‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 65 sur 107 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SoMMAiRB. — L'école militaire préparatoire de La Pîècha «n ItM.— U général Guye.-- Décision du SI janvier 1880; suppreAion déBnitiie de l'école préparatoire; Collège militaire^ ses élèves rentrent dm le coocourd général; le générai Haurot et le commandant Géry, 1831 ; le colonel Carré et le commandant Lebreton, 1884; dèdsion du 24 octobre confiant la direction des études aux commiiidants militaires ; succès du collège- militaire ; prix dlioniisiir insUtué par le duc d'Orléans; les élèves Cassaigne et Lseoit; commandement des colonels Kœnigsegg et Maumel; ordonnsiiM du 21 octobre 1840 privant les élèves du droit de conserver km boursed eu entrant à Saint-Cyr; conditions pour les obtenir; o^ donnance du 24 mars 1841 accordant quinze bonrses et cinq àoù' bourses aux fils de sous-officiers et de soldats admis an collège mfli* taire ; ordonnance du 7 mai 1841, modifiant les preseripUoiis di celles du 21 octobre 1840; 7 août 1848, visite de M. ledneetde Madame la duchesse de Nemours; le général Mayr deBaldeggn» place le colonel Maumet, novembre 1846 ; la Révolution de 1848; k général de Senilhes et le collège militaire; le général Maizière; décrets du 19 juillet et du 24 octobre 1848 modifiant les prescripiiOM de l'ordonnauce du 7 mai 1841; le collège devient Prytanèe Impérial mililaire ; le général Maizière remplacé par le général Gœv, i" mai 1853; décret du 23 mai 1853, les quinze rangs de bveor; visilc du maréchal Saint-Arnaud, 6 juillet 1858; le général GoBir appelé au siège de Sébastopol, remplacé par le colonel de Robs^ nier, commandant en second; modification apportée par 11. k maréchal Uandon à la constitution du Prytanée; direction du études confiées à uu inspecteur de rUniversité; commandemsat du général Lefebvre; avantages de Tadmission d*enfSantB de sept à huit ans et de la formation d'un quatrième bataillon d'essai; eofir gement facultatif des élève» & l'Age de dix -sept ans; moyens d^attliser cette institution pour une préparation plus fractnense et plii étendue; le principe de la préparation militaire exigeant la fondstien de plusieurs prytanées; état des élèves du Prytanée Impérial morts à l'ennemi. — Écoles régimentaires.

Le général Guye avait remplacé le général DanlioD. Sous son commandement, l'école militaire de La FVbAe, quoique supprimée par la décision du 10 novembre 1830,

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dont un ordre du jour du 21 donna connaissance ^ux élèves, continua à vivre et à marcher jusqu'à ce qu'on eut définitivement statué sur les dispositions à prendre pour l'exécution. Des désordres graves se produisaient dans le premier bataillon; 32 élèves furent ranvoyés et 17 déclarés responsables. Les principales causes de cette révolte furent le changement du commandant , les conséquences d'une révolution si soudaine qui de-r vait avoir nécessairement de Técho à Finlérieur de la maison, et enfin les bruits de guerre vœant, au moins chez les plus âgés, détruire toute ardeur pour le travail.

On chercha à exciter Témulation des élèves en créant ï% décoration du ruban tricolore, qu'ils pouvaient mériter par quinze jours de conduite irréprochable sous tous les rap^ ports ; mais ils attachèrent très-peu d'importance à cette distinction.

I^ situation, déjà très-précaire, devenait difficile. Pour maintenir les plus mutins on décida que tout élève renvoyé serait déclaré inadmissible dans les autres collèges de France. Par sa lettre du 26 décembre, le ministre de la guerre chercha à les encourager, et à iaire diversion à une tendance d'opposition bien indiquée en organisant les bataillons sur un pied tout à fait militaire. Le jeudi, le dimanche et les jours de congé, les gradés furent exercés de manière à pouvoir devenir à leur tour instructeurs.

Dans une des exhortations du général Guye, inscrite au livre d'ordre, nous remarquons ce passage plein de

tact et de réserve c Que chacun attende au moins de

c connaître le rôle qu'il est appelé à jouer sur la scène € sociale avant d'oser se permettre de porter sur ce qui

292 iNSTirrTioNS n'icnvrATioN mimtaiiie

« peut le mieux lui convenir, un jugement qu'en sa simple « qualité d'élëve et avant la maturité de son âge et de si < raison, il ne doit pas encore être appelé à prononcer, et <c que tous se persuadent bien de la sagesse de ce conseil c qui ne leur est pas donné par leur chef, mab pr un f père. »

Il était impossible de dire à des enfants dont la logkpe est souvent sans réplique : c Brûle ce que tu as adoré, € adore ce que (u as brûlé : » Le général se borne à knr recommander de se mettre en état de servir leur pays et (le s'y préparer par Tétude et leur bonne conduite sans se préoccuper des événements.

La décision Royale du 21 janvier 1831 vint oonfirmer la suppression définitive de Técole préparatoire, qui se releva mutilée en prenant le nom de collège militaire, et Tordonnance du 12 avril renferma tous les détails d'une nouvelle organisation.

Le nombre des élèves gratuits était fixé & 300, fils de pères sans fortune ayant servi ou servant encore etsuinot les droits de chacun ; à onze ans non-révolus, de force de septième ; après onze ans, de force de «xième ; peDsioo, 825 francs ; demi*pension, 425 francs; trousseau exigé de tous.

Le commandant pouvait être un officier général eo retraite; le commandant en second, lieutenant-oolooel oo chef de bataillon.

L'article 30 de cette ordonnance retirait à la maison tk La Flèche sa plus belle prérogative ; tous les élèves rentraient dans le droit commun et devaient subir désomiiis toutes les chancres du concours général. Le ooll^ mili-

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taire ne différait plus k partir de cette époque de tens les autres que par runiforme et un régime particulier danger^iut. 60 ce sens qu'il n'avait plus positivement sa raison d'^re«

Du mois de mai 1851 au mois de novembre 1854, le général Baurot, qui avait été amputé sur le champ de bataille de Toulouse, commanda le collège, ayant pour zélé collaborateur le commandant Géry. Celui-ci partant quelque temps après pour TAfrique, où il devail user sa vie par des fatigues sans nombre et donner son nom à une ville du sud de la province d'Orau (Géryville), faisait ses adieux à ses élèves en leur disant : c Souvenez-vous que hor$ € la ligne des devoirs, il n'y a plus ni gloire ni bonheur. >

Les affaires de Vendée eurent, en 1852, un certaia retentissement dans l'intérieur du collège. On ne pouvait attaocher une sérieuse importance à cette agitation. Cependant elle prouvait combien le souvenir des Bourbons était resté entier dans le cœur de beaucoup de ces jeunes enfants dont les actes plus que les sentiments étaient à incriminer.

L'inspection du général Vasserot et de M. Roger avait de nouveau fait connaître au ministre de la guerre combien l'indiscipline des élèves nuisait à leurs progrès. Une nouvelle révolte fut le résultat de ces désordres et motiva le renvoi d'un certain nombre d'élèves.

Le 16 novembre 1834, le colonel Carré, ancien officier de la garde Royale, et le commandant Lebreton (1) sortant du même corps, prirent la direction du collège. Leur tenue, leur belle prestance militaire, leur parole si nette et si positive firent revivre les meilleurs jours de l'école préparatoire.

(1) Devenu depuis officier général et membre de la Chambre des députés.

Une décision du 23 octobre 1854 vint modifier l'ordonnance d'organisation du 42 avril 1831 • La clause principale confie la direction des études au commandant eo chef pouvant n'avoir que le grade de colonel, et la sou»direction au lieutenant-colonel ou chef de bataillon cohh mandant en second : elle supprime défiDÎtivement h direction civile, qui s'était trouvée bien des fois en lotte avec la direction militaire. Celte suppression avait peutêtre aussi pour motif la question d'économie. On ne peut cependant pas se dissimuler que, dans un tout bieo ordonné, il est de règle que chacune des parties primapales doit avoir sa direction particulière, et que touteB soient dominées par une direction générale unique (1).

Ainsi le voulait l'ordonnance du 10 juin 4818, calquée du reste sur celles de l'ancienne école militaire de Louis XV. En contrevenant à ce principe, on mettait de phiseo plus dans l'exception un établissement que, par une oontradiction aussi bizarre que désastreuse, on faisait rentrer dans la règle générale au moment du concours pour Véeole spéciale de Saint-Gyr.

Néanmoins, sous la main vigoureuse de ses dieft, le collège militaire se releva , reprit une bonne place pami les autres institutions en faisant recevoir annuellement m certain nombre de ses élèves non-seulement à Saint-Gyr, mais en même temps aux écoles Navale et Polytechnique; quelques-uns même obtenaient le diplôme de bachelierès-lettres, se donnant ainsi le moyen de parer à touteB

(i) Extrait du Métnoire sar le coUôge militaire de La Flèche^ i le 17 février 1852 par M. de Montzey an Prince-président de la Bépt-

blique.

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