‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 19 sur 107 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

fWBfiirr — Sappreision de l'École militaire de Paris, 9 octobre 1787. — M. de Loménie-Brienoe^ ministre Becrétaire d'État de la guerre. — OpiDion publique sur celte modification; hésitations de Louis XVI; projet de vente de l'hôtel de l'École militaire aux ordres réunis éè teint-Laiare et de Notre-Dame du Mont-Garmel ; le roi annule lee dispositions du règlement du 8 novembre 1787 relatives à Tétabltteement gratuit d'un hôpital h l'École militaire; projet de TenttanxordresdeSaint-Lazûre et de Notre-Dame du Mont^Garmèl non effectué; motifs. — Les collèges de province. — L'assemblée ttalionale veut aliéner les bâtiments de l'hôtel de l'École militaire; refus et opposition de M. de la Tour-du-Pin Gouvernet, ministM •ecrétaire d'État de la guerre, successeur de M. de Puységur et du mréchal de Broglie. — Suppression des preuves de noblesse pour l'tdmission anx maisons royales d'éducation. — L^ancienne armée française désorganisée. — Pillage de l'hôtel de TÉcole militaire, 19 août 1792. — Les élèves du collège de M. de Brienne demandent àptrtir pour l'armée. — Écoles d'artillerie et du génie depuis 1776.— Institution de Léonard Bourdon. — Suppression des écoles militaires de province, 9 septembre 1793. — Les cinq phases de l'École militaire.

Le règlement du 9 octobre 1 787, contre-signe par M. le comte de Loménie-Brienne, successeur de M. le maréchal deSégur, supprime TÉcole militaire de Paris, ainsi que la compagnie de cadets -gentilshommes, qui y avait été pbcée.

Le roi, dans le préambule, exprime la pensée qu'une éeoDomie d'environ un million 200,000 livres pourra ^t% ainsi effectuée et employée à des objets intéressant le militaire, auquel le trésor satisfait et dont il sera ainsi déchargé: que l'hôtel de l'École militaire pçut être con-

sacré aux pauvres malades de la ville de Paris. Les éleva de rÊcole militaire de Paris, qui avaient l'âge reqms, furent envoyés dans les régiments avec le grade de soulieutenant prenant rang de la date de leurs lettres de jûùmination; les autres cadets, au nombre de 86 et ne pouvant plus être considérés comme simples élèves» foredl placés soit à Brienne, soit à Pont-à-Mousson ; il fallut donc dans ces deux écoles un oilicier pour les commander, un baS'OfHcier capitaine des portes, un professeur de musique et un tambour. Ces fonctionnaires, qui n'existaient pas dans les autres collèges, durent rester à Brienne et i Pont -à-Mousson jusqu'à l'envoi de ces jeunes cadets dans les régiments. Plus tard, au refus du principal de Poolà-Mousson de recevoir les cadets qui se destinaient ï Tartillerie et au génie, on chargea les administratean de la dotation de pourvoir à tout ce qu'il fallait pour leur établissement à Brienne (1792, Archives de la guerre). Le nombre des élèves du roi dans les collèges de provinee fut porté à 700, et un conseil de direction générale iiit nommé ; il se composa de M. le marquis de Timbrant inspecteur général et président des conseils de direetioDel d'administration ; du chevalier de Reynaud, sous-iDspec* teur vice-président; de MM. l'abbé Morelet et Legendre, de Tar^démie des sciences; de M. Bailly, de l'acadéoiie des sciences, inscriptions et belles-lettres, et de H. l'^ Charbonnet, recteur de l'Université. Les séances eurent lieu une fois par semaine du 1*' novembre jusqu'à Pâquc^f chez M. le marquis de Timbrune.

Après Pâques, les inspecteurs, accompagnés par un ou deux membres du conseil, durent faire leurs tournées.

Bn oonoDurs avait lieu en leur présence ; il décidait de oeox qui, jusqu'au nombre prescrit, devaient être envoyés dus les régiments. Les douze premiers reçus souslintenaDts obtenaient, avec la croix de Notre-Dame en Hoot-Carmel, une augmentation* de iOO livres sur li penâoD accordée à tous sur les fends de la dotatioD, et qu'ils devaient conserver jusqu'au grade de otpitaine- commandant. Le roi doublait pour un ou deox des plus méritants la pension de la croix de Moire-Dame du Mont-Garmel jusqu'au grade d'ofiQcier lopérieur.

Les principaux et les professeurs des collèges, qui se AMinguaient, recevaient des récompenses, et on devait faner toute maison qui, pendant trois ou quatre ans, ne présenterait pas de bons résultats.

A la lecture de ces nouveaux règlements, que disaient leB défenseurs de l'ancien système?

Ds se demandaient comment on établirait entre tous ces pelotons épars dans le royaume un centre commun d'émulation et un concours général faisant suffisamment

eoQDaiire ceux qui se rendaient les plus dignes des bontés

daroi.

( M. ie comte de Saint-Germain, disait-on, ne

put jamais pArenir à former un ensemble, et, un an

sprès avoir supprimé l'École royale militaire, ce ministre

novateur ne fut-il pas obligé de la rétablir? Peut-ôn au

loin trouver des maîtres comme à Paris, centre des lu-

nûèresetdesarts?

« Oo dit maintenant que cet bôtel est trop magnifique ;

^ cependant, jusqu'à présent, on avait prétendu qu'il

270 INSTITUTIONS d'ÉDUGATIOTI MILITAIRE

était trop mesquin et qu'il paraissait n'être que les oooh muns de celui des Invalides »

€ Mais on se flatte, ajoutait-on, de porter le nomlm des élevés à 700 et même à 1,200. A l'heure de la suppression, l'école de Paris entretenait dans les provinoi 695 élèves ; cette suppression n'avait pas de raison d'éin. En second lieu, serait-ce un bien d'augmenter le nombn des élèves jusqu'à i ,200, maintenant surtout qu'il y r moins de débouchés que jamais. » (Archives de la guerréj.

On critiquait surtout dans des mémoires adressés m roi et qui éveillaient ses scrupules, l'article des éooDomifli et leur destination nouvelle, qui ne pouvait être affectée qu'à l'entretien de la noblesse pauvre, suivant la voknlé de Louis XY et des donateurs. On pensait que les économies effectuées par les administrateurs del'Ëoole mililain étaient plus que suffisantes pour cette augmentation. Le règlement annonçait que malgré le plus grand nombn des élèves admis on pourrait se procurer une recette 8ii|H plémentaire de un million 200,000 livres, c En toit cas, ajoutait-on, devait-elle être affectée à d'autres dépenses et décharger d'autant le trésor royal pour des objets intéressant le militaire? > Cette économie étailr elle d'ailleurs possible avant l'extinction des peosioiiB? On disait que sur les revenus de l'École militaire il était d'abord pris tout ce qui concernait l'entretien des élèw répartis dans les onze écoles militaires de province et la collège de la Flèche, cl qu'il avait même été payé des sommes considérables pour des constructions dans ûà mêmes établissements.

L'administration de l'Ëcole militaire payait environ

livres aux jeunes ofBciers placés dans l*arc D'ailleurs, répétait-on, quelle que fût cette » remploi qu'on voulait en faire n'était pas juste, dans ses lettres-patentes du 8 décembre 1779, oonu en disant : € Les revenus de l'École mili- Qiicrés à la jeune nobles vouée à la profession Ms ne peuvent sans une absolue nécessité être à un autre emploi, quoiqu'également digne enfaisance. >

t l'opinion de quelques-uns, ce superflu de lût été beaucoup mieux employé à payer des i aux plus nécessiteux, à porter à 300 livres i des élèves entrant comme ofBciers dans l'armée, tenir compte des frais de route. D'autres pen- 'U existait une grande différence (et nous le leur avis ) entre les élèves allant directement militaires de province dans les régiments, et '^ avaient fait un véritable noviciat militaire dans piîi des cadets-gentilshommes de Paris, d'où ait avec raison que nul ne devait être promu oi sans avoir fait ce même noviciat dans cette sentiellement militaire.

des peotioos signé par le roi en date du 80 avril 1786, et a par M. le comte de Brienne, le 20 novembre 1787, le montant de ces pensions est ponr cette époque de » 19> 5<i et qu'elles sont payées à 566 officiers d'infanterie, ie, 18 du génie, 77 de cavalerie, 1 d'élat-major général de des régiments de chasseurs, 70 officiers de marine, 9 offlnés dont 7 des mousquetaires, et 2 dans l'infanterie, et retirés pour infirmités et blessures.

1 1787, il y avait 793 élèves de l'Ecole militaire en activité 10 réformés pour infirmités et blessures.

[Archives de la guerre.)

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Que disaient les détracteurs de TÉcole militain Paris? Ils prétendaient d'abord qu'une nnaison d'édoc tion militaire de ce genre était mal placée dans la a\ taie ; ils donnaient pour exemple TAutriche, dont le m verain avait placé les Invalides à Prague et faisait âevc Neustadt sa jeune noblesse, oubliant les motib qin, di le principe, avaient fait établir provisoirement Técole ii litaire à Vincennes, de 4753 à 1756; ils ajoutaient c Pâris-Duverney, craignant que Louis XY ne vint jao la visiter dans ce château, avait fait élever à grands fraif avec beaucoup trop de faste le bâtiment qui ezifia. * approuvait Louis XVI d'avoir changé la forme deTétiU sèment, parce motif qu'en conGant l'éducation des jeui élèves à des ordres religieux sur pluâeurs points dn ta toire, l'instruction concentrée dans la capitale se trom répandue dans tout le royaume. A ces considération! en joignait beaucoup d'autres, plus ou moins oonduaot Enfin, pour en finir avec les bruits pour ou contre public, disons qu'on faisait cette remarque pi^nte, i l'École militaire de Paris, établie par Louis XV, ai servi de modèle à beaucoup de souverains étrangers» tt qu'aucun n'avait imaginé de substituer des moines à i officiers pour les élever dans l'art de la guerre. P on reprochait au roi et à son ministre de trouver II magnifique pour loger un officier général, un étal-miji et la jeune noblesse du royaume, cet hôtel dont ils w laient faire un hôpital.

A mesure que nous approchons du terme fatal, do voyons le roi céder pas à pas à une certaine presnoi L'École militaire de Paris entretenait non-seulement i

^' LIVRE SECOND . 97i^

omines choisis dans les douze collèges de province» loore d'autfÎB» souvent de haute naissance, et une pension trës-élevée pour le temps ; elle était ir un pied trës-luxueux. Les circonstancfs deveb plus en plus difficiles. Ces cadets apparaissaient des privilégiés dans une classe déjà privilégiée. dI très-serré avait été fait par ordre du ministre river à savoir ce qu'en moyenne coûtait à VlèHBt l de rÊcole militaire de Paris. En déduisant tout teit étranger à Tentretien de la compagnie des fBUtilshommes, la dépense occasionnée par cet D était monté, de 1774 à 1779, en cinq années séquent, à la somme de 5 millions 139,481 livres; ise de Tannée commune étant donc de 856,580 li-

le nombre des élèves en moyenne de 200, il en Ique la dépense de chacun revenait à 4,282 livres. :te dépense de 856.580 livres, on comprenait pour 5 livres d'appointements et gages, 136,563 livres ien de bâtiments, un manège coûtant 50,430 lion garde-meuble 43,538 livres.

cette somme de 856,580 livres faisait retour à don. Pour complaire au peuple plutôt que pour le r, il fallait supprimer ce qui pouvait frapper ses cet liôtel grandiose et sévère dans sa construction lit trop magnifique ; on voulait le concéder pour un

rrivait ainsi à détourner des revenus consacrés à ivre désignée, à supprimer un établissement deole spéciale : tout cela ne peut avoir d'autre qualique celle de concession. Il fallait conserver cette

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maison, en réduire les dépenses, retrancher tout oe qui touchait à un luxe et à une magnifloence énervaDte» et suivre alors de plus ou moins près Texemple de Louvws, en abaissant la barrière qui fermait l'entrée.

Pendant tous ces débats, intervint une proposiûon de Monsieur, comte de Provence, grand-maître des ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Hont-Garaid; il demandait à faire Tacquisition de l'hôtel et de tous ses attenants au nom de ces mêmes ordres, à la conditioa de faire à la dotation de TÊcole militaire une rente de 60,000 livres , qui ne pourrait être éteinte que par le paiement d'un capital représentant 70,000 liviw de rente.

Les opposants prenaient toujours pour base le mot de fondation et cherchaient à faire naître dans l'esprit du roi des scrupules que par un long mémoire le ministre deb guerre chercha à détruire.

c Que deviennent, disait-il, les fondations particulières quand le fondateur et ses représentants sont morts ?£lle8 deviennent chose publique, et le souverain doit veiller i leur exécution, toujours conformément aux intentions des fondateurs ; mais quand elles se trouvent ne plus avoir d'objet, il a évidemment le droit de lui donner une aoln destination. Il s'en rencontre beaucoup d'exemples. QuiDt aux fondations royales, la royauté ne mourant pas ou 90 trouvant toujours représentée par un pouvoir quelcooqoe, elle a le même droit que le fondateur d'une fondation pirticulière et peut donner telle ou telle forme à la fonàliott royale, suivant les circonstances où elle peut être ploB oa moins avantageuse au bien de l'État. » On avait dit qiv I

DOQ-aeuleBieDt il y avait eu fondation royale, mais fondalion particulière par le don du maréchal de Belle-Isle des offices d'affineurs ; mais le roi avait bien voulu faire à ce sujet une exception à Tarticle xi de Tédit de fondation défendant d'accepter aucune fondation, dons et gratifications étrangères (1).

Le ministre appuya fortement le projet de vente i Tordre de Saint-Lazare et décida le roi à y consentkr. On pensa qu'en portant le nombre des élèves à 700, on aurait à payar :

Pour leur pension 490,000*

.^* Pour les pensions dans les corps. 160,000

Pour frais de route 24,000

Inspecteurs et conseils 100,000

Pensions et viages ^5,000

Formant un total de 999,000'

La fondation se trouvait améliorée, le nombre des enfants élevés augmenté, et, toutes dépenses payées, on trouvait un profit de un million 200,000 livres.

Cependant le temps marchait toujours; le roi, tout en supprimant TËcole militaire, ne restait pas convaineu de SOD droit. Il finit par reconnaître en conseil que la fonda-

it^ Il importait à la miû^sté royale qu'une fondation faite directei&ent par le souverain ne reçût d'aide d'aucun particulier, quelque btutplacé qu'il fût

Quelques lignes qu'on peut attribuer & Louis XFV viennent en don- ^ It preuve :

^ «Deffences de recevoir aucunes donations, ^t néantmoins mettant

« en considération que la ditte communauté a été formé par les soins « et la conduite de la dame de Maintenons voulons que la ditte dama « poisie faire au profit de la ditte maison de Saint-Cyr telles disposi- « Uof» que bon Iny semblera. » ( Archives de Pempire.)

tien des écoles militaires ne cesserait pas d'exister, rt qu'il ne pouvait disposer gratuitement d'aucune des propriétés que cette dotation tenait de la munificence ou de la biaiH veillance du souverain.

Il cassa et annula les dispositions du règlement dn 9 octobre 1787, qui autorisait l'établissement gratiût d'im hôpital projeté par la ville de Paris.

Comme la vente à l'ordre de Saint-Lazare ne portait nulle atteinte aux intérêts de la dotation, et que oe n'était qu'un changement de fortune avantageux, le roi expédia des lettres-patentes à ce sujet, et le contrat fut dressé {Archives de la guerre). Mais l'enregistrement fut suspendu en raison des circonstances. Les minutes valûeol alors des années. Or, une partie des revenus des ordres de Saint-Lazarç et de Notre-Dame du Mont-Garmel était fondée sur la caisse du clergé, et comme la suppreasioD des dîmes devait diminuer la recette de cette caisse do montant de la somme de 80 millions de livres enviroD, il était probable qu'on ne continuerait pas à solder les ordres en question. L'autre partie était en biens patrimoDiaia. Ces ordres les conserveraient-ils? On paraissait d^ disposé à attaquer les biens de l'ordre de Malte; il était peo probable que les autres seraient plus épargnés, c Et lorsmême qu'ils dussent l'être, ces biens patrimoniaux, se demandait-on, offriraient-ils une caution suffisante de la rente qui serait due à la fondation. >

A ces raisons bien déterminantes, qui firent reuoDoer à cette vente, il s'en joignait déjà d'autres plus ooD* cluantes encore.

La ville de Paris avait placé ses farines dans l'hôtel de

l'Ecole militaire ; elle le considérait comme sa propriété ; les bâtiments se ^légradaient ; les administrateurs de la dotation réclamaient en vain. La fermentation était excesâve. Le peuple pouvait d'un jour à l'autre s'emparer de fiiroe des bâtiments. Quel parti devait -on prendre? Fallait-il abandonner et la forme ancienne de la fondation et la nouvelle? Terminera tout risque avec les ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel, s'exécuter en payant des pensions aux officiers retirés du •ervice sans fortune avec la croix de Saint -Louis» nobles ou roturiers, et à leurs veuves, et, en plus, une pnnon pour l'éducation de leurs enfants pendant le temps prescrit?

Devait-on conser^r l'établissement dans une forme nouvelle ou dans l'ancienne?

Devait-on laisser les élèves dans les collèges? On resta dans le statu quo. L'École militaire parcourut ûnsi sa cinquième phase.

A toutes ces questions, la Révolution devait bientôt répondre...

Le conseil de direction resta à l'hôtel, qui devint un quartier-général pour l'armée ; on y établit des tailleurs pour habiller la garde nationale et cent moulins de blé à bras.

Les élèves du roi furent donc maintenus dans les différents collèges ; les inspections et les concours eurent lieu diaqoe année.

Ceux d'entre eux qui avaient terminé leurs études et qui étaient aptes à servir dans les corps savants passaient comme cadets-gentilshommes à l'école de Brienne, dont

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une première division était composée des jeunes gentilshommes de cette catégorie (i). De là vient Terreur souvent commise en ce qui concerne la première éducatioD de l'empereur Napoléon , qu'on fait sortir de BrieuDé directement dans l'artillerie. Brienne n'était alors qu'une école militaire semblable aux autres ; seulement le eoncours général y avait lieu tous les ans.

Bien des élèves et même des pages dont Téducatioo était terminée ne pouvaient être placés faute de places vacantes. Le roi décida que les pages qui se trouvaient dans ce cas seraient susceptibles d'être placés pendant sii ans à compter de la date de leur sortie sans inteiTuptien de leurs services comme officiers dès l'âge de quinze ans, et qu'il en serait de même pour les élèves de l'Ëoole militaire, qui^ eux, ne comptaient comme officiers que de l'âge de seize ans.

A M. de Loménie-Brienne avaient succédé M. de Puységur et M. le duc de Broglie.

Du 4 août 1789 au 8 novembre 1790, M. le comte de

(1) Pour passer dans la compagnie des cadeta-geaUlahommet de l'ieoU de Brienne, se destinant au génie (inspection de M. de Reynaiid, àrchives de la guerre), Puniel de Montfort (Joseph) né le S avril iTHi Uille 4P 6P Cl.

Notes. — « C*est bien le meilleur sujet de l'école; il joint à de bonoci (( qualités un igraud fond de modestie, le discernement d'un honUD* « fait^ l'innocence et l'aimable simplicité d'un enfant de six tnii « L'attention la plus scrupuleuse n'apercevrait pas en Ini l'appartaM « môme d'un défaut, il réussit dans toutes les parties de renseifiN' f( ment ; il possède fort bien l'arithmétique et la géométrie jasqn'in^ (c surfaces. Il a besoin de revoir le reste de la géométrie; U entend Irfi* (f l'allemand; on est content de ses progrès dans le dessin, en rfaétO' <f rique.»

Cet élève devint plus tard le général du génie Puniet de Montfort <^ Monfort, dont le fils, général de brigade dans cette arme, était nago^ membre dn comité des fortifications.

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Tour-du-Pin Gouveraet remplit les difficiles fonctions imiDistrede la guerre.

L'Assemblée nationale, peu soucieuse de la loi qui régit t dotations^ allait comprendre TÊcole militaire dans ifiénation proposée de divers biens domaniaux. I^ inislre déclara que ces bâtiments n'étaient pas de nanre domaniale, et s'étonna avec juste raison qu'on eût lêne, avant la décision de l'Assemblée nationale, apposé es affiches pour la vente et autorisé la réception des nières. f C'était, disait-il, une fondation nationale et Nléomaniale; la dotation avait été fournie par la nature, fà en jouissait dans ses enfants; en cas de vente, compte Vmk en être tenu à la dotation. > M. Parent de Ghassy, pMdent du comité des domaines, répondit que c'était m bien domanial, mais que le roi avait son droit de ré- 8enre. M. Parent et Barrère, qu'on voit apparaître pour la première fois, durent en conférer avec le ministre : la ▼ente n'eut pas lieu.

Le roi avait supprimé les ordonnances militaires, qui exigeaient des preuves de noblesse pour l'admission au grade d'officier dans les armées de terre et de mer, conformément à l'article de la loi constitutionnelle qu'il avait ^^tée et qui déclare c que tous les citoyens sans dis- ^u^n pourront être admis à tous les emplois et dignités ^ésiastiques, civils et militaires, selon leur capacité. » Jarret du conseil d'Ëtat du roi, du 26 mars 1790, '^t révoqués tous les règlements qui exigeaient les P^ves de noblesse pour l'entrée à la maison royale de ^^-Cyr, à l'École militaire et dans les autres maisons ^^'T^ d'éducation. Ce même arrêt décidait en même

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temps que les fils ou filles d'officiers y seraient seub admis. Cependant, par décision du 23 avril, le roi permettait que les candidats inscrits avant le 26 avril et m remplissant pas ces conditions pussent encore concourir pour la première nomination.

Ainsi, devant les tendances victorieuses tombait enfin cette barrière dont depuis bien longlemps on cherchât t miner la base. Que de chemin parcouru depuis Tordre du roi de 1781, qui avait cherché à rendre plus solides les éditions de cette barrière^ jusqu'à cet arrêt du 26 mars 1790. Pour le moment, le résultat de cette mesure fut à peu prèi nul.

Toutes les règles de l'avancement étaient modifiées; l'ancienne armée française se désorganisait, l'Assemblée nationale, puis la Convention et successivement tous les mixoÊr très qui prirent en main les affaires de la guerre, do Portail, deNarbonne, deGrave, Servan, Liajard, d'ÂbuH court, Pache, et de Beurnonville, s'occupèrent sans oon à remplir les vides qui se faisaient chaque jour dans Tirmée. On laissait vivre les écoles militaires et le oollép de la Flèche : les préoccupations étaient ailleurs.

Jusqu'au 19 août 1792, l'hôtel de l'École militaire anit été épargné. Ce jour-là on procéda aux visites domiciliaires dans Paris : < Nuit de terreur, dit Liacretelle ! Pré* lude affreux de plusieurs jours de sang! > Le 30, il lot question à l'Assemblée nationale du pillage de l'Ëoob militaire. Un député proposa de mettre cet édifice sous h sauvegarde de la nation. Une multitude armée avait i le 19, un officier municipal en tête, mutilé la statue ds Louis XY et différents autres objets relatifs à la royauté'

Mortaut demanda Tordre du jour par la raison qu'on n'avait détruit que des monuments du despotisme.

Telle fut, au reste, la relation qui fut faite des désordres eommia. Un officier municipal, accompagné du commandant du Gros-Caillou, de plusieurs officiers et d'une multitude de gens armés ou non armés, entrèrent à l'École militaire, renversèrent et mutilèrent la statue de Louis XY ; ils arrachèrent, en outre, les armes de France ornant la grille d'entrée. Dans la chapelle, ils brisèrent la couronne sonnontant la chaire etdonnèreni des coups de sabre à un Siint-Esprit sculpté sur la porte latérale. Dans la salle du conseil, ils brisèrent aussi les couronnes à fleurs de lys de la boiserie, emportèrent le modèle en bronze de la rtatoe de Louis XY, percèrent à coups de baïonnette un beau tableau représentant Minerve, renversèrent sur la cage du grand escalier les statues en pierre de Condé, de Luxembourg et du maréchal de Saxe, de grandeur demicolossale. Les portraits du roi , de la reine et beaucoup de tableaux de famille de M. de Timbrune furent déchirés. Au garde-meuble , ils mirent en pièces les ornements du catafalque servant au service annuel du roi.

En 1793, le conseil de la fondation fut obligé de demander à être entretenu sur les fonds de cette même fondation qui avait été séquestrée par le gouvernement févolationnaire.

Depuis longtemps déjà, sous différents prétextes, les Gtmilles nobles retiraient leurs enfants des écoles mili- ^ûres; et elles agissaient prudemment, car ils pouvaient devenir des otages entre les mains du nouveau gouverneo^t. Quand, le 13 mars 1793, M. de Yirgile demanda

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son fils, qui était placé dans une des écoles militaim de province, on lui imposa la condition de promettre de ne pas sortir du territoire de la république.

L'agitation gagnait, du reste, ces jeunes gens, dool les têtes fermentaient.

Berton , principal du collège de Brienne , prémi II gouvernement que ses élèves s'offraient pour aller i* Tennemi. On leur envoya des félicitations pour leur lèle, mais on leur fit observer que, destinés k entrer dans Tarlillerie ou le génie, on ne pouvait les distredre de lein travaux, à moins que le danger ne devint imminent. Gelto mesure, en tous cas, était fort sage; du jour au lend»' main on peut faire des soldats, et, d'urgence queiqueCM» de ces soldats créer des officiers; mais il n'en est pas de même dans les armes savantes.

Chaque année quelques cadets-gentilshommes étûefll envoyés en sortant de l'Ëcole militaire dans les oorpe d'artillerie et du génie. Là, ils recommençaient de noiH velles études dans les écoles , qui depuis longtemps y étaient établies. L'ordonnance du roi du 5 novembre 1776 prescrivait aux officiers supérieurs d'assister à réoole de pratique.

Tous les ans, l'inspecteur-général devait examiner ke lieutenants du régiment sur toutes les parties enseignées. Ce même règlement ordonnait que les six compagnies de mineurs formeraient un corps particulier et seraient rassemblées dans l'école établie pour leur instruction.

L'école du corps royal du génie fut établie à MéùènSy en 1748. Il y fut placé 30 élèves ayant rang de lieutenants en second, avec 720 livres d'appointeiiiait8;eD

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702, on y comptait 50 élèves. L'élève, admis après ■Hnen sévère, devait reoevinr de sa famille, jusqu'au (Tide de lieutenant en premier, une pension de 200 livres.

Les élèves de TËcole militaire qui désiraient être admis km le corps royal du génie, devaient être examinés Mcorremment avec les autres sujets, sans pouvoir pré- I à tUQune différence autre que celle qu'ils poumériter pair leur savoir%t leur intelligence.

En 1779, le roi établit, par une ordonnance du 8 avril, n places d'élèves dans les écoles du corps d'artillerie à la Fère, Metz, Strasbourg, Besançon, Âuxonne, et Verdun. Les candidats à ces places, dont le pouvait être augmenté par ordre du roi, suivant iieirooiistances, devaient se présenter aux examens dès IV de quatorze ans, s'ils étaient fils d'officiers d'arliarie, sinon l'âge de quinze ans était exigé, ainsi que b certificat* de noblesse pour tous.

Les modifications révolutionnaires ne pouvaient atteinb^ les écoles d'artillerie et du génie aussi radicalement n'elies le faisaient dans l'armée. M. de la Tour-du- 'in, en 1790, faisait conserver à l'école de Mézières 0 élèves sous-lieutenanls avec 800 livres d'appointeleots.

Le l*' janvier 1791 on affectait pour l'école du génie Ue somme annuelle de 20,000 livres, destinée à toutes ^dépenses nécessaires à cet établissement. Le 20 sepfimbre, l'Assemblée nationale décrétait qu'après examen H recevrait de suite 20 élèves à l'école du génie, et sucimîvement le nombre nécessaire pour que les 300 offîîerscomposant ce corps fussent toujours au complet. Le

284 INSTITUTIONS D*ÉIHIGATION MILITAIRE

12 octobre 1791, TAssemblée nationale accordait m ^ somme de 6,000 livres pour être ajoutée annueikiiil à celle déjà accordée à Técole de Hézières.

Les examens se faisaient à Paris pour le génie, et à Ghâlons-sur-Mame pour Tartillerie. La loi du 29 (èmà 1792 astreint tous les aspirants au corps du génà | se faire interroger sur les principes de la constitulioD. ' \

La loi du 22 avril 1792 fixe à 47 le nombre te élèves de Técole d'artillerie de Gbâlons, avec rédadîfla' par extinction au chiffre de 42.

Les besoins devinrent si impérieux dans Tanne de Tv* tilierie que, vu l'urgence, la loi du 27 mai 1792 aoeorfl la moitié des emplois à des étrangers au corps, n'ajMt aucune connaissance du métier. Les élèves des Mtfj militaires se destinant à la marine, étaient envoyés, april leur éducation faite, soit dans les ports« soit sur les en-' dres pour commencer leur noviciat du service de mer. '

M. Léonard Bourdon, instituteur, reçut l'j de mettre en pratique un plan d'éducation natiraale.

On peut mettre son institution au nombre de edM qui étaient destinées à l'éducation militaire, piûsqoe É 29 mai 1792 il fut décidé qu'il serait pris annuelleflMil sur les fonds des écoles militaires le montant de la penMi de 50 élèves, au taux de 1 ,000 livres. Son étaMisseoMil»' connu sous le nom de Saint-Martin-^lefr-Champs, M placé, comme les autres collèges militaires, sous l*iDip0i^ tion immédiate du ministre de la guerre. Au mois d'Mtobre de la même année, M. le chevalier de RaynaadM chargé d'aller inspecter l'école de M. Bourdon, deverif plus tard membre de la Gonventicm, d'y conslater II

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fe 868 élèves, leur tenue intérieure et extérieure, de leur instruction, et enfin Tétat des approvi- SDts en tout fi^enre que nécessitait le nombre de m^ qui parurent souvent dans les cérémonies lUMÛres.

BOUS ea peu de mots l'histoire de la fondation de iT et de ses diverses transformations.

ODde rËoofe militaire de Paris, janvier 1751, lire et en même temps spéciale; première phase, avril 1764 au !•' février 1776, FÉcole militaire , école spéciale; le collège de la Flèche, école dire; deuxième phase.

^ février 1776 au 18 octobre 1777, suppression le militaire de Paris avec ordre d'aliéner lesbâtiaréatioB de onze écoles militaires, maintien du ela Flèche pour les jeunes gentilshommes n'ayant ication militaire ; troisième phase.

J octobre 1777 au 9 octobre 1787, création à lilitaire de Paris d'une compagnie de cadets-gentilseo nombre indéterminé, composée soit des élèves listingués choisis parmi ceux des écoles militaires ice ou de la Flèche, soit parmi des gentilshommes «vant payer une pension annuelle de 2,000 livres, ien des écoles militaires de province envoyant 6Dt, à l'âge voulu, des cadets dans les régiments Amens et concours; quatrième phase.

octobre 1787 jusqu'à la suppression totale des iUtaires, du 9 septembre 1793 an II de la répuranc^ise, suppression de la compagnie des cadetsommes et maintien des autres écoles militaires et

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du collège delà Flèche, Brienne recevant dans une di sion à part les cadets destinés au génie et à Tartiller cinquième et dernière phase.

Le premier soin du plus glorieux élève de ces mifl écoles militaires a été de les faire revivre sons d'aot formes, et de peupler les cadres de sa vaillante an des jeunes gens qui y avaient fait leur noviciat.

La Convention nationale, après avoir entendu lenpp de son comité d'instruction publique, rendit, le 9 m tembre 1795, an II de la république française, un dée portant suppression des écoles militaires. On conseï provisoirement l'école militaire d'Auxerre oonune â bassement libre d'instruction publique.

Au moment de la suppression les douze établisseme contenaient 661 élèves, parmi lesquels ûd comptait Brienne 35 ingénieurs ou artilleurs.

Que devinrent ces jeunes gens lancés tout à ooop A une société nouvelle?

Dans quelle position retrouvèrent-ils leurs fiumlk C'est ce que nous ne pouvons dire. Beaucoup d'eDlr*e allèrent certainement s'abriter sous le drapeau de France, et surent mettre à profit les nobles leçons qa* avaient reçues.

Dans son arrêt de proscription, la Convention oatioDi n'avait pas compris les écoles de Liancourt, du dievai de Pawlet et de Bourdon de l'Oise. Elles furaH pi tard le point de raccord entre les anciennes et les no velles institutions.

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