‹ Institutiones géologiquesChapitre 58 sur 151 · LIVRE II. GHAP. xxiii. aa · texte numérisé non relu

LIVRE II. GHAP. xxiii. aa

pyramide de la hauteur dVnviron 1-900 toises, semble sortir du sein de Tocèan ; ils durent en même temps être saisis d'admiration à. la vue de ces îles, fevtunées ^ placées soùs le ' clin^at le plus tempéré ^ et embellies de toute sorte de fruits et '. des plantes les plus rares; Tous les voyageurs qui ont visité ces fles^ ne parlent qu^avec en-^ thoosia^me, de l'extraordinaire beauté des cam* pagnes situées à la base oiccidentale du volcan, et le tabl^iu qu en fait le eélèbire Humboldt , suffirait pour justifier la dénomination de fortunées qu'on a domiée a ces mêmes. îles (Voy. la jRe-laàon historique du voyage , part, i^ chap. 2). Les relations des' anciens navigateurs ayant passé en Egypte;, et de là dans là Grèce, y firent connbttre. le luont Atlas, conuoissance dont la tra* diâon propagée par les chants des poètes^ parvint :jas({Qès aux temps* d'Homère ; et noue lOroyans^ très-probable que les mêmes navigateurs ayant eu commerce avec les . peuples (i) qui Habitaient

(1) On a cm qae le» Gtiancfaes dont parlent Goldberry, Kant, ^ory de S. Vincent, Macartney, etc., sont le» deaceodana det sncient Atlantes ; mais Humboldt assure qu*il est bien prouvé 91'il n*existe maintenant dans ces contrées aucun indigène de. race pure. Dans le i5.* siècle, presque toutes les nations comoicrçantes et principalement les Espagnols et les Portugais al* '^eot chercher des esclayes dans les lies Canaries. Ces îles, ajoute Tauteur déjà cité, étaient alors divisées en une multitude de p«titsi états ennemis les uns des antres, et les nations coni- "^Çantes avaient grandi sain d*eatretenir parmi enx , les guerre»

5124 IKSTITtrriOIiS GÉOLOGIQVIIS.

rAdantide et e'y étaient conservés i^rès la submersion des parties les phis considérables de cette âe , apportèrent aiisâ dans la Grèce la notice de cette grande révolution dont Platon nous a transmis la mémoire*

g 146. Cependant si les desoriptions que les poètes nous ont données de TAtlas^ corresponddent an Pic de Ténériffe, les notions que les géographes nous ont laissées sur cette montagne sont trèfle-incertaines. Ptolomée ^ Strabon et les anciens géographes placent TAths sur la côte occidentale de F Afrique^ où il n*y a aucune montagne d'une hauteur remarquable. Vers le com* nkencement de notre ère^ l<Mrsque les. Bonudns portèrent leurs armes dans la Mauritanie et dans la Numidiei) on donna pour la première fois le nom- d'A^s à la chaîne dfc montagnes, qut^ dans la partie septentrionale de TAfrique, s^étend de Test à Touêst ^ au nord du gprand désert de Sahara. La description qu'en fait Pline dans le liv« 5 ^ chap. i ^ est très-intéressante* Il place

^■...é«M«M*M..«ii^Mi*«*Mi*MVOTW*«iap^«^OTB^a^i^>^M

intestûiei poor profitaur de la.y«iM» des escUrret qui en rétul* ttient. A ce commerce qui avait déjà conaidérablenént affoibli la population des Canaries , il faut joindre les rapines des pirates 1 et surtout les langues calamités qui furent la suite de la conquête de ces Iles par Alonxo de Lttga. Le peu de Guaaohee qui restèrenti^ toent détruiu en gjnnde partie l'an 14941 pw la fameuse peste appelée la modorra , qa*oa croit avoir été occasionné# par le grand nombre de cadavres que les fispagnoU laisièreat «reposés en pleia air «près la batailla de la l^gaMU

LITRE lu CHAP. xxiir. saS

f Atlas dans l'Afrique i» au milieu des «ables, rappelle fabulosissimum et lui attribue les carac-' tères que les poètes grecs avait donnés à la mon-* tagne du m^ne nom. Mais Humboldt demande* ( Voy. Tableaux de la nature , ouvrage dont j'ai' tiré une grande partie des notices qui précèdent )' comment les Komains purent se persuader d-avoir. troQvè dans une longue chaîne de montagnes^ le mont isolé cTHomère ^ d*Hésiode et d*Héro»^ <)ote? U croit que cela est arrivé par une illu-*. lion d'optique qui fait qu'une chaîne dé montagnes vue de profil ^ dans le sens de sa largeur^' semble un pic détaché. L'Atlas près de Maroc étant toiijours couvert de neige ^ doit avoir au moins 1800 toises de hauteur; il est donc possible que les Romains n'ayant observé que -cette partie \) lui donnèrent les caractères et la dénonioation de TAtlas des poètes ; mais il nous paroit que leur illusion aurait dû ce^er\) lorsque» pénétrant dans Fintérieur de la province ^ ils purent parcourir et reconnoitre la base de la

iQontagne.

§ 147. L'hypothèse de Goldbçrry' sur F Atlantide nous parott aussi vraisemblable qu'ing|feoieuse. Cet • auteur prétend que la chaîne actuelle» ^ FAtlas d'Afrique s'étendait autrefois jusqu'à ^Atlantide qui par conséquent était alors unie, au continent ;• que cette contrée par suite de quel- <Itte catastMph'e fut i séparée de la terre ferme ^

TQmt /. i5

!i:à6 INSTITUTIQUS GEOLOGIQUES.

et resta isolée comme cela est arrivé à la Sicild et à r Angleterre^ qui ont été détachées, Yuat de ritalie et Tautre de la France; et qu^alors cette même contrée prit la dtoominadon d'île ^ retenant le nom d'Adantide. Celle-ci serait donc TAtlantide de Platon. Des révolutions postérieure» font morcelée en faisant écrouler beaucoup de ses parties. Dans cette hypothèse , les montagne» des , tles Canaries ainsi que celle de Ténériife , auraient été des branches d^une même cbaine, et auraient conservé le même nom, même après les révolutions par lesquelles le peu de parties de cette malheureuse contrée qui restèrent ea pied, furent séparées de l'Afrique, tandis que les autres s'affaissèrent dans les cavernes souterraines , et furent couvertes des eaux de la mer. Du reste, les îles Canaries sont toujours considérées comme appartenant au continentd'Afriquer et oflrent partout les traces bien décidées et bien caractérisées d'anciens déchiremens, et Fempreinte des catastrophes qui ont bouleversé cette partie du globe. Sans parler des autres bouches ignivomes , le seul volcan de Ténériffe était biea capable de produire les plus étranges révoludous, et d'étendre èes ravages sur tous les lieux qui se trouvaient dans la sphère d^activité. Si nous pouvions juger de l'intensité d'un volcan, par l'étendue de son cratère, quelle force ne pourra-l«on pas attribuer à celui de Ténériffe donc

UY&E II. CHIP, xziii. aa7

Jancien cratère , toivant les mesures prises par Escolar , et rapportées par Gordier, devait avoir VA lieues carrées de superficie.

Concluons avec Goldberry^ que la tradition dei Atlantes d* Afrique et de T Atlantide , tradition qui s^est conservée sans altération pendant le cours de tant de siècles, et qui ne répugne point aux phénomènes de la nature, ne paroit pas devoir être rejetée en entier, ni confondue ûbicurément avec des allégories et dès fables.

Page 1