‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 10 sur 107 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

&. — Loiiii XV b rarinée et à Venaille». — L'école milittin dn XLX* siècle ^ conséquence de racole m il l taire du xvîil" aiède. - Paris-Duveraey et madame tamftrqaiaedePompaJour,— Madame de Potnpadour, — PreiDièri^s démarches de Pftria-Daverûey pouf li créatioD d'une école militaire. — Madntue de Pompadour à Plris- Diivemey, * avril i75Û; PAris-Dareroey à madame de Pompiàoixtf h avril 17&0; Pâriâ Duverney à madame de Pompailonr, Ï5 avril 175»; premier mémoire de PAriB-Duverney, 33 avril 1756; métuoiro ^cretpour LouiaXV^iï avril 1750; Moaaeifnieur 1 év^ae do Mirepoix, Mouâeigneur Tarctjevéque de Parta^ M, de Ma^baalt, U. d'Argenâoti et le Parïemcut; Pària-Duvemey 1 U, le marquis de PuyaieulXj î5 avril 17B0; Pâria-Duverney à madame de Pompadoor, ÏK mai 1750; Pârii-Duveroey À M. le marquis de PujiieuU, limai 1130; Pâris-Dûveruey à madame de Pompadour, 46 mai lis*, — Mémoire du G juillet 1750; imp^ït aiir lea caries; madame de Pompadour i PAris-Duverneyt t* septembre 1750; P4rts*DuT<!faey à. madame de Pompadour, 33 septembre 1750 ; mémoire di 4 novembre 1750; madame de Pompadour â PAns - Duveroey 19 novembre 17G0; Paria - Du veruey à madame de Pompailoi S3 novembre 17S0; mémoire du 33 novembre 1750; madame PoLopadouri Pâris-DuTemeyjl*f décembre 17M; H. le marquia Puysieulx à Paris- Duveroey, i*f décembre 1750; PAria-Duverney M , le com te d'ArgeuaoUf & décembre 1 750 ; M. le marquia de Puyiiieu A PAria-Duverney, a* décembre 1750; M. de Maupeou^ premii président du Parlement, à M, le comte d'Argeasûn; adoption d projet d*éd il pour ia création d'uoe école militaire, I"' janvier 17M mémoire do 11 janvier 1751 ; le Parlement et Pédil; M. le comi d*Argenson b PAria-DuverDey, lî janvier 1751; M. le comte d'Aiy' genaoû à M. de ïlaupcou, la janvier 1751. —Mémoire du 19jaiiviar 4751, — M. de Maupeou k M* le comte d'Argenaon, 19 janvier 1751; enregiatremenl de Téditde fondation et de la déclaratîoaj du droit BUT les cartes, iï janvier 1751.

Sur le cbamp de bataille, Louis W était un vrai ùh de France, 11 y couservait un air de souveraine grandeur^ et Maurice de Saxe, le célèbre condottiere du xviii" siècle,

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dmssoQ rapport sur la bataille de Fonlenoy, donnait, avec uoe libolé ioconnue aux courtisans, un brevet de braiwre à celui qu'il avait adopté pour son souverain, c Je ne saurais, écrit le maréchal, vous faire d'assez grands éloges de b fermeté de son air et de sa tranquillité. 11 a vo pendant plus de quatre heures la bataille douteuse ; cependant aucone inquiétude n'a éclaté de sa part ; il n'a troublé mon opération par aucun ordre opposé au mien, qiD est ce qu'il y a de plus à redouter de la présence d'un flKMiârque environné d'une cour qui voit souvent les autrement qu'elles ne sont. Enfin le roi a été prépendant toute l'affaire, et n'a jamais voulu se retirer, quoique bien des avis fussent pour ce parti-là pendant lOQle Faction. » [Le tnaréchal de Saxe au comte d'ArfMiOfiy du camp devant Toumay, 13 mat 1745.)

Louis XV» à Versailles» n'était plus le même homme. Cependant il était doué d'une intelligence égale à sa faiblesse, et sa politique secrète était souvent plus morale que la politique avouée de ses ministres.

Avait-il assez de perspicacité pour apercevoir déjà le précipice où dans peu d'années sa dynastie devait être fatalement engloutie, et ne considérait-il que comme une utopie sans portée tout projet dont le résultat ne pouvait pis être assez immédiat pour ranimer ce corps déjà blessé tlaos ses parties les plus vitales?

Mais quelle que soit la marche que la Providence imprime aux événements, il n'en est pas moins vrai que souvent l'utopie née dans un siècle est un fait dans le Miivaot. Si, de prime abord, l'école militaire de Paris a pu «ire considérée, et par Louis XV et par les contradicteurs.

SOUS ce point de vue, le fait accompli n'est-il pas cet établissement militaire de Saint-Gyr, qui chaque année verse dans les cadres de notre armée deux cents et quelques officiers toujours dignes de leur destination, et à la porte duquel viennent frapper pour les remplacer les fils des meilleures maisons de France, dont le seul titre d'admission est maintenant la supériorité d'intelligence et de savoir.

Joseph Pâris-Duvemey, depuis longtemps rompu aux intrigues de cour, gagna sa cause en intéressant à sa défense celle qui était alors maîtresse du cœur du roi» et devant laquelle venaient s'incliner les hommes les plus influents.

Jeanne-Antoinette Poisson, dame Le Normand d'Etiolés, marquisedePompadour, était née en 1722. Elle fut installée au château de Versailles en 1744, créée marquise de Pompadour en 1745, dotée d'une pension de 200,000 livres, et conserva sa faveur jusqu'à sa mort (1764). Elle déddait des affaires les plus importantes, faisait et défaisait les généraux et les ministres. La fiëre impératrice d'Autriche, Marie-Thérèse, daigna même lui écrire à l'occasion de la guerre de Sept-Ans.

Quand, pour la première fois, le roi eut connaissance du projet de création d'une école militaire, il vit combien il s'alliait noblement à la majesté royale. Mais il parut en même temps eflrayé par la pensée de se jeter dans une entreprise qui avait fait reculer Louvois lui-même, et quand enfin il consentit à entrer dans les vues du vieux financier, ce ne fut qu'à la condition expresse posée dès le début qu'il trouverait le moyen de créer un établissement

1^ fiwe ■ vier

dopt la bas6 serait stable et ne pourrait devenir une charge ni pour ses peuples ni pour ses propres revenus. Rien n'était plus sage assurément.

Dfaà !719, Pâris-Duverney rappelait le projet Je sou frère. L'année suivante, dans un mémoire daté du 11 janvier 1750, il entra bravement en lice en signalant la rctéde la noblesse de province et des anciens ofiiciers, po«Dr la plupart hors d'élat de donner une certaine instruction à leurs enrants.

Il y joignait un autre mémoire de M* Fayolle sur le projet de constructions nécessaires pour Téliiblissement d*uû collège académique, dont il avait été question en 1724, Oo prQpo$ait alors de le placer dans la plaine de Billancourt, sur la partie enfermée par le ^rand chemin qui devait conduire au nouveau pont en pierre de Sevrés et la rivière de Seine, entre le Point-du-Jour et Sevrés, On estimait qu'en dépensant 500,000 livres pendant cinq aonée» on achèverait cette construction.

Au milieu du fronton du pavillon d'entrée on plaçait Vécu de France, contre lequel d un côté la religion catholique cl romaine avec ses attributs était appuyée, atti- «Dl e* soutenant un jeune «nfanl pour marquer que le premier objet de cet éiahlisaement était d y élever des sujets pour le service de Dieu; de Tautre côté, était une Minerve montrant à un autre enfant les fleurs de lys et des 9Tmm, pour lui enseigner qu'il ne devait les employer que pour ta défense de la couronne et le bien de l'Etat*

Ces pièces avaient pour but de fixer l'attention du roi cl

donner un corps à cette idée*

134 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION BULITAIRE

Madame de Pompadour à Pâris-Duverney (1).

4 ayril, 1750.

a J'ai demandé au petit Saint (le comte de Saintc Florentin), mon cher nigau, les papiers concernaot a l'établissement des gentilshommes. Il m'a dit qu'il était

< sûr de les avoir rendu au grand Paris, que malgré cela

< il les avait tait chercher et ne les avait pas trouvé.

< Mandés moy s'il faut les demander à Monmartel ^Pâris c cadet) car j'imagine que c'est luy qui les a. Le roy a très

< grande envie deffectuer le projet. 11 veut auparavant

< sçavoir ce qu'il faut de fond pour cette maisoo^ afin « qu'elle ne puisse jamais estre défaite, et S. M. ne veut c pas de fonds extraordinaires pour le bâtiment, contant

< que cela sera pris sur les revenus, attendu que le nombre c d'écoliers ne sera rempli qu'au bout de 10 ans.

c Arrangés vous en conséquence, cher nigau, et soyés € bien sûr de ma tendre amitié pour vous. »

Il est bien établi par cette lettre que le roi, tout en acquiesçant au projet présenté, veut la stabilité sans charges publiques.

Pâris-Duvemey à Madame de Pompadour.

Plaisance, 5 avril 1750.

c Madame,

< M. de Saint-Florentin me dit l'année passée qu'il e croyait avoir les mémoires en question ; mais puisqu'il

(1) Toutes les lettres qui suivent ont été textuellement copiées sur les originaux^ conservés aux Archives de l'empire, sans aucune rectification d'orthographe.

ne les a pas retrouvés, ayez la bonté de les demander à mon frère de même que les plans, qui ont été faits par un de mes parents, le tout me serait fort nécessaire. Si cependant on ne retrouvait pas ces papiers et ces pians, je ferais en sorte d'y suppléer. Mais ce sera un oovrage un peu long, parce qu'il y a bien des consaissaDces àacquériret dont je suis actuellement occupé. D aéra facile de se conformer à ce que désire Sa Majesté pour éviter d'avoir recours à des fonds extraordinaires pour les batimens. L*idéeque jeme suis faite, madame, d'an aussi grand monument pour la gloire du roy et des avantages qui en résulteraient, excite en moy le plus vif désir de le voir accompli.

€ Je vous supplie, madame, d'estre persuadée du plus inviolable attachement comme du respect avec lequel j*ay l'honneur d'estre... >

Pàris-Duvemey envoya toujours ses mémoires en double ; un des exemplaires, d'une écriture soignée et d'une lecture facile, était destiné au roi.

Pàris-Duverney à Madame de Pompadour.

Plaisance, 25 avril 1750.

€ Madame,

€ J'ai rhonneur de vous envoyer les mémoires auxc qoeb j'ai travaillé depuis mon retour en exécution des € ordres de Sa Majesté. 1^ feuille qui les enveloppe tous, c indique ce qu'ils contiennent. Quoique je doive me € trouver à Versailles mardy avant midi, j'ay cru, madame.

mSTlTUTÏONS D'ÉDUCiTlO?! MlUTAlft£

« que vous ne irouveriés pas mauvais que j y Tusse pré- « cédé de deux jours par mes idées sur une malière qui « vous a intéressée, et qui est si propre à proiiuire tet « effet-là sur les cœurs qui sympathisent avec le noire, 4 Je prendray vos ordres mardy à Theure quil vous « plaira m'indiquer. Peut-être que d'ici à ce moment li, fl vous aurés fait usage des mémoires. Si cela était, je

< pourrais en parler le soir à M, Dargenson (ministre de ff la guerre) et le disposer à faire son rapport au rùy, A mais je ne feray cette démarche que lorsque je serai bien « sûr que Sa Majesté Tapprouvera. EuQn, madame» si

< le projet était une fois admis, je ne perdrais pas Je f temps à travaillera Tédit de création ; car il n'y aurait « pas de trop de toute la tin de cette année pour préparer a les choses de façon que Von pût poser la première pierre

< de l'édifice au printemps de Tannée prochaine* C'est <t pour cela que je verrais aussy tout de suite M, de Tour- * nehem pour prendre avec luy les mesures qu'il trouverai « le plus convenables tant pour le choix du terrain que pouf a le plan des hâtimens. Je vous supplie, madame, etc. »

M. le comte d'Argenson, ministre secrétaire d'Étal de" )â guerre, se montrait très-opposé à madame de Pompadour* Duverney le savait ; il devait donc préparer ses voies de manière à disposer le roi tout en flattant Tamour^ propre de la favorite sans ofï'usquer toutefois le tninisîre, dont le rapport, dû en apparence à son initiative en deliors de toute intrigue de cour, serait admis par Sa- Majesté sans conteste. M

i La lettre précédente indique que Duverney n'avait

oégfigé aucune précautioD pour passer au travers de tous ces obstacles, plus réels qu'on ne peut se l'imaginer au temps oii nous vivons.

Le premier mémoire, daté du 22 avril 1750, annoncé dans cette lettre du 25, contenait la proposition au roi d'établir un collège académique où on élèverait 500 genlilsbommes d'une manière aussi convenable à leur naissàBOt qu'utile à l'Ëtat.

€ Toutes les puissances étrangères, disait-il, qui ont fondé de pareils établissements, y ont été portées sans 4oute par ce double motif d'aller au secours de la noblesse et de recueillir de ce secours de grands fruits pour FElat, mais toutes n'ont pas rempli également ce beau proîel. Philippe IV, roi d'Espagne, a fondé une académie dans le collège des jésuites. On voit à Vienne une fondation semblable ; mais la méthode que l'on suit dans l'un H l'autre collège est la même que nous connaissons dans les nôtres. Le cardinal Mazarin avait été plus loin. Lou- Tois exécutant le projet de Louis XIV pour les Invalides, avait formé celui d'élever dans cette maison 150 gentilshommes. Le projet de M. de Louvois est le seul qui ait quelque ressemblance avec celui proposé. Ce qu'il y a de singulier, ajoule-t-il, c'est que le meilleur exemple à prendre soit celui de l'école des cadets établie à Saint- Pétersbourg par l'impératrice Anne, d'après l'initiative du feld-marécbal comte de Munich. >

^^iris-Duverney fait observer, pour ménager l'amourpropre du roi, qu'en suivant la voie indiquée par une Dation à peine civilisée, on a d'autant moins à craindre l'humiliation que depuis longtemps ces mêmes moyens

ÎS8

insTiTiJTioNS d'édccation militaire

ont été indiqués en France et signalés à Tatlention fia gouvernement- Il traitait H'une manière générale ilaosa mémoire de tout ce qui concerne l'instniction tmmanH taire et militaire, des moyens de soutenir les élèves à leur sortie, de l'examen des cadets» de leur destination suivant leur aptitude soit pour les emplois d'officiers dam rarmée> soit dans les ambassades, et enfm d'une décoration particulière propre h les distinguer.

Ce mémoire était accompagné d'un autre, secret, destini à êlre lu d'abord par madame la marquise de Pompadouret" ensuite à êti-e expliqué et commenté par elle devant le roi.

La paix d*Âi\- la-Chapelle avait été signée en 1748>| après une guerre qui n'avait pas été sans succès et sans gloî™ pour la France et le roi lui-même* La bataille de Lawfelt, en 1147, avait été te corollaire de celle de Fonleooy, M

Malgré les désordres de sa vie privée, Louis XV avait* conservé les sentiments les plus respectueux pour la religion ; il n'aimait pas à la voir attaquée. Si la paix était à l'extérieur, il y avait toujours du trouble da les affaires de TËglise* L'évëque de Mirepoix , adcIi précepteur du dauphin et successeur du cardinal Fteury' au département des affaires ecclésiastiques, défendait les intérêts religieux contre le Parlement. Monseigneur de BeaumoDt, archevêque de Paris, prélat austère, tenait rigueur à la cour* M* de Machault^ ministre des finances et tout dévoué à madame de Pompadour, altaquaitouvertement les privilèges du clergé. M» d'Argenson> ministre de la guerre, se montrait au contraire le défenseur du clergé, résistait à la favorite et encourageait le roi sévir contre les Parlements.

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LmiE SECOND 139

€ Et cependant, dit Henri Martin, il y avait dans ce it des choses plus essentielles à faire et que malheuit on ne fit pas pendant que la paix en donnait le loisir. C'était de mettre Tannée au courant des progrès de Tart mUitaire et de Tinitier à la nouvelle tactique ; on en eot b velléité, mais on ne sut comment s'y prendre, tant les oflficîers-généraux étaient ignorants de leur métier. La mort de Maurice de Saxe fut un malheur. »

Celle digression n'est pas hors de propos : elle vient expliquer les termes du mémoire secret dont nous donwnm une courte analyse, sans discuter sur ce qu'il renlemie de spécieux. On voit en outre ici combien il a faUo d*adresse à Duvemey pour éviter tous les écueils •r lesquels sa barque pouvait venir échouer. Diplomate «Blanl que financier, il sut, aidé par sa position mixte, lÎRr parti de ces difficultés. Chacun, d'ailleurs, ménageait ■I bomoie si rompu à toutes les affaires, à toutes les ipccubtîons, et auprès duquel on trouvait souvent un ippui et toujours un excellent conseil.

Joseph Duvemey commence par indiquer dans ce méocire que, sous les ordres du roi, la jeune noblesse militaire doit recevoir directement les leçons qui lui sont Dôessaires des hommes spéciaux dans l'art de la guerre, et qui ont donné des preuves de leur courage et de leur ^ifocité. Dans la seconde partie, il cherche à faire com- [fendre que dans une maison militaire les enfants nobles œ [lourront puiser que des sentiments d amour et de ievouement entier au roi qui les élève, et à la monarchie i bquelie ils doivent sacrifier au besoin et leurs intérêts H Ifor vie ; et qu'une fois dans les corps, ces mêmes senti-

mSTlTUTIONS D ÉDUCATION MILITAIRE

menls se trouveront corroborés par l'exemple; qu'il ni est pas Je même des membres du clergé et de la magi trature, et que riudépeudance est leur chimère favorilt

< Quel moyeu plus facile, ajoute-t-lK de s'opposer i leurs vaines prétentions que de balancer ou pour roieui dire d'anéantir leur autorité prétendue par rétablissemefit d'un corps de noblesse entièrement dévoué au roi.-,

« Ce sont là les réQexious qui confirment lldée établie par le précédent mémoire, dont le résultat est que dm la destination des élèves du collège académique, on rroit qu'il faut se réduire simplement à l'art militaire pris dans toutes ses parties et aux négociations, *

Si ce mémoire, destiné à ne pas sortir du boudoir tie II marquise de Pompadour, contient quelques arguinen un peu hasardés, il n'en est pas moins l'œuvre d'un hom qui devait réussir. Les termes de ce mctnoire, suri en raison des circonstances, devaient frapper vivemei Tespril du roi* Pàris-Duverney n*en voulait pas davantage.

Le mémoire public de la même date* pouvant être joint à toutes les pièces de Taffaire en accompagnant le premier^ contient les principaux motifs pour ne faire de la nouvelle institution qu'une école pour les militaires et \e$ négociateurs, toutes les autres n'ayant pour but direct que la robe ou TÉglise. U termine, en indiquant que, dans le nombre des élèves, il s'en trouve qui soient enlièi ment incapables de remplir des emplois soit dans l'armi soit dans la diplomatie» et qui, d'ailleurs, montrent uni vocation bien indiquée pour une autre profession, il dépendra de la volonté de Sa Majesté de leur donner des secours proportionnés à leur mérite, sans que l'établisse-

UTRE SECOND 141

il doif€ junais, an nioms directement, en être chargé, les ëtudes n'ayant pour but que l'instruction nécespour les états précités.

Pim-Duverney, tout en recherchant des avis dont, pour le gnider, il sentait n'avoir aucun besoin, gagnait despriisaas i la cause qu'il plaidait avec tant d'activité et de chaleur. Par le même courrier, il écrivait à M. de Pufsieulx, qui avait, en 1747, succédé aux affaires étrangères à M. le marquis d'Argenson, frère du ministre de la guerre :

Pdris^Duvemey à M. le marquis de Puysieulœ.

i5 avril 1750.

• Yoict , mon trës-respectable ami , le mémoire que 1 10US scavez bien que j'ai ordre de faire. Je les envoyé en c oièroe temps à madame de Pompadour, afm que si cela c se peut, on soit tout préparé, lorsque j'arriveray mardi. € C'est aussi pour que vous soyez instruit et préparé, que

< je prends le parti de vous adresser mon travail. Si je c ne vous le montrais qu'en arrivant, vous n'auriez sûre- « ment pas le temps d'en dire votre avis, et il manque- ( nit quelque chose à ma satisfaction ; car vous scavez

< bien que vous êtes ma boussole et que je n'ai rien de « plus cher que vos bons et excellents conseils. Je ne t pourrais pas vous rendre combien je me suis occupé de

< t0!it cela depuis quinze jours, et combien je m'en occupe

< encore. Je ne scais pas si mon projet peut-être mis au « rang de ceux que l'on nomme vastes, parce qu'ils n'ont

< ni bornes ni assiette certaine. Il me semble, au moins.

CNSTITIÎTIOWS D'ÉDUCATIOn MaiTJURE

d que non, et je ne le croirais tel i]ue dans le cas où ym\ tf me le diriez- Il ne pourrait rester d'inquiéludeâ qi < sur l'objet de la dotation ; mais je suis en état de I « dissiper, et vous en jugerez vous-même par tout ce que « je vous en diray. Enfin, si cela ne réussissait pâs, « me resterait au moins le plaisir d'avoir travaillé sdol a mon cœur. »

Le voyage dé Versailles n'avait rien appnâ de biea concluant à Paris-Duveruey, qui n'était pas encore parvenu à calmer les craintes du roi au sujet de la dotalioa, Quelques jours après son retour à Plaisance, il écrit i madame de Pompadour,

De Plaisance, i4 maj 175(1.

« Madame,

« Quoique j'ignore ce qu'on a pensé des mimd« a dont j'ay eu l'honneur de vous entretenir à mon der c nier voyage à Versailles, je ne me suis pas moia « occupé depuis mon retour à faire un projet d'édit* a prends la liberté devons l'adresser, madame, dans Topi « nion où je suis que cette pièce fera mieux connaît d encore les motifs de rétablissement proposé que De loQ d fait les mémoires que j'ai présentés. J'imagine bie « madame, que Ton sent Timporlance de tous ce^ moti « et que si l'on se défend de Taltrait qu'ils présenten « cène peut être que par rapport au moyen de l'exécution « mais pour faire voir que les revenus du roy en souffH *i raient très-peu, je joins au projet d'édil un mémoii fl qui prouve que le produit sur les cartes n'a jamais dond

UVBE SECOND 143

€ que 900»000 livres» et qu'il n'en produirait pas davan- € ti^ si CD les mettait en ferme, en prenant même le parti € d'tbolirtouslescartiersduroyaume.Jecompte, madame, € me rendre à Versailles le 18. J'y apprendrai sans doute c ea Yous ftîsaot ma cour quel aura été le succès de mon c tfBfiîl. Je remettray jusqu'à ce moment-là le projet

< qui me reste à fitire de la déclaration qui doit regarder

< ledroitsurlescartes; car c'est un ouvrage qui demande

< des soiiis et que je voudrais bien ne pas faire en vain. « Je vous supplie, madame, etc.

Pâris-Duvemey à M. le marquis de Puysieulx.

14 mai, 1750.

c Vous seavei, mon trës-excellent ami, que j'arrive de c Gbambord, où j'ai passé d'agréables moments. Je me « &pQ6e à vous aller dire, le 18, que, quelque plaisir

< qu'on me procure où je vais, je n'en ai jamais de plus purs « que ceux que je goûte auprès de vous; j'avais fait, avant c mon départ, le projet d'édit que je joins icy et le petit € mémoire sur la ferme des cartes. Je prends la liberté € de les adresser aujourd'hui à madame la marquise de

< Pompadour, afm qu'elle soit toute préparée, quand « j*arriveray. Je ne sais pas encore l'effet qu'ont produit

< mes derniers mémoires, mais il me semble que le projet « d'édit peut émouvoir. Vous y trouvères toujours la dé-

< Domination de collège académique, quoyque vous ayez

< paru en désirer une qui tint moins du langage acadé- « mique; mais je vous supplie de faire attention, mon € Uvs-excellent ami, que le mot collège ne peut jamais

INSTITUTIONS n'ÊDCCATIOW MILÏTAWE

« présenter que Tidée de rassemblée de plusieurs peNl

< sonnes, qui concourrent ensemble à un même objd. « Ainsy, en Allemagne et dans presque tous les pavs Œ étrangers au nùlre^ toute compagnie de judicature, ff toute assemblée d'hommes d'État se nomme collège* a On a voulu honorer nos écoles en leur donnant ce Dora^ * et je ne crois pas que Ton dégrade l'établissement dont 4 il s'agit en le lui donnant. Au surplus, vous semés, ï\m « trtsr-cher ami, que je suis jaloux de la chose et poil

< du tout du aom. Je suis, eic, »

Ces lettres témoignent de TiaoessaDte activité Duverney. Il parle de l'édit avant de connaître les intentions bien formelles du roi; il marche en avant, mettaiil toujours un nouveau coin comme l'ouvrier qui veut iendrc un bloc de granit. La lettre suivante développe les moliE politiques du projet. Duverney devient plus pressant^ II connaît Tindolence du rui, tout en rendant justice ses bonnes intentions* Il craint surtoutque d'autres inci^ dents ne viennent détourner ratteution de Sa Ma]est< Il avait dû recevoir, en outre, de grands encouragementi de M. le maréchal de Saxe, qu'il venait de visiter à Charnbord, et qui était si compétent pour discuter une pareille^ question. Malheureusement il restait à ce giand homr de guerre bien peu de jours à vivre. Sa santé était grava ment compromise et par ses excfes et par toutes les fati gués qu'il avait supportées. Est-t^ cette cause qui ï\ si tôt enlevée, ou est-il mort d'un coup d'épée reçu da un duel avec le prince de Conti^ suivant une tradition or qui n*a cessé de s'affirmer?

Pâris-Duvemey à Madame de Pompadour.

25 mai 1750.

c Madame^

c Moo întenlion n'est pas d'ajouter à Tidée que vous net po vous faire des eircoustances actuelles. Si elles D*oot rien en elles-mêmes que Ton puisse regarder comme très-facheux, elles ont cela de triste au moins qu'oD peut les envisager comme l'effet d'une fermentalion qui ne convient ni à l'amour que le maître attend el désire de ses sujets ni à celuy qu'il a pour eux. Vous avez pensé, madame, que le projet que vous protégés serait propre à faire une diversion. Je vais plus loin et je pense que la faveur qui s'y trouve pour la noblesse et pour le militaire est un de ces objets qui doit l'emporter aujourdliuy sur toute autre considération. C'est, en effet, dans la noblesse et dans le mililaire que l'Ëtat trouve sa deffense et son appui le plus ferme, même contre les maux intérieurs qui pourraient allérer sa consistance. Il me parait donc, madame, que l'on ne saurait trop exciter le zèle et la fidélilé de ces deux corps dans un temps où Ton pourrait avoir à se plaindre des autres. C'est donc dans ce point de vue que je m'occupe actuellement de ce projet, et ce serait, madame, le cas d'en hâter le succès, si vous pensiez, comme moi, qu'il dût produire l'effet que j'en attends, c Sa Majesté m'a paru disposée à donner ses observations sur le projet d'édit. M. Dargenson croit qu'il faudrait faire quelques changements dans les articles qui (contiennent les dispositions. Il pense entre autres

146 INSTITCTIONS d'ÉDUGATION MIUTAIRB

choses qu'il conviendrait de supprimer tout ce qui regarde les dix écoliers que j'ay proposé de prendre tous les ans jusqu'à ce que l'établissement fût arrivé à sa perfection, parce qu'il serait aisé de suppléer à cette disposition par des arrêts du conseil dans la proportion des fonds que l'on pourrait y employer diaqae année. 11 me parait effectivement qu'il serait plus prudent de ne pas se gêner sur ce point par un édit. J'ignore si Sa Majesté en a parlé à M. Dai^nson. Je crains que le voiage que va faire le ministre n'éloigoe trop les choses et qu'on n'ait pas le temps de le faire paraître au moment où il pourrait être convenable de le faire. Je vous supplie donc, madame, de vouloir bien prévenir cet inconvénient. Je ne néglige rien de mon côté pour approfondir l'affaire des cartes. J'ai envoyé à Rouen un homme qui me fera du papier tel que celuy que j'ay imaginé pour empêcher la fraude de la fabrication, et j'en ferai des épreuves que je seray en état de présenter au roy en même temps que le projet de déclaration pour l'établissement du nouveau droit. Mais encore un coup, madame, je crains que la décision ne tarde trop, et je désirerais qu'elle pût être donnée pour le retour de M. Dargenson à Complice. Ce qui ne dépend que du renvoy du projet d'édit à ce ministre avec les observations de Sa Majesté. Je me rendrais à Gompiègne, si vous le jugiés à propos pour mettre la dernière main à une affaire sur laquelle je me flatte que vous voudrés bien me pardonner mon impatience, parce que vous en connaissez le motif; je suis, etc. >

Le flBiéliMMne du 6 jotllet 1780 rappelle les principaiix WÊùûSà qui poofaient influer sur une décision prompte du m an soget de la création d'un collège académique. Il dit qu las offidars en France sont supérieurs k ceux des i pajs et parle nombre et par la naissance» mais bien pour Tesprit de discipline et de subordination ; que le rm de Prusse s'occupe incessamment de mettre de Foidre danaaon armée, que ses institutions ont un caractère remarquable de durée, qu'il améliore sans cesse, et qu'enfin les oflBders frança'is, ignorant tout à leur entrée B, n'apprennent jamais leur métier que superflu et trop tard. On s'aperçoit de suite que ces sont le résumé des sérieuses conversations de Ikifemey avec le maréchal de Saxe. Duvemey proposait dans ce même mémoire de recevoir 80 élèves tous les ans» et même nombre après dix années écoulées entrerait annuellement au service et remplirait les vacances, qui en temps de guerre ne manqueraient pas.

Mais la question importante, le nœud gordien à (ran«> cher, c'était la dotatioD. Duvemey ne devait pas être vaincu li oii beaucoup d'autres que lui, et même des plus babîies, avaient échoué. Du même jour (6 juillet 1750), est daté un second mémoire sur l'impôt à mettre sur les cartes.

Quel était donc cet impôt, qui allait devenir la basa principale de la magnifique création de l'école militaire?

Il Tut créé en 1701 , époque de la grande coaliliou contre la France. Louis XIV dut alors remplacer par quelques secours extraordinaires l'aliénation d'une partie de ses revenus. Ainsi l'explique l'édit du roi donné au oms d*oct(d>re 1701, enregistré le 19 octobre, qui établit

un droit de dix-huit deniers sur chaque jeu de cartes et tarrots^ révoquant en même temps les dons et concessions qui avaient précédé le présent édit. La déclaration du 17 mars 1703, prtant que le droit de dix-huit deniers serait réduit à douze, fut abrogée par celle du roi Louis XY, de 1745, qui rétablissait le droit d'un sol six deniers sur chaque jeu de cartes.

La première déclaration était motivée sur ce que ce droit était excessif par rapport au prix des cartes et qu'alors la fraude allait toujours en augmentant. Le droit de douze deniers ne fut perçu que jusqu'en 1719. La seconde déclaration de 1745 rétablit le droit de dix-huit deniers pour c subvenir aux besoins de l'État, et nous < mettre en état de supporter les nouvelles chai^ aux- € quelles nous nous sommes obligés. » On n'en avait trouvé aucun qui fût moins à charge à la population.

Le mémoire de Pàris-Duverney indique que l'impôt pourrait produire de 8 à 900,000 livres, et que la part que le roi comptait en faire pur la création serait insuffisante à 400,000.

Il rappelle que les régisseurs avaient établi des manufactures où ils fabriquaient pour leur propre compte et voudraient avoir un privilège exclusif pour lequel les ofiTres montent à la somme de 800,000 livres, mais qu'il y a 400 cartiers dans le royaume, formant un corps de maîtrise et de communauté dans certaines villes telles que Paris, et que cette fabrication était une branche de commerce ayant droit à la protection du roi.

< On ne verrait pas alors, dit Duverney, pourquoi on les ruinerait, parce que ce droit ne rapportait à Sa Majesté

UfRE SBCOIID 140

qw 100 i 180,000 livres. Entre autres incoDyémeDts de leur «fppreMkm, ud dos pniieipaux serait que le publie iradnût fitit et cause pour eux, et que par consÂ^uent k produit de la ferme n'ayant jamais été ruiné que par la faune fiibricatiop, la recoupe et les frais de régie, la fiRMMle irait eo grandissant, parce que le public, ennemi aé dee knàmB, deviendrait de plus en plus complice des fabricaDla gênée et supprimés. »

la deatination de ce droit étant agréable à la nation et tout particulièrement à la noblesse, qui devait en profiter par rédneation de ses enfants, deviendrait évidemment la proleetrioe de Timposition, et ce droit, se percevant tou-^ jours eu régie au nom et au profit de rétablissement d^éducaâon militaire, ne serait plus de nature à porter dans les eqirits la même irritation qui s'y trouvait. Ea résumé, le mémoire conseillait de laisser cet impôt en fiDauce, toitf en le mettant en faveur, et en cas d'insuffisance d'avoir recours aux économats, c'est-à-dire aux revenus des bénéfices du royaume pendant leurs vacances.

Les conditions posées par Louis XY étaient : 1® que l'on n'emploierait aucun fonds extraordinaire pour les bâtiments et Tameublement ; 2^ que rétablissement devait être &itd*nne manière stable et indépendante des événements.

La première partie du mémoire répond à la première condition ; et ce qui suit, à la seconde.

L'avis de Duverney était que les fondements de l'établissement devaient être assis sur une dotation tout à fait ^stiocte des revenus du roi.

Cétait la volonté de Sa Majesté, et lors même qu'elle ne Teùt pas exprimée, là seulement se rencontrait la sta-

150 INSTITUTIONS d'ÉDUGATIO!!! MIUTAIRE

bilité. Dans la seconde partie de son mémoire, le financier rappelle qu'on avait affecté à l'entretien de l'hôtel des Invalides le produit des oblats (rétribution payée par les abbayes ou prieurés de nomination royale pour ne pas avoir à entretenir et loger des soldats invalides), de tous temps destiné aux officiers qui ne pouvaient plus servir dans les armées ; qu'on y ajouta l'aliénation de trois deniers pour livre de tous les paiements qui seraient faits par les trésoriers-généraux de l'ordinaire et de l'extraordinaire; que les maisons d'Invalides fondées par Henri lY et par Louis XIII n'avaient pas eu longtemps vie en raison de leurs revenus incertains et insuffisants ; que les trois deniers pour livre produisaient beaucoup en temps de guerre^ et que cela compense pour les invalides le produit des années où ce revenu donne peu. En résumé, pour la fondation en question, assignation sur les revenus de Sa Majesté, fâcheuse et peu stable ; au contraire, dotation etMotation aliénée, la dotation et l'aliénation se tenant d'une manière absolue, base stable et rassurante contre les chances de l'avenir ; de plus, facilité d'emprunt sur la dotation, si elle est aliénée, devenant ainsi un bien propre; aucun emprunt possible sur les revenus du roi, sa défense à cet égard étant formelle, défense conforme, du reste, à la raison et aux convenances.

< Enfin, disait Duverney, ou le droit sur les cartes produira 400,000 livres, ou il produira moins ; dans ce dernier cas, l'établissement pourrait languir et alors on aurait recours aux œconomats. Dans le premier, on pourra donner plus d'importance à la création et même des pensions aux officiers, cette dotation étant toute militaire. >

L^hilib ititiir afùt osé dai» mméamrede toute lit oi4eetk»t paraissaient avoir été Geéraiiainpleacartea. rétabli en 1745, ne rap- 1 m que ^ iOO i iliO^OOO liyrea. Maie, quand pria» vil tant le parti qu'on pouvait en tirer, il laissa la cnûole^di Faliéner de peur de ne pouvoir part; Ce'ifat peut-être une des plua qu'eut i vaincre Duvemey, pria par Mais il était fidUeo^nt servi par de IHNDpadour, qui l'instruisait de toutes ioa deLouiaXY.

Madame de Pmpadaur à Pâriê-Duvemey.

D« VenaUles» 18 Mptambre 1750.

c M. DiBooor, qui, eonuDe vous le seavés, mon dier grand wigm, a épousé mademoisdle de Malvoisin Patnée, ara demandé cequi est contenu dans le méoioire cy joint. M. Dargenson ma dit qu'il vous en laissait le maître. Ain^ je compte que vous me ferés ce plaisir sy cela est possible sans faire tort à personne.

€ Nous avons été hier à Saint-Gyr, je ne peux vous £re combien j'ay été attendrie de cet établissement ain^ que tout ce qui était, ils sont tous venus me dire qu'il £iudrait en faire un pareil pour les hommes. Gela oD'a donné envie de rire car ils croiront quand noire albire cera scue que cest eux qui ont donné l'idée. Je vous embrasse de tout mon cœur, mon cher nigau. »

Aucun document n'avait encore fait connaître cette

152 INSTITUTIONS D*ÉDUGATION MILITAIRE

visite de madame de Pompadour à Saint- Gyr, où ses traces ont dû être immédiatement effacées. Duveroey s'empressa de lui répondre par une lettre ayant diemême toute l'importance d'un mémoire.

Il donnait ainsi à la favorite le moyen de présenter au roi, dans le moment le plus favorable pour être écoutée, les arguments répondant nettement et directement à ses objections.

L'adroit courtisan parait s'appuyer entièrement sur sa protectrice.

PâriS'Duvemey à Madame de Pompadour.

28 septembre 1550.

< Madame»

c J'ay reçu la lettre que vous avez eu la bonté de c m'écrire te 18, accompagnée du petit mémoire de c M. Daucourt. J'aurais pu vous dire, madame, que dans 4 toutes les occasions qui ont dépendu de moy, j'ay fû\

< ce qu'il a désiré. Ce ne sera qu'au commencement du c mois de novembre, à Fontainebleau où je me rendray, c que le ministre décidera de l'affaire dont il est question,

< et je vous rendray compte, madame, de ce qui sera c à ma connaissance pour exécuter ensuite vos volontés c en ce qui dépendra de moy...

c La visite que vous avez faite, madame, à Saint-Gyr» a c attendri votre cœur. Si vous pouviez, par comparaison, c réunir dans une parfaite connaissance en quoy consiste c à tous égards la différence de la proposition que j'ay c faite, je me persuade que vous accorderiés une proteoc tion éclatante à un établissement^ qui, en honorant

« fM b fAlieajwUi daw b seule visité 4*«(iiom-* nmi, fmtfm Totilité d'im pareil objet peut devenir un des plus iftrt nofws^d» ONiiiiteittr la tranquillité mi de tous les effiMTta qu'on voudrait fiiire pour lai^om dtnotre grand roi* Mais i cette oocaoiosr, oftadame, de vous rappeler ce que f ay 60 nioimeQf de voua dire à ma dernièro conwrsaûm d'après les praaAnBS inspirations de Sa Majesté, qui eoosistaient k vouloir que rétablissement fut solide et i ne pcunt fiiire de fonds pour les bâtiments. Saint-* Cjr est devenu solide par sa fondation, Thôtel royal desinialides a acquis sa solidité parla même raison; ces nofens qot f ai praposn sont sdon moi les seuls fâ puissent produire le même effets. Cependant on j a troové de la difficulté; en veut déterminer une somme toB dans la crainte que la ferme des cartes ne produise ao-delà du nécessaire ; ce que j'ai entrevu de ces dispositions m'a déterminé à faire un mémoire, dont j'eus lliooneur de vous parler. Je l'ai lu à M. Dargensoli, qui ne l'a pasdésaprouvé; mais comme il est relatif à b ferme des cartes, c'est un fait qui doit être discuté avec M. le contrôleur général, dont les occupations ne m'ont pas permis de luy en rendre compte. Il a eu agréabb de m'écrire qu'il me donnerait tout le temps nécessaire à Fontainebleau. Je dois vous avouer, madame, que comme je combats avec force l'idée qu'on a donnée au roj sur le produit de la ferme des cartes et sur les moyens d'y parvenir, je crains que cela ne m'occasionne quelque tracasserie; et après tout ce que j'ay éprouvé

1S4 INSTITUTIONS d'ÉDUGÀTIOII BULITAIRB

c dans le cours de ma vie, on ne doit pas blâmer mi c timidité ; œpendant comme on ne doit pas trop trou?er c mauvais qu'on aye une opinion, je me flatte que M. le € contrôleur général sera au moins content de ce que je c ne veux contredire sa pensée que vis-à-vis de lui-mèoie. € Vous avez bien voulu me confier, madame, que lliH c tention du roy était de consulter sur cette affaire avant

< de prendre sa dernière résolution ; j'eus l'honneur de c vous dire que c'était tout ce que je pouvais désirer, mm c que pour mettre les personnes qui seraient consultées c en état de prendre une opinion, il était absolument € nécessaire qu'elles fussent instruites. L'idée seule d'un

< objet qui ne serait pas développé dans toutes ses

< parties, ne scaurait frapper les esprits ; la discussion c des moyens pour l'exécution d'un aussy grand prqet c exige aussy un sérieux examen. »

Cette longue lettre fait bien connaître toutes les inqaî^ tudes de Duverney. En voulant bien faire, il avait, pour ainsi dire, trop bien fait : sa crainte principale, comme nous l'avons déjà exprimé, est que le roi ne s'attache à l'idée de rester maître de l'impôt sur les cartes, sauf à en distraire le nécessaire pour la fondation. Cette idée parait venir du contrôleur général, qui ne voudrait pas laisser détourner de lui une source pouvant devenir si abondante.

Duverney avait jugé de l'avenir avec sa perspicacité ordinaire, puisque nous aurons à indiquer qu'en iTTKle produit brut des cartes monta à un million 541 ,450 livres, et net à 841,450 livres. L'objection consistait d'abord dans la difficulté d'avoir des ressources ; maintenant elle

toit relative à Tespéranœ d'en obtenir au-delà du besoin ptr les ressoarœi indiquées. Heureusement Duvemey était DD rude jouteur.

Par son mémoire du 4 novembre 1750, il demande qoe le roi consolide de suite son œuvre ; il combat la pensée de commencer rétablissement sur un simple arrêt du Conseil, pour éviter l'opposition du Parlement. On s'appuyait, à ce sujet, sur ce qu'on avait jeté les fonde- B0Dts de l'hôtel des Invalides de cette manière, et que l'éfil de création n'avait paru que lorsqu'il avait été adievé. Duverney a meilleure opinion du bon sens des nembres du Parlement, et d'ailleurs il explique la diffémee existant entre les deux créations.

c L'intention de^ Louis XIV était, dit Duverney, qu'en ittendant que l'hôtel fût bâti, on retirât dans une maison {srticuliëre de la ville de Paris les officiers ou soldats vétérans ou blessés, pour leur donner les secours dont ils ^oruent besoin. Pour exécuter ce projet, il fallait pour- ^rà la dépense de cette maison, en faire l'établissement et nommer des directeurs-administrateurs. Sa Majesté pourvut à ce premier objet et ordonnança, par un arrêt <le son Conseil du 12 mars 1670, une retenue de deux ifxAm pour livre sur le paiement de l'ordinaire et de latraordinaire des guerres. Par rapport au deuxième oi)et, le roi, par une ordonnance du 15 avril, déclara qu'ayant résolu de faire construire l'hôtel royal des Invalides, et voulant donner commencement à un si bel éta- Uittement, il était à propos de louer une grande maison <bQ8 le faubourg Saint-Germain pour y retirer les officiers et soldats invalides, en attendant qu'on pût les

i56 INSTITUTIONS d'ÉDUCÀTION MILITAIRE

recevoir dans l'hôtel qui leur était destiné. Sa Majesté nomma pour directeurs de cette maison M. de Louvois et MM. Camus frères. On loua effectivement une grande maison près de la Croix-Rouge, dans la rue Cherche-Midi. Cette maison dura jusqu'à 1674, époque de rachëvement de l'hôtel des Invalides, et ce Ait au mois d'avril de h même année que l'édit parut. »

Duverney s'attache à faire comprendre que l'opération est bien plus simple et moins complexe pour la création qu'il sollicite que pour celle des Invalides. Il ne s'agisaût pas, en effet, pour le moment, de recevoir des élèves ni de pourvoir à leur instruction et à leur subsistance. On pouvait sans inconvénient renvoyer l'admission au tenq» où rétablissement serait achevé, et tout dans ses mémoires indiquait qu'il fallait se conserver toute liberté à cet égard. On se trouvait, au contraire, pour les Invalides, en face d'un nombre toujours grossissant de nécessiteni à l'existence desquels on devait immédiatement pourvoir ; les dispositions provisoires faites en leur faveur, par l'arrêt du 12 mars 1670, étaient donc ui^entes.

4 Enfin, ajoute Duverney, il est question aujourdliai de faire connaître au public les grands desseins du royper rapport à l'établissement de l'école royale militaire; il s'agit de lui faire connaître que la charité de Sa Majesté et son amour pour ses sujets ont autant part à cet établis^ sèment que toutes les vues d'utilité, de gloire et de grandeur qu'il pourrait s'y proposer; tout le monde, lorsqu'il fut question de l'hôtel royal des Invalides, vit du premiar coup d'oeil ce que cet établissement pourrait être au premier moment ; un simple arrêt pouvait donc suffire.

UTRB SECOND 157

n n'en est pas de même de Técole royale militaire. II Emt instmire les esprits, en les instruisant tes échauffer, leur inspirer tout le goût que des citoyens doivent avoir pour un établissement si utile à leur conservation. Or, il seoible qu'on ne peut attendre ces effets que d'un édit, qui présente tout le tableau de l'établissement, et non pas d'un arrêt, qui n'en annoncerait que le dessein. >

Le principal motif de Duverney était donc qu'un édit and, enregistré parle Parlement, complété par toutes les formes légales alors en usage, formerait une base solide et inattaquable à la fondation. L'opinion de ce corps , pour le moment en lutte avec le pouvoir royal, devait néanmoins être favorable ; depuis longtemps, les esprits les plus sages disaient ce qu'a écrit plusieurs années après M. le comte de Turpin-Crissé {Commentaires sur Monieeuculli) : c J'ai dit, dans mes Commentaires, que le milibire était de droit dévolu à la noblesse ; conséquemment, tous ceux qui sont gentilshommes peuvent et doivent prétendre aux emplois militaires ; mais ce droit, qu'ils tiennent de leur naissance, ne leur donne pas le talent nécessaire pour remplir dignement ces emplois, si, préalableœat, ils ne s'instruisent pas des devoirs de l'état auquel ils se destinent et s'ils ne reçoivent pas de leurs parents une éducation relative au même état. ^

La lettre du 19 novembre que madame de Pompadour écrivait de Fontainebleau, allait donner de grandes espérances à Duverney. On commençait à céder le terrain devant la fermeté de ses allures et sa logique si serrée.

158 INSTITUTIONS d'ÉDOGIlTION MILITAIRB

Madame de Pompadour à Pâm-Duvemey.

Fontainebleau, 19 noYembre 1781.

c Je VOUS envoie, mon cher nigau, un paquet que ji « reçois de t'abbé de Berny (le cardinal de Berms) poa « vous. C'est sûrement pour te sieur Pluyette qu'il voa « écrit, car il m'en a écrit fort au long. Vous m'ave c dit que s'il offrait le même prix il aurait la préféram c C'est présisément ce que je vous demande» bimeoleiiA

< qu'on ne saura pas que je vous ay parlé (malgré m c répugnance) car je n'ay encore pu faire de bien à Tabbé

< c'est le seul de mes amis qui soit dans ce cas.

« J'ay été dans l'enchantement de voir le roy entra c dans le détail tantost. Je brûle de voir la chose puUiqoai

< parce qu'à présent il ne sera plus possible dQ la rompre,

< je compte sur votre éloquence pour séduire M* à c Machault, quoique je le croye trop attaché au roy pou € s'opposer à sa gloire. Enfin, mon cher Duvemey, f c compte sur votre vigilance pour que Tunivers en aoil c bientost instruit. Vous viendrés me voir jeudy a ce (|0i

< j'espère^ je n'ay pas besoin de vous dire que je aerq « ravie et que je vous aime de tout mon cœur. »

Duverney était lui-même à Fontainebleau quand il reçn cette lettre. Encouragé par les renseignements donnés pai madame de Pompadour, il avait su mettre son temps i profit pendant ce court séjour à la cour. De retour à Phisance, il s'était remis au travail et il l'annonce le 23 novembre à la marquise.

UTBB SBGOIID 159

Pâris-Duvemey à la marquise de Pompadour.

Plaisance, S3 novembre 1760.

c Madame,

c L'envie que vous m'avez marquée de voir finir c promptemait l'affaire du monde la plus digne de l'in-

< térest que vous y prenez, est pour moy-même l'ai-

< guiUon le plus vif. J'y ay travaillé en arrivant et voicy, c madame, le projet d'édit avec le petit mémoire sur les

< motifs des changements que j'ay cru devoir y faire, et c une espèce de dissertation sur le titre qu'on pense à c donner à l'établissement. Vous verres, madame, que c j'ay arrangé les dispositions de l'édit de manière à pré- « venir tout retardement. À l'égard du titre, je ne suis « point du tout jaloux de celuy auquel je m'étais attaché « depuis le premier moment oii il a été question du projet.

< Cest au roy à prononcer sur cela, puisqu'il s'agit de son

< propre ouvrage. Je ne dois aller à Versailles que le 50,

< et vous jugez bien, madame, que ce n'est pas sans

< dessein que j'ai l'honneur de vous envoyer d'avance la « pièce fondamentale de tout le travail. Il me parait qu'il

< y a deux choses à faire pour ne pas perdre de temps. < L'une de remettre le projet d'édit au roy, afin que

< Sa Majesté veuille l'examiner et y mettre la main, l'autre

< de déterminer M. le contrôleur général à nous aban- «donner l'affaire des cartes à compter du 1*' janvier

< prochain, et d'ordonner en conséquence aux régisseurs

< de cette affaire de travailler incessamment avec moy.

< Tout ce qui regarde le projet d'édit peut être fait, à ce

160 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE

c qu'il me semble, avant que j'aille à Yerssôlles. D ne « faut pas plus de temps pour avoir l'agrément de H. le c contrôleur général pour la dotation. J'ay examiné tous

< les papiers qu'il a bien voulu me remettre sur cet objet» c et, en vérité, tout me confirme dans l'opinion qu'il

< n'abandonne rien, qui puisse servir de ressources pour c les finances. Il n'y a, je crois, que le moyen que j'q

< imaginé et la destination du droit, qui puisse y

< quelque faveur. Je me persuade du moins que € cela on n'en tirerait que peu de chose. J'ose donc vooB « supplier, madame, de prendre ma place pendant mon

< absence, et de vouloir bien prendre sur vous ce qœ je c ne saurais faire d'ici. Je n'écris pas à M. Dargenson et

< cela ne doit pas arrêter vos démarches, parce que je € connais ses intentions. Je lui porteray le 30 le projet € d'édit et tout ce que j'aurai de prêt sur la même m-* <x tière. Si vous voulez, madame, le voir et le consulter

< avant ce temps là, je suis certain qu'il souscrira à tout

< ce que vous exigerés. Je me propose surtout de fiiireoD

< mémoire sur les bâtiments et d'en présenter un simple

< crayon, afin que dès cet hyver on puisse travailler ta c choix de l'emplacement et au plan de l'édifice. L*édit « une fois public, vous verres, madame, que tout le rcsW c ne languira pas malgré les grands détails que nou^ c aurons à embrasser tant par rapport à l'établissemeP' c du collège que par rapport à l'affaire des cartes. J^ c suis, madame, etc. »

La substance du mémoire joint à cette lettre était qU^ la guerre étant considérée comme un art, l'institution

IJVflB SECOND

ifil

dans le but de Vcnsctf^er devenait une véritable

aie, qued'uu autre rôtc cette acaiieniie étant des-

limée  rnlucvitioa de b jeunes^, c'était iiti collt^ge.et que

[|itr amséquenl k nooi de cuth'gc ar4iJcniif]ue pourrait

[cQQveair i moins qu'on ne préférât celui d'Ecole royale

lilibire, plus arnilof^e qu'aucun autre à Tidéc de créa-

lùaa d'uu r ^^ meut dans lequt^) il iresl absolument

^QatHia qàiL „ . . .ut en ili taire et des sciences qui y Mint

Os atlAchah ùocUe époque une grande ittqK)rtance à h mbction du préambule des édits ; on y exposait tous ks« oMi&idénnts réels ou spécieux qui les motivaient, t AiMÎ l)uTenH!y ne négtijïca p:i$ re préambule, qu'il eut [mn do Bmjaieltre cl |)ùur li lormc et pour le fond à des ina^ qu^îl Taisait amsj participer à son œuvre» qui» des ktr», en devenaient naturellement leis soutins* Le rot se reodaii délinitivement, mais il voulut savoir l MO aïeul b'était (emporté daïis des cirt^ujust^nces îdentiqutift. dot ce que nous indique U lettre qui suit :

Madame de Pompadotir à Pân^-Duvemey*

i l^itrwyin*^ qwe \om aivé» Tédit pour lc$ Invalides et I • cel«n -Cyr ; ïïs vouâ ne les avés pas, etivoyés tes

tHt eliprdier, le ror veut les voir. M, de MachauU vous albmtln demain à H haireïi ei demie* >

111STITIT10>S D'ÉDtCATlON HltlTAIBE

ilf . le marquis de Puysieuio) à Pâris-buvemey.

Versaillee, le î*^ décembre HJft,

ff J'ay lu avec plaisir les chaDgemenls que voua ave^ 4 fait, mon cher ami, ils vous ont coulé plus de lemps € à faire que je n*en ay employé à les lire, cjuoyque j'y c aye dooiié touUe mon attention y compris celte note.

* Plusieurs des munitionnalres générauît de FbnJre « doivent quitter incessaEument p^:jur le prochain Irait^^ tf qui va se faire, serait-il possible d'avoir un de leur « interret. Cette affaire dépend de M* d'Argenson. >

Pâris-Diwemey à M. le comte (TArgen&ont tninistn secrétaire d'État de la guerre.

De Plaisance, le s décembre 1050,

Monseigneur,

< Je n ay pu joindre M, le président Haynaull qu*Lier| < aprèa-midy* Je Tai instruit de votre objet. Il m'a pro-' a mis de s'en occuper incessamment et de me remeUru^ Œ son ouvrage vendredy pro(;hain. C^mme il doit aller à|

• Versailles aujourd'buy , vous serés informé par luy-mêmel € de ce qui s*est passé à notre entrevue. Je a'en ay pasj « moins Thonneur de vous adresser. Monseigneur, do

• nouvelles copies du préambule et des articles du projet fl d'cdit*Je les séparerai dorcsnavant,afin que Ton puisse 4 joindre aux articles le préambule que vous trouvères le^ « plus couvcnable. J'ay fait dans le projet d'édit toute

« les corrections que vous m'avés paru exiger. Je voua € supplie doue^ Monseigneur, de vouloir bien revoir ce

• projet d*icy ao 13, que je compte me rendre auprès c de foos, afin que Ton puisse prendre un party pendant c ooD Toyage. J'ay voulu travailler à mon arrest ; mais I j*iy reoûDDu que le cas où Ton se trouve n'est pas le < Bème que celui où Ton se trouvait en 1670, par rap- 1 port ioi Invalides, et il m'a paru d'ailleurs que ce serait f perdre une grande partie du mérite du nouvel établisse-

i ment que de n'en pas annoncer tout d'un coup les

c motifs et les grandes vues qu'on s'y propose, c C'est d*après cela qu'au lieu d'un projet d'arrest, j'ay

c &it le mémoire que je prends la liberté de vous adresser.

< J*en suis actuellement à l'affaire des cartes, que j'arrange

c de àçon qu'elle ne retardera rien à ce que je crois. > < Enfin, Monseigneur, j'ay fait une démarche dont je

« De parleray pas dans cette lettre, parce que mon frère

« est chargé de vous en rendre compte, c Je suis. Monseigneur, etc. »

Pâris-Duverney, en date du 1 1 décembre, envoie son pnjet de préambule de Tédit au président llaynaull, qui le lui retourne après en avoir discuté tous les termes. M. Foncemagne (lien avait, de son côté, rédigé un autre oioJèle. Duverney soumet ensuite son projet à MM. de Ssiiùl-Palaye c2) et Falconnel, de l'Académie desinscrip-

fl Foncemaimc 'Et. Lauréault «le) sous -gouverneur du duc de OmUty, membre de l'Académie des iuscriplions et t>elle3-letlres, ué à ••ri-A:i*ifn 1»''J«. mort en 1779, a rédigé de savants mémoire» sur les pimuien Irmp^ de notre histoire.

i- •^;Dt-PaI.iye ;J.-B. de la Curne de , né à .\uxerre en 1697, mort ^1 1>1, membre* île l* Académie frau<;aise en 1758, et des inscrip- :âft« tn I7ii, travailla sur les vieux romanciers et recueillit 4,000 notices > ai*uti*^rit-» français; il lit des mémoires sur l'ancienne chevalerie, <iù [»i^iioDQair«* des antiquités Tranraises, etc., etc.

lions et belles-lettres, qui y joignent plusieurs note^ et observations sur le style et sur la forme. Dans le même but» il s'adressa à M. Tabbé Delaville, de rAcadémie française, premier commis des aflhires étrangî*re&. Il eut soin de prendre aussi Tavis de Monseigneur de Blancmesniiet de M, de Faulrière, qui firent quelques forrections {Archives ivipériates). Mais il attendait toujours Tavis deMp dePuysieulxp

M, le marquis de Puysieulop â M, Pâris-Duvemey.

Versailles, î* décembre i75fl*

a Je vous renvoyé, moncherami, vos deux préambules. Après les avoir lus avec attention, j'avais commence àj faire quelques corrections au crayon à celui qui est k] plus court ; mais je vous avoue que ni Tun ni l'autre M me plaisent, quoy qu'il y ait dans les deux des endroils assez bien touchez. Ils ne me paraissent point propre* à présenter au public avec la noble simplicité que je désirerais l'idée que Ion doit luy donner d'un ausflV magnifique projet, ie voudrais que le roy fit Téloge Je rétablissement des Invalides, mais qu U ne parut p^^H qu'aucun motif de vanité ou d'amour-propre determifiSt" Sa Majesté dans celuy-cj\ Le roy doit y parler avec bonté des services de la noblesse, mais il ne faudrait pas relever la générosité de Sa Majesté dans les secoure qu*elle luy prépare, avilir la noblesse que ces secours regardent par des phrases et des épithètes propres à émouvoir la cbarité des fidèles pour des enfants trouves, telles qu'indigents, malheureux enfants qui resteraient

ém

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