ÊIHJCATION MILITAIRE SOUS LES RÈGNES DE LOUIS XV ET DE LOUIS XVI
— Louis XV, 15 féTiier 1710. — Monseigneur le duc d'Orléant, régent. — M. le duc de Villars, président du conseil de la gaerre. — Glande Le Blanc^ ministre secrétaire d'État de la guerre. — Écoles d'artillerie sous Louis XV. ~ Projet de PAris^ l'alné, pour la création d'une académie militaire^ 1724. — Ordonnance du 16 décembre 17i4 pour la création de six compagnies de cadets; milices, 1688, 1726; ordonnance du 2 août 1728 portant règlement du service des cadets dans les places; ordonnance du roi pour la réunion des deux compagnies en une seule, à Metz, du i 0 juin 1732, et pour le licenciement définitif, du 22 décembre 1733.— Ordonnance du 12 fé- Trier 1728, gentilshommes à drapeau aux gardes - françaises; 15 janvier 1729, cornettes dans les régiments de cavalerie, troisième officier dans les compagnies d'infanterie. — École des cadets en Russie, 1732. — Ecole de Mars du chevalier de Lussan, 1736. — Science militaire sous le cardinal Fleury. — Frédéric II, roi de Prusse; cadets-gentilshommes prussiens, école spéciale; succursale pour les cadets & Gulm, Stolpe et Potzdam, école préparatoire; école de Potzdam pour 500 enfants de soldats; école militaire des douze cadets; pages (Leib pagen); armée prussienne; ordre du tableau en Prusse. —Le marquis de Breteuii, ministre de It guerre , 1740,— Comte d'Argenson, ministre delà guerre, 1743. — Opinion du maréchal de Saxe sur l'armée. — Ordonnance pour établissement d'un deuxième gentilhomme à drapeau aux gardesfrançaises, 1740; cadets dans les compagnies d'artillerie et de sapeurs, 1743. — Noblesse militaire, novembre 1750. — Joseph Pâris- Davemey et l'école militaire.
Louis XV, né le 15 février 1770, arrière petit-fils de Uiis XIV, monta sur le trône à l'âge de cinq ans. Monseigneur le duc d'Orléans prit, en qualité de régent, les rênes du gouvernement, et les affaires de la guerre furent
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régies par un conseil particulier présidé par M. le duc de Villars. Un édit de septembre 1715 supprima, en conséquence, la charge de secrétaire d*Êtat de la guerre, qv ; fut rétablie par un autre édit du 24 septembre 1718, e faveur de Claude Le Blanc.
Par ordonnance du 23 juin 1720, le régent réorganisai les écoles d'artillerie. A Strasbourg, Grenoble, Perpignan et la Fère furent établies des écoles de théorie et de pratique; elles étaient commandées par des officiers qui devaient agir de concert avec les lieutenants-colonels des bataillons. Les progrès des officiers et des cadets étaient constatés par des tournées annuelles, que devaient faire MM. des Touches et des Yallières, afin qu'on pût juger s'ils étaient capables de remplir les emplois vacants.
Claude Le Blanc s'occupa activement de l'armée. Remplacé dans ses fonctions, le 4 juillet 1723, par le marquis de Breteuil, il les reprit le 19 juin 1726. Le régent mourut subitement le 2 décembre 1723. Monseigneur le duc de Bourbon lui succéda immédiatement en qualité de premier ministre. Ce prince, entièrement gouverné par la marquise de Prie, accepta d'elle pour ses conseils les quatre frères Paris, qui mirent toute leur capacité à son service.
I^ 11 juin 1726, M. le duc était exilé à Chantilly et l'évêque de Fréjus, depuis cardinal Fleury , ancien précepteur de Louis XY^ prenait pour longues années les rênes du gouvernement.
En 1724, Paris l'aîné (1), comptant sur son crédit.
(1) Paris Talné, Pftris-Moalmartel, Pftris-Duverney, Pâris-la-Montagoe étaient ces quatre frères, dont l'influence fut si grande pendant une grande partie du siècle dernier. Le premier eut Tidée de la crtotion
conçut le prqet d'une académie militaire, mais dans de trap vastes proportions pour que l'état des finances ; Mrmît de le mettre à exécution. Le plan de Paris se rapftochait beaucoup plus de celui de l'école polytechnique actuellement existante que d'une école purement militaire. Claude Le Blanc» occupé comme tous ses prédécesseurs de réformes et d'améliorations pour l'armée, avait remarqué combien y était défectueux le mode d'admission de k jeune noblesse. Il en revint à la création de Louvois, wx compagnies de cadets, mais en combinant leur emploi tTane manière bizarre. Cette création renfermait en ellenèoie un germe mortel, et elle ne devait pas durer beaucoup plus que la première.
Le 16 décembre 1726, le roi rendit une ordonnance pour établir six compagnies composées chacune de 100 cadets, soit gentilshommes ayant prouvé leur noblesse,
d'âne école militaire, le troisième, Pftris-Duveruey donna un corps à cette idée ; il n'est donc pas sans intérêt de dire et ce qu'ils faisaient et d'où ils Tenaient. Leur père tenait tout simplement une auberge au pied des Alpet. Une faut donc pas remonter plus haut. En 1710, un munitionnaire ebercbant on moyen pour faire passer des vivres en Italie à l'armée du duc de Vendôme, s'arrêta dans l'auberge tenue par le père Paris, et fat dirigé dans cette difficile entreprise par ses quatre fils, qui, grands, bien faits, remplis d*activité et d'intelligence, connaissaient dès l'enfuice tooa les défilés de la montagne. Par leurs soins, le convoi arriva tant accident. Le munitionnaire les fit connaître à M. le duc de Vendôme. Un incident fortuit leur assura la protection de Madame la docbesse de Bourgogne. Ils étaient hommes à en profiter. Pleins de génie, observateurs, tenaces, parfaitement unis, quoique de caractères divere, ils arrivèrent bientôt au sommet en conservant l'estime publique. Saint-Simon dit peu de chose des frères PAris; il n'use pas à leur
idresse de paroles amères « Je dirai seulement que les quatre
frém Paris, dont j'ai parlé ailleurs, furent exilés en Dauphiné. Ils ont été depuis les maîtres du royaume sous M. le duc, et ils le sont rede- ▼enos aujourd'hui , c'est-à-dire les deux qui sont demeurés en vie. {kteph Pâris-Duvemey et Pftris-Montmartel.) » U cour, si souvent embtraisèe pour les finances, eut besoin d'eux dans plusieurs occa-
ilO INSTITUTIONS d'ÉDUCATION MIUTÀIRE
soit fils de capitaines et officiers supérieurs dans rarmée.
Chacune de ces compagnies était commandée par un capitaine du grade de brigadier ou de mestre de camp, et qui recevait en même temps les fonctions d'inspecteur des milices.
11 avait sous ses ordres un lieutenant-<»pitaine réformé d'infanterie et sous-inspecteur des milices ; deux souslieutenants, lieutenants réformés et en pied au besoin, avec ce grade dans les compagnies de milices. Les quatre sergents furent d'abord choisis parmi les lieutenants réformés sans appointements; ils devaient, au fureta mesure des vacances, être remplacés par ceux des cadets qui se montreraient supérieurs aux autres par leur instruction.
Ces six compagnies furent placées dans les citadelles de Cambray, Metz, Strasbourg, Perpignan, Bayonne et au château de Caen.
Au cas où Sa Majesté jugeât à propos d'employer les milices aux frontières, ces cadets-gentilshommes remplissaient les fonctions de sous-lieutenants dans les compagnies de milices, et les lieutenances étaient dévolues aux sous-lieutenants des compagnies de cadets.
Le roi mit à la disposition de ces jeunes cadets tous les moyens de s'instruire; mais le programme d'admission ne devait pas être bien élevé ; car nous lisons dans l'ordonnance de création qu'à chaque compagnie serait attaché un aumônier choisi, propre à montrer à lire et à écrire aux cadets, qui n'en seraient pas instruits. Ces cadets n'étaient admis que de 15 à 16 ans.
Qu'étaient les milices? < Il y avait, dit Camille Rousset,
des milices locales, mais sans organisation ni service régulier. L'idée neuve était défaire des régiments de milices, appelés à servir comme les régiments de Farmée, une vraie force armée. On peut se rappeler, à ce sujet, le premier essai d'une infanterie française sous Charles YTI, rinsiitution des francs-archers. >
En 1688, diflférentes causes rallumèrent la guerre; les principales furent l'invasion de l'Angleterre par le prince d'Orange et les nouvelles certaines de la ligue fAugsbourg.
Au mois de décembre de cette même année, une ordonnance royale de Louis XIV prescrivit aux intendants de dioisir un ou plusieurs miliciens dans toutes les paroisses de France, suivant l'importance de l'imposition foncière de chacune, afin d'en former des corps commandés par des gentilshommes de la province, choisis autant que possible parmi ceux qui avaient servi. En temps de guerre, officiers et soldats étaient traités comme ceux des régiments.
Le 25 février 1726, Louis XV rendit, pour la levée de 60,000 hommes de milices, une ordonnance qui se rapproche beaucoup de celle de son prédécesseur.
Sa Majesté voulait avoir toujours sur pied une forte armée s'exerçant pendant la paix au maniement des armes, sans trop de dérangement dans les travaux de la campagne et sans sortir des provinces, mais pouvant, au besoin, marcher sur les frontières pour en augmenter les forces. Les gentilshommes, anciens officiers, tenaient à honneur de commander des bataillons de milices.
Le roi régla, le 28 août 1728, par une ordonnance, le
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service des cadets-gentilsbommes dans les places oii ib étaient cantonnés, pour éviter tous les^ conflits qui pouvaient résulter du contact de cette troupe exceptionnelle avec les autres. Nous remarquons, entre autres artides de cette ordonnance, que la compagnie de cadets faisait son service à part, ne tirait pas son poste, qu'on lui choisissait le plus important et le plus propre à Tinstniction, qu'elle prenait la droite et battait la marche des mousquetaires.
Ces dispositions indiquent surabondamment qu'on avait donné à ces compagnies un rang honorable dans rarmée. La composition devait être bonne et relevée. Ce point était important. Louvois avait été trop loin ou plutôt on avait dépassé ses intentions. 11 est à croire que quatre gentilshommes qualifiés de la province, dont le certificat pour la noblesse du postulant était requis, n'auraient pas osé donner au roi un sujet indigne de la faveur accordée. Quant aux fils d'officiers de fortune, ils avaient pour répondre de leurs antécédents la carrière de leurs përes arrivés à force de vertu et de bravoure à des positions difficiles à acquérir sans illustration (1).
Mais, dans cette institution, il y avait un vice qu'on n'avait pas aperçu. Comment, en effet, remettre fructueusement au noviciat militaire et enfermer de nouveau dans des citadelles des jeunes gens qui avaient rempli en campagne des fonctions d'officier dans les régiments de milices^
(1) On doit se rappeler & ce sujet que les bas-officiers ne pouvaient devenir que lieutenants. Us remplissaient les fonctions de qnarUermaitre trésorier, de porte-drapeau, de lieutenant et de sous-lieutenaiit de grenadiers. L'épaulette de capitaine n'était obtenue par Tofficierde fortune qu*au prix d'une action d'éclat bien constatée.
corps ooo rompus à la discipline et dans lesquels il y avait UmA a mootrer et rien à apprendre. Ce nouvel essai ne devait donc pas encore réussir ; et ce qui vient nous le prouTor, c'est que, le 20 mai 1729, le roi rendit une ordmwiafice pour former, avec ces six compagnies de genlihhomines , deux compagnies de 500 cadets dans les dtadelles de Metz et de Strasbourg. Getle ordonnance est oooire-sîgnée par M. Bauyn d'Anger^illiers, qui, à la mort de M. Le Blanc, en 1728, était devenu ministre secrétaire d*£iatde la guerre. Le préambule établissant cette notable modification dans l'organisation des compagnies de cadets donne un motif plausible et acceptable: et, en effet, pour Fensemble des manœuvres, la réunion de 500 cadets au ko de 100 était préférable.
Le 10 juin 1752, les deux compagnies de cadets étaient donc réunies en une seule à Metz ; et le 22 décembre 1 755, celle compagnie elle-même était licenciée sous prétexte c que pendant la guerre cet établissement n'est pas nécessaire. »
Il ne devait plus Tétre, en effet, si cette guerre de 1755 fût dû clore pour jamais Tëre des batailles. Mais la paix perpétuelle était alors comme à présent une utopie bien k>in encore de devenir un fait. S'il n'était donc plus nécessaire d'apprendre pour cette guerre de 1755, il ne f^lUit pas laisser tomber dans roubli, pour la réussite de fdles qui devaient suivre, les grands errements des Condé, les Turenne, des Vendôme, des Câlinai, des Villarset des fern%i< k, qui parurent les avoir emportés avec eux dans b lornbe. Ce qui était utile et indispensable sous le minis- Ufre de Louvois, qui eût persévéré dans l'accomplissement
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de son œuvre, ce qui le devenait plus encore en 1726, ne l'était pas moins en 1753. Gomment, de réunion en réunion de ces six compagnies en deux, et de ces deux en une, n'en est-on pas arrivé à l'heureuse idée d'une école militaire? On n'en concevait pas l'utilité, ou si quelqu'un plus éclairé cherchait, comme Paris, à éveiller Tattention sur ce sujet, on en était détourné et par la question de finance et par l'embarras de replacer cette multitude d'officiers réformés après chaque guerre et oubliant leur métier pendant les lacunes de service, embarras que venaient compliquer tous ces jeunes gentilshommes pour lesquels l'étude était un ennui et le service une obligation.
Avant la suppression des compagnies de cadets, le roi avait rendu une ordonnance, du 12 février 1728, par laquelle il établissait un gentilhomme à drapeau dans chacune des trente-trois compagnies des gardes-françaises.
Le roi dit que les compagnies de cadets n'étant pas suffisantes pour instruire la jeune noblesse de son royaume dans le métier des armes, il crée ces places de gentilshommes à drapeau.
Dans tous les préambules, il y a des considérants implicites: il est permis de penser que les jeunes seigneurs de la cour ne voulaient pas aller s'enfermer dans ces citadelles, et que ces places de cadets aux gardes-françaises n'ont été créées que pour les satisfaire.
Le 25 janvier 1729, on rétablit deux emplois de cornettes dans chacun des régiments de cavalerie. Le 8 février 1733, le roi ordonnait le placement de quatre officiers nouveaux dans les régiments de cavalerie de trois escadrons et dans ceux de dragons, et de deux seulement
dans les brigades de carabiniers et régiments de cavalerie à deux escadrons; il décidait en outre que, conformément à l'article u de Tordonnance du !•' novembre. 1732, le surplus desemplois, après leslieutenants réformés replacés, seraient donnés à des gentilshommes de la compagnie de cadets ou à d'autres dont la naissance serait connue, qui serviraient en qualité de cornettes, de même que ceux qui succéderaient auxdits lieutenants en deuxième et aux cornettes. Le 1"^ novembre 1733, nouvelle ordonnance pour établir des cornettes et un troisième officier dans toutes les compagnies des régiments d'infanterie.
Ces dispositions étaient prises en vue de la guerre avec rAutriche, qui devait coûter à la France ses deux plus illustres capitaines, le maréchal de Berwick, tué d'un coup de canon devant Philipsbourg, et le maréchal de Villars.
Ces mêmes dispositions viennent nous dire qu'on s'était aperçu de l'inconvénient de n'utiliser les cadels-gcntilsbommes des compagnies qu'en les plaçant au besoin dans les corps de milices et de ne pas généraliser leur emploi.
Il n'existait donc plus ni académie, ni école militaire sous quelque forme que ce fût. On avait créé et détruit ; 00 avait donné l'exemple, et il aurait fallu aller le reprendre chez une nation considérée encore comme barbare. Le maréclial comte de Munich établit, avec l'autorisation de Timpératrice Anne Ivanowna, une école de cadets dans bquelle, en domptant le caractère féroce des gentilshommes russes, on put en former des sujets capables de défendre TËtat et de commander sous les ordres du maître. En 1732, 400 cadets-gentilshommes, n'ayant pas moins de onze ans et pas plus de treize, furent réunis dans l'ancien palais du
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prince Menzikof et mis sous les ordres d'officiers prussiens, dont le maréchal de Munich avait reconnu la supériorité en fait de science militaire. Le succès fut complet ; à Tâge voulu, après examens confiés à des personnages étrangers à rhôtel, les jeunes cadets recevaient, suivant leur mérite, des commissions soit d'enseigne, soit de lieutenant, soit de capitaine-lieutenant.
De temps à autre, sous une forme quelconque, on présentait des projets pour l'établissement d'une école ou académie militaire. Nous retrouvons aux archives de la guerre une lettre de M. Gérault au ministre de Bauyn d'Angervilliers relative à l'entreprise que venait de faire un peu légèrement M. le chevalier de Lussan, ingénieur, à son retour des guerres d'Allemagne. Cette entreprise consistait dans la création d'une école militaire ou la jeune noblesse devait recevoir toutes les instructions pour se former au métier de la guerre et acquérir sous dififérents maîtres réunis les connaissances qui conviennent à des gentilshommes. M. de Lussan avait commencé par louer, au prix de 8,000 fr., l'hôtel d'Entragues, situé dans la rue de Tournon et parfaitement propre à une pareille destination ; puis il demanda au ministre des lettres-patentes pour consolider son institution, à laquelle il donnait le nom d'école de Mars. Pour donner plus de force à ses arguments, il ajoutait que lorsque le feu roi de Savoie avait pris possession de ses Ëlats^ il avait reconnu la nécessité de détruire chez les officiers de tout grade cette erreur que l'expérience acquise par plus ou moins de campagnes et d'actions de guerre devait faire suffisamment juger de la capacité. Il leur fit entendre que l'expérience sans prin-
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dpet et «018 ri|^ n'était, en fiiit, qu'une routine capable de caoaer de TineerUtude, et il ne cessa de leur adresser des questions de tout genre sur Tart militaire toutes les Cms que Foecasion s'en présentadt. Il les força ainsi à trafailler.
Cette affiiire fut sérieusement examinée. On pensa que M. de Lnssan, en louant un hôtel avant d'avoir demandé Fagrément et l'appui du roi, avait agi sans réflexion ; de pios, on ne se trouva pas assez édifié sur sa capacité pour diriger une si vaste entreprise. L'idée était bonne; les mojeos d'exécution trop faibles. 'Il n'y eut donc encore aocoo résultat.
Le maréchal d'Asfeld, successeur de Berwiek, bon offirier du génie, n'avait pas les qualités d'un grand capitaine. Gomme l'établit la comparaison parfaitement juste d'Henri Martin, de même que le cardinal premier ministre n*avait pas été nourri dans les grandes affaires, de même les généraux qui succédaient à Vîllars et à Berwick n*avaient pas été formés aux grandes opérations militaires. Et rinsignifiaoce de cette guerre tint beaucoup plus à ce que le prince Eugène n'était alors plus secondé ni par ses forces physiques ni par le cabinet de Vienne, qu'aux talents de nos généraux pour maintenir un si rude adversaire. Les chefs de l'armée française parvenus soit par les échelons de la maison du roi, où ils n'apprenaient rien, soit par l'ordre du tableau qui les attardait, étaient ou mexpérimentés ou trop vieux. Les avertissements ne manquaient pas depuis longues années. Folart, dans son Polyhe, écrivait dès 1725: € Il faut exercer les troupes à tuer selon la méthode que le comte de Saxe a introduite dans
son régiment, méthode dont je fais un très grand cas, ainsi que de son invention, qui est d'un des plus beaux génies pour la guerre que j'aie connus, et Ton verra dans la première guerre que je ne me trompe pas dans ce que j'en pense. »
Folart avait deviné dans le simple colonel le futur maréchal général de l'armée française.
M. le duc de Noailles, nommé maréchal de France, alla prendre le commandement de l'armée d'Italie en 1735. Il la trouva dans le plus grand désordre et s'efforça d'y rétablir la discipline. Or, ce relâchement, en dehors même des causes qui le produisent, est toujours un symptôme grave de l'abaissement de la science militaire. Tout se tient dans le métier et s'y enchaîne; ce sont les généraux et les officiers les plus instruits dans leur art qui savent le mieux dominer leurs soldats. Les maîtres l'ont dit : € Savoir provoquer et maintenir l'énergie morale dans une armée, c'est la partie la plus sublime de l'art de la guerre. »
Louvois, qui n'était pas un homme d'épée, se maintint toujours à la hauteur de son rôle: il avait compris combien l'avenir de l'armée française pouvait se trouver compromis, si on ne s'empressait pas de veiller à l'éducation de la jeune noblesse. Ses cadets de 1682 pouvaient devenir les généraux de la fin du règne de Louis XIY , de même que ceux de 1726 devaient commander pendant la guerre de Sept-Ans. Sur quoi alors reposaient les bases de l'instruction militaire? Sur quelques mémoires, quelques documents épars. Quels hommes avaient mission de faire progresser cet art» qui doit profiter de toutes les inven-
oomfdles? Quelques généraux tantôt employés, tanlût suifiDt b cour, tantôt retirés dans leurs ad- I, d'après leur plus ou moins de crédit auprès du
Et pour leurs expérimoes dans les camps ou dans les I» de quels éléments devaient-ik se senrir? De coioueb, toujours les premiers au feu» mais dispal au moment des quartiers d'hiver, d'oflBders ne que ce qu'ils avaient pu apprendre au ooqps ^ souvent réformés à leurs débuts, replacés pour eue réibrmés encore qudque temps après. Ainsi l'état mt le pied de guerre du riment de mestre de camp de avalerie se composait de 62 officiers ; sur le (ûed de paix ce nombre se réduisait à 38. Par conséquent, dans un seul régiment, 24 officiers, tant supérieurs que subalternes, étaient, i la paix, renvoyés inactifs dans leurs foyers.
Quel était donc le nerf de cette armée, quelle était cette faite qui, malgré tous ces abus, lui donnait souvent la nctoirc?
C'était cette bravoure exceptionnelle, cet entrain, cet élan, cette émulation pour courir sus à rennemi, qui deveoaient irrésistibles et déjouaient les plus habiles prévisions. Maurice de Saxe écrivait au roi de Prusse : c Les Français iOQt ce qu'ils étaient du temps de César et (el qu'il les a dépeints, braves à Texces, mais inconstants, fermes k se faire tous tuer dans un poste, mauvais manœuvriers en pbine... »
Ib manoeuvraient mal en efiet, parce qu'on ne savait pas ies guider. Le mal venait des chefs et non des soldats eux-mêmes.
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Du côté du Nord allait bientôt apparaître une étoile brillante qui devait attirer tous les regards.
Frédéric II. surnommé le Grand, souverain d'un petit État qui n'était qualifié royaume que depuis trois générations de princes, naquit à Berlin en 1712, et succéda en 1740 à son père, qui lui laissa des finances en bon état, une armée disciplinée et instruite.
En paix comme en guerre^ Frédéric II fut toujours le premier général de son armée, à laquelle il donna la prééminence sur tous les corps de ses États. Il connaissait tous ses officiers, il signait lui-même toutes leurs commissions après le plus mûr examen. Il voulait qu'ils appartinssent V tous à la noblesse, à l'exception de ceux de l'artillerie, du génie, des hussards et des régiments de garnison. Pourquoi cet éloignement de la noblesse pour les corps savants, quand une des principales occupations des ingénieurs était de former au centre de chaque inspection une école pour instruire les jeunes officiers du district? Deux officiers de chaque régiment allaient étudier pendant deux années à tour de rôle sous cet ingénieur, chargé en outre de rendre compte des progrès de chacun au chef du régiment et à l'inspecteur.
Les cadets -gentilshommes étaient élevés militairement; leur nourriture était saine et abondante. Ils étaient commandés par des officiers et surveillés par des basofficiers. Ils recevaient une instruction élémentaire solide, qui leur permettait de suivre avec fruit plus tard les leçons plus savantes des ingénieurs. L'hôtel des cadets contenait 256 jeunes gentilshommes de Tâge de quatorze ans au moment de leur admission, et afin que la pauvre no-
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Messe pâl dcMioer à ses enfants Téducation première, le roi avait établi trois succursales à Culm (Prusse orientale)^ à Stolpe en Poméranie, et à Potzdam. Ils y étaient reçus &s Tage de huit ans. Tous compris, le roi élevait ainsi 372 enfants gentilshommes, se renouvelant en partie chaque année.
Auprès de lui et à Potzdam même, Frédéric II, qui favorisait beaucoup les mariages de ses soldats, faisait soigner et instruire 5,000 de leurs enfants, se formant ainsi une riche pépinière avec laquelle il entretenait ses odres de bas-officiers.
Ed outre, Frédéric II avait établi une école militaire destinée à douze cadets seulement, qu'il choisissait parmi les cadets les plus distingués à tous les titres. Ils y étaient âevés avec le plus grand luxe et enseignés par des professeurs très-habiles et largement rétribués. Le roi leur donnait flosuite des emplois dans la diplomatie ou dans l'armée, où ik entraient comme officiers, tandis que, sans exception, tous les autres cadets commençaient leur carrière par le grade de bas-officier. Ce fut là le premier spécimen d'une école d'état-major qu'il voulut t diriger lui-même et dans Uquelle il faisait lever des terrains, marquer des camps, fonitier des villages, retrancher des hauteurs, élever des palanques, etc. • [Mémoires de Frédéric, de \1Q!5 à 1775.)
La plus grande, partie des pages, surtout ceux attachés sfitctalement au corps du roi (Leib pagen), entraient dans i année avec le grade de lieutenant.
Les succès de Frédéric n'ont-ils pas pour cause cer- Uioe et première tous les soins qu'il donna à l'éducation militaire préparatoire et spéciale ?
1^ iNSTinmoNs d'éducation militaire
c Les troupes prussiennes, écrivait le comte de Mirabeau, sont capables presqu'à volonté d'entrer soudainement en campagne et d'agir avec toute la vivacité d'une armée qui fait la guerre depuis longtemps. > Eu effet, ces troupes étaient toujours prêtes parce qu'elles étaient toujours tenues en haleine. Là, point de grade fictif, point de positions surnuméraires, point de réformes i temps, ou la retraite définitive ou la présence au corps, toujours des études incessantes, soit aux revues, soit au camp, soit au centre d'inspection, toujours surveillance directe et personnelle du prince, ne permettant à aucuq le découragement et la paresse. Jamais de faveurs, jamais d'influence de famille ou de cour; sans protection, sans fortune, l'officier savait qu'il était connu de son roi, apprécié par lui à sa juste valeur, et qu'aucune raison ne viendrait le déshériter de son rang sur l'ordre du tableau, duquel Frédéric ne s'écartait que dans les circonstances les plus graves. Cet ordre du tableau, considéré comme si fatal pour l'armée française, faisait la principale force de l'armée prussienne, parce que ce grand capitaine savait rendre tous ses officiers capables de fonctionner (i).
(1) Par la raison contraire, I-.ouis XV renonçait à suivre Tordre da tableau. Le maréchal de Belle- Isle écrivait au comte de Glermont, général en chef pendant la guerre de Sept-Ans,le 2S mai 1758: «... Lon- <c que Sa Majesté fera des promotions par choix, M. de Vogué doit s'attendre à ne pas être oublié. Il en est de même de M. du Blaisel, qui n'a certainement eu aucun de ses cadets préférés... »
Le maréchal écrivait à la même date à son neveu, lo prince de Croy, qui se plaignait d'être le quarante -troisième sur le tableau et précédé (f par un paquet de gendarmerie et de maison du roi, » qu'il n'aurait jamais cru devoir attendre. « Au surplus, le roi ne fera de promotion par l'ordre du tableau de longtemps; désormais, ce seront ceux qui se distingueront, et qui par leur mérite, leurs services et leurs emplois, détermineront le roi à des préférences, u (Archives de la guerre,)
Llocapadté n'était jamais classée par lui à aucun rang. Cûmment parvenait-il à un pareil résultat? Par le principe de b répétition continuelle, qui, après les études bàes aux écoles, finissait par graver dans Tesprit de chacpie officier tout ce qu'il fallait savoir.
Cest ainsi que Frédéric II a formé ses généraux, ses s, ses soldats, toujours sous les armes, toujours en haleine, et qu'il est arrivé à cette perfection de » qui paraissait fabuleuse à cette époque. Il ne it, du reste, que continuer, avec plus de génie cepen- 4miC» PoeuTre de son père, qui, poussant sa méthode à rextréme, avait fait de son royaume une caserne et un ntte camp. Pendant quarante-six ans, il ne dévia pas un iMaol de sa ligne de conduite, et tandis qu'en France on perdait le temps en essais infructueux, il perfectionnait Ks institutions militaires. La guerre de i 740 à 1 745 devint pour lui une précieuse expérience. Il sut reconnaître ses £ujtes et il en profita pendant les douze années de paix. On le vit à l'œuvre pendant cette malheureuse pjcm? de Sept-Ans ; mais ce fut après surtout qu'il parriûî à faire manœuvrer ses troupes sur le terrain avec au- UQt d^ordre que de promptitude.
On chercha à étudier ses moyens. Beaucoup de générvj\ françab vinrent assister aux exercices des troupes prussiennes, mais pour Tapplication il fallait un roi comme Frédéric, une armée conduite comme Tétait, depuis longbmps, farmé prussienne ; il fallait un pays neuf et maoaUe comme la Prusse. Ensuite, comme l'observe M. le tJ€Dte de Mirabeau, auquel nous empruntons une partie ^ CCS détails, Frédéric a réussi parce qu'il était général
et roi ; sans contrôle^ le général exécutait ce que le rai avait conçu. Général et sujet, il eût vu bientôt la jaloosie s'attacher à ses succès, l'ignorance attaquer ses enivres el les intrigues de cour écarter celui-là seul qui pouvait alon régénérer une armée.
Les principes sur Tattaque et la défense des places, à bien indiqués par Yauban^ et soumis à des règles fixei modifiées au besoin par TinteHigence des ingénieurs , étaient parfaitement déterminés. Mais il est certain qo'oo était bien loin de connaître ceux de la guerre engénénd,' et qu'en 1749, époque à laquelle écrivait M. le maréchil de Puységur, il n'y avait pas de règles bien arrêtées et pas d'écrits qui pussent servir de direction aux officiers quand ils cherchaient à s'instruire. Rien n'est plus clair que oo qu'écrivait le maréchal à ce sujet : c Tout se réduit i faire l'exercice, et cependant toute l'année on ne fait que la même chose, et depuis soixante ans que je sers, je n'en ai pas vu davantage ; nous l'avons reçu ainsi de ceux qui nous ont précédés, et nous le transmettrons de même I
ceux qui viendront après nous On ne s'apprend doue
aujourd'hui à faire la guerre que par ce qui se pratique dans les armées, par conséquent par le grand nombre de batailles et de combats où il faut s'être trouvé ; et c'est là le seul moyen dont on fasse usage pour apprendre la conduite qu'on doit y tenir; en sorte que l'instniction ne peut venir qu'après s'être longtemps exposé à de fâcheuses expériences ; ainsi que ne doit-on pas craindre, quand, après une longue paix, il reste peu de personnes de celles qm ont fait la guerre, et peut-être aucunes de celles qui, pir de longs services, auront acquis des connaissances »
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D aîDears, commeDt les officiers généraux pouvaientib acquérir de Texpérience, lorsque, dans les armées, il j afiil 200 colonels de gendarmerie, cavalerie et dragons irrhrés tous jeunes à ce grade et nommés sans nécessité «nrenl au cooimandementde régiments éphémères, ayant donc, pour la plupart, le grade sans l'emploi. De même paor rinCuiterie. Leur service à l'armée était sans importaoee, leur tour se présentait rarement. Dans ces mêmes «Mes se trouvaient réunis 35 à 40 lieutenants-généraux €t aotaol de maréchaux de camp, dont beaucoup, dans le CHdbal, D^avaient aucun commandement, et dont aussi Ib Qoo^^reux équipages encombraient les marches. Le ■védial de Saxe ne dissimulait pas sa mauvaise humeur ice nqel (1). Ils pratiquaient trop rarement par eux- ■Cmes pour eu tirer quelque fruit, c En 1745, dit L de Puységur, il y avait en Flandre 96 maréchaux de
A b paix, les camps de Spandau, Magdebourget de Potzdam devinrent les écoles de tous les militaires de ITurope. Les officiers français purent voir le roi de Prosse faisant manœuvrer lui-même ses troupes, ne laisont passer aucune faute, s'instruisant lui-même ainsi fie ses généraux par les moindres détails^ d'où ressortai^Qt quelquefois, d'une manière inattendue, des méthodes HxnreUes.
t l'a fféoérml de coor conseillait au maréchal de Saxe l'attaque d'un ^>.&itAt]oe inutile peut-^tre,mai3 où il y avait peu de risques à courir, Lé4.t:l. pai^u'il ne coûterait au plus qu'une douzaine de soldats. « K*-< «iKorc, répondit Tivement Maurice, si c'était douze lieutenantàf*:V'rv4X ; » et il tourna le dos à ce donneur d'avis, qui faisait si bon KATLâè da Aang de la France.
{Revue des Deux- Mandes, 15 novembre 1854.)
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Ils ne pouvaient assez admirer quand ils voyaient manœuvrer des lignes de vingt à trente bataillons, (fà marchaient en front de bandière sans confusion et saoi le moindre flottement, puis se rompaient en ooloone avec autant de facilité qu'elles s'étaient formées d'aboid pour exécuter ensuite les mouvements les plus difficiles. Tout cela n'était pas l'œuvre d'un jour, mais bien de plusieurs années de ténacité et de constance.
Le maréchal de Saxe, que Frédéric II appela le Torenne du xvui'' siècle, était seul capable, il est vrai, dliH troduire dans Tarmée française toutes les réformes oompa* tibles avec les habitudes enracinées de l'époque. On alk voir, on admira, on parut comprendre, chacun reinpi avec des impressions diverses, et rien ne fut exécuté, û moins pour Tinfanterie. Les généraux de cavalerie surent bien saisir les modifications apportées par Frédéric dans les manœuvres de cette arme et abandonnèrent en partie leur système gothique vers la fin du règne de Louis XV. € Aujourd'hui, disait un écrivain militaire en 1781, tout n'est encore qu'incertitude à l'égard du militaire en France ; c'est la faveur de tel ou tel officier général qui détermine le système qu'on doit suivre, et le ministre de la guerre n'est souvent pas le maître de l'empêcher, i,
Le marquis deBreteuil avait repris, le 20 février 1740, les fonctions de ministre secrétaire d'État de la guerre, qu'il conserva jusqu'au 7 janvier 1743, époque de si mort. Il fut remplacé par Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson, qui devait coopérer au .plus grand bienfait accordé par Louis XV à la noblesse militaire de l'armée, ainsi qu'aux succès de l'armée française oooh
aiaod^ par le marédial de Saxe. Il avait assisté à cette ittUiUe de Footenoy pendant laquelle ce maréchal avait prouvé, une fois de plus, ce que peut la science unie au féaie.
La sdeooe aide à connbiner un plan, à calculer telles ou tcBes dianoes : mab de ces chances, il en e^t d'inattendues, el c'est alors qu'il kut que le génie remplisse son rôle.
A Footenoy, la victoire fut certainement un moment douteuse ; miais cette phalange, qui pendant six heures i*afaiiça impassible sur le champ de bataille, quoique harcdée par toute la vaillante jeunesse de la maison du roi^ d^ait néanmoins s'évahouir à un moment donné, tant les dijpQsitioas du maréchal, soutenues par le sang-froid du m, étaient habilement prises. Ces paroles prononcées par Lpwendahl,' au moment le plus critique de lal)ataille: c Monsieur le maréchal, voilà une belle journée pour le nÀ : ces gens-là ne peuvent lui échapper, > prouvent surabondamment que Maurice de Saxe agissait d'après un pbn fixe, conçu instantanément d'après cette circonstance ùDQ prévue : arte non casu. Avec Maurice de Saxe et LovendahU tous deux étrangers, morts, l'un le 50 septembre !750, le second en mars 1751, disparurent les fêoéraux éminents,
loe lettre du maréchal de Saxe au ministre de la guerre indique qu'il prévoyait les conséquences de l'état «nodiscipline et d'ignorance où était tombée l'armée. « SLi-. dit Henri Martin, comme il n'avait pas approfondi iesjsliane prussien, il n'indique pas dans cette lettre de rtaioie au mal signalé. Il eût probablement trouvé ce
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remède, c'est-à-dire dérobé le secret de Frédéric II, â une fia prématurée, suite de ses excès. De l'eût enlevé i la France » Il n y avait pas de secret à dérober. Frédéric II mit trop en œuvre ses métbodes sur le champ de bataille, et, après la paix, bien mieux encore dans M camps pour qu'elles ne fussent suffisamment connues^ à on avait voulu bien les étudier. Ce qui manquait en France, nous l'avons déjà dit, c'était un homme ayant (i main une autorité assez continue et assez indépoidaole pour transformer sans contrôle. Il fallait enfin un N^ léon ; l'élément français suffisait.
En 1740, par ordonnance du 11 janvier, le roi avait ouvert un nouveau débouché à la haute noblesse en créant une seconde place de gentilhomme à drapeau dans ditcune des vingt-sept compagnies des gardes-françaises.
En 1743, deux places de cadet par compagnie furent créées pour l'artillerie et les sapeurs.
Autrefois , on se faisait noble en prenant une épée. Henri lY mit fin à cet abus et à cette confusion préjuAciiblés au trésor, en ce que beaucoup ainsi échappaient à la taille. Pour l'admission dans ses compagnies de cadets» Louis XY avait voulu qu'on mit au même rang que ses gentilshommes les fils d'officiers, capitaines ou offiders supérieurs. Il alla plus loin par son ordonnance de 17S0, et établit une noblesse militaire qu'appuyaient ainsi les titres les plus honorables. Le roi conféra donc la noblesse à tous les officiers généraux et à leur descendance, ainsi qu'aux chevaliers de l'ordre de Saint-Louis, dont les pères et aïeuls, ayant servi comme capitaines, auraient été aussi décorés de cet ordre.
D après tout ce que nous venons d'exposer, il devenait urgent, dans Tintérêt de Tavenir, de s'occuper de TinstructioQ de la jeunesse militaire, et de lui inculquer *proibodéfDent,[par des études^suivies et spéciales, les principes de Tart, qui rendraient plus facile dans les camps la praûqoe de la guerre.
L'initiative albit être prise par un financier qui attendait certainenoent depuis longtemps le moment favorable pour reproduire, sous des formes plus acceptables, le projet de son frère aine. La paix était profonde à l'extérieur. Mais, comme il arrive souvent chez une nation dont le aog généreux bouillonnera perpétuellement, l'agitation reparaissait à l'intérieur. Deux grands corps de l'Ëtat se mettaient en opposition avec la couronne. Il pouvait être de boQoe politique de s'appuyer dans ce cas sur la noblesse et sur Tannée. C'est ce que vint conseiller Joseph Pâris- Duverney. Il fallait se faire lire et écouter par Louis XV. n prit le moyen le plus sûr.
Une école militaire allait enfin être fondée.
inSTlTUTIONS D'foCCATIOtr MILITAIRB