‹ Institutions civiles, guerre, sciencesChapitre 39 sur 86 · LES JEUX SACRES DES GRECS · texte numérisé non relu

LES JEUX SACRES DES GRECS

On a trouvé à Athènes un siège en marbre qu'on croit avoir appartenu à un agonothète des Panathénées. Une table portant une amphore et des couronnes, et un des oliviers sacrés dont l'huile remplissait les amphores destinées aux vainqueurs, sont sculptés sur les côtés du siège dont les supports sont décorés de deux chouettes, l'oiseau de Minerve {fig. 81).

Il y avait quatre solennités très renommées qui avaient lieu dans différentes parties de la Grèce : les jeux olympiques, les jeux pythiens, les jeux néméens et les jeux isthmiques.

Les jeux olympiques étaient consacrés à Jupiter, et avaient lieu à Olympie, en Élide. Nous avons donné, dans le volume La Grèce et ritalie, figure 40, une coupe longitudinale du fameux temple de Jupiter, qui s'élevait près du bois sacré de l'Altys, à l'endroit même où on célébrait les jeux que Jupiter avait institués, disaiton, à la suite de sa victoire sur les géants. D'autres en attribuaient l'origine à Hercule ou à Pélops ; mais leur grande importance n'est pas antérieure au temps de Lycurgue. Les Éléens furent les premiers qui inscrivirent sur leur registre public le nom de leur concitoyen Chorèbe, vainqueur dans la crise du stade. A partir de ce moment le nom du vainqueur servit à désigner chacune des olympiades et prit par là une grande importance dans la chronologie. Les jeux se célébraient tous les cinquante mois, c'est-à-dire deux mois après l'espace de quatre années révolues. La première olympiade correspond à l'an 776 avant Jésus-Christ et le comput des olympiades fut aboli en 395 de notre ère, la seizième année du règne de Théodose le Grand.

La durée des jeux était de cinq jours, mais les prétendants devaient se réunir dix mois avant la célébration des jeux, dans le gymnase public d'Elis, pour s'y livrer à des exercices préparatoires. C'est le sort qui décidait quel adversaire serait opposé à chacun des concurrents et le tour de chacun d'eux pour commencer la lutte. Pour cela, on mettait dans une urne d'argent des petites

Fig. 8i. — Siège de l'agonothète.

boules marquées chacune d'un des caractères de l'alphabet. Comme la même lettre était répétée sur deux boules, chacun des lutteurs trouvait un adversaire dans celui dont la boule portait la même lettre que la sienne, mais ne pouvait pas savoir d'avance quel serait son adversaire. Les hommes qui avaient subi une condamnation n'étaient pas admis à lutter et des peines très sévères étaient prononcées contre toute tentative de corruption. Une couronne d'olivier était décernée aux vainqueurs, qui étaient en outre honorés d'une statue. « Autrefois, dit Pline, on n'érigeait des statues qu'aux hommes qui méritaient l'immortalité par quelque action éclatante; d'abord par une victoire dans les jeux sacrés, surtout à Olympie, où l'on dédiait celle de chaque athlète couronné. Ceux qui avaient été trois fois vainqueurs étaient représentés au naturel et dans toutes leurs proportions. Ces statues se nommaient iconiques. »

C'est aux environs de Delphes que se célébraient les jeux pythiens, qui, suivant la tradition, avaient été institués par Apollon lui-même après sa victoire sur le serpent Python. La tradition rapportait que les dieux eux-mêmes avaient disputé les différents prix, mais qu'Apollon était sorti vainqueur dans tous les exercices. La poésie, la musique et la danse ont eu dès l'origine une très grande importance dans ces concours, qui toutefois comprenaient aussi des luttes athlétiques comme tous les jeux de la Grèce. Une couronne de laurier était le prix décerné aux vainqueurs, les jeux se célébraient tous les quatre ans.

Les jeux néméens, institués par Hercule après sa victoire sur le lion de Némée, avaient lieu tous les trois ans et donnaient droit à une couronne d'ache, plante consacrée aux funérailles et que Ton disait née du sang d'Archémore.

Les jeux isthmiques, institués en l'honneur de Neptune, se célébraient tous les trois ans dans l'isthme de Corinthe. Une couronne de feuillage de pin était la récompense décernée au vainqueur.

Une peinture de vase, placée au fond d'une coupe, représente un juge des jeux en train de couronner un athlète vainqueur {fig. 82). Ces couronnes étaient la seule récompense décernée pendant les jeux ; mais, à leur retour dans leur patrie, les plus grands honneurs étaient réservés aux vainqueurs, particulièrement à ceux qui avaient remporté une couronne aux jeux olympiques. La population se portait au-devant d'eux, on les faisait monter sur

Page 1