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partie des soldats qui forment la patrouille sont des archers

La figure 250 montre la rencontre de deux patrouilles : on voit les officiers croiser leur épée en se demandant le mot d'ordre. Dans la figure 251 nous voyons une patrouille de nuit, circulant avec une lanterne que tient un des guerriers. Pour se faire une idée de la régularité qui présidait aux manœuvres, il suffit de regarder le carré d'infanterie pesante, assez semblable à la phalange macédonienne, que nous avons reproduit figure 233.

M. Prisse décrit ainsi une forteresse située au nord du village de Kouban dans la Nubie : « Elle consistait en une vaste enceinte carrée d'environ cent mètres de côté, formée par d'énormes murs en briques crues, bâtis en talus et soutenus, de distance en distance, par des éperons ou contre-forts assez saillants. Cette enceinte régulière était percée d'une porte au milieu de chacun de ses murs. Les portes du nord et du sud étaient protégées uniquement par le fossé sur lequel s'abattait probablement un pont-levis, à en juger par les massifs de maçonnerie qui bordent la berge du côté de l'entrée. La porte de l'est, qui débouchait sur le désert et se trouvait la plus exposée à l'ennemi, était plus large que les autres et défendue par une tour qui flanquait le fossé. Enfin la porte de l'ouest, c'est-à-dire du côté du Nil, semble avoir été précédée d'une construction dont on voit encore quelques colonnes. Un fossé de huit mètres de large, séparé du mur par un terre-plein ou chemin de ronde, entourait les trois principaux côtés. Les fossés semblent avoir jadis communiqué avec le fleuve, et s'ils n'étaient pas constamment remplis d'eau, ils étaient susceptibles d'être inondés au besoin. On voit encore, à l'extrémité de la muraille méridionale, un conduit ou aqueduc souterrain bâti en grès, qui servait à conduire l'eau dans la place. Tout l'espace que renfermait cette enceinte est couvert de ruines de maisons bâties en briques, au milieu desquelles on remarque plusieurs tronçons de colonnes en grès et quelques portions de conduites d'eau. A l'angle oriental se voient les restes d'une rampe menant au sommet des murailles, qui, élevées d'environ dix mètres, présentent une longue plate forme de trois mètres de large; elles étaient probablement garnies de créneaux. Cette forteresse, bâtie pour arrêter les incursions des nomades sous les rois de l'ancienne monarchie, est extrêmement remarquable sous tous les rapports. Elle présente, comme les meilleurs camps romains, un système de défense qui permettait de résister à une longue attaque.

LES FORTERESSES

Bien conservée après tant de siècles de durée, elle offre le plus beau spécimen des fortifications permanentes des nnciens Égyptiens, »

Parmi les nombreux monuments figurés qu'on a retrouvés dans les ruines de Thèbes, il faut signaler le siège d'une ville dont on escalade les murs, au pied desquels sont des machines de guerre soutenues par des soldats qu'elles cachent de manière à n'en laisser voir que les pieds. Des soldats qui ont pu approcher la muraille à l'abri de ces machines gagnent une échelle appuyée contre la muraille ; les combattants y montent, mais ils ne se servent pas seulement de l'échelle, car ils saisissent, pour se maintenir, les joints de pierre qui forment les murs du fort. On en voit même dont les pieds reposent entièrement sur ces joints, ce qui est difficile à expliquer, à moins que les assises ne fussent en retraite les unes sur les autres. Le fort, qui comprend plusieurs tours, est couronné d'un étendard percé de flèches, et on voit que le combat est déjà engagé dans l'intérieur, car des corps d'hommes sont précipités du rempart. Une de ces tours paraît être la tour maîtresse, car elle est beaucoup plus grosse que les autres. Les boucliers que portent les assiégeants sont arrondis seulement dans leur partie supérieure, tandis que les assiégés en ont qui sont complètement ronds ou de forme rectangulaire. Au pied du fort, des soldats lancent des flèches sur les soldats qui le défendent, et la lutte, engagée partout, semble encore indécise. Mais le roi, de stature colossale, arrive sur son char et tout fuit à son approche : le roi égyptien est toujours représenté victorieux

On voit en effet sur les monuments des représentations de citadelles entourées de fossés remplis d'eau. Le roi d'Egypte est presque toujours ligure à l'attaque des places fortes : c'est en vain que des hommes armés se défendent du haut des tours. Rien n'arrêtera l'impétuosité du Pharaon. Du haut de son char, il foule sous les pieds de ses chevaux les morts et les vivants et décoche sur la ville ses flèches meurtrières, et la fuite précipitée de ses ennemis ne les empêchera pas d'être atteints.

La même donnée se trouve reproduite avec diverses variantes, et le Pharaon paraît toujouis comme l'invincible héros auquel rien ne peut résister. Des élrangers assiégés dans une forteresse, élevée sur une montagne, sonl, malgré leur position, si vigoureusement atteints par le Pharaon, qu'ils ne songent plus qu'à demander i;ràre. Une femme placée sur le haut des remparts élève son petit enfant dans

LES FORTERESSES

ses bras pour implorer la pitié du vainqueur^ et le désespoir a paralysé partout la résistance. Cependant le Pharaon, d'une taille gigantesque et monté sur un char de guerre richement décoré, lance ses flèches impitoyables contre les assiégés {fig. 253).

L'armée navale. — La mer, émanation stérile de Typhon, le mauvais principe, était pour les Égyptiens un sujet d'horreur. Cependant le besoin de défendre les côtes a dû leur inspirer de bonne heure le désir d'avoir une flotte capable de porter des combattants. « Sésostris, dit Diodore de Sicile, fit équiper une flotte de quatre cents voiles, et fut le premier prince de ces contrées qui fit construire des vaisseaux longs. »

Les vaisseaux égyptiens que nous voyons figurer sur les monuments se distinguent par leurs proues décorées d'une tête de lion : ils sont pourvus d'un rebord assez élevé dans lequel on a pratiqué des trous pour laisser passer les rames. Les mâts et les voiles qu'on voit sur ces navires prouvent qu'on ne se contentait pas de l'action des rameurs. Tout en haut du mât, qui se termine en fleurs de Ictus, on voit un personnage qui, placé dans un poste où il peut apercevoir au loin, a sans doute mission de signaler les écueils, ou de surveiller les mouvements de la flotte ennemie. La forme de ces bâtiments est d'ailleurs très différente de celle des barques d'eau douce qu'on voit naviguer sur le Nil.

Dans les plus anciennes barques égyptiennes, l'aviron-gouvernail est remplacé à l'arrière par des matelots qui dirigent la marche au moyen de longues rames [fig. 254-). Les rameurs ont été de tout temps très nombreux sur les navires égyptiens, mais cela n'empêchait pas la voilure. Les barques de guerre sont pourvues d'un seul mât portant une longue vergue sur laquelle est carguée la voile. Au-dessus de la voile est quelquefois une espèce de niche en forme de cône renversé, où se tient une vigie pour faire les signaux. Ces navires, qui ne semblent pas avoir été en état de supporter une navigation au long cours, étaient munis de cordes à crochets pour saisir les embarcations ennemies. C'est ce qu'on voit dans la représentation d'un combat naval, où les soldats égyptiens recueillent les prisonniers échappés des barques renversées ou tombés à l'eau pendant la lutte. Des officiers postés à l'arrière du navire commandent aux soldats armés de glaives, de javelots, et surtout d'arcs et de flèches. Les rameurs obéissaient à un chef pourvu

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