‹ Institutions civiles, guerre, sciencesChapitre 16 sur 86 · VII · texte numérisé non relu

VII

composées quelquefois de seize personnes. Les sommes réunies étaient remises aux triérarques, commandants des vaisseaux. Dans la suite, tout citoyen dont la fortune montait à dix talents était obligé de fournir une galère à l'État, si elle montait à vingt il en équipait deux : on ne pouvait cependant, dans aucun cas, exiger plus de trois galères et une chaloupe. Les citoyens dont la fortune ne s'élevait pas à dix talents se réunissaient en nombre suffisant pour en équiper une. Les archontes seuls étaient exempts de cette taxe, qui pesait sur les citoyens de manière à n'atteindre que les riches. Quiconque pouvait prouver qu'un citoyendont la fortune était plus considérable que la sienne payait une moins forte partie de la taxe pouvait le forcer à faire avec lui l'échange de ses propriétés.»

Les impots a Rome. — Pour établir les charges de la guerre et de la paix suivant les biens de chacun, le roi Servius Tullius avait établi cinq classes de citoyens, composées chacune d'un certain nombre de centuries, et qui prenaient rang suivant la richesse des citoyens qui formaient chacune d'elles. « Si nous devons à Numa nos institutions religieuses, dit Tite-Live, Servius a eu dans la postérité la gloire d'avoir créé nos institutions politiques et fixé cette sage gradation des rangs et des fortunes. Dans cette vue, il établit le cens, opération si utile dans un empire qui devait être aussi étendu ; et au lieu qu'auparavant toutes les charges de la guerre et de la paix tombaient également sur chaque tête, elles furent réglées dorénavant en proportion du revenu. Il institua les classes, les centuries, et fonda sur la base de la propriété cet ordre admirable, qui n'a pas moins contribué à la paix intérieure de Rome qu'à sa gloire militaire. Une loi qui menaçait de prison et de mort quiconque négligerait de se faire inscrire avait accéléré le dénombrement. Quand il fut achevé, Servius ordonna par un édit aux citoyens de toutes armes de se trouver à la pointe du Champ de Mars, chacun dans leur centurie. Là, toutes les troupes s'étant rangées en bataille, on immola un suovétaiirilia, et avec le sang des victimes on fit des lustrations solennelles. Cette cérémonie, par laquelle on terminait le recensement, s'appela la clôture du lustre. Ce premier dénombrement donna, dit-on, quatre-vingt mille citoyens. Fabius Pictor, le plus ancien de nos historiens, ajoute que ce nombre ne comprenait que les citoyens en rtat de porter les armes. »

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