‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 67 sur 107 · LIVRE TROIWSME < t ^> Wl · texte numérisé non relu

LIVRE TROIWSME < t ^> Wl

c (aire ooncourra avec les autres candidats poiir l«iboiiiMS c ou demi-bourses qui resteront disponibles. >

Ces conditions étaient , ce nous semble , inoins que raisonnables ; l'élève fléchois ne devenait boursief qu-au litre de la noble misère d'un vieil dlicier; et eekii^, faute d'argent, ne pouvait sauver son 61s, quand, plaoé dans la seconde moitié, cet élève courait la chance de se voir déshérité de Tépaulette si désirée au moment oiisea admission, due à de louables efforts, lui donnait l'assurance de l'oblenir.

L'ordonnance du 24 mars 1841 ouvrait les portes du collège de La Flèche aux fils de sous-officiers et soldats; il leur était accordé quinze bourses et cinq demi-bourses. Ce nouveau recrutement abaissait la moyenne d'éducation première et apportait au sein du troisième bataillon le germe des grossiers errements de la caserne.

N'était-ce pas là un grave inconvénient?

L'ordonnance du 7 mai 1841, conséquence de la précédente, vint maintenir à tous les élèves du collège de La Flèche le droit de conserver leurs bourses en entrant à Saint-Cyr.

Cependant, ces deux ordonnances du 12 avril et du 7 mai 1841 admettant à Saint-Cyr, comme celle du 90 septembre 1832, les candidats de dix-sept à vingt ans et de vingt à vingt-cinq pour les soldats, caporaux et sousofficiers de l'armée, portaient encore, par les abus qui s'en sont suivis, un coup fatal à la maison de La Flèche, dont les élèves non-admissibles à diœ-huii ans étaient rendus à leurs familles sans aucuns moyens de profiter de la seconde limite d'âge , de continuer leurs études et de

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suivre les exigences d'un programme rendu d'année en année plus rigoureux.

Toujours le privilège de V argent I

Le 7 août 1843, M. le duc et M"*" la ducfaeiBe de Nemours visitèrent le collège en se rendant du Mmi Saumur. Ils furent étonnés de la magnificence de alto création de leur aïeul ; mais cette visite resta stérile pov elle.

Le colonel Maumet commanda le collège jOBqa'ea novembre 1845. Atteint d'une fatale maladie, il iotreaplacé par le général Mayr de Bsldegg, qui fit de vm efforts pour maintenir le calme parmi les élèves.

Des troubles sérieux se produisirent encore sov k commandement de cet honorable chef, dont le systène différait essentiellement de celui de son prédécesaear. De là, défaut de suite dans le régime disciplinaire.

Il semblait d'ailleurs qu'un vmt révolutionnaira oommençât déjà à souffler ; les punitions devenaient de phv a plus nombreuses ; il ne pouvait y avoir d'esprit de cerp parmi ces enfants de provenances si diverses ; on s'il le formait par hasard, il était de mauvais aloi.

Depuis plusieurs années, le général inspecteur eoBiie de Scliramm cherchait à combattre ces mauvaises dispostions. Mais le mal était dans la constitution dle-méoeet surtout dans la composition du troisième batailkn, détenant successivement second et premier, toujours avec to mêmes habitudes et les mêmes instincts.

Nous appelons Tattention sur ces dernières lignes, activant une des conclusions les plus importantes de eecbipitre.

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M. le général de Baldegg avait déjà 8ollk»té mm ehaiH gement, quand la Révolution de 1848 vint mettre fin à son commandement. Il avait eu sous ses ordr^ comme seconds MM. Guntz et de Robernier, ce dernier anden élève des écoles préparatoire et spéciale de Saint-Cyr.

Officier du corps d'état-major comme MM. Maumetet de Baldegg , le général de Senilhes , qui avait fait avec beaucoup de distinction la guerre en Afrique et savamment coopéré comme aide-de-camp du comte de Préval à la confection des règlements militaires, fut envoyé à La Flèche par le gouvernement provisoire. Ce nouveau chef n'eut pas à combattre, comme il fallut le faire en 1830, les regrets de ses élèves en faveur de la Royauté tombée ; ils parurent entrer de suite dans un autre ordre d^idées.

M. de Senilhes chercha à en profiter. On lui reproche d'avoir fait à ces enfants des concessions beaucoup trop larges ; mais enfin, à une époque où tout était bouleversé, il parvint à maîtriser cette ardente jeunesse dont les sentiments religieux et catholiques parurent renaître. L'éminent évêque du Mans, Monseigneur Bouvier, fut heureux et en même temps très-surpris d'avoir à constater ce progrès, dû à un chef protestant.

Est- il permis de dire à cette occasion que la fin justifie quelquefois les moyens ?

Dans des circonstances exceptionnelles , le général de Senilhes avait employé des moyens de même nature. Il comptait avec le calme revenir en arrière. Il n'en eut pas le temps et légua cette difficulté au général Maizière , qui avait fait partie de cette brillante pléiade de jeunes officiers à laquelle l'Empereur avait octroyé le témoignage

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si flatteur que nous avons inscrit dans noire premier livre. On ne pouvait faire un choix plus judideux. Mieux qm tout autre, il était en mesure d'imprimer sans seeouM une marche nouvelle à cette maison militaire. Mais bi élèves se trompèrent à sa parole si calme et à douce, i h distinction de ses manières; ils nesoupQonnèrentpasqoe ces formes pleines d'aménité ne faisaient que recouvrir h plus inébranlable fermeté.

Le général Maizière ne crut pas devoir accepter le ky du passé et trancha dans le vif en revenant d'un sed coup sur les concessions de son prédécesseur. Les Sèm se mutinèrent.

Le général Schramm , envoyé immédiatement par k ministère de la guerre, provoqua le renvoi de 60 des pluB coupables. Le calme fut rétabli à ce prix.

La République ne traita pas moins sévèrement lecoUége militaire que le Gouvernement de juillet.

Les décrets du 1 9 juillet et principalement du 24 odoiNt 1848, enlevèrent déiinitivement aux élèves le droit d'a^ river à l'école spéciale avec la position qu'ils avaimt acquise à leur entrée à La Flèche.

Que penser d'un tel état de choses?

Tout esprit observateur, en suivant l'ordre et le aeoi de ces ordonnances, de ces décrets, de ces décnsionsdapuii 1830 jusqu'en 1848, reconnaîtra que chacun de ces doeoments ôte à l'établissement de La Flèche un des fleorani de sa couronne, que tout indique une situation malade. Oi suivait à l'égard de l'école militaire préparatiMre me marche tout opposée. Les élèves qui en faisaient partie , pouvaient compter sur l'avenir ; et si quelquee-uns, beM- |

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coup même , avec l'imprévoyaDce de leur ige» n'aj^prétbient pas à leur juste valeur les avantages bien réels de leur position, il en résultait néanmoins pour tous une qpiîétude d'esprit qui favorisait le travail. C'est un soik venir qui nous est resté, et nous Tinscrivons simplement.

Pendant toute la durée de son commandement, le général Maiziëre ne cessa ps» d'étudier toutes ces que^ tions les unes après les autres, et de réclamer pour ses enfants d'adoption des mesures plus justes et plus en rapport avec les droits de leurs familles. Il a toujours énergiquement détendu la maison d'Henri lY, rejetant avec raison sur les vices d'une organisation bâtarde les agitations qui, de temps à autre, attiraient l'attention de l'Empereur et du ministre de la guerre. Et nous sommes fier d'avoir pu nous-mème coopérer à ses efforts, en remettant en vue tout ce qu'avait donné et rendu à l'État cet établissement, dont l'existence était chaque jour menacée et remise en question.

Le 6 janvier 1853, l'Empereur rendit au collège son premier nom Impérial de Prytanée militaire ; c'était déjà assolider la base, et de ce jour naquit lespoir de restitutions plus complètes.

A la fin de la même année, le général Maizière Ait nommé secrétaire-général de la grande Chancellerie de la Légion d'honneur. Il remit le commandement provisoire au colonel de Robernier , qui l'avait loyalement secondé et par son dévouement et par une instruction des plus variées. Le l""' mai 1853, l'arrivée du général Cœur, qui devait suivre exactement la ligne tracée par son prédécesseur, fut accueillie comme un bon augure.

L'Empereur voulait d'ailleurs donner au PryUmée une marque d'intérêt particulière. On cherchait & le doter di quelques avantages réels, quand l'exigence du diplômeik bachelier-ès-sciences pour l'entrée à Saint-Gyr liBt établir une barrière de plus.

L'eiigence du baccalauréat aurait fait rentrer les élira non-admis à l'école spéciale dans des oonditioDS avutageuses pour leur avenir, si pour radmission œhii dtt lettres eût eu la même valeur.

Le décret du 23 mai 1853 témoigne déjà des sariimentsde bienveillance de l'Empereur à l'égard des JMMi élèves. Il restreint aux fils des sous-ofBciers tués i Tan nemi la faveur de l'entrée au Prytanée accordée sans distinction par l'ordonnance du 24 mars 1841 aux fils di sous-oiliciers , caporaux et soldats. Les élèves poreot rester au Prytanée jusqu'à l'âge de dix-neuf ans, et ton ceux d'entre eux reconnus admissibles à Saint-Gjr. furent avancés de quinze rangs sur h liste d'adoMMi définitive. Au simple titre d'anciens élèves » cette hnat les suivait si, ayant échoué , ils se présentaienl phi lad au concours.

Cette mesure, qui souleva bien des choMurs!, ne pan vait réellement profiter qu'à ceux qui, sur la liste, dtf admissibles, se trouvaient au nombre des quime preaM non-admis; elle devait être supprimée plus tard ffH qu'on pensât que le Prytanée en eut souffert.

Le 6 juillet 1853, M. le maréchal de Saint*-AnMl, ministre de la guerre, vint visiter le Prytanée. Apiteafir passé la revue des élèves, il fit former le carré et dit : <K Souvenez-vous des exemples que vous eot légués itf

c aînés ; soyez dociles à la voix de vos chefs , *car il faut € savoir obéir pour commander plus tard. Rendez-vous € dignes par votre conduite des soins dévoués dont vous c êtes l'objet et ne manquez jamais à votre qualité c^'afi«- « fants adopiifs de Varmée. »

Le général Cœur, appelé au siège de Sébastopol^ quitta résolument une position calme et tranquille pour aller affronter des dangers de chaque jour, donnant ainsi à ses élèves un grand exemple de courage et d'abnégation personnelle.

M. de Robernier reçut alors les fonctions de commandant en chef qu'il conserva jusqu'à l'époque de sa retraite. II avait consacré au Prytanée de La Flèche dix années de son existence.

Nous allons parler du temps présent ; à toute autre époque, c'eût été délicat et difficile ; aujourd'hui nous le ferons avec empressement et bonheur. Nous ne nous trouvons plus, comme il y a quinze ans, vis-à-vis d'un problème à résoudre et trop souvent déclaré insoluble : ce problème est résolu grâce aux soins et à la vigilance de M. le maréchal Randon. Le Prytanée militaire est de jour en jour placé dans les meilleures conditions et n'a plus maintenant sous la bienveillante tutelle du maréchal Niel qu'à avancer avec caUne et sécurité dans la voie qui lui a été ouverte.

En succédant au maréchal Vaillant, le maréchal Randon porta immédiatement son attention sur les moyens de faire progresser l'instruction dans les rangs de l'armée et d'améliorer toutes les institutions d'éducation militaire.

Il donna le commandement du Prytanée à M. le général

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Lefebvre. Une marche nouvelle fut imprimée à tous ks ressorts de cette maison : douceur et inflezibiUté , teik fui la règle dont on ne se départît plus. L'enfant gangrené put être immédiatement renvoyé, sans que cette meure subit toutes les lenteurs habituelles : et alors son cftt devint décisif.

Une haute commission, chargée de la réorganistfioD de Técole spéciale de Saint-Gyr, fut composée de NesMUS les généraux de Courtigis, de Monet, Trochu, Goflfiiiièrei et Blondel, de M. Tintendant Robert, de M. le eokmBl Ribourt, premier aide-de-camp du ministre, et de M. D^ villiers, chef du bureau des états-majors, secrétaire.

La réforme de Saint-Cyr appelait uécessairement ede de La Flèche. Sur quels points cette réforme devùt-dk porter? Rendre désormais iruUlaquabie Veanstam n souvent menacée de cet établissement eœeq^tùmnd; bi conserver sa forme et son éducation miliiaire ^ FaffSer dans la proportion du possible et sans altérer sa emalir tuiion native avec l'Université, qui aiderait à la fnn marcher d'un pas égal avec les maisons qu'elledirigesenk.

Au Prytanée militaire, les études scieotiAques pimaient les études littéraires dans le sens le plus Aussitôt parvenu aux classes d'humanitàs, h complément des classes de grammaire; l'élève ne mfpà plus qu'un but à atteindre, le titre de bachdicr ta icieii ces. S'il l'obtenait, c'était souvent un hasard d'exainsn d tout à fait aux dépens du développement intellecsbMl* 0 fallait arriver à l'heure, ne pas être attardé par des tnvaux en apparence inutiles. Les professears d'homoilA ! avaient d'autant plus à lutter contre cette déplorable eoR- ||

viction qu'elle avait sa raison d'être vis-à-vis des préparations précipitées et indigestes exécutées à prix d'argent dans des institutions rivales qu'aucune règle ne maîtrisait.

Le maréchal Randon voulut couper court ^à ces d^us. Il prescrivit de nouvelles réformes^ et entre autres :

La kuppression du baccalauréat scindé qui désargani'sait les classes ;

Le rétablissement du certificat d^études par Vinter-diction faite aux élhves de se présenter au baccalauréat avant la fin de la rhétorique ;

La réforme de renseignement historique pour obtenir des élhves un travail plus personnel et plus littéraire ;

La réorganisation de toute là division supérieure de manière à donner aux lettres plus de temps et de travail; les professeurs de seconde et de rhétorique, qui n'avaient que trois classes et demie par semaine, en firent désormais six ou sept, soit à leurs élèves, soit à ceux du cours de révision.

Ce cours eut par semaine deux classes d^ allemand: les professeurs durent habituer les élèves à s*exprimer le plus possible dans cette langue.

La création de conférences particulières dans les trois classes de troisième, de seconde et de rhétorique pour préparer au baccalauréat ès-lettres ceux qui, au sortir de la troisième, déclarent vouloir continuer V étude du grec et pousser celle du latin jusqu'aux exigences du baccalauréat.

Ces mesures étaient sages et bien calculées. Mais il

fallait savoir les appliquer, mettre en activité tous les

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