LIVRE TR0IS1È1I£ fSS
Seul le général de Préval s'opposa à TadoptioD de ce projet, mais la majorité l'emporta et motiva la décision du Roi sur la réorgauisatioD radicale des écoles militaires. Cétait évidemment donner une satisfaction momentanée aux aspirations révolutionnaires et aux idées démocratiques, mais cette décision devait bientôt tomber devant lliabile argumentation du défenseur des écoles militaires.
Cette décision du Roi, datée du 10 novembre 1830 et précédée d'un long rapport du maréchal Gérard, était en complet désaccord avec la justice, VirUérêt de V armée et la iûreté de VÉtat. Son exécution était impossible et trèsinjuste, puisqu'elle ne pouvait pas s'appliquer aux corps spéciaux et par conséquent à l'école Polytechnique, trop forte pour qu'on put lui enlever aucune de ses prérogatives. Aussi cette décision, restée pour ainsi dire inédite, ne fut pas publiée dans le Bulletin des lois.
Pour une dernière fois, cherchons à justifier le droit du gouvernement de faire en dehors de la classe des sousofficiers, un officier de tout candidat remplissant par son instruction et son mérite personnel les conditions imposées, c Y^a-t-il des motifs d'utilité publique, disait en 1817
< M. Royer-GoUard à propos de la loi sur le recrutement, « qui recommandent cet enrôlement d'officiers dispensés € d'avoir été soldats? Oui, Messieurs, et ces motifs sont € très-puissants ; mais, en même temps qu'ils donnent c raison au privilège proposé, ils l'assujétissentà des conc ditions sans lesquelles il resterait incompréhensible.
c L'armée doit être en harmonie avec le peuple au sein
< duquel elle existe ; elle doit participer dans son esprit € et dans sa composition à l'état de la société, en posaé-*
284 INSTITUTIONS d'édugatioh miutairc
< der les lumières, en suivre les progrès, etoda^nonnc lement dans Tintérèt de Tart militaire auquel liNta c les connaissances humaines amcaurrerU an^ourfU, € mais encore dans l'intérêt plus pressant de la soôtt c elle-même et de sa conservation. Une année qin rate-
< rait ou qui tomberait au dessous de la dvilisatioifa c Tenvironne, la menacerait sans cesse.
c Le maintien de l'équilibre social exige império»- <( ment que Tarmée ne soit ni moins civilisée ni moai « éclairée que la nation.
« Lie seul moyen d'avoir une armée constanmNBl ô- <t vilisée au même degré que la nation, c'est de eom/m' « ser le service actif des sous-offiders et soldats par fin « vantage d'une éducation libérale. J'entends par Rri- « ducation, qui, dans chaque pays* est jug^ néoeom « à l'exercice des professions libérales, celle qu'on ngal a dans les écoles publiques de premier ordre. »
D'après la pensée du général de Préval, le projet piicité aurait pu avoir sa raison d'être si l'année, suivant b errements révolutionnaires, eût dû recevoir tous les {Réduits de la loi sur le recrutement, quels que tamâ d'ailleurs la condition, la fortune et les talents de en que le sort aurait atteints. Mais les remplacements d^ vant être maintenus et se trouvant de plus en pin m accord avec nos habitudes et nos mœurs sont tam favorables à l'état militaire qu'à l'état civil, qui béoéfieie de tous les sujets distingués qui peuvent ainâ édiipper aux exigences du service; il est donc dair qal fallait maintenir la carrière ouverte à tous les gens de a^ rite.