‹ Institutiones géologiquesChapitre 60 sur 151 · LIVRE IL GHAP. XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE IL GHAP. XXIV

dire, étouffés , et ne pouvant exercer leur force expainive, ils se sont transformés en matières solides. Ainsi en passant de Fétat aérifonne à Fètat concret , ils ont restitué à là masse générale ces particules de calorique par lesquelles ils avaient été gazifiés , et leur formation a été instantanément suivie de leur décomposition. Ce cpi est arrivé à ces' gaz, on peut Tobswver en petit, lorsqu'on brûle de la poudre à canon à^s un réc^>ient parfaitement fermé , et dwt les parois ont une solidité-suffisante pour résister à la force qu^elle déploie. L'inflammation' de la poudre produit des gaz élastiques; mais si Tévaporation de ces gaz est retardée pour peu- d'instans, ils se transforment en une matière solide, dure, compacte, qui s'attache fortement aux parois du canon, et n'en peut être détachée qu'à l'aide du foret (Voy. Y 'Expérience de Jtumford sur la force de là poudre ^ vol. 10/ de la Bibl.brit.). Il est donc très-probable que le refroidissement de la partie centrale de la terre n'a été ni tu-^ moltueux , ni violent ; les combinaisons dans lesquelles le calorique libre de là partie centrale est entré, se. sont opérées avec lenteur, et à mesure que le calori<pie lui-même a pu se propropager dans les parties les plus ' voisines de la superficie où le développement des gaz était plus faeile..

aSo INSTITUTIOKS GÉOLOGIQUES.

§ 149* D^un pareil refroidisseiuent produit aireé lenteur^ et par le moyen d^une transfusioa progressive des parties calorifères , il devait résulter UQ plus grand rapprochement des parties , et par conséquent une matière plus compacte et plus pesante. BufFon pensait ( Yoy. Preuves de la théo* rie de la terre , art. 2 ) que rintérienr du globe est occupé par une matière à peu près semblable à celle dont se compose sa superficie. Un des principaux motifs qui avaient déterminé son opinion^ était que dans le temps de la première formation du globe ^ la matière étant dans Tétat de fusion, devait être homogène, et presque également dense dans toutes ses parties. Mais^ quoiqu^ou veuille admettre que dans la fusion, les substances homogènes sont réduites à un composé égal et uniforme , cela n^empéche pas que dans le refroidissement il ne puisse inter* venir des séparations ; de plus les parties qui se refroidissent lentement , passent à un contact mutuel beaucoup plus intime , et par-là , elles acquièrent plus de densité: au contraire celles dont le refroidissement est rapide, se trouvant gonflées par le développement de quelque gaz, forment des corps plus poreux, et par consé* quent moins denses et moins compactes. Dans 1^ §§ 33 ^^ 34 nous avons exposé les raisons qui portent à croire que les parties internes du globe doivent être formées d^une matière diSè* rente de celle dont se compose la superficie»

UTHE IL CHAF.VXXIT. a3l

§ 1 5o. Cependant la partie centrale da globe pouvait ^tre encore en fusion et incandescente , pendant que la superficie ayant déjà acquis une température modérée^ était propre au dévelop* pement et à Texistence des corps organiques^ Ceci ne paroitra point étrange à quiconque a observé les courans de lave lorsqu*ils dégorgent des volcans. La lave animée do degré de chaleur qae requiert la fluidité , coule tranquiUement «^ mais les scories qui flottent sur sa surfade, ont sans comparaison ^ une bien moindre chaleur. Il m*e8t arrivé deux fois d'être obligé de traverser de petits ruisseaux de lave du Vésuve i^ et de faire quelques pas sur les scories , sans être notablement incommodé de leur chaleur, ce qu'Ua* milton avait déjà remarqué avant moi Sept ans après Témption, fai reconnu en divem lieux ^ encore chaude et fumante la lave du Yésuve dite de la Vetruna^ et qui sortit du volcan en 1785 : malgré cela, dans qnelqoes*unes de leurs parties , les scories superficielles commençaient à se revêtir de lichens. Il ne répugne donc pas d^admettre que quoique la partie centrale de notre globe fdt encore incandescente, sa su* perficie se couvrait et se parait déjà de ccnrps («ganiques. La seule conséquence qu^on pourrait en déduire, c^est que la superficie de la terre a été pendant quelque temps plus chaude qu^eile ne Test à présent , et qu^alors elle a pu favoriser

a3d ^ INSTTrtmOKS CÉOLOCIQtlES.

la propagation de beaucoup d^espèces organique! auxquelles son état actuel ne saurait convenir. Cette partie de la théorie de Buffon présentée 80US ce point de vue , me paroi^t conserver tons •es avantages, et n'avoir rien qui puisse effraye* les philosophes même les plus cif conspeccs et lei plus réservés.

§ i5i. Que si Ton demande -quel espace de temps a dâ s^ écouler avant que la partie centrale du globe ait été entièrement refroidie, et qu'elle ait eu wie température correspondante à celle de la superficie ^ j*observeraî que cet espace de temps a dû ^tre fort considérable. Qu ft me sott parmis de revenir encorp aux lave» de« volcans,' puisqu'elles sont un des plus grands phé* nomènes que. nous puissions observer. Dans le § précédent, }'ai dit avoir trouvé chaude tt dons quelques lieux .encore fumante une lave du Vésuve sept ans après sa sortie du volcan. Dolomieù dans son ouvrage sur les (les Ponces, as- •urè que le grand courant de lave qui sortit de la base de FÊpomée dans l'île d'Ischia l'an i3oi, était encore fumante dans quelques endroits lorsqu'il les visita en 1781. Postérieurement à 179^ |e me suis transporté plusieurs fois dans la mèn^^ île , et je n'ai jamais pu vérifier ce phénomène; mais il n'est pas probable qu'un observa teuc tel que Dolomieu ait pu se tromper sur un fait aussi £BKule à reconnoitre, et. l'on doit avoir égard

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nns doute, à Tin^ervalle de neuf ans qai s^ëtaient écoulés entne set observations et le^ miennes. Si cependant on révoquait en doute ce phénomène qui paroit véritablement étrange, lorsqu'il s* agit (Ton espace de temps qui embrasse qoMre ou cinq siècles, et d'une masse' de matière tasses limitée, nous pouvons assurer comme une* chose certaine que quelques laves de TEtna ont été reconnues eneore^ chaudes et fumantes après un intervalle de vingt-cinq à trente ans. Il semble donc très-probable que pendant fort long-temps la partie interne de notre globe a été animée d'un assez haut degré de chaleur, reste de sa chaleur primitive, qui a diminué peu à peu jusqu'à ce que cette partie interne a eu pris une température égale à celle de la superficie. J'observe , en outre , que nous ne sommes pourtant pas assurés que cet entier refroidissement se soit déjà opéré, quoique toutes les apparences semblent nous porter à croire que la masse terrestre n'a maintenant d'autre chaleur que celle qu'elle reçoit par Faction du soleil (Voy, § 77), abstraction faite des phénomènes qui dépendent des circonstances particulières. Nous prions le lecteur de ne pas perdre de vue c^te partie de Thypothèse. Toutes les raisons que nous avons exposées jusqu'à présent, nous déterminent à penser que l'état primitif du globe fut celui d'une fluidité ignée ; mais il paroît néanmoins nécessaire

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d^admettre riafluenee de Téau dans la détermi^ nation des états postérieurs, comme nous le dirons bientôt. Avec Teau seule on ne saurait rendre raison des phénomènes; il faut que cette eaa soit animée par la chaleur. Mais queUe origine assignerons-nous à cette chaleur? Commenc concevoir son influence et sa manière d^agir? C'est une problème qu*on peut facilement résoudre dans rhypothèse que nous avons proposée.

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