LIVRE PREM. CHAP. XI. lOI
fierait inutOe. Kirwan place les principes chimiques dans la masse fangeuse; par conséquent il y admet aussi Foxigène et Thydrogène. De qbelle nature était donc le fluide qui donnait à la masse Tëtat de boue? Cette difficulté a une force égale contre Thypothèse de la dissolution et de la précipitation ^ et contre tout autre système dans lequel on suppose la préexistence de Teau. Si ce fluide est mie substance composée ainsi que cela paroît démontré^ comment pourrait-on conce« Toir son existence à une époque où Ton n^admet que les' seuls élémena ? Nous croyons inutile d* avertir que par élémens nous entendons ces substances qui dans Tétat actuel de nos connoissances, ne peiivent être décomposées.
§ 57. Enfin dans le § 18, nous avons tâché de démontrer que dans Fhypothèse de la fluidité aqueuse ^ les molécules des corps destinées i se cristalliser, devaient être dissoutes daiis Fêau^ ou au moins pour quelque temps tenues dans un état de suspension, et d*équilibre par la vis«* cosité.de ce fluide. Kirwan admet la cristallisation originaire de la matière terrestre dans la formation <l?s roches primitives , et exclud Tidée de la dissolution. Nous devrons donc concevoir les molécules .des corps comme suspendues et en équilibre dans Teau du fluide chaotique. Mais qn* est-ce donc enfin que ces molécules desjdnées à former des solides? Si nous ne coulons point
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nous perdre dans les labyrinthes de la métaphysique^ nous devrons dire qu* elles sont des solides infiniment petits. Dès-lors il faut , ce semble ^ une moindre dose d^eau pour tenir en dissolution une certaine quantité de ces mêmes molécules à Faide d*un dissolvant^ que pour les tenir suspendues et en équilibre par le moyen de la seule viscosité de Teau. Supposons ^ par exemple , une once de terre calcaire ; cette quantité pourra être facilement dissoute dans Feau à Taide d*un acide, et la dose d*eau nécessaire pour obtenir cet effet , sera plus ou moins con* sidérable, suivant la nature du sel qui en résultera. Si Ton se sert de Tacide nitrique ou muriatique , une petite quantité d^eau suffira pour tenir en dissolution une assez grande quantité de terre calcaire: que si Ton fait usage de Tacide sulfurique , il en faudra une plus forte dase^ car la chaux sulfatée est beaucoup moins soluble dans Teau que la chaux muriatée ou nitratèe. Mais si Ton veut que la même quantité de terre calcaire réduite en poussière aussi subtile que possible, soit tenue en état de suspeuMon et d'équilibre par la seule viscosité de Teaft, de manière qu'elle puisse résister à Timpulsion de la gravité qui tend à la précipiter au fond du vase, il faudra une dose d'eau beaucoup plus grande. D'après ce que nous venons de dire, il nous paroît que dans l'hypothèse de Kirwan^
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oa -va heurter contre une diffiraké encore bien plus grave que celle qu^il a voulu éviter ^ c'està-dire, la difficulté de trouver cette niasse de fluide qui serait nécessaire pour tenir en dissolution toutes les molécules terrestres, puisque Tètat de suspension exige une plus grande quantité de fluide que celli; que requiert Tètat de solution.
7f)4 ÏNStiTUTlOliS GÉOLOGIQUES.