CHAPITRE XXV
De la chaleur centrale du ghbem
§ iSa. Ceux qui ont youlu soutenir la chaleur centrale du globe ^ se sont principalement fondés sur les observations de Gensanne qui as^sure, qu^ayant introduit un thermomètre dana les mines de Céromagny, ce thermomètre qui ^ à rentrée de la mine ^ marquait 2 deerès , au^ dessus du zéro^ monta à 10 degrés à la profondeur de Sa toises ^ et resta stationnaire jusqu^à la profondeur de 106 toises^ à laquelle il monta à 18 degrés et d6mi. Mais La-Métherie (l^éorie de la terre , tom. 3 , pag. 357) remarque avec raison, ou que le thermomètre de Gensanne n^était pas exact, ou qu^il intervint quelque erreur dans Tobservation , ou enfin que ce fait était particulier aux mines de Géromagny, puisque la inéine observation ne s^«st pas vérifiée dans d*autrès souterrains. Dans les mines de $e\ de ^iéfizca en Pologne, à la profondeur de aSo toises^ le thermomètre, selon Guettard , ne monte pas au-dessus de 10 degrés de Réaumur; et dans celles de Joachimstad en Bohême, Monnet a observé la même élévation thermométrique à la profondeur de a8o toises. Cependant selon les
a36 INSTITUTIONS (^ÛLOCIQ0£S.
récentes obeervations dé M/ Trébra, la chaleur | augmente dans les mines à raison d^un degré de Rèaumur ^ pour 1 5o pieds d^approfondissement perpendiculaire. M/ D^Aubuisson qui s* est oc^ cupè du même objet , prétend que la température interne des mines va augmentant jusqu^à 12^ i3 et 14 de Réaumur, mais jamais au-delà; que quelquefois on trouve la même température à diverses profondeurs , et que d^autres fois à une même profondeur ^ on observe des températures diflTérentes. Mais toutes les observations i^ qu^on pourra faire dans les mines donneront ^ toujours des résultats incertains à cause des- mo-^: difications que la température peut recevoir des ^ circonstances particulières teHes que la décom-*t: position des pyrites^ la circulation de Tair^* laiii filtration et l-écoulement de» eaux dont Té vapo-* 111 ration produit toujours un certain degré de froid. »i n suit de là , que tious ne sommes pas en état < de résoudre la question si difficile.de la loi que ^ suit la chaleur dans Fintérieur^de la terre. Il paroit néanmoins que sous la latitude de 40 à 5o : degrés , la température du globe , au moins près i de sa- surface , est constante autour de 10 degrés j de ' Réaumur. , !
' § 1 53. Si les observations thermométriques faites dans les souterrains terrestres^ donnent des résultats peu satisfaisans ^ ceux qu*on a obtenus lorsqu'ofût a examiné les températures de la
LIVKE' II. CHIP. XXV. 287
1er à diverses profondeurs et à diverses latitudes, ne sont- pas moins incertains. MarsigK ayant ibservé la température des eaux de la Méditerraoèe dans les * mois de décembre ^ : janvier ^ février^ mars. et avrils à la profondeur de 8^ 10,^ 18 et 1 10 toises , trouva cette température cons* tante. entre 10 et 11 degrés: mais dans le mois k juin , il remai'qua qu^elle n'était .que de 6 à j degrés. . Les observations de Marsigli furent;; coufirmées par Saussure .qui au mois d'octobre,^ dans les eaux de Nice v à la profondeur de Sootoises, trouva une température de 11 à 12 degrés. D'après .les observations de Phipps et Irwing vers le pôle boréal à la latitude de 29 : So , la température de la mer à la profondeur de 642 toises^ kait - 9 de Réaumur*» pendant que la. tempencure externe .était à peu près + 11 ; et en* ivançant à une profondeur de xooo toises , la température était plus douce, c>st-à*dire, à mviron zéro. EUis ayant fait des observations ians les mers d* Afrique, conclut que la chaleur liminuait à mesure. que la profondeur augmenaût , mai$ que lorsque Ton arrivait à une certainpoint, par exemple à la- profondeur de 6. ou 7 ^nts toises, la chaleur croissait, et jusqu'à miOe ^ises se. conservait autour de 9 degrés de Réau* DOT.. Enfin ^aos le Mémoire, de Péron sur la tem^ptrature de la mer, inséré dansletom. V ^^ 4nnaks du Muséum (f histoire naturelle. de Paris,
a38 INSTITUTIONS GEOLOGIQUES.
on observe que la température des eaux de 11 mer y loin des plages, à quelque profondeur qu^ ce soit, est toujours plus froide que celle de h superficie , et que cette froideur croît en raisoi! de la profondeur, de manière que les profond abîmes de la mer comme les sommets des plu hautes montagnes , sont éternellement glacés même sous Téquateur. On n*a donc encore qa< des données très-incertaines sur les température! des grandes profondeurs de la mer, et les obser vations des voyageurs sur ce point sont très-di» cordantes.
§ 154. Que si nous jetons un coup d'œîl sol les observations faites dans les lacs, nous troui verons une moindre disparité, Saussure et Pictel ont examiné avec beaucoup d*exactitude la tem^ pérature des lacs de Genève et de Neucfaâtel Dans le premier à la profondeur de i5o toises^ ils trouvèrent au mois de février la température de 4 iS; ^ 4 ^^ pendant que la température externe était à a f, celle du terrain voisin du lac à zèroi et celle de l'eau jusqu^à environ 17 toises au^ dessous de la superficie, à 4,^5. Dans le second lac, à la profondeur de 64 toises, le thermos mètre marquait 4 , à la surface du lac 1 8 f ^^ à Fair 19 1, La température des eaux du Lario et du Yerbano , à la profondeur de 4 à 5 ceou toises , observée plusieurs fois et en diffibrentes saisons par Gonfigliacchi ( Yoy. son Mémoire sur