‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 61 sur 107 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

- Marine $<nù le» règnes de Louis iVltî et de Charles X BSO). — La marine et la Restanratioo. — EAcombrement de»

— Rétablissement de la charge d'amiral de France et de la pïxe des gardes du pavillon. ^ Suppreesion des préfets ma- \ et division des pouvoirs militaires et adQiiiUBlrf^tifo, — 1 de M. du Bouchage au roi sur l'éducation théorique et praet élèves de la marine, 31 janvier 1816. — GréatioB de i'éeole uléme; les trois classes d'aspirants de la marine; appréciaiverses sur cette création.^ Goncourd 'pour Te grade 'd*élève '^nde classe ; école navale établie en rade de Brest sur le m VOrion. — L'école d'Angouléme préparatoire pour celle de . «— Volontaires de la marine, 25 octobre^ i8S6. — BnseigM^ nutuel pour Tinstruction des troupes de la marine. — Com- 9 de mousses par chaque division. — Officiers d'admitaiàtra-

- Service de Sauté. — Génie maritime. — Rétablissement éfectures maritimes. — Ministres de la marine sous les de Louis XVIII et de Gbarles X.

ouvernement de la République éprouva les plus lifficultés pour rendre la vie au corps de la marme ar l'orage révolutionnaire , celui de la Restau- 11 contraire, en trouva les cadres au oompiet, lis mplis alors par des officiers quî^ au moment de la la monarchie et surtoul plus tard», avaient dû leur i la pratique continuelle de la mer beaucoup plus instruction, et par des jeunes gens instruits» mais lels le Roi ne pouvait compter d'une manière n raison de leurs antécédents et de leur attaehe- Empire.

isiëme élément se trouvait en présence, formé par

âf(8 INSTITUTIONS d'éducation militaihe

d'anciens officiers qui, vingt-quatre ans auparannt.pisaient pour les premiers marins du inonde , mais dont b nobles services étaient depuis longtemps interrompus.

Comme le Roi et sa famille. Us avaient eu à sopportv toutes les souffrances de rexil; ils revenaient sfK H n'ayant pas cessé de lui être fidèles. Seulement ihanMt vieilli, et leur grade réel ne se trouvait plus en iqfert avec leur âge. 54 capitaines de vaisseau et 104 < de frégate reprirent rang dans le corps de la moment même où des réductions étaient indiqiennUflià tous les points de vue , oii tous les vaisseaux élaiait désarmés, les élèves licenciés, les officiers mis en non-adnUé et autorisés à naviguer au commerce. C'était là TéeMi que toute la sagesse du Roi ne pouvait faire Mb&tïm gouvernement, c Révolution , contre-révolution» Atice c sujet M. Thiers, choses, hélas! tûen redoatabks, In c loin du vrai , du juste , du possible ! L'une dépsM b c but, l'autre veut revenir en degà, aucune ne s'arrfie c au point juste. Mais pour Texcuse de l'une et de Fiatt

< il faut dire que si la première a le mérite d'élre dHili

< sens du temps, la seconde a celui d'obâr aux plui aiUv

< sentiments de l'âme humaine, le reipeci du posd, h c fidélité aux pouvoirs / » *

Nous ne pouvions pas mieux exprimer cette {MMéi qu'en nous emparant de l'appréciation d'un iBaM écrivain.

La charge d'amiral fut rétablie et conférée an due d'Aïgoulème ; la création d'une OHnpagnie de fguàm èi pavillon en fut la conséquence.

1^ rapport du conseil d'État sur les divers i

LITRE SECOND ttO

dit 7 floréal an VIII oonoeruant la marine , indtquait les molirs impérieux qui motivaient la concentration en une iMle main de rautorité.^ns les ports. Elle fut confiée à •tt préfet maritime.

Cesmotifs étaient enâ>n^ ^mé m 181K, et eepeo* iuit M. du Bouchage sup ifets maritimes et

fiparii les autorités ihilitair torités administratives.

Le 3t janvier 1816, ce ministre présentait au Roi un ^ispport dans lecpiel il s'occupait plutôt de l'avenir que àê la situation présente de la marine, c L'éducation i f théorique et l'éducation pratique, disait-41, ne peu- € vent marcher simultanément. La première exige un € collège spécial, et la seconde des batimrats armés c exprès.

€ Quant aux moyens de transition, la pépinière ae-

c tuéllese compose d'aspirants qui, en raison de leur insc tniction théorique et pratique et de la durée deleur naviga- € tion, peuvent être assimilés aux élèves de première classe, c Hais ils sont 640, et la nouvelle formation ne comprend € que 225 élèves de 1'* classe et 75 de seconde. J'ai pensé c qu'il fallait saisir cette occasion de faire une épuration, c Quant à l'établissement du collège, il m'a semblé qu'une € ville de l'intérieur, où l'esprit est bon, où les vivres sont € abondants et à des prix raisonnables, et dont la position € centrale est en même temps rapprochée d'un grand port € (à 25 lieues du port de Rochefort situé sur la Charente),

< serait préférable à tout autre. Ces motifs réunis me c déterminent à proposer à Votre Majesté de placer le c collège à Ângoulême. Il me semble , d'ailleurs, que ce

< nom sera d'un heureux augure pour l'établissement et

!260 INSTITUTIONS d'ÉDUGATION MILITAIRE

c qu'il excitera les élèves à se rendre on jour <figiies de € l'auguste protection de Tamiral de France. < Ainsi se complétera le sysâme d'admîssioDdinili

< marine militaire : des élèves bien choisis, appartOHili c des familles honorables, élevés dans les mémesprinâpeib

c repeupleront un corps formé d'hommes qaeèi

f circonstances extraordinaires ont rassemblés phitAtfM c réunis et qui n'ont pu acquérir qu'imparfaitement, à raids

< d'une longue pratique, les qualités qu*ane édoeate

< spéciale aurait développées avec plus d'avantages pw « eux-mêmes et pour le service de Sa Majesté. »

L'ordonnance faisant suite à ce rapport et blâmant fe système d'instruction adopté aux écoles spéciales de Bnit et de Toulon , les supprimait et les remplaçait par tnii classes d'aspirants de marine :

Les élèves de 3* classe entraient de treize k qmw ans à l'école d'Ângouléme. Ils étaient nommés par b Roi et c choisis de préférence parmi les fib des offlden m et des magistrats qui, ayant servi Sa Majesté avec A a et fidélité, auraient transmis les mêmes principes i kon

< enfants, y

Leur nomination avait lieu sans examen prélinmiiiR. C'était une omission grave laissant trop de prise à b faveur. Au bout de deux ou trois ans d'étude8,*qui ( souffrir du peu d'exigence pour l'admission , ces d'Ângouléme entraient dans une des trms établies à Brest, Toulon et Rochefort, avec le graded'ëftie de 2® classe. Ils devaient y continuer leurs cours qv venaient interrompre deux campagnes de dix mois dneme sur des corvettes d'instruction destinées à les habiUHr i

la mer. De ces corvettes, la Bayadère seule, ea raison de Texiguité du budget, put être armée et mise sous le com^ inndement de M. de La Marche, capitaine de* frégate. Les élèves de 4825 et 1826 explorèrent les côtes de Por-tugal et celles de la Méditerranée.

L'apprentissage des élèves était de deux ans : ils passaient alors enseignes de l'* classe à la suite d'un examen : pais on les embarquait sur des navires de guerre, et à leur retour au port, on les réintégrait dans les com^ pagnies pour qu'ils continuassent leurs, études avec les élèves de 2* classe.

Ces dispositions laissaient beaucoup à désirer et on ae peut même pas concevoir comment on avait pensé à réunir des élèves sortant du collège de marine avec ces élèves de l^'' classe ayant déjà exercé le métier de marin el pris des habitudes qui pouvaient donner cause à bien des embarras dans la direction et le commandement de ces compagnies.

Le collège d'Angoulême ne fut mis en activité qu'au mois de janvier 1818.

Son organisation première, l'inégalité dans le savoir de chacun des élèves , les admissions obtenues dans tous les temps de l'année, l'impossibilité de faire suivre fructueux sèment les mêmes cours par tous finirent par éloigner les candidats à un tel point, qu'en 1825 on craignit de manquer d'élèves. On comprit alors qu'on avait fait fausse route en ne poursuivant qu'un but unique, celui de remplir les cadres de la marine de sujets dévoués à la monarchie, et qu'en excitant l'émulation par les mêmes concours établis pour les écoles militaires spéciales on

^262 l^SnilJIIONS u'ÉDIT.ATIO?I MILlTAinE

arriverait au même résultat et dans des conditions plu favorables à l'intérêt du pays.

c L'effet de celte mesure, dit M. deCriseocy, prise lett c janvier 1824 sur la proposition de h oonunisskmpnc sidée par l'amiral Halgan , se traduisit immftliBtnMsr c i)ar l'inscription de 200 candidats sur les Gris c d'examen. »

Néanmoins , M. de Chabrol, devenu ministre de k marine, insistait pour que le collège Royal fut plaeé èm un port de mer.

L'école (l'Àngoulème a cependant donné d'eioeUHli % ofliciers, et pour prouver que cette créaticm, malgié M imperfections, ne devait pas être combattue comme elbra élé constamment , il suffit de signaler ses produits it 1820 à 1827. C'est ce que nous avons fait à la fin ds« volume en citant les noms bien connus des iS viesamiraux et des 20 contre-amiraux élèves de cette éeoliL

Pour l'histoire de nos écoles , nous devons redunhr tous les avis, inscrire l'attaque comme la défense. Tdb est sur récole d'Ângouléme l'appréciation de M. dsLflipinasse-Fomartin, ancien officia de marine (/ounuil dsi sciefices militaires , 2* série, volume 26 , 1839^ ÈtÊkn sur la marine), c Quand je me rappelle tous les rifieshi <t dont on a couvert cette malheureuse école d'Angodêas <K et que je considère aujourd'hui les mesquins résidipiséi <K l'école de VOrion , je me surprends à croire que b <i pouvoir a quelquefois bien raison de se défiw i d ments de l'opinion publique.

c L'antipathie contre l'école d'Angouléme était ( a chez les officiers de marine durant les dernières

« de 800 existence une sorte d'idée fixe. Sens atteildre les c résultats, sans se donmr la peine d'appvécier }iiB(pi'à « ^qnl point les corvettes d'instruction serraient de correctif li^èceque Finstruction avait de défectueux, ils avaient «^décidé qu'elle était nécessairement viâeuse , compléle^ il «ent absurde. En vain les élèves de cette école se mon- < Irèrent dévoués et intellif^ents , la fatale comparaison € «Btre leurs services et ceux des élèves du Tourtriih et

• du Duquesne, les poursuivait partout. Ainsi, des hommes

• fiits n'eurent pas honte d'établir un parallèMllw de % véritables enfants et des jeunes gens d^à avanèSs en t ^ et en grade. Ces enfi , si dédaignés alors , ont t Mt depuis une véritable révohitian dam la marine. « Hs ont, pour ainsi dire, formé leurs chefs en leur appre^ « fiant à les commander sans colère, et leurs camarades m des autres écoles en leur faisant sentir que pour être m bons marins il n'est pas indispensable de boire comme m un éléphant et de jurer comme un païen. Les promo- K tkms d'Angouléme ont épuré Tarme d'une foule de « travers ; elles lui ont donné d'excellents sujets teb que € les de TrogoiT et de Rodelec, au moins égaux en mérite € aux plus brillants élèves des vaisseaux. »

Quelles qife soient ces appréciations produites en 1859, elles se trouvent corroborées, au moins pour ce qui regarde réeole d'Angoulème, par les noms que nous avons dtés et qui se trouveront honorablement et également placés parmi ceux des officiers provenant, aux mêmes époques, de l'école Polytechnique. Il suffit de les nommer pour indi-quer que les élèves d'Angoulème avaient affaire à de rudes jo6teors. Chacun de nous a pu» en effet, suivre les aeles de

264 INSTITUTIONS d'ÉDVCATION IIILITMBE

MM. Page, Belvëze» Bonard» Roquemaiiral, Rigadt^

Genouilly» Gbopard, de C nneSi ote. v r

En somme , on jugeait qu'Une nnodîfiaitiQO ibilià plus en plus urgente^ M. de Gbablol, dauM a nppK adressé au Roi en 1826 » rec nokieaait 4|ilèkBétataA Técole d'Angoulème étaiefit en Yoié de progrès. LbummI d'amirauté ^ saisi de cette questioù, propoMÎt d^Wa flottantes : du reste, il fallait combler lés dans lesquels il manquait 80 enseignes el IfiO^lèMipkr assarenle service des bâtiments annés^ Um' présidée par M. Tamiral baron de BhckaOp-fMpifcA^ recevoir, par concours direet d s élèvBs dé Sr.da08Sii:ii prendre en cette qualité îsaiblea non adiabA Htab

Polytechnique, en se servant d'enseignes. •« les besoins les plus urgents. La commiarioB fiitld'ani^a sur les corvettes on ne devait occuper q[te < non de théorie les élèves qu'on y :

Véiè.(DeCrisenoy.) î..;=i'

c Malgré le ohemio énorme que ce travail < c confié à une réunion d'hommes du métier,^ c parcourir à la question, et q loique la c blême fut dès lors clairement indiquée» «iliUailftjfl c devant la suppression do ooU^ d'AngooltaÉtf^ c résolut de s'en tenir à des mesures i f cette fois on s'était trompé sur leurs ( c vitables. » (De Crisemy*) -;...•.: ^.

Le premier concours direct pour le < grade ;d'AifS^ 2* classe eut lieu dans les principales viUea de. SViufeelil 15 novembre 1826, et es mois «près, d^spèib

décision du Roi du 7 mai 1827, on (

¥OÎr le vaisseau VOriùn^ qui fut conduit en rade de Brest. L'école d'Ângottléoie devint de fait une simple éeole pré- ^ fitatoire dont les élèves ne faisaient plus que coneourir fMMir venir prendre place sur VOrion. > ^

Cette transformation fut offîdellement arrêtée le 26 4Mrs i829 : et cette institution fut à celle de VOrion ce igBe Técole préparatmre de La Flèche était à Saint-Gyr: €?était sa véritable destination, et il est à croire qu'elle lui coi été conservée avec grand profit pour la marine ôins la ikévolttliou de 1830. i ., . . .

t Le!25 octobre 1826, le Roi rendit une oréonnance portant création d'une classe de navigateurs sous le nom de vdk)ntaires de la marine. Les candidats devaient avoir mx/d ans au moins et vingt ans au plus; pour leur admission, ils subissaient un examen public dans un des ports. Ils devaient avoir navigué pendant douze mois sur un navire, soit de l'Ëtat^ soit du commerce. Ils portaient Tuniforme des élèves de 2" classe. Ils pouvaient ensuite être nommés capitaines au long cours ou, d'après leur instruction et leur bonne conduite , élèves de 1'* classe dans b marine militaire.

Par ordonnance du 20 juillet 18^ , il fut créé une école d'enseignement mutuel pour l'instruction des^troupes de la marine, et dans la même année on établit une eonw pegnie de mousses dans chaque division de. la marine. Ces enfants, ordinairement malheureux et maltraités^ se trouvèrent ainsi placés directement sous la protection de l'autorité supérieure.

En 1814, les officiers d'administration de la marine se composaient d'un intendant général des classes, de quatre

intendants des armées navales, de commiasairai génànn, de commissaires principaux , de commisaiies de dn classes, de sous-commissaires, de gardeft-magMins, dl» pecteurs et sous-inspecteurs de marine. Le mrnœk santé avait à sa tète un inspecteur géoëral.

L'ordonnance du 28 janvier 1824 fixe le oonfare ài élèves d'administration à 10 , étabht les condilionB è concours, la nominatbn par le ministre de h marinefa membres du jury* Les appointements furent fixa i 800 fr., auxquels devait être ajoutée une pension iffk faite aux élèves par leurs familles. Leurs études devûat être terminées dans la focuité des lettres, et avec le dipUoi de licencié en droit on leur demandait un certificat deoiralité et de bonne conduite. L*examen ooncemait Féoriture, la grammaire française, le dessin des plans, Tarilhaitique, la géométrie rectiligneet les éléments d'algèbie, h composition française et la traduction d'un moraaii di poésie et d'histoire latines de force de rhétorique. Lw uniforme et leur rang furent ceux des commis priaripan.

Au bout de quatre ans , ceux qui aspiraient au fpà de sous-commissaire subissaient de nouveaux < S'ils échouaient dans cette épreuve , ils < année de plus pour compléter leur noridat et étaient e» gédiés s'ils n'étaient pas plus heureux qu'an praiMT examen. L'ordonnance du 8 février 18^ réduiait k' nombre des élèves à 6 et fixa les emplois et les dasM des commis et des écrivains de la marine.

L'école d'application du génie maritime continuait i ai recruter des meilleurs élèves de l'école Polytedinque, et préludait par son excellente direction aux tnivanx de nom

époque. Il faut toujours attribuer aux efforts du passé une boDoe part dans les succès du présent.

Dès le mois de décembre 1826, le Roi avait rétabli les préfectures maritimes, d'après le rapport de M. de Chabrol bdiquant que la division des pouvoirs qui faisait la base lu système des ports n'avait pas réalisé les avantages pi'on avait cru pouvoir en attendre.

Les préfets maritimes sont maintenant toujours choisis parmi les officiers de vaisseau, quoique le Gouvernement ût toute latitude pour nommer des fonctionnaires civils k cet emploi élevé.

Sous les règnes de Louis XYIII et de Charles X, les ministres de la marine furent :

M. le comte de Jaucourt ; le vicomte du Boucliage ; le maréchal Gouvion-Saint-Cyr; le comte Mole; le baron Portai ; le marquis de Clermont-Tonnerre ; le comte de Chabrol-Crouzol ; le baron Hyde de Neuville ; le comte de Rigny ; le prince de Polignac (intérimaire) ; le baron dllaussez.

Quand la famille Royale quitta le sol de la France, elle venait de léguer à Tarmée un large champ de Mars^ cette terre d'Afrique où tous les jeunes officiers dont nous avons parlé ont fait successivement leur apprentissage de guerre. Louis XVIII et Charles X, favorisés par la paix, ont fondé, favorisé et perfectionné , comme on s'efforce de le faire encore , toutes les institutions d'éducation militaire.

Nous leur devons donc un souvenir respectueux et

reconnaissant Ce souvenir on le doit au malheur et

surtout à ces princes qui ont toujours aimé la France.

SOMMAIRB. — U$ écoles militairet et la Révolution de 1830. — L'école Polytechnique pendant les troubles de la Capitale. .— Le bataillon de Saint-Cyr appelé par Charles X à Saint-Cloud ; les élèves au pont de Sèvres ; leur courage et leur esprit de discipline ; leur retraite sur Versailles avec les troupes royales qu'ils veulent suivre jusqu'à Rambouillet ; ordre du roi de les maintenir à Saint-Cyr ; Ils demandent à être placés sur les hauteurs de Saint-Cyr pour repousser Tarmée parisienne ; refus du prince de firoglie, commandant l'école ; l'armée parisienne envahit l'école militaire et s'empare des armes. — L'école de La Flèche en 1880. — Le dac d'Orléans roi des Français sous le nom de Louis- Phi lippe 1*'. ^ Le maréchal Gérard et le maréchal Soult^ ministres de la guerre.—» Les élèves de l'école Polytechnique refusent les douse croix d'honneur qui leur sont accordées. — Rapport du maréchal Gérard au sujet des modifications radicales à apporter à l'organisation des écoles militaires; commission chargée de les examiner; opinion motivée du général de Préval, membre de cette commission.

Aprfes des événements dont nous n'avons & discuter ici ni les effets ni les causes, le Roi Charles X, accompagné de sa famille, entouré de sa garde et de ses pages, avait repris le chemin de l'exil. Beaucoup de jeunes officiers, élèves des écoles militaires^ stricts observateurs de la Toi jurée, rentrèrent dans leurs foyers, accomplissant avec une triste résignation un acte désapprouvé par quelques-uns, mais resté constamment honoré par tous. Les autres, ne songeant qu'au pays et à ses périls, poursuivirent leur car-

270 INSIITUTIONS D*ÊDl3CATION MILITAinE

riëre et virent toutes les attaques dont ils (urent i rement Tobjet tomber devant la dignité de leur tone d leur incontestable supériorité.

Que devinrent les écoles pendant ces froéUes qm Vh saient à chacun la possibilité d'agir suivant ses pnfm tendances?

Les éléments de l'école Polytechnique n'étaient pub mêmes que ceux de l'école de Saint-Cyr. On ne pedtpv s'étonner alors que des deux o6tés la même ligne deonduite n'ait pas été suivie.

La nouvelle des événements qui agitaient la cafilA avait été transmise aux élèves de l'école PolytedilriqnfV leur ancien condisciple Gharras, qui» dnq m vaut, avait été renvoyé pour avoir prématurément la Marseillaise. De là ^ervesoenoe chez «a jeunes |ai; cependant l'école ayant été le mercredi visitée pUt qu'envahie par une bande d'insurgés & bqudle f anlMli crut devoir ouvrir les portes, les plus exaltés eux l||iNi, mus par un sentiment de dignité» refusèrent de ksièM* der. Vers dix heures du matin» l'école fut Kcenciéa iw recommandation expresse à chaque élève de se reodn dans sa famille ou chez ses correspondants habituelk

lies élèves purent alors agir individuellement» it lit certain que sur les 250 élèves» 60 environ prirent fut plus ou moins directement à l'insurrection» et queSBfi mettant à la tôte des insurgés contribuèrent léuBeBJif au renversement de la lAonardbie des Bourbons. Htà vient nous l'affirmer un renseignement auquel nons h^ vous ajouter la plus grande foi.' L'habit de l'éade Fo^ technique, devenu pour celui qui le portait un titre tf

LIVRK TROISIÈME 27)

DaDdement, fut endossé par quelques personnes aitâs i rétablissement et même, dit-on, par des indifiqui y étaient complètement étrangers. Parmi cette Bte jeunesse, 30 ou 40 ayant pu toujours facilemrat mpter dans cette école où a toujours régné un soufBe lépendance et de liberté, appartenaient à Topinion léliste, soit par conviction, soit en raison des antéoés de leurs familles. Deux seulement allèrent rejoindre itaillon de Saint-Cyr au pont de Saint-Cloud : mais iipart de ceux qui appartenaient à cette minorité exèrent plus tard le regret de ne pas avoir pu accomle même acte, qui eût laissé un noble souvenir dans cœur.

après ce que nous venons d'exposer, on ne doit donc lire que l'école Polytechnique passa en corps dans le > de l'insurrection populaire ; elle fut dissoute et, ne nous l'avons dit, chacun fut individuellement mafe ses actions, dégagé des devoirs imposés à tout corps titué, et d'autant plus libre d'ailleurs que l'élève de le Polytechnique ne s'était jamais considéré lié par »pect pour la discipline militaire dont étaient imbus lèves de Saint-Cyr, même ceux qui ne partageaient les opinions du plus grand nombre, près la lutte, les élèves de l'école Polytechnique uséde leur influence pour le rétablissement de Tordre et >lirent, dit M. de Vaulabelle, un véritable rôle poliu c Là généralité d'entre eux se mit à la disposition \ la commission municipale. Au milieu du désordre li régnait, leur uniforme connu, aimé de tous^ leur mnait une sorte de caractère officiel, qui les rendit

272 INSTITUTIONS D*ÉDUGATION MILITAIRB

c les agents les plus actifs du pouvoir qui s'o

Le bataillon de Saint-Gyr prenait le pas j de Tarrnée; c'était un droit, et ce droit impfiqnitk devoir. Nous allons dire commeilt il l*a rrâipli, ne étk^ geslnt rien au récit d'un ancien élève dd La Flèd» pwê à Saint-Cyr par suite des examens de 4829.

Dans la nuit du 27 au 28 juillet 1850 , sur les den heures du matin, les tambours battaient la diane danla dortoirs de Técole militaire de Saint-Gyr; Surpm dm leur sommeil, les élèves, qui ignoraient ce qui se pasnti Paris, se demandaient à quelle cause attribuer an réid aussi matinal. Mais Tincertitude ne fut pas de loBgK durée; les offîeiers parurent quelques instants après Ci grande tenue et prévinrent les élèves que dans une km toute Téeole allait partir pour Saint-Gloud et ooncooriri la défense du Roi et de sa famille menacés par one réioke sérieuse. Le bataillon fut promptement réuni dans la eoar, et là un immense cri de Vive le Rw , sorti de toutes hi poitrines, accueillit la chaleureuse et énergique allodriiÉi du général prince de Broglie, qui commandait réoole.

Une distribution de cartouches à balle fiit finte an élèves, qui se mirent en route entre trois et qùatrelMM du matin, enmenant avec eux leur artillme de eaoïpij^ composée de huit bouches à feu, leurs fourgons et hv ambulance qu'accompagnaient Taumônia* et les (MM filles de Saint-Vincent-de-Paul attachées à Tinfimiarik.

Afin d'éviter tout conflit avec la population de Vfli^ sailles, déjà très-agitée , le général fit tourner la villfrtt gagna, en traversant le parc, la grande avenue de J Cloud.

Cependant l'éveil avait été donné par les diefs des émeutiers, venus sans doute de Paris» et l'alarme semée dans les rangs de la population ouvrière de la ville royale de Versailles si calme d'ordinaire.

A un signal donné , l'avenue de Saint-Gloud fiit envahie par une foule considérable d'ouvriers armés de bâtons et de leurs instruments de travail, manifestant des intentions hostiles et menaçant de s'opposer à la marche du jeune bataillon.

Le prince de Broglie fit faire une halte de quelques minutes et s'avançant seul vers les émeutiers leur signifia d'avoir non-seulement à laisser le chemin libre, mais encore à s'éloigner immédiatement hors de la portée du canon, ajoutant qu'à leur refus il allait employer la force.

Un long murmure, quelques cris séditieux accueillirent les paroles du brave général , qui alors sans hésitation fit avancer et tourner contre le rassemblement deux pièces d'artillerie en donnant à haute voix Tordre aux élèves de se tenir prêts à faire feu.

Les émeutiers comprirent que ces jeunes gens rempliraient leur devoir ; aussi la foule se dissipa bientôt dans toutes les directions, et la marche du bataillon continua sans nouvelles entraves sur Saint-Gloud, où il arriva vers six heures du matin.

Le Roi, le Dauphin , Madame la duchesse de Berry et les Enfants de France , avertis de l'arrivée de l'École militaire, descendirent de leurs appartements et passèrent en revue les élèves qui accueillirent la famille Royale avec les cris enthousiastes de Vive le Roi. Charles X , précédant de quelques pas les autres membres de la famille

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