‹ Institutiones géologiquesChapitre 57 sur 151 · CHAPITRE XXm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXm

Digression sur VMkmtide^

§ 143. il pavoît (fae la eutMnenîoii de F Adan-^ tide peut encore écre eonsidëràe comnie Tua de ces grands phénomèneft qa*oa dok aturibuev à rêcroolement de» ca^emea* Lea deusr patsage» du Funée et du dialogue intitulé Cridas ^. dan# lesqueb Platon parle de eette âe^ sont awea connus (i). Je n*ignore pas qu'iin grand nombre

t*l»0^mmmm,mmmm^KmÊm^m^Ê^,mt^

(i) Geox, qui ntont point pntent à leiui mémoimi- oo^ d«fi» poHaget de Ëbiton., seront. p«ut*étie bien. aÎMè* qiit noiM*k» >9portionft ici., Nouti obtenons) avea Mfcf^B«iUy>> qaer Placna «> «cor^ «oient, éaont«it son. aieiil Critiati qaiiinoarat àiltâf^ clef futze^vingt-dîz.aiu^ GelnMi dan» ta jenwMW «roit été intmiiti pv Solon , légpalatent: d^ Athènes. Pkton intmdutt doone dans^ aoip îbflf, on pv&re dTfigypttt qm difair lu Sôl6n : «<1IW némofarw '4|qportent coouaenr voftte.' r^ubliqneirénMat' jadis» anx'^ tÊonàf (Toiie. grande. pniiasne<h,f q»i , sema- da \m mm- àxUmtàqpms- <v«t injustemeni eavsbi*. llEiirogo- et : UAsiau Sni« laaj bindi' àtp cette men, était nne. Ile vïmàm» der IVmbiowehaMx qu^^ fiMis» ^pptlcft QoluÊmtr éRBtreult 9 er c«cte He^ arut' pkis^ d^^ddlicr que la^Lybie et Tkêi» ensemble. Dftnt* cette mftnei tl^ Attàn-tidei iïy asratt desr rois» qm'jo«BMaiettfr^Pi!ine:]g|:snde 'ptâssssftee. . . . di régnadentf.ea* ontrev d'une. pan^ «ir toas^lasopayt cteput»* ULTbir jasqu*en<fii$ypte5 et' de l^âttdr^f sa^mir, da-ctté^dr* rBarope^ jusqa*à.TynMn«k' rdrgnetf dêlétDrS^fittteft^i^êfniétf» tenta de. sonmettre' f^tre-- pa;ys y le--nftlre> ec* totaeiH lét . aotreai proTÎnces situées en. dcjàw des c»leaots'dWafPlJ<i^ oA. af ne

ai 8 IKSTITUTIOUS GÉOLOGIQUES.

de 8avan0 auteurs n'ont voulu voir dans ce faii historique ^ qu^un roman créé par riniaginatiori poétique de Platon , et embelli de toutes les grâces du style. Si cette opinion était réellement fondée ^ toute recherche ultérieure serait inutile. Mais comme le récit de Platon ne présente aucune circonstance qui répugne aux lois de la nature ou qui soit contraire à ces phénomènes qu^on remarque assez souvent dans le cours ordinaire de ses opérations ^ nous croyons qu^il ne sera pas inutile dVxaminer comment ce fait singulier

» commencé leur irruption. Ce fut alon que votre république » se montra supérieure à tous les mortels par la force et par » la yertn . . . Elle triompha de ses ennemis et elle érigea dei » trophées de sa victoire « . . Mais lorsque dans les demien a» temps, il arriva des tremblemens déterre et des inondations J y» tous VOS guerriers furent engloutis par la terre dans tespçce » iTun jour et d^tme nuUi Vile Adantide disparut dans La mer.» Dans le dialogue intitulé Criiitu y Platon reprend le même sujet, et entre dans de plus grands détails; il parle des mines métalliques de File , de la richesse et de la magnificence de ses rois, des monumens publics qn*on y avait élevés , de sa figure et de •on étendue , de ses montagnes , de ses villes et de ses villages, de . son. administration civile et judiciaire , elo. ; puis il ajoute qne «( les Atlantes après quelque temps crurent devenir plos heurem » en accumulant d'injustes richesses , et plus, graaida en acqoérsnt » plus de pnisssance; .la. soif du luxe, et du pouvoir les pora » à dépouiller les peuples , à conquérir les provinces voisines et » ils se répandirent sur la tenre . . . Mais Jupiter, qui voit tout ] » vit la dépravation de ces peuples et résolut de les |Muiir. » Ici finit le texte de Platon $ le reste manque. Le ch&tîment de Jupiter fut sans doute d*abord , , la concpxêtè de Tlle par une natioa étrangère i et ensuite, ta «ibnieiiiton.

UyR£ II. CHAP. XXIII. «19

a pu avoir lieu. Que la narration de Platon soie mêlée , si Ton veut , de quelques épisodes fabuleux ? Gela peut être : nos poèmes contiennent ansei des allégories mythologiques, et ils ne laissent pas que d'avoir un fonds de vérité.

Nous laissons aux érudits le soin de discuttr la question relative à la position de cette île ausei célèbre qu'énigmatique , et de nous apprendre si elle était la même que T Amérique^ comme plusieurs Font pensé, ou quelque île de la mer Glaciale du Nord , comme M.' Bailly a tâché de le prouver avec beaucoup d^ érudition , ou la Suède comme Ta prétendu le suédois Rudbeck , ou enfin comme cela nous paroît beaucoup plus probable et plus conforme aux paroles de Platon, un grand continent environné de la mer et situé .dans les lieux où sont maintenant b lies du Cap-Vert, Madère, les Canaries, les Açores, etc. L'étendue de ce continent ou de cette île aurait été d'environ 800 lieues de Iongaeur sur une largeur moyenne de près de 400 lieues ; d'où il suit qu'elle eût été beaucoup plus petite que la Nouvelle Hollande , à laquelle on donne i"ioo lieues de longueur, et ySo de largeur. Notre examen n'aura donc pour objet que Itt paroles même de Platon qui dit positivement 9«e cette grande étendue de terre sur laquelle avaient régné plusieurs souverains, et d'où étaient orties de puissantes armées , fut engloutie dans

ftao INSTITUtlOirS eiOLOGIQTms.

tespace ctun jour et d'une nait^ et vesta couverte des eaux de la mer.

g 144. ML' BaiUy qui a analyse les paroles de Platon^ passe très-légèrement sur cette dernière circonstance ^ qoi me paroît la plus intéressante; et il croit que File devint inacoesaible à cause de la grande (juantité des: ^aces qui s^y formèveAt à mesure que k* globe se' refiroîdissait vers les pôles : mais à moins qu*on ne r^rde comme entièrement fabuleux le récit dePlaton, et il ne paroît pas que M/ Bailly soit de ce sentiment ^ je ne vois pas qu^on puisse donner une interprétation phis opposée aux paroles du philosophe grec^ qui n'a pas dit que l'ile f\it abandonnée.) parce qu'elle était devenue inhabitable ; il remarque au contraire que cette ile fut submergée non dans un instant ^ mais dans Fespace de ar4 heures^ ce qui semble- indiquer Fécroulement successif des vodtes de plusieurs cavernes qui soutenaient le sol. Il n'est pas nécessaire de supposer une seule immense caverne qui eân la même étendue que toute TUe ^ comme La>-Métiierie semblait pencher à le (ivoire; le même effet pouvait éti^e produit par Têcroulement de plusieurs cavernes contigues^ dont les divisions restées en pied(i)^ corf«spondentf aut

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(i) Peron dans le voyage des découvertes aux Terres australei) dit que dans les lies Canaries on ne trouve pbint de véritable* granits, et que tout 1* Archipel étant exclusivement volcanique»

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Im qui 6ub9Î9tent jencore. La grande oscillation qae TécrooleiDeiit de la première caverne aura occasionnée à la terre ^ ée sera communiquée aux parties les plus voiaiiies ^ et s^il y arak dans celles-ci d^auires «cavernes , récsroulemeDC se sera propagé successivement dans toute Tétendue de» ^des souterrains.

§ 145, On ^ouve une raison aussi sim|^ que DstoreUe de ce grand phénomène dans les eon- Tobions que Ttle dut éprouver par Faction dea Tolcans dont quelques-uns vomissent encore des flsnàmes, tels sont ceux des Açores^ des Canariea et da Cap-Yert. A ces volcans , il faut ajouter ceui qui sont déjà éteints^ mais dont il reste des traces évidentes. Dans Tappeuifice de cet ouvragCi, nous signalerons les principaux de ces mêmes volcans qui ont conservé leur acdvité* Pamii ceux*ci<) celui du Pic de Téoériffe ou de

le» porûMot de TAtlautide dAivent ênppo^^r ou vn contioeot <rooe trè«-g;rande étendue entièrement volcanique, ou que les pvtiet volcaniques de ce continent ont seules échappé à la ca^ taRropbey hypothèses qui tontes deux manquent également de mifcaiblflBce. Mais M.' Es«olar , savant minéralogiste espagnol | a n dans PlU da Fortaventura une loahc priimëve ttéakiqiie | «t H.' De laph a déoonvm dans lé grsad eîrqua de FUe de Fabis if^û regarde pomne uh, ancien eracère^ une antre roebe primî<r Uf e compoiéf d*une baie sfcld-ipadûque qui rcnfenne des grenats (t dei actinotes. liet fonuations calesires et gypseoses de Lan» ceroto et de Forfaarrnuire sont det cenches ssbordoonéet k la ivBMtien des tufs vçUamiqaes (Voy. Honboldt» Milaihn histp* ^'^i pag. 640).-

!t2a INSTITUTIONS GÉOLOGIQUES.

Téide mérite sans cloute une mention particulière M/ Humboldt (Voy. loumal de physique, frimaire^ ah 8 ) nou8 apprend que ce volcan fit une terrible e^cploûon le 9 juin 1 798 : il observe aussi que depuis plusieurs siècles ^ les laves ne coulenl plus du cratère ^ mais qu^elles s*échappent da flancs de la montagne. Le mont Atlas qu^Homèr^ et Hésiode on célébré dans leur poèmes^ qui d^un côté connoissait la profbndenr de la mer^ et de l'autre ^ soutenait les grandes colonne! qui séparent le ciel de la teire, et près duquel étaient situés les Champs Élysées et les jardina des Hespérides , nous paro(c indiquer le Pic dé Ténériffe ; et peut-être le Dragon gardien des jardins .) n*était-il que le symbole du volcan de cette (te? (I). Les Phéniciens ou plus probablement les Carthaginois qui les premiers eurent le cou-^ rage de passer le détroit de Gibraltar^ et de naviguer dans la mer Atlantique^ durent être frappés d'étonnement à Taspect de cette montagne gigantesque , qui ^ comme une immense

(I) Dans la pertonne de Typhon , fils de la Terre , qpit tonÀMait des flanunet de set cent boaches, on ne peut que ie« coonottre rimage allégorique dfun volcan. ApoUodore , Bibl. , Iîy. a , raconte que Typhon eut une fille ( la chimère ), monstre qui Tomissait aussi le feu , et un fils qui était le dragon , gardien de ces fameux jardins , selon le récit de Phéractde cité par le Scoliaste d*Apollonins de Rhodes ( Argo. IV , V , 1396 ). Ce dragon par les atcribnts de la fiuuille à laquelle il appartenait 1 ne pouvait être anssi que le symbole d*an Tolcan.

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