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comme un privilège, comme une distinction. Les corps d'auxiliaires étrangers étaient tenus alors dans une situation très inférieure à celle des corps indigènes; ils n'arrivaient à y être assimilés que lorsque leur existence, conservée héréditairement pendant plusieurs générations, avait fini par en faire de véritables citoyens de l'Egypte, comme les Maloï sous le Moyen Empire et les Maschouasch sous le Nouveau. Psamétik désorganisa toute cette constitution de l'armée en donnant aux mercenaires grecs qu'il engageait le pas sur les troupes nationales. La troupe des guerriers indigènes y vit une

Fig. 25o. — Rencontre de deux patrouilles.

violation flagrante de ses privilèges, et deux cent mille guerriers quittèrent spontanément la garnison où le roi les avait à dessein relégués pour aller former des établissements au delà des cataractes. Dès lors, le nerf de la puissance militaire de l'Egypte fui brisé. Les mercenaires grecs et cariens, dont se composèrent en majorité les armées égyptiennes, devinrent plutôt les instruments des rois que les défenseurs de la nation. La rivalité s'établit entre eux et le reste des guerriers, et l'Kgypte fut livrée aux divisions intestines et à l'anarchie. Le jour où l'invasion persique arriva, le pays ne sut pas se défendre, et il sufht d'une bataille pour rendre Cambyse maître de toute la vallée du Nil. »

LES FORTERESSES 195

• Les fortehesses. — Les peintures des monuments nous font connaître la conformation des camps égyptiens. Ils étaient entourés d'une palissade dont un peloton de fantassins gardait l'entrée. La tente du roi ou du général, placée au côté opposé, était entourée de tentes plus petites, destinées aux officiers, et on voit à côté un lion apprivoisé et surveillé par un gardien armé d'un bâton. Les clievaux et les ânes sont rangés avec une symétrie parfaite sur un des côtés de l'entrée principale et les chars occupent l'autre côté en file régulière. Les harnais des chevaux occupent les intervalles, ainsi que ceux des ânes, qui consistent en un bât avec deux

Fig, 25 1. — Patrouille de nuit.

paniers et divers ustensiles pour le transport des vivres. Les exercices des chars et les manœuvres des fantassins s'exécutent à l'entour du camp, où l'on voit aussi des ambulances avec tout ce qui s'y passe. Avec la ponctualité si remarquable dans les peintures égyptiennes, rien n'est omis : ainsi on voit des soldats malades auxquels le médecin administre une potion, et des ânes malades pansés par les vétérinaires. De l'autre côté, parmi les recrues qui s'exercent, on voit un soldat indiscipliné qui subit sa peine et des officiers qui font leur inspection.

Les patrouilles circulaient continuellement autour du camp et des forteresses. La figure 2^7 nous montre une patrouille, où les soldats sont armés de javelines. Elle est commandée par un officier qui porte un petit sabre recourbé. Le même sabre se voit sur des personnages représentés sur les figures 2A8 et 2^9^ mais ici une

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