L HIPPODROME
un char de triomphe et, au lieu de les faire arriver par la porte de la ville, on faisait une brèche aux remparts pour rendre leur entrée plus imposante. On leur faisait des présents considérables, ils étaient entretenus aux frais de l'État et ils avaient droit aux premières places dans les assemblées publiques et dans les spectacles. Les plus grands statuaires étaient chargés de retracer leur image et les plus grands poètes se trouvaient honorés lorsqu'ils recevaient la mission de chanter leur gloire. C'est à cet usage que nous devons les poésies de Pindare. Le fragment suivant, en l'honneur d'un vainqueur des jeux néméens, nous montrera la manière dont Pindare comprenait le panégyrique d'un athlète : « Mille objets divers excitent nos désirs; mais l'athlète vainqueur dans les jeux solennels ne soupire qu'après nos hymnes, qui accompagnent son triomphe et célèbrent sa gloire. Enflamme donc mon génie, ô fille du Dieu puissantqui règne sur l'Olympe !
fais dans mon chant de victoire couler abandamment de ma bouche de sublimes
accords. J'y mêlerai ceux de ma lyre et ma voix, s'unissant à celle des citoyens d'Égine, chantera dignement les louanges d'Aristoclète, l'ornement de cette île, jadis habitée par les Mirmydons. Pouvaitil plus noblement soutenir leur antique renommée qu'en déployant dans la lutte du pancrace la vigueur de son bras? A combien de coups furieux n'a-t-il pas été en butte dans les vallons de Némée ? Mais la victoire, comme un baume salutaire, a guéri ses blessures et lui a déjà fait oublier les maux qu'il a soufferts. »
L'hippodrome. — L'hippodrome était une arène pour les courses de chevaux et de char comme le stade était une arène pour les courses à pied. L'hippodrome des Grecs présentait de grands rapports dans sa disposition générale avec le cirque des Romains»