CHAPITRE X
Les ohserçadons faites jusqu'à présent ne suffisent pas pour démontrer V abaissement du niveau de la mer , depuis les premiers t^mps historiques.
§ 4^« Puisque ]a physique et la chioûe ne uous fournissent aucune donnée pour résoudre le problème de la diminution de Teau^ -ayons recours aux faits, ouvrons les années de Thistoire , et comparons Tétat actuel de la superficie terrestre avec son état antérieur eu remontant à une époque de 3 ou 4 mille ans. Si par ce mo^eo nous pouyions nous convieûncre sans équi* voque et d^une manière sûre,, de la diminution progressive de la mer^ ccnume celle-ci ^t le réservoir général de Teau qui existe sur notre planète, iious aurions une apparence de vérité qui nous autoriserait à penser que la mer primitive ou la masse d'eau nécessaire pour tenir 3n dissolution toute la matière terrestre, a dininué peu à peu. Mais d*ab<M:d Tespacëf ide temps ]u*enibrassent les monumens historiques , a malleureoaement des bornes trc^ étroites : puis de q[uelle sévère critique ne doit-on pas faii^ ^Bàge m interprétant les auteurs anciens ? Pour couloftre si la masse des eaux delà mer a ou n'a
(8 VKTiTtmoirs oimMUïns.
pan diminué ^ les naturafistes 8e 8ont atttçbéf i observer son niveau dans divers lieux. Il eK certain que ce qiveau tend sans cesse à hausser à cause des matières que les eaux charrient dans la mer ou qui y tombent des côtes escarpées, ou bien à cause des ècueils et des fles considérables qui sont Touvrage dès polypes^ on enfin à cause du rétrécissement de la superficie produit par les atterrissemens qui se forment k long des bords, surtout près de rembouchure des fleuves. S*n était donc possible de prouver que le niveau de la mer au lieu de hausser, baisse réellement , on aurait un puissant indice (4 de la diminution progressive de Teau. Mais les observations qu*on a faites pour èclaircir ce point, ont donné des résultats qui au lieu d*étre uniformes, comme il y avait lieu de Tespèrer, vu que les eaux tendent toujours à se mettre en éqniUbre, sont au contraire très-discordans. Il ne sera pas inutile de remarquer qu^il y a des circonstances particulières qui peuvent forcer la mer à s*éloigner d*un lieu , ou à s^avancer vers un autre , quoique son niveau reste toujours le même. Prèa de Fembouchure des grands fleuves.
. (i) fc dît mikê j parce qn'on n*e«t pat ràr de la aobilhé Al iMid de la mer. En eibt, ô ce Ibnd était tufceptible d^éprourer de grand* ébonlemena, Fean ae redrerait dans les cavemeaint^ fieurea du globe , et alora «on ni^ean baiaaendt en xnaoa de h ^aoveslle eapaeîté et de Tteadas ds k snycificîs de k
b retiremeiit de la mer est nècesMirement oensionné par les matières qae les eaux doacei f déposent attssîtât que leiir mouvement eom*mence à ee ralentir par Teffet de la rencontre des eaux marines. En outre la t mer s^éloig^e des Images qin sont fort incUnées -à rhoricon, et i^avance au contraire vers «les endroits :qni sont coapfes i pic et lefs plus exhaussés , • ce qui est bien fiicie à concevoir : ceux*ci sans cesse frappés avec violeiicè par les flots « se détruisent bseasiblement ; Feau s^însiouènt dans les £wtes^ ^agne chaque jour un peu plus d*espace^ et cause ei^ la chiite - des parties élevées , qui renaht à manquer d*appm , croulent nécessaii^ementi Au contraire si les plages sont fort basses ^ k>nqi|è le flux charrié ks matières qui ont été qiportées par les fleuveb, du qui se sont détabhées de divers «utreu sites ^' plus la plage se rapproche du plan horizontal , plus ces matières loiit poussées en avant ^ et résistent par consé-* qùent davantage à la force du reflux qui tend à les rapporter dans la mer. Il s.utt de là. que les pla^ très-basses doivent liattveHeiMilit é*éle« iner ^ s*étendre ^ recevant et consenmnt une plus ^ande quantité de matière, Mïiis ces phénomènes partiels dépendant des circonstances locales^ n*ont iQcan rapport avec- le problème général dont cions chercbcms la solution ^ et c^est sans doote aute do €Oilaidéff«r ce profailme sons sonviéritaUt
^Ô INSTITUTIONS CiOLOQIQVES. .
point de vue , que quelques naturalistes se sont étrangement mépris^ en voulant déduire nn fait général de cpielques phénomènes particulier» qui peurent avoir été produits |>ar de^ causes secondaires^ comme seraient <, par exemple, b configuration des cètes i^ fat disposition îles plages, la proximité de Tembouchure' de(€[uelque grand fleuve^ le voi3iilage d*un volcan doutles én^tioua sont capables dé forcer la mer à se retirer, etc. Jettons maintenant un coup d^oeil sur les obseï^ valions qu^on a fiaiees' pour tâcher de réscMidre la question.
^ 43. Les natàrafistes'du Nord se sont particidièremênt occupés de cet objet i» et suivant Topiniôn de €pielques«*uns d*entr*eux, le niveao de la Baltique baisse continnellement. Gdaius t recueilli plusieurs^ faits historiques à Tappui de cette opinion , et il y a plus de 60 ans que pour résoudre le problème , il fit établir avec beaucoup de soin et de Justesse , quelques sigfiaux «ur les rochers qui dominent la plage maritime de Gefle et de Cftknar. La inéme' opinion fut encrassée par >X^irilerius , Dalin et Linné. Ce dernier ne se contenta pas de la défendre avec beaucoup d^ém- ^ition dans son discours De telluris habitabUis incremenio , mais il s*occiipa encore à déterminer rabaissement du niveau de la mer, qu'il jugea être de 4 à 5 pieds pour chaque siècle. Il fit aussi placer des signaux sur un roeher qui est
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à un qnart de mflle de Traelleberg, pour indiquer quel était de Bon temps le mireàu des'eaax de la mer; Le savant De Buck dans son voyage en ïïorvège et en Lapon je , tom. a^ pagi 278 de rèditîon française , dil: qu^ayàot pris en con-* sidëralion plnsiear» circoâstances reh|tjf?es au même objets et réicueiHi 'lea- renseigneoiêne les plus exacts que lui fournii-ent des ' personnes trè^ instruites , il ue doute nullement de T abaissement dn mivean de la mer dans le:golfe de Bomie : il assure ^'encore <pie deux hafaiies' ingénieurs après avoir en^aminè les * signaux * qiK/ Cekius avait fiut placer , reconnurent que le phënostiène de là difisinntion de reau est confirma par Tobser^ Tation. £bd a ''pareillement tâché de '^pivouver par beaucoi^ de fails et de moiiuuiénihissonqiiesj^ le retir^nent de là mer dans tâvit rhéiniripbèya boréal^ et il -rapporte plusieurs obsërvatiènsf faites par des daturalistes^ et qui semblent établir <[ua le même phénomène a lieu dans Thémisphère austraL Enfin Ptàyfair (Note %i.' de VExoinen dô Ut thème 4k> immJ'Teg^^ comme. détàoatrè qiie 0ar les côtés dTÉcosse i». le niveau de la iaer a été autrefois beaucoup pdOs élevé; D'au aulsre c6té^ Brovallius, Kalin et autres .natorali^tds suédois ont combattu le sentiment de Unoé ;et de Gekius^ et donné en preuve des. ËEpts ^oi sont entièrement contraires. De Luc a; 'Seikteau que la mer Bahiqne :n*a point diangé ,d^ niveau
7» INSTITUTIO» CtOtOGIQTÏES.
cteptiis que léê contrées qui. reflyiromieiiC) oot pris la conformation quelles conservent encore aujourd^huL Le niveau de la mer du Nord da temps de Jules César n a subi aucun changement Ce célèbre capicaine et non moins habile écrivain en parlant de la séparation de ce bras du Shin appelé Va/uU ^ et de sa jonction à la Meqse, indique la distance qu*il y avait alors depuis ce confluent josqu^à la mec.. Le savant Danville ayant vérifié, cette distance^ Ta trouvée conforme à ceDe qui existe Maintenant ^ ce qui prouve qn^il D^èst survenu aucun changcnnent dans le niveau de la mer. 'Quelques grandes voies romainci construites . par ordre d'Auguste -, sous la direction d'Agr^pa, et qui conduisent aux. viHes marîtiasM de la Bdgkpie, sont enqoveii comme éUàë étaient jadis , voisines de la user. On peut voir le Mémoire de Correa de Senra inséré dans ïtL*iBibUûihêque britannique , tom. ia ^ et. ce qu*a écrit sur le même sujet ^ le géographe Malte-Brun dans son Jbrigé de la , géùpti/Me ^ tom* a^ pag. l5S. DetaoÉ ce «fui vient à'élre dit ^ on doit déduire que le retirement de la mer daaa ki paitties' septentrionales de TEurope ^ nVtt poiat démontré avec cette certitude et cette généralité qu'on le croit communément.
' % 44* ^^ résultats des observations faites dans ks' dîmats plus méridionaux semblent au premier coty d^œil plus confonoMs^ et peuvent