LES COMBATS D ANIMAUX
Pline décrit aussi ce genre de combat qui est figuré sur une lampe
découverte à Herculanum. Ici seulement l'homme paraît être
tombé, et d'après la posture que l'artiste lui a donnée, il ne peut
guè re se rendre maître de son ennemi. Cette lampe est d'ailleurs
Fig. i3i. — Combat de taureaux. (D'après une peinture égyptienne.)
d'un travail assez grossier. Des peintures de Pompéi montrent également des bestiaires combattant divers animaux et entre autres
Fig. i32. — Bestiaires. (D'après une peinture de Pompéi.)
des taureaux [fig. 432 et 188). Mais ils sont à pied et l'exercice auquel ils se livrent est tout différent de celui des cavaliers thessaliens dont nous parlions plus haut.
Les Grecs étaient passionnés pour les combats de coqs. Ils avaient des jeux publics où les jeunes gens étaient tenus d'assister, afin d'apprendre par les coqs qu'on peutlutter jusqu'à la dernière extrémité. Le coq tenant une palme qu'on voit sur plusieurs monnaies grecques se rattache à ces institutions.
Pline l'Ancien fait l'éloge du coq en termes pompeux : « Chaque
LES FETES
basse-cour, dit-il, a son roi et chez eux l'empire est le prix de la victoire. Souvent les deux rivaux meurent en combattant. Si l'un d'eux est vainqueur, aussitôt il chante son triomphe et lui-même se proclame souverain.
« L'autre disparaît honteux de sa défaite. Seuls de tous les oiseaux, ils regardent habituellement le ciel, dressant en même temps leur queue recourbée en faucille. Quelques-uns d'entre eux semblent naître uniquement pour la guerre et les combats. Ceux-là ont illustré les pays qui les produisent tels que Rhodes et Tanagre. On assigne le second rang à ceux de Mélos et de Chalcis. »
Fig. i33, — Bestiaires. (D'après une peinture de Pompéi.
Les coqs avaient des maîtres pour les dresser à la lutte. Les spectateurs s'intéressaient tellement à la victoire d'un des deux champions, qu'ils faisaient souvent des gageures considérables. Pendant les guerres civiles d'Auguste et d'Antoine, on faisait combattre des coqs représentant l'un des deux partis et on prétend que le coq d'Auguste était toujours vainqueur. Toutefois cette remarque n'a été faite qu'après la défaite d'Antoine, et on aurait sans doute dit le contraire si la fortune lui avait été favorable. Pour exciter les coqs et rendie leur ardeur plus grande on leur faisait manger de l'ail et des oignons. Souvent aussi on armait leur ergot d'un éperon de bronze.
Les coqs sont représentés sur un assez grand nombre de monuments. Un vase peint du musée grégorien [fig. ^34^) nous montre deux éphèbes tenant chacun un coq qu'ils excitent l'un contre l'autre, et le même sujet apparaît sur divers bas-reliefs. Sur les monuments funéraires, les coqs apparaissent quelquefois comme