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LES PRISONNIERS

Les prisonniers. — Les combats livrés par les rois d'Egypte sont fréquemment représentés sur les monuments. Le Pharaon est reconnaissable à sa taille colossale : c'était pour les artistes égyptiens une manière naïve d'exprimer la supériorité de son rang et de son courage. Le plus souvent, le char du roi passe sur le corps des ennemis qu'il a étendus à ses pieds, tandis que d'autres implorent leur grâce.

Les scribes, qu'on voit dans toutes les représentations figurées des Égyptiens, ne pouvaient manquer d'avoir un rôle spécial dans les scènes militaires. Ils ne combattent pas personnellement, mais

Fig. 255. — Prisonniers.

on les voit enregistrer avec le plus grand soin les mains droites coupées aux ennemis morts; car c'est ainsi qu'on faisait la statistique de ceux qu'on avait tués. La ponctualité des habitudes égyptiennes se retrouve jusque dans cet usage barbare. Dans les peintures deMedinet-Abou, on voit des officiers égyptiens levant la main comme pour commander le silence, pendant qu'on fait l'énumération des mains qui viennent d'être rapportées. Un homme courbé et vêtu d'une longue robe les compte lui-même en les prenant une à une, tandis qu'un scribe, placé derrière lui, enregistre sur un rouleau de papyrus les chiffres qui lui sont dictés. On voit ici trente-huit mains : des scènes de ce genre se trouvent reproduites sur plusieurs monuments. Les scribes notaient également le nombre des prisonniers, qu'on voit toujours défiler par colonnes nombreuses devant le Pharaon, aux pieds duquel on vient déposer les mains coupées, comme un trophée de victoire.

204 LA GUERRE EN ASIE

C'est ainsi que les victoires de Ramsès sont représentées dans les peintures de Medinet-Abou, à Thèbes. Le Pharaon, pendant ce tempslà, est assis sur son char, dont les chevaux sont retenus par ses officiers, et il adresse une allocution à ses guerriers. Plus loin, le roi victorieux, tenant en main le fouet, guide lui-même ses chevaux pour retourner en Egypte : son char est précédé par des prisonniers enchaînés, et les princes du sang portent près de lui de larges ombrelles.

L'usage de lier les mains aux prisonniers de guerre était universel dans l'antiquité. On emportait à cet effet des cordes : dans les peintures militaires de Medinet-Abou, on voit des archers qui portent enroulées autour de la poitrine et par-dessous le bras gauche des cordes probablement destinées à cet usage. Dans une foule de peintures on voit des prisonniers attachés, et il semble qu'on se soit ingénié à lier les mains de ces malheureux dans une position aussi gênante que possible. Presque toujours une grande corde passée autour du cou des captifs les maintient à côté les uns des autres (fig. 255). On les voit ainsi défiler en longues colonnes qui se suivent et présentent quelquefois deux, trois et même quatre captifs de front. Les artistes égyptiens qui avaient besoin de montrer des prisonniers très nombreux, et qui ignoraient les lois de la perspective, en montrent quelquefois plusieurs rangées, les unes au-dessus des autres.

Les peintures qui représentent des captifs nous fournissent de précieux renseignements sur le costume des peuples avec lesquels les Egyptiens ont été en guerre.

LA GUERRE EN ASIE

Les Hébreux. — Les armées assyriennes. — Les Mèdes

ET LES Perses.

Les Hébreux. — Il ne semble pas qu'il y ait jamais eu d'armées permanentes chez les Hébreux, même après la constitution des royaumes de Juda et d'israol. M. Munk, dans la Palestine, résume ainsi les renseignements épars dans la Bible sur l'organisation

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