‹ Institutiones géologiquesChapitre 48 sur 151 · CHAPITRE XVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIL

On examine la question de savoir , si le calorique devenu Uztent dans les nouvelles combinaisçns , était suffisant pour tenir le globe dans tétat de fusion.

... •....' § 98. Scuyant Thypothèee que nous avonè proposée , notre planète s'est refroidie , et de Tétat de fluidité , elle a passé à celui de solidité à mesure que le calorique qui la rendait fluide^ entrant dans de nouvelles combinaisons , est de<- \ena 'latent et a perdu ses caractères sensibles. Mais poiu: que cette hypothèse puisse acquérir le degré de probabilité dont elle, est susceptible^ il est nécessaire d'examiner si les nouveaux pro-* doits qui ont été le résultat de ces diversea combinaisons^ ont été tels et en quantité suffisante ^ en sorte qu'ils aient pu absorber tout ce. calorique qui était nécessaire pour tenir le globe dans l'état de fusiion ou du moins de mol-* lesse? Mais- aVec quelle échelle pourronsHious mesurer cette, quantité de calorique ? Par quels moyens parviendrons-nous à connottre le fuste degré de la fluidité primitive du globe, et à déterminer la quantité des nouveaux produits, et les doses de calorique qui sont entrées dans la

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ocmibitiaiBon de ces produits ? Bien que ce problème ne nous paroisse pas susceptible d'aune solution qui ait pour base des calculs même faits par approximation ^ F état de nos connoissances actuelles nous permet du moins de déterminer si la solution de ce problême doit être positive ou négative.

§ 99. Une livre de phosphore qu'on fait brûler, décompose 24 onces d*air pur , en absorbe Toxigène ^ et dans le même temps il se développe autant de calorique qu'il en faut pour fondre 100 livres de glace. Donc d'utne livre, c*est*à«dire , de 16 onces d'air pur on de gaz oxigène , il deVra se développer mie quantité de calorique suffisante poulr fondre 66 livres, 10 onces, 5 gros et ^4 grains de glace ( Voy. Lavoisier ^ Êlémens de chimie^ tom. i , chap. 9 ). Mais pour abréger le calcul, supposons 66 livres de 16 onces: le calorique contenu danf> une livre de gaz oxigène , suffit donc pour fondre 66 livres de glace. Or une livre de glace pour devenir fluide, absorbe la quantité de calorique <]ui serait nécessaire pour donner la chaleur de 60 degrés de Réaumur ( 75 du thermomètre centigrade ) à un livre d'eau fluide , mais à la température de zéro ; donc le calorique contenu dans une livre de gaz oxigène , est suffisant pour donner la température de 60 de Réaumur à 66 livres d'eau fluide , lùAls froide au degré de zéro.

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§ loo. Diaprés les expériences d'Humbold et de Gay-Lusaac^ la véritable proportion des par«ded qui constituent Tair atmosphérique , semble être de 0^210 de gaz oxigène^ 0^787 de gaz azote (0 et o,oc3 de gas acide-carbonique. Kair, pris sur la mer^ contient un peu plus d^oxigène, et Pair des hautes montagnes en contient moins qae celm pris à une élévation inférieure. Mais pour faciliter le calcul , supposons que le gaz oxigène entre pour un cinquième dans notre atmosphère: il est reconnu que le poids d'une colonne d*air correspond à celui d'une colpnne de mercure de base égale et haute de a 8 pouces^ ce qui donnerait un poids de 2160 livres de 16 ODces pour un pied carré de superficie. Si paivtant de cette donnée ^ on veut calculer le poids de Tatmosphère (^) ^ il faudra imaginer une colonne de mercure haute de aS pouces , et dont

(i) Le professeur Doeberainer d*Jena pense que Tair atmos* phérupie n*esc point un simple mélange, mais qu*il est au contraire une véiitable combinaison chimique des g«s oxigène et ttoce. n prétend que 4' parties de gaz azote forment avec i <roxi|ène ^ Tair commun ; avec 2 du même gaz , le gaz oxide (Tazoce i avec 4 , le gaz nitreux ; avec 6 , T acide nitreux ; avec S, Fadde nitrique. Les parties sont calculées à raison de leur Tolome.

(%) La Métberie ( Théorie de la terre , tom. 3 , pag. i57) s'est <)<%opé de ce calcul, mais il a substitué une colonne de 3a pieds d'eau à celle de a8 pouces de mercure; et il a évalué le Ms de ratmosphére à 90$, a8i , 983, 344, o3i , 680 Uvres de 16 onces la livre.

la base soit la superficie terrestre qu'on évalue à a5,779,900 lieues carrées. Quel immense produit donnerait la cinquième partie du poids d'un semblable solide! St quel énorme accroissement recevrait encore ce poids ^ si Totf calculait la dose de calorique .qui combiné avec Tazote ^ a réduit celui-ci à Tétat de gaz! 11 y a certainement lieu de croire que la formation des deux gaz dont nous venons de parler ^^ savoir ^ Toxigène et l'azote^ qui composent l'atmosphère, auraient suffi pour absorber une dose de calorique quelque grande qu'elle eût été. L'expérience connue du briquet pneumatique démontre que la seule compression que nous pouvons produire d'un coup de main dans un petit volume d'air, est suffisante pour produire une chaleur sensible et allumer lés corps inflammables; si cette chaleur se dégage d'une très-petite quantité d'air par l'effet d'une compression peu considérable , quon imagine, s'il est possible.^ quelle jounense dose se développerait , si l'atmosphère était susceptible d'être réduite à l'état' de solidité!

§ 10 1. Que serait-ce ensuite si l'on calculait le calorique qui est resté latent dans l'eau , et donne à cette eau la forme fluide? La -masse des eaux de la mer a été évaluée ( Yoy. § 3o ) A 55,091,600 lieues cubiques, la lieue de aa83 toises. A cette quantité, on doit ajouter l'eau des lacs, des fleuves, et toute celle qui est eu

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rircnlation soit wr la terre , soif dans l'atmosphère sous la forme de vapeur. Si Peau résulte, comme û le psaroît v de la combustion des deux gaz Hydrogène et oxîgène, quelle immense quantité de ces deux gaz n*àura^t-elle pas dû se coDsmner dans> la formatioti de Teàu ? Dans le § prèo6dé)Dt nous avons cbkSulé par approximation Ja quanâté de calorique contenu dans le gM Dxigène , et les expériences récemment faites par le docteur Clarke , démotrires^ que le mélao^ du gaz hydrogène avec le g^z. o»gène dans l'exacte proportion requise pottr là formation de Feau, contient uir. degré de chidiëur capable de fondre les céipto les plus réfractaires. Oq m*a objecté que comme dainr la ibimation de Peaui^ les deux, gaz dont jef vient de parler^ panent de l'état aériformé à celui dé fluidité ardimnre <, ce changement ne peut s^opérer sans qa'il y ait un développement de calorique ^ et uns qoe ce calorique ne retourne à la masse dont il s'était séparé. Cela est vrai en partie\, maÎB il ne Test pas moins qu'une très-grande tjnantité de ce même calorique reste latent pour donner à Feau: Tétat dé fluidité. Nous avons dit in-ècédemment qœ la glace pour devenir liquide 1 la température: de zéro ^ a besoin d'une chaloir égale au 60 de Réanmur. Selon Rirwaoi , la capacité de Teaa est à celle de la glace ^ Qomme ' : i^ 9 donc -L de capacité coitespond à 60 de

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Rèaumur. En effet, qu'on conçoive un6 masse d'eau et une pareille masse de glace qui soient à la même température : pour que la glace fonde , elle doit acquérir une chaleur égale à 6c degrés de Réaumur; jusques là, elle reste à la température de eéro : mais pendant qu'elle acquiert ces 60 degrés de chaleur, sa capacité s'accroJt d'un ^: donc si un ^ de càpadté correspond aux 60 degrés de Réaumur ^ toute la capacité on H égaleront 600.

§ 102. Supposons maintenant que toutes les substances fluides et gazeuses fussent susceptibles dé se solidifier soudainement e rincoace* vable quantité de calorique qui ' resterait ltt>re ^ ne suffirait-elle pas pour* fondre notre planète ? Hé bien, il semble très-probable qu'un pareil phénomène se soit jadis opéré de la même manière , s*ii est vrai que le calorique esc une matière' sui generis , et une partie essentielle et constitutive de plusieurs substances qui abondent dans le système actuel des choses. Avant que les matières composées existassent, lorsque notre globe n'était encore qu'une masse confïiBe d'élémens simples , le calorique répandu panai ces élémens , devait produire lés mêmes efifets don t il serait maintenant la cause , si se dégageant de tous les corps avec lesquels il se trouve combiné^ il devenait libre et actif. Ainsi pour nous croire autorisés à dire que lors de la première

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période de son exktenee ^ notre globe a été dans on état de fusion ^ il nous sd9^ dé réfléchir qu'U deTiendrait tel maintenant^ si le calorique qui est combiné avec les ' gaz et les autres substances fluide ^ Tenait tout à coup à se rendre libre;. Je prèaunie que cette idée ne déplaira pas i^ ceux qui pensent que notre globe doit être un jour détruit par le feu. Qui sait si dans le cours des causes qui décérminent son état ^ il ne devra pas succéder une combinaison capable de consolider tous les fluides? Le calorique qui dans ce cas deviendrait libre ^ suffirait sans doute pour fondre la terre , et si jamais une pareille cfo^tnaison se reproduisait , daus quelques périodes et à dès époques déterminées, on aurait le ï^nouvellement du globe qui a occupé resprit de quelques phir losopbes.

§ io3. Cependant à moins d*admettre une fiource extrinsèque de chaleur , comme serait , par exemple , . celle qui pourrait procéder d^un très-grand rapprochement du soleil , il n*y a pas lieu de présumer que la terre pût se gazifier ou se réduire à une masse de fluides élastiques, puisqu^à mesure que ceux-ci commenceraient à se former , le calorique libre deviendrait latent , et que la matière réprendrait de nouveau la forme solide. 1\ me semble que les philosophes qui ont conçu notre planète dans son origine comme un composé de fluide gazeux , seraient bien

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enbarrassès pour exjrfiquer comment aurait pu se consumer le calorique devenu libre à mesuse que les bases de ces fluides élâstiqdes se serment folidifiées/, Iokb. surtout qu^on considère que ce eal6riquè était .fovcé d*obèir aux lois de Tatirao tion générale qui Funissâîent au . globe et ne lui perinettaiedt pas. de s^en séparer. Au contraire dans rhypolhèse de la seule fluidité ignée pro* duite par une diffusion de calorique dans la masse de tous les élémens^ on peut dédâîl:e>le refroidissement et la consolidation du globe -^ de la production des fluides élastiques pennanens qui composent Tatmosphère^ et de la fijuition du (Calorique laquelle a eu Ueu soit dans, les fluides élastiques pennanens , sôit dans . les vapeurs et dans beaucoup d*autres sidjRStances. .

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