XVI PRÉFACE
mais qu'on m'accorde rexistence du calorique et j'ose m'engager à expliquer plusieurs phénomènes 9 dont il est bien dif&cile de rendre raison dans toute autre supposition. Que si le calorique n'existe, pas , s'il n'est qu'une modification de la matière , je conviens que tout mon édifice va s'écrouler , et avec lui une grande partie de la nouvelle chimie. Pourquoi donc voudrait-on me refuser L'usage d'un principe dont les chimistes modernes font une application si fréquente et si heu* rente ? H est temps sans doute que ce pria* cipe commence à figurer dans la géologie.
Si l'existence du calorique était démontrée rigoureusement, je ne me bornerais pas à dire que je propose des conjectures; je dirais tout simplement que j'ai fait une théorie , et je suivrais l'exemple de ceux qui ont tenu le même langage , quoiqu'ils aient souvent bâti sur des principes beaucoup . plus incertains. Du reste, les raisons sur les* quelles est établie l'existence du calorique
DE L'AlJTEtJR- XVH
comme substance 5ia generis ^ sont d^une telle force 9 qu'elles suffisent pour le rendre^ très-probable, ainsi que j'aurai occasion de le dire, et j'ai cru devoir partir de l'existence de cette substance, comme du principe le plus conforme à Tétat actuel de nos con* noissances en physique et en chimie.
Dans l'hypothèse que je propose, il me semble que je trouve la solution de trois gtands problèmes ; savoir , i .^ quel a pu être le dissolvant général de la matière terrestre ? 2.^ qu'est devenu ce dissolvant général? 3.^ pourquoi n'aperqoit-on jamais d'empreintes de corps organiques dans les roches vraiment primitives? Les phénomènes qu'on observe dans les roches évidemment formées par le feu , telles que les laves que nous voyons sortir des volcans , m'ont suggéré les réponses qu'on peut faire aux difficultés que présente mon hypothèse.
J'ai laissé à l'eau toute son influence sur la formation des roches de transition et
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secondaires ^ mais à Teau animée par cette :portioii de feu qui ne s'était pas rendue latente en entrant dans diverses combinai* sons , et par ces principes: chimiques qui étaient le produit du développement des ^az et qu'elle avait absorbés. Avec ce système de conciliation (I) 9 j'ai, cru pouvoir éviter les difficultés auxquelles sont sujettes Tune et Tautre hypothèse , lorsqu'on les restreint à un seul principe*, et pe]:suadé
qu'en géologie, les raisonnemens n'ont .au* cune force s'ils ne sont dirigés par les
observations 9 et confirmés par les expériences, j'ai cherché à établir mes conjectures sur cette double base. Au peu
(i) Ua tembUble projet de coalition da fea et de Teaa avait été formé par un célèbre philosophe dans nne ^pieetioa particulière de. géologie > en, sorte qoe je n^ai fait qa*adopter et étendre son idée. Voici ce «pi^écrit Pictet dans le tome 1 8 de la BibL brit, , pag. 86 : tt Dans lu 9f querelle des aciptaniens et des volcanistes »' je '. me . per- .«I suade aisément que les deux parties ont tort par cela. i> seul qu^ils veulent s'exclure réciproquement : a^iU se M coalisaient , ift auraient raison les . uns , et les aotres. »»
DB l'acteur. XEC
a observations que j'ai eu occasion de faire moi-même^ fai joiiit le grand nombre de celles qu'on trouve dans les ouvrages des géologues les plus instruits ; et quant aux'
expériences , f ai eu recours aux plus grands, laboratoires de la chimie de la nature , qui sont les volcans^ Si les expériences doivent servir de guide au philosophe , et si celles qui s'eflBectuent dans les volcans, sont les plus considérables et les plus importantes que nous puissions recueillir, pourquoi ne nous serait-il pas permis d'en faire l'application , lorsque nous cherchons à rendre raison de beaucoup de phénomènes? Je sais bien que j'écris à une époque où l'on ne veut point entendre parler du feu , et que la prévention suffira pour détourner un grand nombre de personiies, de la lecture de cet ouvrage, et mêmepour le faire condamner sans examen , consme fondé sur les phénomènes des volcans; mais les faits que j'expose, existent, et il dépend de ces personnes de les vérifier.