaucoup supérieure et qu'oa peut placer entre le 2^64 et le a^8. Playfair, dans son calcul , a pris en considération trois élémens négligés par Maskelin , savoir ^ la variété des roches dont se compose la montagne , la quantité absolue de chaque espèce de roche et la position de chacune de ces roches relativement au lieu où se faisaient les observations. Du résultat des observations et des calculs de Playfair, il suit que la densité moyenne de la terre serait de 4^86. Cavendîsh 8* étant occupé de- la même recherche ^ mais par une autre médiode, c*est-à«dire ^ en examinant avec une balance de torsion à peu près semblable à-celle de Coulomb^ Fattraction réciproque des
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globes métalliques , détermina la raison de 5,48 à i.En prenant la moyenne proportionnelle entre ces deux raisons , nous pouvons évaluer la densité du globe comparée à celle de Teau , comme 5:1. Maintenant si nous faisons abstraction des substances métalliques que nous connoissons et qui sont en très-petite quantité comparativement à la masse du globe , nous nous convaincrons que les gravités spécifiques des terres et des roches qui composent la superficie de la terre ^ sont bien loin de correspondre à cette densité. La gravité spécifique de la barite fulfatée qui est une des matières pierreuses les plus pesantes, est un peu plus de 4 ^ et la majeure partie des gravités spécifiques des pierres et des terres est entre Je 3 et le a. Devant donc nous en tenir à la raison de 5 : i déterminée par les calculs des mathématiciens pour la densité moyenne de la terre relativement à Feau , il convient de dire que la roche qui forme lé noyau de notre globe est {Ans pesante que toute autre qu^on puisse désigner parmi celles que nous connoissons jusqu'à
présent.
§ 34. Ce principe que nous venons de poser, rend très-vraisemblable l'hypothèse que la partie centrale de la terre est une roche d'aimant dont la gravité spécifique étant environ de 7, pour-* raît compenser le défaut des gravités spécifiques des autres substances pierreuses , et servir encore
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à rendre raison si non de tous^ du moins de plusieurs phénomènes magnétiques. La majeure partie des pliysiciens s'accordent à admettre le magnétisme du globe : la question était de savoir si cette force est répandue dans la seule supei^ ficie^ ou si elle est inhérente à toute la masse du globe? Mais les doutes dont cette question pouvait être susceptible ^ semblent avoir été résolus par le voyage aréostatique des MM. Biot et Gay-Lussac^ qui s*étant élevés à 36oo toises audessus de la superficie terrestre , ne remarquèrent aucun chaûgement dans la manière d*agtr de la force mi^nétique ^ qui cependant aurait dû être sensible , si cette force procédait de la superficie: au contraire en la supposant partir de tonte la masse ^ la distance de 3 600 toises il*est qu*une quantité infiniment petite jointe à la longueur du rayon terrestre.
§ 35. Que si.ron voulait avec Dolomieu, supposer la partie centrale du globe encore fluide^ il faudrait alors imaginer un fluide diflSbrent de tous les autres comme serait , par exemple , un fluide métaDique qui ressemblerait au mercure; à moins qu^on n* aimât mieux hasarder une hypothèse tout aussi singulière^ et prétendre que le centre du globe est occupé par une partie de Tair atniosphérique qui communiquerait avec Fair extérieur au moyen des fentes dont l'entier solide terrestre serait sUlonné. Dans ce cas^ la
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leusilé de Tair et sa granité spécifique produites »ar la compression des colonnes supérieures du néme fluide, pourraient s*accro(tre au point requis par les calculs cirdessus mentionnés , puisque let physiciens démontrent que si la densité de Fair au-dessous de la superficie du globe augmente dans la même proportion observée sur la «tuper- Ëcie , ce fluide à la profondeur de 44 milles de 60 au degré , aurait la densité de Tor (0. C^est diaprés cette considération , que Franklin pensa que rintérieur du globe terresti*e est composé d^un fluide beaucoup plus dense que tous les corps que nous connoissons, et que c^est sur ce fluide que surnage la partie solide ( Yoy. Trcmsacdons de Philadelphie^ tome 3, année 1 793 )i en' sorte que si par quelque combinaison accidentelle , un fluide si fortement condensé vient à se dilater , il peut causer à la superficie les plus grands bouleversemens.
Du reste, quelque hypothèse qu^on fasse relativement à Tétat actuel de la partie interne du globe, on ne pourra jamais supposer que cette partie soit occupée par un fluide aussi léger
(1) Si Faîr par Feffct de la compreMion pouvait parvenir à ce degré de denaité dont il eat ici question , nul doute qu*il ne perdit aa Ibnne guenae, et qu'il ne paailt à l'étot de coipa
que Feau , et par conséquent il nous paroit impossible d^admettre au centre da globe un abîme capable de recevoir cet immense ' volume d*eaii qui eût été nécessaire pour tenir en dissolution la matière terrestre , et qui , comme nous TavoDS dit dans le § 33 ^ formerait un solide beaucoup plus grand que celui de la terre.