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LIVRE II. CHAP. XVr. iS'J

gaz et Tatmosphère se formaient^ il est naturel de penser qu'il se développa aussi des torrens de matière électrique ^ laquelle se trouvant hors d'équilibre ^ devint fulminante ^ et par sa rencontre avec les gaz oxigène et hydrogène , occaeionna des détonations^ des explosion»^ et de là, la production de Feau. Les gaz attirés par ce fluide en raison de leur affinité avec lui ^ se séparèrent de Tatmoephère et furent remplacés par d'antres substances gazeuses provenant du globe qui continuait à se consolider. Ueau qui tcmibait sur la superficie terrestre encore incandescente, fut réduite en vapeurs qui se joignant aux autres vapeurs aqueuses produites dans le globe , ac« crurent le désordre de Fatmos{^ère et modi* fièrent le mouvement de Télectricité ; et le jeu terrible de Télectricité fulminante , des fleuves d'eau qui se précipitaient de Tatmosphère , des masses de vapeurs qui s'élevaient de la terre, et des torrens impétueux de gaz qui sortaient du globe, dut continuer jusqu'à ce que toute la superficie consolidée et refroidie , eût acquis un certain degré de consistance et de dureté. Alors les émanations tant gazeuses qu'électriques, ayant cessé ou du moins diminué, les vapeurs s'étant condensées , l'atmosphère se trovant délivrée des substances étrangères , et la masse des eaux s'étant réfugiée dans les parties les plus basses de la superficie , le calme et le repos parurent pour

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la première fois sur la future habitation de rhomme ^ laquelle ne fut plus troublée, que par des révolutions partielles. Ce tableau de Tétat primitif du globe est ^ je Tavoue ^ imaginaire , mak aucune de ses figures ^ q€U>ique idéales , n^est contraire à la nature; toutes me semblent calquées sur les phénomènes dont nous sommes journdlement les témoins ou que nous pouvons observer en petit dans nos laboratoires; en un mot, ce même tableau dans ses divers détails, n^offire lien qui ne corresponde à Tètat actuel de nos connoissances.

§ 96. Il résulte de ce qui vient d*être dit » que je considère Feau comme ayant été produite dans le sein de Tatmosphère qui environnait le globé, à Taide des deux gaz oxigène et hydrogène et par Tintervention de Félectricité. Mais ce fluide a pu aussi se former d*une autre m^-» nière dans Tintérieur du même globe , j^entenda par reflPet du mélange immédiat du gaz oxigène avec le gaz hydrogène. Là où ces deux gaz se seront rencontrés en dose suffisante, dans des circonstances favorables et au milieu de la haute température de la matière terrestre encore incandescente , ils auront en sa combinant ensemble , produit de Teau laquelle se trouvant dans Fétat de vapeur ^ se sera unie à la masse des fluides aériformes. Quelques petites parties de cette eau auront pu rester comme emprisonnées dans les

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CBtrailles de la matière terreetre qui se consolidait , et c'est peut«*écre là Porigine de celle qa^on trouve quelquefois^ quoique fort rarement ^ dana les substances pierreuses qui appartiennent aux fonnatioQS primitÎYes. Nous prions le lecteur de vouloir bien ne pas perdre de vue cette partie de Fhypothèse ^ car les vapeurs aqueuses pro-* doites ainsi que nous Tavons exposé, peuvent avoir joué un rôle dans certaines circonstances de la formation primitive.

§ 97. Nous devons faire observer qu'outre les combinaûsons qui ont donné naissance a Peau , il a pu s'en opérer d'autres dont il sera résulté divers composés; et vraisemblablement ce fut à cette époque que se formèrent plusieurs acides» Si Foxigène et Thydrogène sont les principes acidîfiana, il semble très*probable qu'un grand nombre d'acides aient été produits dans une pé* riode de temps où tous les principes chimiques ^t en mouvement, pouvaient facilement se rencontrer avec les bases qui leur convenaient* Ces acides tant que dura Tétat d'ignition, durent d*abord avoir la forme gazeuse et faire partie de Fatmosphère dont ils se séparèrent dans la «QÎte, et lorsqu'ils vinrent à être absorbés par les eaux. Les acides vu leur affinité avec beaucoup de Stances, ne purent pas rester long-temps dans oa état de liberté , et c'est sans doute de cette époque, que date l'origine d'un grand nombre

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de substances salines. Gelles^i^ou se comlnnèrent aTec les roches qui commençaient à se former, ou furent dissoutes dans la masse de la mer prir mitive et lui communiquèrent cette salure qu elle a toujours conservée , parce que les mêmes comr binaisons qui originairement se sont opérées dans un état d'extrême agitation , ont encore lieu dans le cours paisible et régulier de la nature. Les observations qui ont été faites dans Tobjet d'apprécier Topinion de Facchiani sur la formation de Tacide muriatique dans la décomposition de Teau , et les analyses chimiques ^ spécialement celles de SJaproth et de Vauquelin ^ ont fait connottre que le mnriate de soude et les principes alcalins sont beaucoup répandus dans le règne fossile , et appartiennent encore à ceux de ses produits qui se rapportent aux roches primitives, comme , par exemple , la potasse aux tourmalines; aux feld-spaths, .au lépidelite, à rélaëojithe (fettstein ou pierre grasse de Werner), etc.

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