‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 20 sur 107 · CHAPITRE VIII ET DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII ET DERNIER

— Les écoles militaires et le corps de la marine. — Marine firançaise. — 481, premières traces de la marine française. ~~ La marine sons C^|^lemagne, Philippe-Auguste et saint Louis. — 1170, Amiral de rrance. — De 1304 à 1368, permanence de la iotte. — 1380, les vaisseaux armés avec des canons. ~ 1470, général des galères. — Suppression du titre d'amiral sous LouisXIII; k cardinal de Richelieu créé chef, grand-maltre et surintendant delà navigation et du commerce; 1626, gardes du cardinal.— M. le duc de Brézé, Anne d'Autriche, le duc de Vendôme et le duc de Beanforty ses successeurs. — 1669, suppression de la charge de grand-mattre de la navigation et de la compagnie des gardes dite dn cardinal ; rétablissement de la charge d'amiral de France en Civeur de M. le duc de Vermandois; création d'une compagnie de jeunes gentilshommes sous le nom de gardes de la marine. — 18 décembre 1671, licenciement de celte compagnie. — De 1671 à 1682, gentilshommes volontaires de la marine. — De 1681 à 1689, académie ou école navale de Tlle d'Indret pour les jeunes gentilshommes nouveaux-convertis. — De 1671 à 1720, création d'écoles navales et militaires par les chevaliers des ordres réunis de Notre- Dame du Mont-Carmel et de Saint- Lazare. — 18 octobre 1688, création de trois compagnies de nouveaux gardes de la marine, leur organisation, leur éducation. — Ordonnance de 1703 pour le rang des gardes de la marine. — 1689, le capitaine Petit-Renan examinateur général de la marine. — Gardes de l'étendard réal des galères, leur création en 1669, leur uniforme, leur destinalion et leur éducation. — Louis XIV et la marine française. — 1716, création des gardes du pavillon amiral, leur destination. — M. de Manrepas et lea travaux théoriques de la marine. — Ecole publique de constructions navales. — 27 septembre 1748, réunion du corps de la marinades galères avec le corps de la marine des vaisseaux. — Les jésuites et les élèves de marine. — 1752, le ministre Rouillé fonde une académie de marine ; sa suppression au moment de la gnerre. —M. le duc de Ghoiseulet lamarine.— Bezout, examinateur des gardes de la marine. — 1761, apprentis-canonniers. — 1764, ordonnance sur l'organisation des gardes de la marine. — 1769, rtc.ulémie royale de marine reformée à Brest. —1773, ordonnance du 29 août^ réduction du nombre des gardes de la marine, leur annexion aux brigades de la marine; création de 80 emplois d'enseigne; création de l'école navale du Havre, sa constitution et SCO bat. — 18 septembre 1779, création à Tlle de Ré d'une compa-

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gnie de cadets-gentilshommes pour les régiments des i 10 août 1786, sa suppression. — Création par M. le wmi^^imi di Gastries du grade desous-lieatenantde vaissean . — t** janvier IIM» suppression définitive des gardes de la marine et du paTilkn; élèves dA la marine divisés en trois classes. — 1781, mort àê M. Bezout ; M. Monge^ son successeur. — il9i, BuppreMion dn écoles de Vannes et d'Alais et ordonnance du S9 avril 1791. — 1785, l'élève de l'École militaire Roux d'Arband et M. di U Pérouse. — Le capitaine du Petit-Thouars et M. de l'Eglise, élèfi de TEcole militaire, à la recherche de M. de la Péroote.— Ministm secrétaires d'État de la marine depuis la création de U chii|i jusqu'en 1792. — Conclusion.

L'École militaire de Paris et œlles de province envoyaient annuellement un certain nombre de leurs éHbm dans la marine. En effet, l'état des pensons accordées HB élèves qui avaient été entretenus aux frais de la dotation, de 1751 à 1786, indique les noms de 71 oflKciers de l'armée navale, dont 6 lieutenants de vaisseaux de premièra classe, 9 de seconde, un sous-lieutenant de prenûèn classe, 24 élèves de marine de première classe et 30 de seconde. Â ce nombre il faut ajouter tous les jeunes g^ élevés dans les écoles militaires aux frais de leurs ftimlleB et qui, à ce titre, n'avaient aucun droit à la peiBioafinb dans les corps par la dotation.

Ainsi nous voyons^ d'après les résultats donnés par ki écoles militaires, de 1776 à 1787 seulement, que tant des uns que des autres, elles en envoyèrent 109 dans leoorp de la marine.

On ne doit pas oublier, en outre, que la note finale (b jeune Buonaparte (Napoleone), au moment de son paanfB de Brienne à la compagnie des cadets-gentilshommes de Paris, était: c Sera un bon marin. >

Un chapitre particulier doit donc être ccmsacré aiff institutions d'éducation de la marine militaire, et iodi-

UVRB 8IG0ND 98$

iBtoiniiiiiirement les diTerseB formatiow et wmÀe ce corps qui, en 1789» ne coonaissiut t se oomposait des états-nmjors maritimes les et les plus braves de TEurope.

w traces de la mariue française ne se renn 481 . Gharlemagne commença às*en occu- ; en la créant permanente en 807, il en iridèrriilement les forces et il fit creuser phiiaillaume-le-Gonquérantput,en 1066, équi- I pour passer en Angleterre. Soiis Louis YII^ rence de Yarennes fut élevé le premier à la rai (émir-al-ma, chef deTeau). Sous Phi^ B, de 1 180 à 1189, apparaissent surtout les tede la marine française, et, bù 1200, l'usage ) était déjà général.

une flotte nationale transportait l'armée de la isade sans que le roi eût eu besoin de s'adresmements génois et vénitien , ainsi qu'aux mar* ers et des autres villes maritimes. En 1242 t Louis équipa deux flottes pour la cinquième croisade. De 1364 à 1568, la flotte devint manente, et, en 1380, on commença à anner d^F^erre avec des canons. En 1470 fut !e de général des galères, dont le corps resta ' ui de la marine des vaisseaux jusqu'm sep-* » époque où ces deux corps furent réunis en larine française souffrit beaucoup des luttes li, de siècle en siècle, avaient agité le pays. ï et Louis XIII appliquèrent tous leurs soins >lui-ci fut bien secondé par son imnistre,

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le cardinal de Richelieu, qui» faisant supprimer le tiln d'amiral et en en prenant les fonctions sous la nouvelle dénomination de chef, grand-maître et surintendant géoM de la navigation et commerce de France, jeta les bases de cette puissance maritime dont les progrès ne s'arrêterait qu'en 1789.

Pour donner plus d'éclat à leur dignité, les amirm de France s'étaient constitué une garde composée toujoun de gens de haute naissance. Le cardinal s'empressa donede suivre cet exemple : sa garde fut composée de 83 hoauna qualifiés gardes ou archers du cardinal, commandés pir un capitaine, un lieutenant, un enseigne et un maréchildes-logis.

Cette compagnie, dont l'entretien. coûtait 24,000 limB par an, subsista sur ce pied pendant la vie du cardinal et jusqu'à la mort de M. le duc de Brézé, son neveu, tué au siège d'Orbitello, le 14 Juin 1646, qui lui avait soooédé dans cet office, et en avait conservé les Iionneurs et prérogatives presque royales. De plus, six chevaliers gaDlibhommes furent attachés spécialement à sa personne. Oli cessa de les employer sous M. de Vendôme, qoi ewyi inutilement de les faire rétablir.

La reine-mère fut pourvue de cette diai^e en 1647; alors la compagnie des gardes du grand-maitre de la me* vigation fut portée à 100 hommes, au moins nominativement, sans compter les officiers-majors.

En 1650, la reine changea cet office avec M. le due de Vendôme contre le gouvernement de Bretagne; miii comme elle avait réservé l'amirauté de cette provioA elle conserva ses gardes jusqu'en 1660. Ils furent réduitt

. LiTR£ SECOND SM

nombre de 47 quand ils passèrent à M. de Vens. Celle eonapa^ie n'était en réalité complète que wm le papier, puisque sur le prix de 39,288 livres qu'elle QDÉIiil en 1660, 12,000 livres étaient annuellement pfjées à M. de Brienne, secrétaire d'État de la marine, et S,000 livres à l'ancien secrétaire de M. cardinal. Il fallait bien payer ceux qui avaient en réalité à supporter de la ehar^e.

M. le duc de Beaufort succéda à son père en 1666. Sous les ordres de ce prince, tué au siège de Candie en fd08, l'existence de celte compagnie de gardes devint réeliement active et militaire.

Louis XIY supprima alors l'office de grand-maitre de b navigation et rétablit la charge d'amiral de France -en fiiveur de son fils, le comte de Vermandois. L'ordre fut donné à M. Brodart, commissaire général de la marine, de licencier la compagnie des gardes de M. de Beaufort^ et, d'après la revue faite à Toulon le 23 décembre 1669, il futœrtiâé qu'elle consistait encore en 4 officiers-majors, 3 brigadiers et 59 gardes.

Tels furent les premiers gardes de la marine. Cette

iosiitution n'avait encore rien de spécial pour l'éducation

et ne peut pas être considérée positivement comme une

école d'officiers de mer; cependant, il est bien avéré

que, dès 1627, Louis XUl avait déclaré son intention de

former une pépinière de gentilshommes appelés h s'ins-

inôre dans le métier et à devenir plus tard de bons capi-

bioes (J. de Criseooy). Qu'allait devenir sous la main de

Colbert la compagnie nouvelle dont les membres, sous le

titre de gardes de la marine, étaient destinés à servir auprès

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de la personne de M. le comte de Yeraiandois et sur les vaisseaux de Sa Majesté, oii ils devaient perfectionner leur instruction? M. de Colbert communiqua les ordres do roi à M. du Terron le 2 décembre 4669, et M. de Gijae, capitaine aux gardes-françaises, nommé cominandant de la compagnie avec rang de colonel, fut chargé par le roi de faire le choix des sujets qui devaient la coioposer.

On lui donna pour le seconder MM. de la Roche, de Ghaumont, de la Motte de Ville, de VieuxpoQt et de

La compagnie fut formée à Brie-Comte-Robwt pièsde Paris, au mois de janvier i 670. M . de Gajac y adoiitd'abord quelques soldats de fortune^ probablement anciens gprdes de M. de Beaufort; mais, sur Tordre du roi, qui ne voulait entourer son fils que de gentilshommes, il les congé& bientôt.

Le 22 avril parut un règlement sur le rang des officiers de la compagnie, composée de 200 gardes, dontlOO pour Brest, 100 pour Toulon, sur leur embarqueoMnt, les factions qu'ils devaient faire, etc.

De 1670 à 1671, il y eut beaucoup de tiraillements dans le service de la marine pour Temploi des gardes; des plaintes multipliées surgirent, ainsi qu*en font foi hs lettres de MM. de Colbert, de Yivonne et du Terron, intendant de la marine.

La compagnie des gardes de la marine fut, en coos*quence, licenciée par ordre du roi, le 18 décembre 1671» mais un certain nombre étaient embarqués et ne revioMt qu'en 1672, après avoir fait campagne. Colbert les fit payer et en conserva une partie.

UTB£ SBGOND 9S&

Ijmm oflSciers entrèreot dans le corps de la marine. MM. de Cajac, de la Rochecerbon et de la Moite de Ville, M figoraot plus sur les rôles, on doit supposer qu'ils reprireDi leurs positions et leur rang dans l'armée de

Une lettre du vice-amiral du 10 mars 1672 indique |iie 20 gardes étaient restés à Rochefort, et une liste, fatée d'avril 1671 et signée par Seignelay, renferme Tordre d'embarquement pour 15 d'entre eux.

D'après la correspondance de Colbert, il parait certain |iie» depuis le licenciement, de 1671 jusqu'en 1674, on ne noBerva de gardes de la marine qu'à Rocbefort, mais que, le 1675 à 1686, le roi expédia des lettres d'anciens jvdes de la marine pour les différents ports. Rien des Iterdres pouvaient surgir de cet état de choses. Ces jeunes gens n'avaient plus de chefs et n'étaient plus réunis en xmpagnies. On y pourvut en 1683, et on nomma des Aciers pour eu prendre soin et les obliger à assister iflsidùment aux exercices. De 1671 à 1683, beaucoup déjeunes gentilshommes reçurent des ordres pour servir sur les vaisseaux à titre de volontaires, et après deux OQ trois campagnes ils furent faits officiers ou anciens gudes de la marine.

Vers l'année 1681, il se forma une académie ou école demarineàl'iled'Indret (1). Quelques personnes riches y admirent déjeunes gentilshommes nouvellement conivtis, les entretinrent et les firent instruire à leurs frais.

(i)Indret, tle de la Loire à 12 kilomètres oaest de Nantes. On y ^«yiit jadis ooe fonderie de canons qai a été transférée à Brest. On y t lonné un vaste établissement pour la confection des machines et fré- 9>tt à vapeur ponr U compte de l'État.

Les états de Bretagne y contribuèrent pour une somme de 3,000 livres par an.

Cet établissement fut visité, en 1681, par H. le duc de Chaulnes, gouverneur de la province ; il y trouva 21 gOH tilshommes. M. de Seignelay, informé, en rendit oomple au roi, qui tit réparer le cliateau où ils étaient logés avec leur gouverneur et les ecclésiastiques chargés de leor instruction.

Ils recevaient des leçons d'armes, de mathématiqueiy d'écriture et de navigation. I^ gouverneur, vieil officier, les exerçait aux manœuvres militaires. M. le duc de Luynes protégeait beaucoup cette maison. M. de Soigne-* lay commença à y envoyer, en 1683, des sujets nouveauconvertis pour chacun desquels le roi payait une pensioD de 400 livres.

De 1683 à 1687, Sa Majesté en entretint josqu'à 20. Après deux ou trois ans d'études, ils étaient nommés anciens ou nouveaux gardes de la marine. Cette aoH demie fut dissoute vers 1689.

Nous avons déjà dit que, de 1671 à 1720, les chevt* liers des ordres réunis de Notre-Dame du Mont-Garmei et de Saint-Lazare avaient fondé des académies de marine militaire, coopérant aux efforts de Colbert et de ses successeurs.

De 1672 à 1683, le roi avait délivré des commissions d'officiers à 277 anciens gardes de la marine. Mais Golbert avait dû appréder tous les inconvéniento de leur position si peu fixe, si peu ordonnée. Louvob venait d'établir ses six compagnies de cadets pour entretenir les cadres de l'armée de terre. I^ mort empêcha

LITRE »eOND 295

jolbert de suivre cet exemple» qui ne fut pas perdu MNir Seignelay. Le 18 octobre l/SS^ ce jeune ministre IC léôda Louis XIV à créer trois compagnies sous le nom le nouveaux gardes de la marine, indépendamment les anciens qui existaient encore. On reçut, en 1683, 168 gardes de la marine, et 345 en 1684. Gliacnne de Ml compagnies se composait de 300 gardes ; la pre* niëre, commandée par M. Sartous, résidait à Toulon; la lenxîkne, commandée par M. des Nois, à Brest, et la troi- Ame, commandée par M. le chevalier de Flacourt, a Hoclietort*

Tous ces jeunes gentilsb choisis dans les pro-

vinces, devaient être âgés ( moins de seize ans. Dans ht ports ils n'étaient pas c srnés ; la surveillance n'en était que plus difficile. Tous les mois leur chef rendait compte de leur conduite et de leur assiduité au commandant du port, et ces notes, adressées au ministre secrétaire d'État de la marine, formaient le dossier de chacun d'eux et la base du classement de tous, au moment de les pourvoir d'un emploi. Après chaque campagne, on établissait de nouvelles notes certifiées par le chef d'escadre, les capitaines de vaisseaux et les ofSciers des compagnies desquels seuls ils relevaient directement.

Ils étaient divisés en brigades, dont les grades inférieurs étaient remplis par de simples gardes.

Les gardes de la marine recevaient à l'arsenal des bçoQs d'écriture, de dessin, de mathématiques et de fortification.

L'hydrographie et le pilotage leur étaient enseignés par l*ua des meilleurs pilotes. On les formait aux manœuvres

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militaires, à Texercice du mousquet, de la pique et do )\ canon. Le maître charp^tier et les plus habiles officien leur expliquaient tout ce qui concerne l'art de constroin les vaisseaux et la proportion de toutes les pièces qui les composent.

 bord, les gardes de la marine faisaient le service de soldat, à la réserve des heures prises par leurs études^ sans distinction autre que celle d'être mis avec leurs officiers, au commencement du combat, en tète des autm troupes pour leur donner l'exemple et les entraîner. Cfll usage en diminua beaucoup le nombre. Hais ces études interrompues par un service actif, des mabdies et souvent de graves blessures ne pouvaient pas produire de grande fruits. On cherchait à les assouplir autant que possible aux règles de la discipline. Par ordonnance du 18 décembre 1685, tout garde qui dépassait le terme d'un congé était condamné à la prison. I^e roi leur fit faire directement la défense de s'éloigner de plus d'un quart de liens de la ville et de ne jamais sortir armés d'un fusil soue prétexte de chasse.

Ce ne fut qu'en 1686 que, sur un ordre du roi du 5 janvier, les anciens gardes de la marine furent définitivement incorporés dans les compagnies. On en avait, dès le début, choisi pour remplir les fonctions de chefs de brigade. Les derniers arrivés reçurent le nng de sous-brigadier sans en remplir les fonctions.

Il n'en restait plus que deux en 1693: l'un fiit fà enseigne; l'autre, ayant tué son maître d'escrime, s'enivt de Rochefort. C'est ainsi que finirent les andens gerdes de la formation de 1670. On eut le tortde donner, en 1705,

Ml girdes de la marine la prééminence sur les maîtres nrinierset les pilotes: c Si par les événemeats d'un Mobit» dit Tordonnance, un vaisseau se trouvait sans I, le commandement appartiendra de droit au plus garde. »

Pkr rinexpérience d'un aussi jeune commandant, Thon- Beor du pavillon pouvait se trouver compromis.

Cette position nouvelle leur donnait, d'ailleurs, trop fimportanee et venait exciter en eux cet esprit de demiiMioo auquel ils étaient déjà trop enclins.

Le mal n'avait fait qu'empi er. c Mais, ajoutait M. d'OrmÊ, oommandant la marine à I Ion , dans une de ses lettres ltl7lH,un mot très impc a sur le grade d'ofBcier pe les gardes de la marine prétendent avoir, c'est que Mm seulement leurs officiers les entretiennent dans cet aprit, mais que presque tous les capitaines et quelques mnmandants les traitent et les font servir en conséi|wnce. » {Archives de la marine).

En 1689, il fut reçut 200 gardes; en 1690, 206 ; en

4691, 115 ; en 1692. 414 ; en 1693, 295; en 1694, 65.

Les compagnies se maintenaient au chiffre de 300

i 350. Il y eut peu de gardes reçus en 1695, 1696,

1097 et 1698; en 1699, 155; peu en 1700, 1701 et

«02; en 1703, 261; en 1704, 103; en 1705, 209;

«nl706,'^108; peu de 1707 à 1712 inclus; en 1713,

106; depuis cette époque^ les compagnies furent réduites

inn petit nombre de gardes.

Eo 1689, le capitaine de vaisseau Petit-Renau était

ca réalité le professeur et l'examinateur général de la

QHtfine; ses talents exceptionnels lui avaient fait conférer

298 INSTITUTIONS d'édugation miutàire

le droit de rassembler les ofBciers généraux et supérieon des escadres pour leur donner des leçons.

1^ marquis de Gréqui reçut la charge de général im galères en août 1661 (1). Dans un mémoire sur les fiMf tions et sur Taulorité du général des galères, adreué i Golbert en 1668, il représente qu'il importe k aa digHié d'avoir des gardes et demande que Sa Majesté ^tk que « sur la Réale et sur la Patronne il y eu ait un œrbia nombre d'entretenus à la paye qu'on donne aux aoUab, et servant exactement toute l'année à tout ce qui poona être utile au service des galères. »

Quand, en 1669, M. de Vivonne devint général d» galères, il réitéra cette demande, disant que les griàni étant à des capitaines qui avaient leurs équipages ptrfH culiers, le général n'avait jamais eu de gardes codm l'amiral» mais que c'était devenu c en quelque iaçoD vàri € cessaire, principalement à Marseille, oii l'on n'obéit qv'

< par force et ou on avait été obligé de se servir de MM

< de M. l'amiral qui en a et était venu lui-même en par-

< sonne pour prendre les vaisseaux dont on avait bénit s c pour servir de brûlots ; sans quoi on en aurait ea bj fi démenty. »

Nous avons dit que depuis longtemps l'amiral n*i plus de garde spéciale; on pourrait cependant erwiii contraire, d'après les termes de la réclamation de M. ^ ^ Vivonne.

Lorsque l'amiral ou le vice-amiral arrivait dans mM

(1) Une note trouvée aux Archives de la marine semblarait iadili' que M. Fouquet aurait payé cette charge au profit de 11. le idêx^ M de Gréqui. * ^

LITRE 8BCX>1IB 209

it oo qu'il mettait son pavillon sur un des vaisseaux ne escadre, on lui composait une garde avec les gar-* ide kl marine qui étaient présents. Ce ne fut que plus ir cpi'oa forma une garde spéciale et permanente, Mie parmi les gentilshommes des trois compagnies. Umia XIY lit droit i h requête de M. de Vivonne et ■a Fordre, daté du 22 avril 1670, de disposer d'une mme de 24,8^ livres, dont 20,400 pour solde et entret d'une compagnie de quarante hommes de guerre, les compris, servant de gardes à M. le comte de $, général des galères. Le personnel se composait ■ capitaine, d'un lieutenant, d'un enseigne, d'un fédml- de -logis et de 56 gardes. Leur uniforme it m habit de drap écarlate, la veste et la culotte de Me drap, la doublure de même couleur, excepté celle kl veste qui était blanche. L'habit sans collet, la man- I eo botte, parements de même drap et les poches en ig. La veste demi-croisée avec des boutons des deux tés. Les boutons de l'habit et de la veste de cuivre en m sur dorés. Le chapeau demi-castor bordé d'or ; le met blanc et la cocarde blanche. On leur donna plus rd, sur la réclamation de M. de Lévis, des bas blancs au n de guêtres et des parements de velours noir. Mous faisons mention de cette compagnie, connue sous nom de gardes de l'étendard Real, parce qu'on pensait en (aire aussi une pépinière d'officiers de la marine. Ils lient gentilshommes; l'ordonnance du l*' janvier, suprimant la masse d'habillement des gardes de l'Ëtendard, il qa'il convient que des gentilhommes s'habillent à leurs nb. L'ordoimance du 14 septembre 1689 prescrivait au

général des galères de toujours embarquer la garde di h compagnie de TÊtendard quand elles seraient arméo^ii sur la Réale, et de répartir le reste sur les autres gAni Tous ces gardes étaient tenus, par cette même oria nance, d'assister aux écoles et aux revues.

Un mémoire de décembre 1697 dit : c Si c'ertrnMi tion du roi de choisir dans cette compagnie les ensd^ pour ses galères, il serait nécessaire, avant de ftirefl établissement, de donner des maîtres à ces gardes eti les assujettir aux revues, d'examiner ceux qui y sootadÉ lement et que Sa Majesté fît un règlement pour les mêtt sur le même pied que les gardes de la marine, qui ne n pas à la nomination de M. l'amiral. »

Ces observations provoquèrent l'ordonnance du 14 ^ tembre 1689 dont le but était bien réellement de fim des officiers pour servir sur les galères.

Les gardes de l'Étendard reçurent des leçons de géoa trie et d'hydrographie. M. Gerbier leur donna d'abordi leçons d'arithmétique, et, d'accord avec les oflBcien, ii lut les avancer le plus possible dans les éludes théori^ Son projet se trouve combattu par un curieux wéuâ prouvant, une fois de plus, combien on était enoonpi d'accord sur l'importance qu'on devait donner mA i' théorie, soit à la pratique. En 1747, on chercha à anéfl ger des salles de littérature sur les galères.

Louis XIV eut une marine brillante et la forma proi| lement. Il prit ses officiers partout où il en trouva A biles et d'exercés à ce rude métier, et attira sur ses iri seaux des chevaliers de Malte, toujours en querelle et t lutte avec les Turcs et les Corsaires des puissances biih

v^ttques, de marins du commerce, des flibustiers, des ^liiogers» et enfin tous les hommes de qualité du royaume h Tocauon positive se tournait vers les expéditions de la mer.

dievalim*s de Notre-Dame du Mont-Carmel et de '} SiiDt-*Laiare ne restèrent pas inactifs, et le corps de la française, toujours en lice et en activité pendant de trente ans, acquit beaucoup de gloire et de repu- Duguay-Trouin, venu de la marine marchande, fut cette briUante pléiade un des derniers qui arriva au

rang à force de belles actions.

Louis XIV, Golbert et Seignelay voyaient venir le

Dt cil cette mine, longtemps féconde, deviendrait

uctive. Ils créèrent donc ces compagnies de gardes

le marine. Le résultat ne put être complet par cette

raison que, soit par usage, soit par Tinfluence des

, on finissait toujours par devenir enseigne parce

'eo était garde de la marine et non comme conséquence

^éludes suivies, de talent et de savoir.

Eo 1716, M. le comte de Toulouse, amiral de France ^r du conseil de la marine, décida la création d'une ipagnie de gardes du pavillon-amiral, pour servir dans les ports rt i la mer auprès de sa personne.

Les gardes du pavillon furent choisis parmi les gardes ^h marine et répartis seulement dans les ports de Brest M de Toulon, parce qu'on ne supposait pas que l'amiral ^tat jamais aller à Rochefort. Sans compter leurs officiers, ili étaient au nombre de quatre-vingt. Ces jeunes gentilsrecevaient les mêmes leçons que les gardes de la dans les salles des arsenaux, et étaient soumis

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aux mêmes règlements de police intérieure et adérieure. |i

L'ordomiancedu 18 novembre 1716 fixa leaervieeài gardes du pavillon-amiral auprès de ramiml, des VBtamiraux avec ou sans le pvillon carré, des licutcmÉi généraux, des chefs d'escadre et des ooDtre-aminnx.

Leur uniforme était, comme cdui des gardea de h wrine, bleu doublé de rouge; un juste-au-corps deèip bleu, ainsi que la veste ; la culotte et les paremeabdi juste-au-corps de drap écarlate, les boutons de mm doré d'or moulu, les bas écarlate, le bord du chapeuilK mousquetaire, les épées et boucles de souliers dorfn uni ; le ceinturon façon de peau d'élan doublé et pii|# de fil d'or. La seule distinction de l'uniforme des gtfte du pavillon était un bordé d'or, large d'un pouce, aaW des manches et des poches. {Archives de la marine,)

Ainsi, au commencement du règne de Louis XV, tm compagnies des gardes de la marine, unecompsgnitdft gardes du pavillon Real des galères, une compagnie Ai gardes du pavillon -amiral, telle était la sitoatioD.

Malgré la bonne volonté de H. le comte de TonlouK d de M. Phelipeaux, comte de Maurepas, ministre de il marine en 1724^ le corps de la marine eut k souffrir de b situation des finances.

En réduisant le nombre des vaisseaux, le cadre desdl^ ciers et des gardes de la marine était hors de propoidit^ avec les emplois à donner. Que pouvait-on fiiire iW ' d'une jeunesse turbulente et souvent indiscipUnée, si ^ n'était de l'occuper par des travaux d'esprit qui, du» un moment donné, porteraient leurs fniits. Mais de Tn^*

UYBB SECOND MB

tBDtioo k fai réalité il y avait encore bien loin. La routine \nmt pris la place des principes, et celte routine, si douce li si oommode pour notre paresse naturelle, finissait par ■primer k dégoût de Tétui à ces gardes de la marine. Inl k plupart étaient eoih qués presqu'au moment de HT arrivée dansles ports*

K-Dm 1725 à i74fl^ M. de Maurepas crut donc nécessaire r«ieourager prinApalement les travaux théoriques du . U mit à Paris, sous la direction du savant du et de quelques autres maitres habiles, une école de construction navale, où des calculs exacts ■■reot remfrfacer des résultats de hasard et dûs le plus Hnrent à la routme. Cette décision avait été provoquée jMrdo Hamel^ qui, dans ses tournées, avait pu s'assurer le Tignorance des constructeurs de la marine. M. le MHnle dePontis, enseigne de vaisseau, fut d'abord envoyé k Pmfia, et, au bout de dix-huit mois, se fit un nom dans b marine par son habileté et son talent. Cet heureux essai BMouragea le ministre à seconder les efforts de du Hamel qn ae consacra à son œuvre (1).

Voyant ensuite que bien peu de sujets de choix se pré-

Motiîcnt pour servir dans les régiments d'infanterie des

colonies, et voulant en améliorer les cadres, le ministre

établît, en 1730, à Rochefort, une compagnie de trente

mdeta-gentilshommes, portée à cinquante plus tard par

H* Rouillé de Jouy. Ces places de cadets furent bien solli-

tilèeB.La liste générale de ces jeunes gentilshommes porte

hmoins les plus distingués. Alors, comme à présent, on

{^) Gaérin, Histoire de la marine.

304 INSTITUTIONS D'ÉIHJGATiOll MILITAIBK

sentait combien il est nécessaire de n'envoyer dans es corps, toujours éloignés de France et pins à rabri Sm contrôle direct, que des officiers dignes, à tous égards^ dr porter Tépauletle. Longtemps, depuis, renvoiauxooiooNi a été une marque de disgrftceet presqu'une preuve d'ilignité. Il n'en est plus ainsi, et, à cette heure, c'est leU que cherchent à atteindre beaucoup d'élëvea de l'éeob militaire de Saint-Cyr. *'

Le corps de la marine des galères fut réuni parord» nance du 27 septembre 1748 au corps de la marine ai I vaisseaux ; par suite^ les gardes de l'étendard Real fmt supprimés et placés dans la marine ou dans les oompagM des gardes.

Nous retrouvons les jésuites partout où il 8*agit d'tedre le cercle des connaissances humaines. Déjà le pèreb Chaise, confesseur de Louis X1Y, les avait chai^ é donner aux gardes de la marine de Toulon des instniclioÉ religieuses, et les officiers reçurent l'ordre, de la part di roi, d'en faciliter tous les moyens (i). Il est à supposer (|M les Pères étaient aussi leurs professeurs , surtout pour kl sciences. Plus tard, le père Chatelard, auteur du eoundi sciences, remplaça le père Laval dans ses fonctions à professeur d'hydrographie.

Par sa lettre du 17 juillet 1685, le R. P. U CUm faisait connaître au père supérieur des jésuites de Tooloi le désir du roi que c nos pères ayent un soin partienliir de la compagnie des gardes-marines, qu'ils les instnMii des devoirs d'un bon chrétien, qu'ils leur fi lent ftéifuei^

(l) Archives de la marine.

LnrBE ncoND SMT

et qu'ils bannisseiit d'entre eu h»

letdîaooars pmi honn< é. »

Bémoire adressé à la m |iie à hateo-

■viûé do port de Tool p i supérieur

féuiiir des matelots et < i le diman-

ntroctioa faite à la dm Tamiral/afin

le pfa» possible les dés 1res. (ArehHm de

' de son prédécesseur, le minbtre Roinllé oftt des études astronomiques parmi les maure pour le dépôt de la marine raoquisition 18 astronomiquetfil géc graphiques de Nieolas Miome distingué, frère de Guillaume Delisie» u roi et qui eut pour élèves Lalande et ui*€i , commis au dépôt de la marine, se fit, câèbre condisciple, une rotation eurolillé fonda à Brest, en 1752,* une acadée marine. Le lieutenant général des armées ot de Morogues, plus connu comme théorinme homme d'aclion, fut le premier direcde cette académie, qui n'eut d'abord pas de lerre ayant dispersé la plupart de ses memer, devenu ministre en 1761 , supprima lont son prédécesseur avait doté cette aca-

•t toujours le remède le plus actif contre le mt ; elle redonne au moral ce qui lui manque pour résister au moment des plus fâcheuses t passion pour le travail sauva à cette époque le la marine française.

306 INSTITUTIONS d'édugâtioii militaibb

Nous emprunlons à l'intéressante notice de M. deCnsenoy quelques mots qui peignent parfaitement lasitnto faite à ces officiers (1) : € Et que l'on ne s'y trompe pi, s'ils se sont conservés au milieu de cette longue crise qiH leur a fallu traverser, s'ils ont pu résister al<m à Taete dissolvante du régime d'économie exagérée, aaqael, dspé ou de force, les ministres les condamnaient depins soinoli ans, ils le doivent à leurs études scientifiques. L'adifilé extérieure leur ayant fait défaut, ils se sont repliés nr eux-mêmes, et avec cette énergie, celte force vitale ènl ils ont fourni plus tard de nouvelles preuves, ils se Ml préparé par le travail un pmnt d'appui pour a'âaneerde nouveau dans la carrière, aux premiers tintemenb de l'heure du réveil. >

Ainsi les trouva M. le duc de Choiseul, quand il fâ chargé de l'administration de la marine. Il profita de « heureuses dispositions, encouragea tous les efforts, favorisa l'éclosion de nouveaux progrès, et s'occupa avec un soin tout particulier de la réorganisation des gardes ds la marine. Les renseignements sur ce sujet abondent ans Archives de la marine. Bezout, membre de rAcadémie im sciences, fut chargé de composer un ouvrage oomprenanl : l"" l'arithmétique; ^ la géométrie, la trigonoBiétrie rectiligne et sphérique ; 3"* l'algèbre, rappUostian de l'algèbre à la géométrie ; 4"" la statique et le mouveONat avec quelques propositions d'hydrostatique et dliydruH lique ; 5"" un traité de navigation. Les plus habiles maiMi

(1) Les Éeolei navaies et iee officiers de vaieeemus depuie lUdieUiK ftuqu'à nos jours ( Étude historique, put M. J. de Griaenoy, andio of* licier de marine. 1864.)

UTAB SECOND 807

dioisb. M. Beaout fut nommé examinateur de la OHuriiie. Il ne pouvait pas y avoir de nieilleure oombii, la méttiode étant une, claire et peu compliquée, eette méthode ayant pour créateur l'examinateur lui- ^ Ses tournées commeocèrrat en 1766, aux mois de ftvrier, mars et avril. Mais le début ne fut pas sans difficultés. Cette mesure mettait à néant toutes les espérances iMidées sur les (Mrotections et la laveur ; la valeur de chacun pUak être mise à jour. Aussi y eut-il résistance et quelqmkks peu d'appui de la part des supérieurs {Archives de Ift marine). Néanmoins il fallut bien se plier à la nécessité, qumqu'on espérât d'un changement de ministre une suppression d'examens.

La disposition principale de Tordonnanoe de 1764 était que chaque compagnie serait divisée en trois classes dans lesquelles chaque garde devait successivement passer à mesure qu'il avancerait dans l'étude du cours de M. Be- «mt. De plus, on ne pouvait embarquer aucun garde qu'il n'eût mérité après examen de passer à la 2^ classe. Les gardes furent logés dans un même hôtel.

Le roi, en permettant que des volontaires de treize à

quatorze ans pussent servir sur les vaisseaux, donnait en

Bème temps moyen à la jeune noblesse de son royaume

de s'attacher au service de la mer. Par cette ordonnance, il

hdiitait aussi l'entrée dans la carrière aux jeunes gens qui

le destinaient à la marine marchande et laissait même à

ceux qui n'étaient pas gentilshommes l'espoir de devenir

oflSriers de la marine royale s'ils venaient à se distinguer

par de belles actions.

En 1761, M. le duc de Choiseul forma quatre compa-

308 INSTITUTIONS d'ÉDUCATIOII MILITAIRE

gnies d'apprentis canonniers, dont le personnel formil un total de 475 hommes.

Au mois de décembre 1764» le corps de la mariM française se composait de 2i 5,276 marins» dont 38 oAciers généraux» 835 officiers supérieurs et autres; ki gardes de la marine étaient au nombre de 367.

L'ordonnance de 1765 régla Tadministration de il marine» et celle de 1778 la situation des officiers de port» des ingénieurs constructeurs et des aspirants ingéniem.

On vit heureusement se reformer en 1769» à Bral, l'association déjà connue sous le nom d'Académie topk de marine. Il lui fut accordé une subvention de l'EtiL Cette académie coopéra fructueusement aux travaux et aux établissements les plus utiles.

Cependant l'expérience venait prouver que M. le docde Choiseul n'avait pas encore atteint le but. Les remontrances et observations de M. Bezout (1) qui voulût qos

(1) « On avait vu, disait Bezout dans an de ses mâmoirti^ àm tt hommes célèbres illustrer la marine française par des talents qi'on « n'attribuait qu'à une très-longue pratique; on partit de ce priâdpt ce pour imposer, comme condition essentielle de TaTancement àm « élèves de la marine, le nombre de cAmpagnet, et Ton ne prit poîit « les mesures convenables pour s'assurer si les campagnea awflitéU <« faites avec fruit : à cette faute on en ajouta une seconde. On < a à la pépinière de la marine une constitution militaire qui» f a inconvénients, portait avec elle celle d'introduire l'ancienneté c « un titre des avancements; alors l'ancienneté lutta contra la pfttiqMi et et très-rarement la pratique lutta contre l'ancienneté. » .... « Oa <c établit donc, continue t-il, un cours d'études méthodiquei» oA Im « connaissances théoriques furent dirigéee Ters le métier, et on mm- « jétil les gardes à cette étude. Alors on vit la pratique, l'aneiauflli « et la théorie en opposition les unes avec les antres; cet moyens, iMW « en eux-mêmes, se détruisirent par leur co-exiatanca ménie.^.* * « Un autre vice de la constitution des gardes de la marine était d'ad- « mettre des sujets sans aucun choix préliminaire pour épronfirliif « capacité et leurs dispositions physiques à la mer. »

( Archives de la mmim,)

UmB SECOND 309

lis études théoriques précéc it les études preticpies, llgiionnoe patente des gar marine malgré tous

Itti DK^ens pris pour la combattre , Topinion publique» \mi enfin venait démontrer qu'il fallait porter un prompt NMède au mal. D'autre part, on en venait même à pen- KT el i dire quil allait supprimer les gardes de la marine^ les remplacer par des volontaires nobles ou vivant noUennt» ne formant pas corps» n'ayant de solde qu'à la ner, devant naviguer cinq ans sur les bâtiments du roi M do commerce et recevoir pendant ce temps deux rate» par jour et quinze livres par mois. On n'avait pu Mirândre les gardes de la marine à monter au besoin poor leur instruction sur les navires marchands. Il leur Mmblait que c'eût été dérc^er. On proposait donc au roi d'aviser sur ce qu'il y aurait à faire pour les gardes de la marine et de pressentir M. l'amiral sur la position à donner à ses gardes du pavillon. (Mémoire» Archives de la marine).

Nous ne reproduirons pas ici toutes les opinions et avis divers indiqués dans les mémoires que nous avons conflollés aux Archives de la marine. Pendant que chacun appréciait la position à son point vue» M. de Boynes» deleoa ministre secrétaire d'Ëtat de la marine en 177i» avait présenté le 29 août 1773» à la signature du roi» une ordonnance qui réduisait le nombre des gardes à 160» dont 80 gardes du pavillon et 80 gardes de la marine» et Cféait en même temps 80 nouveaux emplois d'enseigne. Cette mesure obviait au grave inconvénient du temps d'arrêt de l'avancement de ces jeunes gens qui» étant au nombre de 300 pour recruter un corps de 900 officiers, atten-

310 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE

datent dix à douze ans pour sortir de leur poûtion. La mèaie ordonnance créait au Havre une éocde de marina devant se composer de 80 élèves âgés au moins de qniH torze ans, écrivant correctement et connaissant les pi^ miers éléments de l'arithmétique. Us devaient être appliqués à la théorie pendant huit ou neuf mois de l'année at pendant trois ou quatre mois exercés sur de petits bâtiments armés exprès pour eux et sur lesquels ils funnt tenus à faire le service de matelots. Ils ne devaient paaav aux gardes de la marine à Brest ou à Toubn qu'aprèa avoir fait de fortes études pendant trois années et subidai examens rigoureux. Et au cas où cet établissemoit reiH plirait les vues du roi, on lui proposerait d'en établir pbi tard dans de petits ports comme Martigues, la Ciolat, Saint-Tropez et Ântibes.

Les élèves de l'école du Havre mangeaient et coudaint en ville; ce mode offrait beaucoup d'inconvéoioits malgfé le règlement du roi très-sévère et très-circonstandéreiatif à la police intérieure et extérieure. M. Gésaire, capinie de vaisseau, fut nommé au commandement de cette éoolo* Pour les travaux et études, elle fut installée dansunpatit corps de caserne qui, pendant le cours de lar guerre, avait servi au logement des troupes. Les cours oommeDeènot le 20 décembre 1775. La première admission fiit d'abori de 30 élèves devant se compléter successivement à 80. Tous portaient des noms connus dans la aiariM;oay remarque celui du dievalier de Lostanges, qai, eo 1779, fut blessé aux côtés du brave capitaine du Gouëdia,' pendant Théroïque combat du Québec et de la SanmlkniU*

Les gardes de la marine ne devaient plus èttei

UTRE 8BÛ0ND Ml

et réonis en compagnies, mais r^rtis à la suite des brigades du corps delà marine, eu continuant néanmoins leon études pratiques et théoriques sans être astreints à ém eumens. Ils en subissaient cependant un trës-rigou^ feoL pour leur nomination au grade d'enseigne, après As-lHiit mois de navigation. Ainsi Tappr^tissage se timivait réduit en moyenne de cinq ans et demi à sii aasMiplus.

D semble qu'on arrivait enfin. A la condition de n'ad- ■0ltre k Téeole du Havre que des candidats bien connus et Ueu choisis, on possédait une bonne école spédale, pois dans les ports une école d'application.

Cette école du Havre était donc une institution d'avemr. Mais le 2 mars 1775 M. de Sartines la faisait supprimer, en réduisant les trois compagnies des gardes de la marine et en maintenant celle des gardes du pavillon. Cependant l'année précédente, le 19 septembre 1774, ks gardes de la marine de Brest s'étant révoltés après refus formel d'obéissance, avaient résisté à la troupe et finalité l'évasion des plus mutins. On peut se rappeler fi'en 1685 les mêmes désordres s'étaient produits dans k compagnie de cadets de Cbarlemont , et que Louvois n'avait pas hésité à en faire fusiller deux. On n'osa pas Tniter.

Lescompagnies des gardes de la marine furent donc réduites à 50 gentilshommes ; on y admit, en outre, des aspirants gardes de quatorze i dix-huit ans, ayant appris au nNÎDa les deux premiers volumes du cours de Bezout. L'oBîfarme de ceux-ci était pareil à celui des gardes de la nuiriDe, seulement les parements étaient de la couleur de

512 INSTITUTIONS D'ÉDUCATION MILITAIRB

l'habit, le chapeau uni, et ils ne portaient pas les aiguillettes.

Les gardes de la marine étaient divisés en deuxdana. I^es plus avancés dans leurs études théoriques navigomt chaque année sur de petits bâtiments armés exprès. La gardes du pavillon restaient soumis aux mêmes tkfjm. L'ordonnance maintenait la prérogative de tous datant de 1703 de commander aux maîtres d'équipages, pilotai ou autres au cas où un vaisseau viendrait à perdre m officiers. A l'ordonnance du 2 mars 1775 est joint m règlement trës-étendu signé par le roi et M. de Sartinei, pour la police et la discipline des gardes de la marine, du pavillon amiral et des aspirants qu'on avait bien de h peine à maintenir.

On revenait en partie aux prescriptionsdeM.deCheiseul. C'était encore une de ces transformations boonee sur certains points, mais qui donnaient motif de s'écrier comme plus tard M. deGuibert. c Nation inexpiicaUedev ses mouvements! elle ne veut le bien que par saillies et ne permet jamais qu'il s'achève. » L'uniforme des gardes de la marine fut maintenu de drap bleu de roi, douMuit rouge ; les parements, veste et culotte de drap écariate; boutons jaunes timbrés d'une ancre; les épées, ceÎDtnroBi et boucles restèrent tels qu'auparavant, la marque dier tinctive fut une aiguillette en or sur l'épaule drnie. Leurs officiers durent porter aussi cette aiguillette.

I^es gardes du pavillon-amiral conservèrent leur boh' forme tel qu'il était avant l'ordonnance de 1772; seofr ment ils durent remplao^sr leurs épaulettes par la simple aiguillette d'or.

UYBK SECOND 318

Le 13 décembre i779» Louis XVI établit à llle deRé compagnie de cadets- gentilshommes. Sa Majesté améliorer encore la pépinière destinée à tenir au npylfl les cadres d'officiers des régiments des colonies (i ) • /offanisation de cette compagnie était excellente et aloilée avec le plus grand soin.

dé[à rien n'était stable : cette compagnie fut avant d'avoir rien produit. Les cadets qui rayaient pas encore reçu de destination furent attachés (ÊOL cinq compagnies du bataillon auxiliaire des cdoim, en garnison i Lorient. On plaça dans le corps des HOibardiers de la marine ceux qui montreront des dispolUmis pour ce service. Ce moyen d'éducation militaire ilait depuis longtemps condamné; le capitaine Lanoue, 0H &nri IV, en avait signalé déjà les graves inconvémats. Mais on néglige et on négligera toujours les enleignements du passé, parce qu'on croit toujours mieux Eûf0«

En créant l'école du Havre, M. de Boy nés avait fait un pas en avant, et doté la marine d'une école spéciale dom le résultat dépendait surtout du bon choix du can- <iiëat admis ; l'école d'application était placée êans les ports et sur les vaisseaux.

M. le maréchal de Castries, après avoir, en 1783, créé koouveau grade de sous-lieutenant de vaisseau et ouvert UN à la bourgeoisie l'accès au corps de la marine, pensa ^p*!! y aurait double avantage à créer une école préparait qui permettrait non-seulement d'y élever les fils

(l) Âr^ve* d€ la guerre.

314 INSTITUTIONS d'ÉDUGATIOII lUUTAlRE

OU neveux d'ofBciers généraux ou Bupérieare de merbMi ou tués pour le service du roi, mais aussi de s'asBonr pour le présent et l'avenir de leurs dispositions m b suivant dès le jeune âge jusqu'au moment oh ib materaient sur les vaisseaux (i).

n fut donc décidé qu'on réserverait à ces enftnis « certain nombre de places dans les collèges d*Alais et dB Vannes et que les gardes de la marine et du panHan amiral seraient supprimés.

Les élèves d'Alais et de Vannes formèrent la classe; après examens, ils passaient à la seconde eu même temps que les jeunes gens qui y arrivaient fÊÈ le concours direct, et tous y continuaient leurs jusqu'au moment où, passant dans la premitoe, ih répartis sur les escadres. Les élèves étaient donc, stniMt leur âge et leur instruction^ répartis en trois dasses; tf d'après le principe dont on ne devrait jamais ^kaUÊt surtout pour les carrières où l'abnégation et le dévsMF ment sont d'obligation absolue, on avait enfin éoole pféparatoire soit dans les collèges soit au dehors, éoole 9fè^ cialedans les ports et école d'application sur les vaÎMM et en mer. Cette combinaison était excdlente. VmMÉ n'eut plus auprès de lui qu'un capitaine de vaisseas tf I

(1) Ces enrants furent -ili bien eholsist A^aiit de institution dans ses rôsaltats, on doit toujours s'assurer qne ce ch||lK, a été l'objet de la plus vive sollicitude. Faat-il croire ce (fa'aftiâî^ dans un mémoire sur les écoles de Vannes et d'Aleie, le iieor Vofelp ancien professeur d'anglais à l'une de ces écoles. « A Vennei^ '^l!^ (c on reçoit des enfants depnis 10 ans Jusqu'à 15 et iS; leeiUH stMÉT « à peine lire et écrire, et, en général, les élèves sont pour la ploptft <f des sujets dont les parents ne pouvaient rien faire chas eux. •

(Archive* dêiawmrinêy,

LITRE SMOIID 315

■lire officiers» oonsliUiaiit od état-major sans troupes, i ramiral arrivait dans un port, les élèves faisaient le auprès de lui.

emigenoe^ d'admission correspondaient à celles de de 1781 pour les écoles militaires déjà \ on précédent chapitre ; une pension de 600 lim était etigée des familles.

Couune atténuation de ces exigences qui avaient ■rieré tant de récriminations, et pour ne laisser en aucune vocation, les mêmes ordonnances de créèrent, pour les fils de gentilshommes, desous^ ints de vaisseaux, de négociants riches, d'aria de capitaines marchands, et enfin de gens nddement, une dasse d'aspirants volontaires de 3, divisée en trois degrés comme celle des élèves, int l'éducation de ceux-ci sur les vaisseaux et à fournir des sujets pour ce nouveau grade de ioaB lieutenant.

M* Bezout étant mort en 1785, Monge, déjà célèbre,

fat désigné pour lui succéder, et devint examinateur des

\ de la marine. Devant cette nature franche et loyale

t échouer toutes les prétentions qui n'avaient pour

lue que l'illustration de la naissance. Aux observations

éa maréchal de Castries, que la cour accablait de récla-

MUioas, Monge répondit simplement et avec calme :

< M. le maréchal, vous êtes libre d'admettre qui vous

en supprimant en même temps les honorables

I que vous m'avez confiées. >

Kooge refiisa de composer un nouveau cours de mathé-

Mtîques; il eikt privé ainsi la veuve de Bezout du revenu

316 INSTITUTIONS d'ÉDUCATION MILITAIBB

important produit par la vente offidelle des oavraga k son prédécesseur.

Telles furent les écoles navales de France et leurs p» cipales transformations jusqu'ain (Nrdonnanoes de IWi qui, en les supprimant, créaient en même temps Éï écoles gratuites d'hydrographie et de mathématiqiNi les ports, c Les ordonnances de 1791 paraissent la défiance^ dit M. de Grisenoy, presque la haine les officiers de marine ; les humilier, les amoindrir, hi annihiler» le^ briser en un mot, en désagrégeant km éléments» doués d'une cohésion exagérée peut-être, ma nécessaire en principe, tel fut le hut évident des priM^

paux moteurs de ces mesures Ils détruisireut Paifft

cien corps de la marine, mais ils furent incapables Al créer un nouveau. • M. Nompëre de Gharopagny dait à rassemblée nationale que dans un concours nent on mît aux prises la capacité de la marine avec les connaissances qui se perpétueraient parmi ili élèves de marine spéciaux, c Vos élèves, s'écria PriÉr» ce seraient alors des officiers de marine ; nous n'en fof^ Ions ni par une porte ni par l'autre. > C'était proDOMT l'arrêt définitif de ce corps illustre.

Le vote définitif eut lieu à l'assemblée nationale le fl avril 1791.

L'ordonnance établissait des écoles d'hydrographie 0 de mathématiques dans les principaux ports du roi; i\i^ vait être ouvert chaque année dans les prindpales vikl ^ maritimes un concours auquel pourraient se présenter loii ] les jeunes gens de quinze à vingt ans se destinant i h j marine; ceux qui auraient le mieux satisGût à !'(

LHTRB 8B00ND SI 7

nient admis i servir trois ans sur les vaisseaux de Hua avec le titre d'aspirant ; les concours pour parve-^ K AU grade d'officier seraient ouverts à tous les navigam ^fà auraient au moins quatre ans de navigation, soit psln vaisseaux de l'État, soit sur les bâtiments de nsoeroe» sans aucune distinction de ceux qui auraient |«i n'auraient pas été aspirants. *

rlicn aides de vblence commis dans les ports vinrent hever Tceuvre de destruction.

Dmn frères, MM. Roux d'Arbaud, de Provence^ sortant l^eoUége militaire de Rebais, avaient été admis dans la ■pagnie de cadets-gentilshommes de l'hôtel de l'École Klaûre de Paris, l'un le 27 février 1779, l'autre le 7 1782. A leur sortie, ils furent successivement pour entrer dans le corps de la marine. Le plus ! partit de l'hôtel même le 23 juin 1785 pour aller ire M. de la Pérouse et s'embarquer avec lui sur iBouisole. U partagea le sort de son commandant ainsi oa MM. Lapante-Dagelet et Monge, astronomes et pro- Maurs à l'École militaire de Paris, qui avaient reçu du roi i|«rmîssion d'accompagner M. de la Pérouse, et la faveur kl maintien de leur emploi et de leurs appointements.

Us furent remplacés provisoirement d'abord et définitîvanent ensuite par les sieurs Labbey et Prévost. Les lonpns discussions de ce dernier avec le célèbre astronome labnde apprennent que Tobservatoire de l'hôtel était parftiiement organisé, et que l'illustre académicien y avait iléteroiiné 3,000 étoiles du côté nord.

On connaît les suites de l'expédition de la Pérouse, dont

k nom est encore si bien représenté dans la marine et

518 msTiTUTiom d'éducation muTAnB

dans rarmée de terre. Sept années après^ le capilme Petit-Thouars, ancien élève de la Flèche» ayant été (b d'aller à la recherche de rinfortuné capitaine, eniB avec lui le jeune de rÊglise, qui sortait de TËcole nffil en qualité d'élève de la marine; sa pension le smvitil administrateurs de la dotation de l'Ëcole militaire M existante durent» d'après ordre ministériel dn 4j let 1792, lui payer la somme de 600 livres, savoir pour la première année et 400 pour les suivantes.

Ainsi pour nous résumer : gardes dn cardinal 6 ses successeurs comme grands-maîtres de h navigri gardes de la marine; compagnies des nouveaux gaide la marine ; gardes de l'étendard Real des galères; gi du pavillon-amiral; compagnies decadets-gentilshom pour les régiments des colonies; création de l'école rc de marine au Havre ; modification dans la situation gardes de la marine; écoles de Vannes et d'AIais; él de la marine divisés en trois classes ; suppression défia des gardes delà marine et du pavillon; volontaires £ comme les élèves de la marine.Telles furent les diflin phases de ces institutions toutes destinées à servir de pinières au corps de la marine française, jusqu'aux on nances de 1791 , qui opérèrent une transformation radî

Nons terminons ce chapitre par la liste de MM. ministres secrétaires d'État de la marine, depiûsla créi de la charge jusqu'en 1792.

Clausse, à la création de la charge sous Henri H 1547 à 1558.

Robertet de Fresnes, Five de Sauves sous les trois ri| suivants.

UYAE SECOND Si 9

Martin sous Henri IV.

feux Lofliénie sous Louis XIII.

légaud de Plancy, de Lyonne, Golbert, Seignelay^

inx Louis et Phelipeaux Jérôme sous Louis XIV.

Élu d'Armenonville, le comte de Morville, le

e Haurepas, de Rouillé de Jouy, de Macbault,

e de Moiras, de Massiac^ Ghoiseul d'Amboyne,

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