‹ Institutiones géologiquesChapitre 45 sur 151 · LIVRE IL GHAP. XT* X · texte numérisé non relu

LIVRE IL GHAP. XT* X

§ 69. Il n*y a pas de fudion de terres ou de métaux qui ne soit accompagnée du développeaient^ ou pour mieux dire^ de la production de gaz qui forment des bulles. Ces gaz sont le plus souvent ou acidé-carbonique ou hydrogène. Si ees bulles arrivent jusqu'à là superficie \, elles se brisent et se mêlent avec Tatmosphère ; mais si elles n'ont pas la force suffisante pour se dégager du poids de la matière ^ elles ' forment deé vides dans les endroits où elles s'arrêtent. On ne ipeut dans les substances qui sont en fusion, reconaoître la diminution de la chaleur occasionnée par la production des gaz, parce que dé nouvelles parties de cette chaleur y sont sans cesse ^^oduites par Faction continue du feu; mais si par rimagination , nous faisons abstraction de ces4iouvelles parties de chaleur, il nous pàroît ^'une fusion doit se refroidir à mesure que la eMeur dont elle est pénétrée, se combine avec quelqu'aùtre principe auquel elle donne la forme gazeuse.

Dono entre la •impie adhésion produite par la force d*agrégation» et la combinaison chimique, il y a une autre sorte d* union inten&édiaire <{u*on n*a pu encore bien déterminer. La forte chaleur ^it développe en Tenant une suffisante dose d^èau sur quelques mU pulvérisés et privés par le moyen^ du feu , de Teau de crispation, phénomène semblable à celui qui s* opère lorsqu*on éteint de la chaux vive , donne lieu de croire que dans la crisr ^^^^ÎMtion des sels , Teau passe à Téut de solidité.

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8 90. CoiiccvoM donc notre planète dans la première période de son existence , conamc on amas d'élémcns confusément mêlés avec le calorique. A mesure que celui-ci se combina artc les principes qui avaient une plus grande aflimté avec lui, et qu'il devint latent, la températurc sensible de toute la masse diminua, et cette masse se refroidit progressivement. Tant que le calorique fut dans nn état, pour ainsi dire, transitoire, et que par le jeu des aflhûdtéa plœ on moins efficaces , il passait d*une combinaison à r autre, le globe resta dans Fétat de cbaos; ce n'était qu'une masse fluide, qu'un monde qui commençait à se former: mais lorsque le calorique parvînt enfin à se fixer dans les corp» avec lesquels il avait nne plus grande affinité, son état devint permanent, et la terre se refroidit § 91. De Luc conduit par une autre série d'idées, et partant de principes aus^ dii^ns des miens , que le feu peut être opposé a Veau, est cependant arrivé presque au même rèanltst Voici comment il s'exprime, pag. i33 de ses lettres géologiques: « A l'origine de toutes les op^ » rations dont nous trouvons des traces sur la » terre , elle reçut une première quantité de lu- » mière qui produisit dans toute sa masse on » degré de chaleur probablement plus grand » qu'il ne l'est maintenant , mais qui dat néc«- » sairement diminuer par toutes les opératioas

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> auxquelles contribuèrent le feii et la lumièra^i » en se combimmt cfUmiqneinent avec d'autres » substances, et par celles des décompositions t du feu dans lesquelles la lumière devenait libre » et s^échappait. Ce sont aussi les seules couses » par lesquelles notre globe puisse se refrcudir; » car ni le feu , ni la substance qui s*y trouve » unie à la lumière^ ne peuvent pas rabandonner • pour se répandre dans Fespace^ parce qu^ils » sont retenus par la gravité; mais dès que le » feu se combine chimiquement açec (ïautres subs^ » tances , U cesse de produire la chmieur et il » perd encore oe pouvoir lorsqu'il se décom- » pose. « Réfléchissons un peu sur ce passage de De Luc qu^on peut regarder cooune Fauteur qui a soutenu avec le plus de force le système de la dissolution aqueuse primitive dn globe, i.^ U admet Fexistenee du feu élémentaire ou du ealorique, et il lui attribue une £orce de gravité; a.^ il suppose cpie eette substance existait dans le globe, qui par conséquent devait être modifié en raison de la quantité de cette même substance; 3.* de quelle manière, suivant De Luc, le globe s*est*il refroidi ou le feu s*est*il séparé du globe ? En partie , parce que le feu étant entré dans d^autres combinaisons, a cessé de pro^ dmre la chaleur, ce qui dans le langage des physiciens, vent dire qu'il est devequ latent; en psurtie, parce qu'il s'est décomposé. Il ne nous

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paroît pas.qu^il soit nécessaire de recourir à. I^ décomposition du feu, vu rimmense quantité da combinaisons dans lesquelles il » pu se cachei comme nous tâcherons bientôt de ledèmoatrer. - § 92. Faisons maintenant un examen rapide de Topinion d'*un autre célèbre défenseur du système aqueux. M/ La Métherie, tom. 5^ pag. 417 de la Théorie de la terre , dit : « Lors de la crîstal- 3» lisation générale du globe ^ une grande qaan- 3» tité de calorique s*e$t combinée dans les diflR^- '» rentes substances solides qui le composent. 3» Ce calorique ne jouit plus de ses propriétés de 3» produire la chaleur: c'est la première cause du » refroidissement de la masse générale. 3^ Ce sont ici^ comme on voit, les mêmes idées que De Luc a émises , c'est-à-dire ^ Texistence du calorique et le calorique qui devient latent dans ses combinaisous. Je serais bien fâché de hasarder une seule parole qui pût faire douter de Testime que j'^ai pour ces deux savans naturalistes ; mais il me paroît qu'ils tenaient dans leurs mains le fil qui pouvait les conduire à la vérité, et qu'ils l'ont laissé échapper par trop d'attachement au système en faveur duquel ils étaient prévenus. En. raisonnant suri l'état primitif du globe , ils ont bien aperça le véritable principe sur lequel ils auraient dii fonder leurs conjectures ^ mais ils n'ont examinir ce principe qu'à travers une nuée d'opinions va-» gués et indéterminées. Ils ont reconnu la chaleur

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primithre du globe, mais ils n'ont pas donn6 à cette idée le développement dont elle était susceptible ; ils n^en ont pas fait TappUçation qai se présentait naturellement ; et pour ne pas abandonner leurs opinions sur la dissolution de la matière terrestre dans Teau , et sa cristallisa* tioa successive dans le même fluide , ils sofnt tom-* bès en contradiction avec leurs propres principes. En efiPet, si à Tépoque de. la consolidation, de la terre , il y a eu fixation de calorique par suite <)e sa combinaison avec plusieurs autre substances ,• ce calorique a dû encore se développer en^ se séparant de tous les corps qui sont passés de Fétat de fluidité à celui de solidité par le moyen de la cristallisation qui , ainsi qu^on le suppose, i*e8t opérée dans Teau. Il suit de là , que la doctrine - de La Métherie reste enveloppée dans la' même obscurité qui couvre ses. idées sur Fori- ^ne primitive du calorique. Il me semble au contraire qu'il n'y a rien d'obscur,, rien qu'on ne puisse aisément concevoir dans l'hypothèse que je propose v puisque d'après cette hypothèse, il est également facile d'expliquer et l'origine du calorique libre, et de quelle manière il est devenu latent.

§ 93. Quoique les géologues puissent librement ^sposer du temps ainsi que les astronomes ordonnent de l'espace, l'hypothèse de Buffbn épouvanta plusieurs naturalistes, par la raison qu'il

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donnait à Tètat présent de notre globe ^ une antiquité si grande qae beaucoup eurent de la répugnance à Tadmettre. Bufibn concevait le refroidissement de la terre à peu près comme on voit un globe de métal rouge se refroidir^ ce qui n^arrive que par une transfusion progrès* sive de la chaleur* De son temps ^ la doctrine des gaz n^avait pas été si lumineusement développée qu^elle Test aujourd'hui, et Ton était privé des belles théories de "Vilke , de Grawford , de Kirwan, etc. sur le calorique latent et sur la diffi&rente capacité des corps. Dans notre hypothèse , le refroidissement se déduit de la production des gas et de la fixation du caloiic|ne, opération qu^on peut concevoir, si Ton veut, comme ayant eu lieu dans un court intervalle de temps: non que les fluides aériformes se soient dégagés simultanément de tous les pointa da globe ; mais tantôt dans une partie , tantôt dant Tautre, selon cpie leurs bases se rencontraient dans des circonstances qui favorisaient lenr eooibinaison avec les particules du calorique*

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