‹ Institutiones géologiquesChapitre 66 sur 151 · LIVRE IL CHAF. XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE IL CHAF. XXVI

§ 157. Telle est Fhypotbèse de Huttonvexpliqoée et soutenue par Playfair. Elle peut fournir des explications assez heureuses pour quelques Phénomènes géologiques ^ comme seraient ^ par exemple ^ la formation des coocheÎB pierreuses ^ kors renversemens , etc. Peut-être le lecteur sera-t-il bien aise de connoître les traits de ressemblance qui se font remarquer entre cette hypothèse et celle imaginée par le jésuite Boschovicb en 177^. Ce savant mathématicien après avoir rapporté un certain nombre d^observations tocs en divers lieux de Fltalie ( Voy. ses lettre» imprimées à Venise )^ conclud que quelques parties de la superficie terrestre sont sujettes à des ffloaYemens qui bien qu^inaperçus ^ ne laissent pas de produire des effets sensibles dans le cours i^ quelques années ( Voy. ce qui. a été dit à ce nijet dans le § 4^ ) ; et il termine les réflexions qn'il fait sur cette importante question , en di* ant: c Je suis persuadé que cette ondulation de la superficie procède de Faction énergique des feux souterrains lesquels font hausser tantoc plus ^ tantôt moins les diverses parties de la croûte de notre globe ^ les plient ^ les courbent ^ les élèvent d'un côté ^ les abaissent de Tautre^ de la même manière que la croûte d'un pain qu'on met à cuire dans un four^ se relève et s'altère dans sa forme , par la vive action de la chaleur qu'elle reçoit et qui

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a> pénètre la masse interne. Je pense donc , con- » tinue-t*il.) que si maintenant il survient de 9 petites altérations continues dans la croûte » terrestre , il a dû , dans d'autres temps ^ s^en » opérer de beaucoup plus grandes 3 en sorte que » d^ajprès ce principe ^ il a pu même sortir des 9» profondeurs de la mer^ d'inunenses extensions 1» de pays qui présentent non-seulement des 9 collines , mais encore des montagnes et des » chaînes de montagnes ; et qu^ehfin cet effet » tout extraordinaire qu'il est ^ a pu être pro- » duit par le soulèvement de ces couches fory> mèes par les dépôts et par le mouvement des 1 » eaux, et distribuées dans une position hori- ' > zontale sur le fond de la mer avec toutes ) » les matières qui s'y trouvaient. » Il serait sans i doute difficile de rencontrer deux hypothèses » qui aient entr'elles autant d'analogie (i). Celle de llutton a suggéré à M/ James Hall l'idée d'entreprendre une série d'expériences pour éclaircir une question tout à fait nouvelle et qui a pour

(1) Si Kirwan avait connu les éeriu de Bosch ovich, religieux jésuite et professeur à Rome en 177^ 9 il ne se serait peut-être pas permis d'attaquer le modeste et savant Hutton avec ces armes empoisonnées qû*il lâsta pour héritage à J. A. De Lnc ( Voy. V Abrégé de 'géologie de ce dernier /imprimé à Paris en 1816); et nous aimons à .croire, que pour Thonneur de la philosophie, De Luc aura emporté ces mêmes armes dans la tombe , afin qu'aucun philosophe honnête n'ait désormais à rougir d^en avoir fait usage.

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tbjet les modifications que la conipreeeion pro-* liait dans la manière <l*agir de la chaleur, expériences qui quoiqu'elles aient enrichi la science de nouveaux faits très-importans , et ouvert aux géologues lin nouveau champ de richesses ^^ sont étendant tombées dans Tonbli, parce que la pré-* lention en faveur de quelques opinions auxquelles il eiit fallu renoncer , a prévalu sur les lumières qu'on eût pu recueillir de ces expériences (Voy. la Description de ces expériences publiées à Genève en 1807 ).

§ i58. Cependant ' quelque lumineuse que pa- Tûi»e dans ses applications la théorie de Hntton ^ eUe oe laisse pas que d'être sujette à un grand nombre de graves difficultés. La première de ces difficultés , c'est que si le couches appelées pri" maires et seamdcUres^ étaient formées de matières déposées dans le sein dés eaux , et provenant de la destruction d'un monde qui aurait précédé, toutes les couches devraient contenir également des traces ou des impressions des corps organiques. Pourquoi donc ne voit-on aucune de ces traces dans les gneiss et dans les schistes micacés, tandis qu'on en remarque un si grand nombre dans les roches secondaires? Yodrait-on supposer dans la formation des couches primaires une fusion plus complète et capable d'avoir détruit les traces des corps marins ? Mais on doit alors faire attention que les apparences et les caractères

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extèriQurE de» roches qui composent cea couches ^ repoussent une pareille suppositioa: en effet, on Yoit beaucoup de pierres calcaires et de marbres coquiUiers dans lesquels la structure spatfaiqne est aussi parfaite que celle du calcave primitif ; et les pierres calcaires de transition, qui contiennent peu de corps marine, dans celles de leurs parties où Ton ii^en voit pas du tout, ne présentent pas un caractère de fusion plus fortement prononcé que cdiui qu^on remarque dans le schiste secondaire où Ton trouve fréquemment les impressions des* '8id>6tance8 végétales. Puis Vexistence d^une chaleur très-intense dans le fond de la mer, est contredite par toutes les observations que nous avons déjà rapportées et qui ont été faites pour déterminer la température du fond de la mer et des profondeurs de la terre, température qui esc de beaucoup moindre que celle qui serait nécessaire pour fondre les matières terrestres et les convertir en couches compactes. Si dans le fond de Tocéan et dans Fkitérieur du globe, il y avait une chaleur d*ttne telle intensité qa^elle fât capable tSe fondre les coitches très-étendues de matières presque infusibles par les moyens ordinaires, nul doute que quelque indice de cette chaleur ne se manifestât à la superficie : et si ce feu central si actif existait depuis un temps incommensurable, pourquoi ne se serait-il pas propagé à travers les substances

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terrestres? La difficulté s'accroît si Ton jette un coup d'œil sur la stratification générale des matériaux terrestres. II n'est pas rore d^ ti^c^ver QDe couche consolidée, de pierre ou calcaire ou ssbloneuse superposée à une couche d* argile* Si la consolidation de la couche supérieure a été prodoite par des émanations calorifères^ comment Targile, quoique plus rapprochée de la cause consolidante, a-t-elle pu ne pas s'endurcir? Dans certaines parties de la masse du globe, le concours de quelques circonstances particulières pourra bien quelquefois produire une cbaleor extraordinaire de laquelle résulteront des phénomènes assez aurprenàns; mais ces phénomènes ne se feront remarquer que dans cette seule partie du globe qu'embrassera l^qr sphère d'activité. Il ne paro(t pas que Kiirwan en Toulai^t réfuta la théorie de Hutton, ait fait usagi? d'un . argiWM^nt bien décisif, lorsqu'il dit qu'une chaleur capable de produire les effets qi^e Un t ton suppoie, né saurait exister dans les entrailles de la terre , puisqu'elle

ne pourrait y être alimentée par la. quantité nécessaire d'aur pur et de matières cooed^ustibLes. Kirwan confond la chaleur avec la combustion: bien que de celle-ci résulte toujours l'autre, il n'est pas moins certain que la nature peut produire, la chaleur sanè le concours de l'air pur et des substances combustibles, £u effet, on sait 1/ten que du frottement des corps durs, de la

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décomposition de quelques substances comme lei pyrites, etc., du mélange de quelques autres^ dément de» degrés de chaleur très-considérable* ^ ainsi que nous les voyons en mêlant, par exemple^ l'eau avec Facide sulfurique; mais tout cela n'autoriee pas à penser que ces productions de chaleur puissent être pennaneiites, générale^ et asseï efficaces pour réaliser les efièto supposés pai Hutton. r r

§ 159. Qu*ori admette toutefois, si Ton veut, cette chaleur centrale, qu'on la suppose encore capable de fondre et de consoUder en couchea les matières terrestres incohérentes, dépo&ées suï le fond de la mer , l'estera toujours à expliquer comment les couches fondues ont pu être soule^ yéci et renversées. La chaleur suffit pour fondre les matières, mais pouries soulever , il faut nécessairement faire entervenir Taction d'une autre aaùBt. On sera donc forcé de recourir à un fluide expansible dont on peut concevoir la force comme mdéfinie. Mais comment ce fluide peut-il se développer sous k masse des couches fondues ? S'il préexifaît, ou si ses élémens se trouvaient réunis au-dessous du fond de la mer , son expansibilité n'a jamais pu rester dans un état de suspension; et cotraùe la chaleur centrale , suivabt Hutton , a toujours existé dans le globe , l'élasticité de cette vapeur n'aurait-elle pas dâ empêcher la formation des couches? Les matières transportée»

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