LES IMPOTS EN ASIE
ment, et ils s'endormirent au lieu même où ils avaient bu. L'homme saisit le moment, et, la nuit étant venue, il délia le corps de son frère, puis, pour les outrager, il rasa la joue droite de chacun des gardes, chargea le cadavre sur ses ânes et reprit son chemin, ayant
exécuté les ordres de sa mère Lorsque l'on rapporta au roi
toutes ces choses, il fut frappé de l'adresse et de l'audace de l'homme. Enfin il envoya dans toutes les villes, et fit proclamer qu'il lui accorderait impunité et bon accueil s'il se présentait devant lui. Le voleur vint plein de confiance. Rhampsinite l'admira grandement et lui donna sa fille en mariage, comme au plus ingénieux des hommes, estimant que les Égyptiens l'emportaient sur les autres mortels, et lui sur les Égyptiens. »
Fig. 32. — Le tribut des vaincus. (D'après un bas-relief assyrien.)
Les IMPOTS en Asie. — Nous avons peu de renseignements sur le système employé pour la perception des impôts dans l'ancienne Asie. On sait que les gouverneurs et les satrapes prélevaient sur les provinces qu'ils avaient à administrer une somme qu'ils faisaient remettre au souverain dont letrésor était très considérable. Les descriptions que les auteurs anciens nous ont laissées sur les richesses des monarques asiatiques dépassent en somptuosité tout ce qu'on pour rait imaginer, et, d'après ces descriptions, on peut croire que les lingots d'or et d'argent accumulés dans leurs palais étaient la forme ordinaire sous laquelle ils percevaient leurs revenus. Cependant il est bien certain aussi que la plus grande partie des impôts se payaient en produits de différentes sortes, et notamment en bestiaux et en denrées alimentaires. Il était d'ailleurs assez difficile qu'il en fût autrement dans un pays où une grande partie de la population
était nomade et dont les troupeaux formaient l'unique richesse. En Assyrie, où l'état de guerre était à peu près permanent, l'impôt était un tribut prélevé sur les vaincus, et de nombreux bas-reliefs représentent des prisonniers qu'on emmène et qui font partie du butin enlevé par les soldats [fig. 22).
En Perse, la monarchie était établie sur des bases plus fixes, et les représentations où l'on voit le payement du tribut ne montrent pas des prisonniers enchaînés qu'ontraîneaprès les avoirdépouillés, mais des personnages marchant symétriquement sous la conduite d'un officier et portant les présents qu'ils vont offrir à leur souverain. Nous avons montré déjà {tome II, fig. 299 à 302), à propos du costume en Perse, plusieurs bas-reliefs représentant des scènes analogues. On sent que les tributs devaient se payer régulièrement, à époques fixes, et on ne trouve nulle part sur les monuments de Persépolis les scènes violentes si fréquentes sur les bas-reliefs assyriens.
Les impots en Gkège. — Une curieuse coupe, qui fait partie du cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, est décorée d'une peinture de style archaïque, qui peut donner une idée de la manière dont l'impôt était perçu chez certains peuples grecs. Cette coupe est désignée sous le nom de coupe d'Arcésilas. Le personnage principal est assis sous une sorte de tente. Ses longs cheveux descendent sur ses épaules et il est coiffé d'un pétase dont la forme rappelle {fig. 23) celle des chapeaux chinois. Devant lui est une grande balance avec des hommes occupés à peser des marchandises. Que ce soit un marchand devant lequel on fait le compte de ses marchandises, ou un roi prélevant un droit sur les objets que l'on pèse, peu importe. Il est certain que les impôts ont été payés en nature, longtemps encore après l'invention des monnaies, et que les princes grecs de l'Asie Mineure, de la Sicile, de la Cyrénaïque ou de la Grèce propre, ont dû de tout temps prélever certains droits sur les produits du sol ou sur les objets manufacturés.
Les impôts étaient de diverses sortes; outre les taxes sur certains genres d'industrie et de commerce, il y en avait sur les citoyens, sur les affranchis, sur les propriétés. Les revenus de l'Etat s'augmentaient encore des amendes prononcées par les tribunaux. Dans la démocratie d'Athènes, on s'est efforcé souvent de faire
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peser l'impôt exclusivement sur les riches. La classe des grands propriétaires, possesseurs de terres, de manufactures ou de capitaux placés dans le commerce, avait à sa charge l'entretien et
Fig. 23. — Coupe d'Arcésilas.
l'augmentation des forces navales de la république. « Lorsqu'un armement maritime était ordonné, dit Robinson dans les Antiquités grecques, chaque tribu devait lever pour sa part un nombre de talents égal à celui des vaisseaux que l'on voulait équiper, et cette contribution était répartie en un nombre semblable de compagnies,