‹ Institutiones géologiquesChapitre 37 sur 151 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

§ 58. La difficulté' de pouvoir trouver une masse d^eau suffisante pour tenir en dissolution le solide terrestre, ainsi que le moyen de donner une issue à cette masse d^eau qu^il est nécessaire de supposer dans Thypothèse des neptuniena^ est précisément une des raisons qui suggéra à Bufibn ridée que la fluidité primitive du globe a dû être produite par le feu. Nous croyons avoir déjà démontré la justesse de cette idée par des argumens auxquels on n^a pas encore donné de réponse satisfaisante. On s^est dissimulé la force de ces argumens; on a mis Tesprit à Ja torture pom* entasser hypothèse sur hypothèse ^ et Ton n*a pas cessé de répéter que toutes les roches dont se compose le globe , ont été produites par des précipitations qui se sont opérées dans \ le fluide aqueux : mais comment une hypothèse si compliquée a-t-elle pu être reçue et adoptée par la presque généralité des naturalistes? Les exemples dVne pareille singularité ne sont pas rares dans les sciences. L*autorité de quelques esprits qui jouissent d*une certaine supériorité , entraine presque tbujours rassentiment

ttVRE PHEM. COHCLUSïOir. I05

ie toute Técole. Borné de Tlele, Dolomieu^ Saus* mrc, Kirwan, Verner ont 0(mtenu la flaidité iqueuse primitive du globe; leurs nombreux disciples ont répandu en tous lieux cette dootrine , et les naturalistes Font embrassée. Je respecte ces illustres auteurs qn^on peut regarder comme^ les fondateurs de la géologie i»' et aux importantes recfaerdies desquels cette science .doit surtout ses progrès : maïs ce respect ne m^em* péchera pas de dire avec franchise ce que je pense ^ et de répéter que toutes les hypothèses géologiques qui ont pour base 'la .fluidité aqueuse^ donnent Uen à des difficultés ansuir idntables (i]f. §: 89. Yoyons'donc si Thypothèse de là fluidité ignée est plus coeforme à Tétat aetubl db nos coiinoissànces^ si elle est au^tte à de moindres difficultés \ et! si eHe s^adapte jplus naiureUement à Texplication des' phénomène». -Slle ooncorde du moins avec T opinion d*un grand nombre de philosophes. Je ne paile pas des anc&eiif^ car se serait se* perdre dans le labyrinthe de leurs

(i) Je me flatte qu'on trouvora mon opinion l^ucoi^ plu» modérée que celle âHua célèbre géologue écosêaU^ qui a écrit que le aystême du neptunisme ne peut ^à^ber ^ue poui^ vtt^ tnvenéoii digne de Ton de ce* «iècîet'oû la «aine philoeophie adaptait pas encore paru sur la terre > n'avait pnf a^prié à rhpi|uij^ t[tt'il [i*ett qne le nûnistre et l'interprète de k nature, et ipx ri ne peut étendre la sphère de tes. conooissances au-delà des limites juî, dans l'eut actuel des cWes , lui sont indiquas par l'eraériooos ^t f olMwîaiioa'.' ^ -

doctrinM mystérieuses^ que do Touloir démêler la série dUdées qui conduisit Pline à écrire: JEx^ cedit profecta cmnia miracula ullum iiffem fuisse quo non cuncta confkzgrcuini ( lib. 12 , cap. 10); Justin à assurer que ignis qui cuncta genmt^ cun^

cta possedit ignis prima possessio rerum fuu

qm paulatim exùnctiis sedem terris dédit (13>. a , cap. i); et Heraclite et Hippase de Metapont à enseigner environ six siècles avant Pline, que igrds extincdone uni^ersum hoc creatum est» (Pintarche: De placit. philos, lib. i ). Je m* adresse donc aux modernes , à la tête desquels je trouve Leibnitz. Si les idées peu nombreuses qn*il a émises dans sa Protogsa ^ se ressentent de la rareté des observations de son teosps ^ elles portent du moins Fempreinte de son génie. G^est dans cette source que Tillustre auteur des Époques de la nature puisa ses pensées les plus profondes^ et s^il avait eu à sa disposition^ cette niasse de faits géologiques ^ physiques et chimiques dont nous avons été enrichis^ il aurait considérablement étendu la sphère de nos connoissances ^ rectifié la solution de beaucoup de problèmes^ et reculé les limites d^une science dont il a si bien mérité par Timpukîon que lui a donnée sa séduisante éloquence»

§ 60. ^imagination s^eSraye^ dit Kirwan. lorsqu*on envisage les conséquences auxquelles nous entraîne Thypothèse d^une fusion gén&rak

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