CHAPITRE IV
Sommaire. — Renvoi des jésaites. — Lettres-patentet da roi portait confirmation du collège royal de la Flèche et y ètablissint n pensionnat de MO gentilshommes, 7 avril 1764. — AffiliaiioB il collège de la Flèche à TUniversité de Paris. — Mémoire do chevalier de Kèralio,. 176f). — Ordonnance da roi en interprétatim de l'article xix de Tédit du mois de janvier 1751 portant création d'un école militaire^ 28 octobre 1767. — Règlements généraux arritti par M. le duc de Choiseul, concernant tout le peraonael de rSeob militaire de Paris; exposition du plan d'études, 1770. —M. de Monteynard, ministre secrétaire d'État de la guerre, 6 janvier 17H. — Lettres-patentes du roi portant règlement pour le collège diU Flèclie, 20 février 1772. — Ordonnance du roi portant règlement concernant les officiers employés à TÉcole militaire , I jiillet 1772. — Lettres-patentes relatives à l'admission à l'École militaire de la jeune noblesse de la principauté de Dombes, 6 Np* tembre 1772. — Ordonnance du roi relative aux élèves de rÉc militaire entrés dans les régiments, 17 mai 1778; deuxième pbiie de l'École militaire. — Mort de Louis XV, 10 mai 1774.— LooiiXV et l'École militaire. —Projet d'académie militaire. — École deidMvau-lègers, première école régimentaire. — Académies d'èqaitition. — Écoles de cavalerie. — Ecoles des trompettes aux Unlides. — Ingénieurs géographes. — Pages sous Louis XIV et Louis XV.
Ije renvoi des jésuites était un fait considérable, nonseulement pour la Flèche^ mais aussi pour toutes les autres maisons quHIs dirigeaient avec autant de suite que de talent, c L'anéantissement de cette société^ d'un seul coup, sans préparation, dit Thistorien protestant LéopoU Ranke, de cette société qui fit sa principale arme de l'instruction de la jeunesse, devait nécessairement ébranler le monde catholique jusque dans ses profoDdeurs,
jusque dans la sphère où se forment les jeunes génératiODS >
c Je les ai vus de près, dit Tastronome athée Lalande, e'éCaît un peuple de héros. »
L'institution de la Flèche n'avait donc plus que le caractère de simple collège. Alarmés de cette situation, les officiers de sénéchaussée de cette ville adressèrent au n une requête pour le rétablissement, sous son patronage, de Tandenne fondation de son aïeul. Ils demandaient que k jeune noblesse française y trouvât les moyens de se pri^parer aux carrières de la magistrature^ de Téglise et mèaie des armes. Cette pensée fut immédiatement discutée et saisie; son exécution venait, en effet, résoudre une des ditiicultés prévues au moment de la création de l'École militaire. M. le duc de Choiseul se décida donc à faire du collège de la Flèche une succursale préparatoire pour TÊcole militaire de Paris, qui entrait ainsi dans sa seconde
Par ses lettres-patentes du 7 avril 1764, le roi établissait à la Flèche un pensionnat de 250 gentilshommes, qui devaient y être élevés, nourris^ soignés et vêtus aux frais de la dotation ancienne de cette maison, et, au cas de nécessité et d*insuffisance, sur les fonds de TËcole militaire. Les articles v, vi et vu des lettres-patentes font mémoire des preuves de noblesse à fournir et établissent les conditions d'âge des enfants, à savoir de huit à neuf ans jusqu'à celui de dix et onze, et pour les orphelins jusqu'à treize, et il y est dit qu'il est créé 250 places à l'École royale militaire de Paris pour preil nombre d'élèves sortis de la Flèche à l'âge de quatorze ans.
204 INSTITUTIONS D*ÉDUGATION MILITAIRE
La Flèche devenait donc école préparatoire. Malgré son titre d'école militaire, la maison de la Flèche était néanmoins consacrée seulement aux études scientifiques et humanitaires; tous les exercices de guerre étaient réservés pour l'école de Paris. C'était parfaitement logique. Nous ferons observer cependant que la forme toute militaireoonservée au Prytanée impérial est très-propre à fortifier le germe que l'enfant de l'officier a reçu dès le berceau.
Le collège de la Flèche fut affilié à l'Université par lettres-patentes du roi, datées du 17 avril 1767. Ce corps voyait avec peine ce beau fleuron tenu depuis 1604 en dehors de sa couronne : il obtint de pouvoir réviser Tordoiinance du 9 novembre 1765, afin de faire concorder les . exercices de la maison de la Flèche avec ceux des autres institutions.
Les observations du recteur de l'Université de Ptois devaient être soumises au roi.
Au moment où le roi fondait une école militaire préparatoire^ il était à craindre que les élèves sortant de h Flèche et passés plus tard dans les régiments sans avoir terminé leurs études spéciales à l'hôtel de l'école militaire de Paris, eussent la prétention de jouir des prérogatives accordées par les édits ou ordonnances précédents.
L'ordonnance du 28 octobre 1767 vient dire que les élèves seuls sortant de l'école militaire de Paris auront droit à la pension de 200 livres et à la croix de minorité des ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Moni- Carmel , quand ils auront rempli toutes les conditions exigées.
On voit de ce moment l'école de Paris devenir entière-
ment militaire; les élèves maintenus et ceux venus de la Flëdie avaient tous au moins quatorze ans. Leur vocation pour le m^ier des armes était bien constatée. Aussi tout y prend une teinte guerrière, tandis que la maison de la nèèhe, qui sert de pépinière constante à celle de Paris, derient universitaire. Des règlements généraux pour réoole militaire de Paris furent arrêtés par M. le duc de Choiseul en 1769. Le ministre fait surtout observer aux officiers diargés des exercices que le but à atteindre n'est pas seulement d'y former les élèves , mais aussi de les mettre en état d'instruire et de former eux-mêmes de bons soldats.
M. le chevalier de Réralio nous indique, dans un de ses mémoires de 1768, quel était l'état de l'Ëcole militaire. Les 250 élèves qui y étaient élevés étaient divisés en ânq compagnies composées suivant l'ordonnance du roi concernant llnfanterie; les meilleurs élèves remplissaient les grades de capitaine, de lieutenant, etc., remplaçant les deux anciens officiers qu'on avait supprimés; onze inspecteurs, gens de lettres, étaient chargés des études, et quarante-deux personnes concouraient à l'instruction des élèves et recevaient 75,000 livres ; dans ce nombre ne comptaient pas les directeurs spirituels et le manège. Rien ne manquait donc à cet établissement royal. Dans ce mémoire, il prouve que le commandement par les élèves ne donne auQun résultat, que l'ordre et la discipline en souffrent et qu'abcun lien n'existe entre eux. c On ne pouvait mieux faire, ajoute-t-il, que de rétabUr le collège de la Flèche comme succursale de l'école de Paris. Les enfants y sont d'avance éprouvés et triés. Leur édu-
206 INSTITUTIONS d'éducation miutàibe
cation première épargne ainsi beaucoup de peine aux maîtres» qui, chargés de ta seconde, la rendront moins rude. > M. de Kéralio conseille de restreindre aux exercices militaires le pouvoir des gradés sur leurs camarades.
Dans l'exposition du plan d'études pour les élèves de l'École militaire de Paris, daté de 1770, nous remarquons que chacune des quatre divisions d'élèves est eUe-même subdivisée en trois classes pour y placer les forts, les mé* diocres et les faibles, afin que chacun pût recevoir une instruction plus directe et des soins plus particuliers. Les élèves arrivant de la Flèche devaient toujours être placés dans la première division, sauf à les distribuer dans les autres après l'épreuve faite de leurs connaissances. Ce règlement, en 39 articles, comprend toutes les parties do service et est suivi d'une instruction pour les professeurs et les maîtres. Ces règlements, par leurs dispositions, se rapprochent beaucoup des précédents, sauf les changements nécessités par les rapports nouveaux de ces deux institutions pouvant être considérées comme deux soeurs, l'une aînée, l'autre cadette.
L'École militaire de Paris ne devait plus renfermer que 250 jeunes gentilshommes, au lieu de 500. Le roi crut donc devoir, malgré cette modification, maintenir cette maison dans tous les privilèges, droits et exemptions primitivement accordés.
M. le marquis de Monteynard, lieutenant-général, avait succédé le 6 janvier 1771 à M. le duc de Choiseul, qui était presque arrivé à la solution du problème qu'on cherche encore aujourd'hui : le meilleur mode d'école militaire préparatoire pour Técole spéciale. Le nouveau
ministre secrétaire d'État de la guerre reprit cette questkm un an après et y porta toute son attention. Il fit obserrer au roi que non-seulement il avait fondé en 1751 on établissement ayant pour but de former des sujets mûquement pour la guerre, mais encore qu'en confirmant en faveur de la noblesse de son royaume l'ancienne fondation du collège royal de la Flèche, il avait indiqué la volonté que cette dernière institution devint un degré fû conduisît à la première» devenue spéciale quand celle-ci n'était que préparatoire.
On éprouvait donc à la Flèche les dispositions des îeunes gentilshommes qui y étaient élevés et on ne devait mevoir dans TÉcote militaire de Paris que ceux qui ioraient un goût décidé et une aptitude marquée pour les mies. Les lettres-patentes du 7 avril 1764 portant confirmation du collège de la Flèche fixaient à quatorze ans secomplis Tâge où les élèves de ce collège pouvaient être Sf^pelés à r£cole militaire de Paris. M. le marquis de HoQleynard proposa au roi une modification nécessaire et relative aux conditions d'entrée ; ces enfants étaient admis de huit à neuf ans jusqu'à dix et onze et même treize pour Itt orphelins. S'il n'était pas possible qu'un^^nfant, reçu au collège de la Flèche à l'âge de treize ans, fût en état d'eo sortir à quatorze, à moins que pour y entrer il n'eût fait déjà de bien sérieuses études (ce qui devait être bien ^re),il ne l'était guère davantage que des enfants de dix à <^ ans reçussent dans l'espace de trois ou quatre années assez d'instruction pour entrer à l'École militaire. L'expé- ^Dce, d'ailleurs, démontrait malheureusement trop qu'à <^ époque et en raison surtout du peu de fortune des
908 nfSTmmoNS d'éducation iulitaire
parents» les enfants de cet âge n'étaient guère plus avancés que ceux de huit ou neuf ans, et que moins soupln A plus vicieux, ils faisaient moins de progrès en dcnDMt beaucoup de peine à leurs professeurs.
Les lettres-patentes royales du 20 février 1772 ' obvier à cet inconvénient.
c II nous a paru d'autant plus nécessaire de à cet inconvénient, dit le roi dans le préambule, qœrï est un âge fixé pour la sortie du collège. Tordre des étodtt exige qu'il y en ait un déterminé pour Tentrée, su» quoi les élèves reçus dans un âge plus avancé feraiant moins d'études que ceux qu'on aurait reçus plus jeunes, i
Sa Majesté décidait par ces lettres-patentes qu'il M serait reçu à l'avenir, à TÉcole militaire de Paris, auaa enfant qui n'eût pas fait ses études au collège de la Fièchs et qui n'eût atteint l'âge de quatorze ans ; que les eûhab de huit à neuf ans y seraient seuls reçus, à moins qulboe pussent prouver qu'ils avaient fait leur sixième, auquel ctf ils pouvaient être admis à l'âge de dix ans; qu'on oiM^ verait les degrés de différence dans la positicm des 6Dfants et qu'il n'y aurait de dérogation qu'en faveur des familles composées de dix enfants et dont les pères n'auraient pas servi ; que les preuves de noblesse smdeol maintenues; que la sortie pour l'Ëcole militaire aorut lieu le 1^ octobre; qu'il y aurait un examen des disparitions de chaque enfant ayant atteint l'âge de quatoneans, et que compte en serait rendu au ministre; que lesmftnts ne pourraient renoncer à la carrière militaire que par k permission de leurs parents; que, si l'enfant change ensuite de dispositions, l'exclusion de l'Ëcole milittiiv
MVHE SFXO>n 209
serait maintenue, à moins que sa réclamation ne fût préseotée dans l'année du refus et que ses qualités militaires ânKDt de nouveau bien constatées; que les enfants qui, «le km admis à TÉcole militaire de Paris, ne se sentiraient décidément pas de vocation pour Tétat militaire senirat rendus à leurs parents à titre de rentrée chez eux it DOD de renvoi ; et enfin que les élèves du collège de la Flèche non propres à Tétat militaire ou que, pour d'autres BoUfs, on n'admettrait pas à l'école de Paris, pourraient coDtinoer leurs études sous la condition expresse de bonne conduite.
•Par une ordonnance du 3 juillet 1772, le roi régla le imgdetous les officiers servant à l'Ëcole militaire.
La principauté de Dombes, capitale Trévoux, après
ifoir h\t partie du duché de Bourgogne, s'en détacha
tml'anlOS^et forma une souveraineté indépendante,
fK possédèrent successivement les sires de Yillars, les
ietgneurs de Thoires et enfin les princes de Bourbon,
tprès l'acquisition qu'en fit, en i402, Louis de Bourbon.
Les lettres-patentes du 6 septembre 1772 donnent à la jeune
noblesse de la principauté de Dombes, réunie à la couronne
pvla mort du dernier prince, les mêmes prérogatives
que celles dont jouissait la noblesse des autres provinces
Inoçaises pour l'entrée à l'École militaire.
H parait que des élèves obtenaient quelquefois, en raison ^ leur nom ou du crédit de leurs familles, la faveur d'entrer dans les régiments avant d'avoir terminé leurs preuves à l'École militaire, et que, s'apercevant ensuite de leor infériorité, ils cherchaient à y rentrer pour réparer le tempsperdu. Le roi, par son ordonnance du 17 mai 1773,
210 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE
leur interdit cette faculté. Il eût été plus simple de déoder qu'aucun élève admis à l'École militaire n'eo 80^ tirait comme oiTicier sans avoir passé les examens pmvant qu'à tous égards il était digne d'en rempfir kl fonctions.
Par son ordonnance du 21 janvier 1773, le roi fiuhi logements des employés. Le gouverneur, le lieuteoiË du roi et le major seuls logeaient à l'hôtel.
Telle avait été la seconde phase de l'École militaire^
M. le marquis de Monteynard quitta le ministère de k guerre le 30 janvier 1774, et fut remplacé, pour pea(k mois, par M. le duc d'Aiguillon, qui céda ses foQctîoo8»k 2 juin, à M. de Muy, lieutenant-général.
Dans cet intervalle, le 10 juin, Louis XY était mori, après un règne de soixante années, que nous n'avons ï examiner que sous le rapport de l'éducation militaire.
Louis XV, après avoir fait un nouvel essai des ooai|itgnies de cadets, avait mis à exécution cette grande et charitable pensée de récompenser dans ses enfants h ne* blesse pauvre, qui, après avoir rendu tant de services de guerre se retirait dans les provinces avec une minine retraite. L'adoption de ses enfants par le roi dut lui appsraitre comme le plus grand des bienfaits. Quelle joie, en effet, ne devait pas apporter dans une famille de vieux gentilshommes voués depuis des siècles au métier des armes la lettre de nomination d'élève à l'École miliuke pour un des représentants de leur nom» qui devait rentier un jour au foyer paternel après une éducation forte et brillante avec les titres de sous-lieutenant dans les années du roi et de chevalier des ordres réunis de Notre-DuDB
uvRE sscoin) 211
B MoDt-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, titres
mMnpagiiés d'une dotatû 200 livres de pension,
ce quesonayancemi lui donnât des appointe-
d*au moins 1,900 livres!
Kmneur donc à Louis XV et à son ministre, Yoyer
'Argeoson, si bien conseillés par Joseph Pâris-Duverney ,
ont avoir créé et perfectionné une de ces œuvres contre
osqnelles les révolutions s*acharnent et qu'elles s'empres-
eat de détruire, une de ces œuvres qui renaissent tou-
tmn avec Tordre, dont elles sent la meilleure garantie !
L^Ëcole royale militaire de Paris fut donc, de 1751 à
1764 , préparatoire et spéciale en même temps, c'est-à-
lire qu'elle prenait le jeune gentilhomme au début de ses
fitndes et le conduisait jusqu'au grade d'officier. De 1764
b 1T76, elle ne fiit plus que spéciale , et devint tout à fait
militaire. Le collège de la Flèche, confirmé de nouveau, lui
préparait les élèves et les lui envoyait à l'âge de quatorze
ins, après que leur vocation avait été bien reconnue et leur
iastmction humanitaire bien constatée. On ne pouvait
trouver une plus heureuse combinaison.
A partir de 1776, apparaissent les transformations
fiscales puis la mort!
A peu près à la même époque, apparut un projet assez
eompliqué d'académies militaires tendant à engager les
ofBders de tout grade à ne pas abandonner leurs études.
Sous le ministère de M. Rouillé, le corps de la marine
mit donné l'exemple. Beaucoup d'écrivains traitèrent ce
Kiiet dans le siècle dernier, mais sans aucun résultat. On
diercfaa à imiter Frédéric II ; son cercle militaire , dont
luisaient partie ses principaux officiers, passa inaperçu.
I^ célèbre société militaire de Stockholm, fondée par M. Tibell, tint sa première séance le 12 novembre 1796eD présence du roi. L'académie de Milan date de 1802. Il existe en Suisse une association libre ayant le caractèn académique, dont font partie les officiers du génies de l'artillerie et de Tétat-major de l'armée fédérale. Il j t des combinaisons analogues dans les milices anglaises et prussiennes.
M. le comte de Lubersac, officier supérieur aux dievau-légers, avait jeté dans ce corps les premiers fondements d'une école, qu'on appellerait à cette heure régimentaire. Louis XY, le roi Stanislas, Monseigneur le J Dauphin et son fils honorèrent plusieurs fois cet établie- ^ ment de leur présence. La plus haute noblesse dn j royaume s'empressa d'y entrer ; on y vit réunis près de 200 jeunes gens des plus qualifiés et même des priooes étrangers. Cette école fonctionnait sous les yeux du roi, et tous les mois M. de Lubersac remettait à Louis XV m livret de l'école des chevau-légers avec des notes de chèque élève.
L'art de l'équitation fut en honneur chez les Grecs et les Romains. Sous la domination des barbares, les maitrBB disparurent et avec eux les leçons académiques. Mais ut moyen âge, les écoles de prouesses se retrouvèrent i b cour des princes, aux tournois et aux carrousels. Go écoles tombèrent avec la féodalité, et alors se formèrent, à Rome et à Naples, les premières académies d'équitatioB*
Frederico Grizone, puis Claudio Cuzzio, Laurentios Cussius, et surtout Baptiste Pignatelli furent les maîtres les plus célèbres.
aoD de Broue, Pluvinel et Saint-ÂDtoine, gen- MB français, reçurent à Naples des leçons de lli, et revinrent les transmettre dans leur patrie, leurs écrits que dans leurs écoles.
^D de la GuéTiniëre, en 1744, fiourgelat, en firent paraître des traités sur Téquitation, et coordonna et formula nettement leurs principes As ouvrages. La connaissance de l'hippiatrique t indispensable.
que la plus féconde en excellents écuyers est la qui s'écoula depuis 1753 jusqu'à 1781.
icuyers furent les Nestiers, les Salver, les Luber- Heuilly; ils ont enseigné, mais ils n'ont rien écrit. i lieutenant-colonel d'Auvergne, bien qu'élève de «nte de Lubersac, professa une doctrine un peu e et plus en rapport avec le but de l'équitalion, igeait à TËcole royale militaire de Paris. Il y eut le certaine rivalité entre son école et celle de son lont les principes étaient enseignés au manège de n du roi, et dont Montfaucon de Rogle fut le plus iterprëte.
ihan, de son côté, fut le plus habile défenseur des s professés par d'Auvergne au manège de l'école . Montfaucon traite de l'équitation académique, lire celle dont l'application se rapporte plus paraient au manège proprement dit et à des cavalite.
)ban simplifie l'art, il le met à la portée du cavalier I, et pour lui le travail du manège n'est qu'une ion à l'emploi du cheval à l'extérieur. Disons de
214 INSTITUTIONS d'ÉDUCATION lUUTAIRE
suite que les principes de d'Auvergne, écuyer en dief de l'École militaire, principes exposés par Bohan, ont en la préférence à l'école de cavalerie de Saumur (i).
Mais sous le rapport de la tactique et des manceinrai, ces académies ne pouvaient pas servir d'école pour k cavalerie, à l'instruction de laquelle Gustave-Adolphe, Charles XII et Frédéric avaient apporté d'utiles modifications. La guerre de Sept-Ans fit apparaître et pénétiw jusqu'à nous les méthodes du roi militaire.
Cinq écoles de cavalerie furent donc instituées pir M. le duc de Choiseul, en août 1764, et placées à Doimî, Metz, Besançon, la Flèche et Cambrai. L'école de canlerie de la Flèche fût transférée à Saumur, ou les eutbiniers tenaient toujours garnison. Ces écoles eurent i peine une année d'existence, et furent défînitiveoMiit remplacées, en 1771, par l'école de Saumur, ou diaqQB colonel dut envoyer 4 officiers et 4 bas-officiers diaiû Une école de trompettes avait été créée aux Invalides co 1751 . Elle fut supprimée en 1788 (2).
L'usage d'avoir des itinéraires exacts et détaillés était recommandé par Yégèce. < Primum itinfiraria ommM regionum, in quitus bellum geritur, plenissime debere habere prescripta. > La dénomination d'ingénieur-géiH graphe n'apparaît que sur la fin du règne de Louis XIIL Ge corps ne fut organisé qu'en 1736. En 1744, on réuait le dépôt des cartes et places à celui des fortàficatiooi» et les ingénieurs-géographes, qui jusque-là n'avaient élé
(1) Lieutenant-colonel Mussot, {Journal des sciences mi/itoirM)." Lieutenant-colonel L'Hotte, écuyer en chef de l'École de caTaleift^ Saumur.
(2) Mimîteur de V armée, 6 mars 1853.
B détachés, eurent enfin une existence plus stable, et rent se donner à des études plus suivies. L'un d'eux AI attaché au dépôt de la guerre, à Versailles, les autres meuraîent à Paris, d'où ils étaient dirigés sur le terrain ipératîons. Le dépôt de la guerre était dans recelé, où les aies officiers, après études faites, pouvaient apprendre lever des plans et le dessin des cartes. Les pages pouvaient aussi être considérés comme des hres d'une école militaire, recevant sous les yeux du n réducation convenant à leur qualité et à leur dèsnation. Cependant, nous n'avons pas cru devoir en trier sous ce point de vue d'une manière absolue. Les Mfes étaient et ont toujours été attachés à la personne du met à son service; tel était le premier but de cette institolîoD, qui s'était perpétuée d'âge en âge, se restreignant successivement aux maisons des grands seigneurs ou des princes du sang royal. Quand la haute noblesse abandonna 8a grande et féodale existence de province, elle ne put conserver cette suite qui aurait offusqué le souverain. Le doc de Sully fut un dès derniers dont la maison fût sur un pied royal. Outre un grand nombre d'écuyers, de gentilsiMHDmes et de pages qui le servaient au château de Villebon, de daines et de iilles d'honneur attachées à la personne delà duchesse de Sully, il avait une compagnie de gardes ^vec leurs officiers, une autre de Suisses, et un si grand Donibre de domestiques que, dans un temps d'épidémie, <jtttre-vingts purent être malades à la fois sans que le service parût dérangé en rien. Les pages, comme nous les >V0D8 connus, datent de Louis XIV, qui en eut un grand ^bre. Il y avait à sa cour des pages de grandes et.
petites écuries, pages de la chambre, pages de la vénerie et de la fauconnerie, pages de la cliapelle. Quelques grands seigneurs en avaient conservé, principalement les ministres et les ambassadeurs. Les quatre générations de noblesse étaient exigées pour les pages de la chambre, de la grande et petite écurie. Ils étaient élevés dans un hôtel, sous la direction d'un gouverneur, de sous-gouverneurs et par les professeurs les plus distingués ; le manège des pages a toujours été en grande réputation, il était à la grande écurie. L'habillement était de velours et de drap rouge, chamarré d'un large galon d'or, entre deux galons plus étroits d'argent de la petite livrée du roi, Tbabil de velours était quelquefois en broderies; un noeud de rubans frangé flottant sur l'épaule et le plumet Uane donnaient beaucoup d'élégance à ce costume. Leurs fooetions consistaient à accompagner le roi aux années, a toutes les cérémonies importantes et aux chasses. Ib étaient chargés déporter des ordres, et, en ce cas, le page ne devait jamais attendre. Au sortir de leurs fonctions, et à leur mise hors de page, ils achetaient dès r^ments oo recevaient de hautes fonctions dans d'autres carrières.