LES HÉBREUX
militaire des Hébreux : « A l'exception des lévites, tous les Hébreux étaient soumis au service militaire depuis l'âge de vingt ans, et selon Josèphe jusqu'à celui de cinquante ans; cependant, ayant égard à l'agriculture et aux intérêts privés, la loi admettait les exceptions suivantes : celui qui avait bâti une maison et ne l'avait pas encore habitée ; celui qui avait fait une plantation dont il n'avait pu encore recueillir les premiers fruits ; celui qui s'était fiancé ou qui était encore dans la première année de son mariage. Au reste, les levées en masse n'avaient lieu que dans les circonstances extraordinaires; ainsi tout le monde était appelé aux armes pour la guerre cananéenne, et les tribus déjà établies devaient aider celles dont les possessions n'étaient pas encore conquises. Pour les entreprises d'une moindre importance, on levait un certain contingent de chaque tribu, mais la loi ne nous dit pas quelle était la règle qu'on suivait dans ce cas ; probablement on tirait au sort. Du temps de Moïse et jusqu'à l'époque de David et de Salomon, l'armée n'était encore qu'imparfaitement organisée et ne se composait que de fantassins. Elle était divisée en bandes de mille et de cent hommes, dont chacune avait son chef. Les hommes d'une même tribu marchaientensemble sous le même drapeau. Le commandement suprême appartenait au chef de la république, qui formait avec les douze chefs de tribus le conseil de guerre. Dans des affaires moins graves le commandement pouvait être confié à une autre personne ; ainsi par exemple. Moïse, dans la guerre contre les Madianites, donne le commandement au prêtre Pinehas. L'ouverture de la guerre s'annonçait au son des trompettes. Avant l'entrée en campagne un prêtre devait prononcer un discours pour encourager les troupes et pour leur promettre le secours de la divinité. Quelques dispositions que donne le Deutéronome sur la police des troupes montrent que la propreté et les bonnes mœurs devaient régner dans le camp des Hébreux. Quant au butin de guerre, s'il en faut juger par ce que Moïse ordonna dans la guerre des Madianites, on le divisait en deux portions : une moitié appartenaitaux troupes, en déduisant 1 pour 500 pour les prêtres; l'autre moitié appartenait à la nation, qui en donnait la cinquantième partie aux lévites. Cependant le butin des villes frappées d'anathème et notamment des villes cananéennes était voué à la destruction; le métal seul était employé au profit du temple. »
LA GUERRE EN ASIE
Les armées assyriennes. — Les guerriers assyriens se servaient de boucliers ronds, etgéncralement formés de cercles concentriques, qui apparaissent quelquefois à l'œil. A l'extérieur, les boucliers étaient revêtus d'une lame unique, ou plus probablement d'une peau. Le vêtement habituel aux soldats était une tunique à poils longs, qui paraît avoir été faite avec des peaux de chèvre. Par-dessus cette tunique, on voit une espèce d-e cuirasse qui semble formée de cordelettes nattées. Le casque est une sorte de calotte souvent munie d'une corne. L'épée, l'arc, la masse d'armes, la lance ou le javelot formaient les armes offensives. L'épée était courte, large, aiguë et à deux tranchants. Elle se portait sur le flanc gauche, mais elle était
Fig. 206. — Phalange assyrienne.
maintenue presque horizontalement par la large courroie dans laquelle elle était passée. Le manche n'a pas de garde, et le fourreau est souvent orné, à son extrémité inférieure, de petits lions couchés dans le sens de l'épée et d'une saillie assez prononcée. Cette épée, à en juger par les monuments, n'était pas d'un usage très fréquent, car on la voit toujours au fourreau, même pendant la bataille.
La lance était à pou près de la longueur d'un homme, elle était pourvue d'un manche lisse et servait à la fois comme arme d'haste et comme arme de jet. La masse d'armes ne diffère pas beaucoup d'un sceptre : elle avait à l'extrémité du manche une courroie formant anneau, dans laquelle on engageait la main jiour manier l'arme avec plus de sûreté. Mais de toutes les armes assyriennes, celle que l'on voit employée le plus communément est l'arc : il était d'une
LES ARMEES ASSYRIENNES
grandeur moyenne et, en dehors du champ de bataille, il était passé sur l'épaule et y demeurait appendu. Le carquois était maintenu au moyen d'une cordelette ou d'une tresse.
Tous ces caractères sont bien déterminés sur la figure 256, où l'on voit, en même temps que l'équipement des soldats assyriens, leur disposition au moment du combat. Les premiers sont armés d'une lance et parent avec leurs boucliers ronds les flèches que leur
Fig. 257. — Soldat assyrien sonnant de la trompette.
a décochées Fennemi. Ils mettent un genou en terre, ce qui permet aux archers placés derrière eux d'envoyer leurs flèches par-dessus leurs têtes.
Les soldats se ralliaient au son de la trompette. La figure 237, tirée d'un bas-relief du Musée britannique, montre un archer assyrien portant le carquois sur l'épaule et sonnant de la trompette.
Les chars étaient fort en usage, et ils se rapprochent beaucoup pour la forme de ceux dont se servaient les Grecs dans l'âge héroïque. Les Assyriens avaient aussi des machines pour les sièges : la plus fréquemment représentée est un chariot formé de claies et
LA GUERKE EN ASIE
contenant des soldats que l'on poussait vers les murailles de la place assiégée. Une grosse pique sort par une fente pratiquée sur le devant du chariot et servait sans doute à enfoncer les portes. Souvent aussi, pour attaquer une place, on se servait de moyens incendiaires : les soldats plaçaient pour cela des matières inflammables au bout de leurs lances. Les monuments en représentent qui essayent de brûler une porte au moyen de ce procédé.
La figure 258 montre des guerriers assyriens combattant l'ennemi. Nous avons déjà vu des scènes de ce genre dans le premier volume
Fig. 258. — Guerriers sur leurs chars.
de cet ouvrage et le lecteur peut se reporter aux figures 435 et 436. Au reste la mise en scène des bas-reliefs assyriens est empreinte d'une influence égyptienne très prononcée. Il y a pourtant certaines différences qu'il est utile de signaler, parce qu'elles se rattachent au prestige attaché à la personne royale. Ainsi les monuments égyptiens montrent toujours le Pharaon d'une taille démesurément grande : les ennemis qu'il combat semblent des pygmées à côté de lui, et la disproportion est si grande que la lutte même semble impossible. C'est lui tout seul qui remporte la victoire, sans aucune aide, car les soldats qui viennent après lui sont aussi petits que les ennemis qu'il a terrassés. Pour mieux accentuer leur idée, les artistes égyptiens ont soin que le roi soit absolument seul sur son char de bataille, se souciant fort peu du cocher, qui est cependant