‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 71 sur 107 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SomiAiiiB. — Éeoiês spéeiaiêi i880-iM7. ^ Le goaTBnMnmt d* MBit et l'école spéciale militaire; suppression de la penelon de Mfr* accordée aux trois meilleun élèTes Joeqa'an grade de cepHaiM; sous-officiers, caporaux et soldats admis aux ooneonn da réeeti spéciale j usqu'à l'âge de vingt-cinq ans ; discussion aor eeite Benn; généraux commandant Saint-Gyr delSSf àlM7; loi dn leaoitMl assurant le grade à tous les élèves de Tteoie spéciale et de réeok Polytechnique ayant satisfait aux examensde sortie; ordommeedi as décembre 1841 exigeant l'âge de dix-sept ana an nnoinepoorleseMdidats; engagement militaire obligatoire; admission deaèlèfesdHi les régiments d'infanterie de marine ;ordonnaiiee da 4M1^ alliiletionsdcs quatre conseils; brimades, duel^ mort d'nn éleva; le batafr Ion de Saint-Cyr aux événements de 1848 du 15 mai et dn M joia; le général Cavaignacaux élèves de Saint-Cyr; le goaTememeat p^^ visoire avance l'époque de la sortie des élèves de la première divi* sion; troubles à Saint-Cyr; licenciement; 80 ëlères dirigée eomai soldais dans leurs régiments; réorganisation immédiate; coanision présidée par le général Rostolan; modifications apportées M régime intérieur; les 80 premiers sortants de l'école de Sainl- Cyr concourant avec 80 sous-lieutenants de Tarmée poar l'admission & l'école d'état-major; statistique de 1818 à i8M; vMis du maréchal Saint •Arnaud, SI juillet 1858; petite goarre i en présence de l'Empereur; mesures prises en vae de Tétat taire de l'école, 28 mars 1868; prescriptions da IL la i Randon au sujet de la tenue et de l'habillement dee élevée; i tante modification apportée à l'enseignement, inaugurée le If novembre 1861; tables de marbre placées dans la saUadeevIdlM portant les noms de tous les officiers généranz élevée dee éeolsi militaires de Fontainebleau et de Saint-Cyr depnie levr pranlke création. — Le gouvernement de Juillet et l'écele PèlTtaelmlqBi; ordonnance d'organisation de Técole, 15 novembre 1811; participe' tion de plusieurs élèves à Témeute de juin 1881; licendaBeat it réorganisation de l'école; troubles intérieurs, licenoieneat el réorganisation, 30 août 1844; 1847, discussions et critiqnesarréeoli Polytechnique ; les élèves en 1848; bourses accordéee par déerrt di 2 octobre 1848; nouvelles ordonnances d'organisation de 1818 it de 1861; fêtes annuelles de l'école Polytechnique; aBeodatlonsdi bienfaisance des Anciens, des Nouveaux et dee Antiques; rèeili Centrale et l'école Polytechnique; les élèves dn génie et de IMllerie à Saint-Cyr; discussion à ce s^jet. -^ École spéciale da i de santé militaire à Strasbourg; le Val-de-6râce école d'à

LIYflE TROISIÈME 325

Aux premières pages du chapitre précédent» nous avons parlé des fâcheuses mesures prises après les événements de 1830 au sujet de Técole spéciale militaire, mesures dont les Mémoires défeu^fs du général Préval avaient démontré l'insuffisance, Tinjustice et Tinopportunité.

D*abord on avait voulu en faire une école de sous-officiers, puis on avait fini par se contenter de Talimenter par l'admission seule des sous-officiers des corps, et enfin on était resté dans le slalu qtw.

Le coup avait donné à faux et n'avait pu porter. On s'y prit donc d'une autre manière en révoquant, par une ordonnance du 31 décembre 1830, celle du 26 septembre 1821 qui accordait annuellement une pension de 300 fr. à trois élèves de l'école spéciale jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus au grade de capitaine. C'était une réminiscence du passé; cette récompense remontait à Tédit de Louis XV; l'Empereur lui-même avait touché cette pension comme élève de TËcole militaire (1). Dans ses prescriptions au ministre Chaptal, relativement à l'organisation du Prytanée. Napoléon indique c qu'il pourra être créé huit ou € dix pensions de 200 fr. chacune, distribuées entre les c différents collèges pour être destinées aux sujets qui se c seront distingués. Tout ce qui est relatif au collège de € Sâint-Cyr, ajoute le premier Consul, doit former un € titre tout particulier. »

Les trois élèves gradés auxquels celte pension pouvait être bien utile, la recevaient comme un témoi-

(1) l/état des pensions porte qae pour le premier semestre du 28 oc* tobre 1785 au !•' mai 1786, Buouaparte (Napoleone) reçut en sa c(ualité d'ancien élève la somme de cent livres. (Première période, livre II, page 350.)

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gnage de distioction qui les suivait dans tonle leur carrière.

On remettait en outre à chacun une épée ou on sabre sur lesquels étaient visiblement gravés ces mots : c DamU par le Roi, » que nos soldats tradiusaient toajonrrdans le sens le plus favorable pour leurs jeunes diefii. Ga armes eurent le même sort que les croix de Saint-Lom; les élèves de Saint-Cyr durent les suqfiendre i leoii panoplies comme un souvenir prédeux et ne plus B*ai airvir pour le commandement.

De pareilles attaques contre le passé , quel qu'il soit, ont - elles jamais consolidé le présent et prépué Ta venir?

Était-ce rancune contre les élèves de Saint-Gyr; mais ceux-ci ne faisaient que passer et devaient bîeotfl céder leurs places à d'autres. Les plus hostiles, d'ailleurs^ s'étaient retirés, et tous, en fin de oompte, n'avaient fait qu'obéir en accomplissant leur devoir de soldat et en se groupant autour de leur drapeau.

La première ordonnance que nous rencontrons aprii celle du 31 décembre 1830 est celle du 28 janvier lé&i, dont la clause principale est la suppression du diredsor spécial des études que le colonel commandant en devait remplacer dans toutes ses fonctions. Nous déjà donné notre opinion sur cette disposition prise eo 1834 pour le collège militaire.

On avait enfin renoncé à tout projet de réfimne nfr cale. Cependant le Roi voulut donner une satis&ctioD an sous-ofiiciers et soldats des corps en leur aooprdanlp pour entrer à Técole de Saint -Gyr, la même Gwnllé

dont jouissaient déjà les jeunes gens de seize à dixhuit ans qui se destinaient à la carrière militaire. Les sous-officiers et soldats français des corps réguliers de Tarmée pouvaient désormais, dit l'article 1*" de Tordonnance d'organisation du 20 septembre i832, concourir pour l'admission à l'école spéciale militaire jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans^ pourvu qu'ils n'eussent pas atteint cet âge avant le 1*' janvier de Tannée du concours et qu'ils eussent au moins deux ans de service sous les drapeaux. Cette ordonnance importante, surtout en ce qu'elle fixait l'existence de cette maison militaire dont elle modifiait peu le régime intérieur, conservait aux élèves du collège de La Flèche^ admis à l'école spéciale, leur position de boursiers ou de demi-boursiers.

Mais la principale disposition, qu'aucune ordonnance n'a encore modifiée, est celle qui concerne l'admission des sousofficiers et soldats jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Pour ne pas y revenir, nous allons la suivre dans tous ses effets pendant trente-six années.

Quand ils eurent connaissance de cette disposition toute nouvelle, qu'en pensèrent les chefs de corps à une époque où les moyens d'instruction étaient moins répandus qu'au temps actuel ? Ils ne purent douter qu'elle ne fut entièrement illusoire pour les vrais soldats et les sous-officiers sur lesquels ils pouvaient le plus compter, et que l'abus^ se traduisant tout simplement par un privilège, se produirait îininédiatement. Comment croire, en eff*et, que des hommes occupés journellement à tous les détails minutieux du service, devaut être prêts à chaque heure pour la défense du pays, pourraient, à moins de facultés excep-

tionnelles, trouver le temps de se remettre à de pereilks études ? Qui les dirigerait pour ces travaux qui demandent incessamment et du temps et de Fargent ? L'ordonnance ne pouvait leur accorder ni l'un ni Fautre. Et comme nous l'avons d^à dit, ce mode insolite d'entrée à réoob spéciale allait devenir le privilège du temps etàeFargeid. Dans l'intérêt de leurs régiments et de rinstruction militaire pratique, les colonels durent donc accepter b présence fictive de jeunes engagés, qui, soldats, n'en restMat pas moins dans leurs maisons préparatoires, usant d'ua droit qui ne leur avait pas été accordé au titre d'éooliar. Cette pensée toute démocratique tourna donc à l'avantage de ceux-là même qu'elle tendait à attaquer.

Cette disposition fut ainsi dès le début &uflBée dm son application. Elle se trouvait être prise, non pas pour avantager le soldat proprement dit sortant de son TÎIhp» ou le jeune homme jeté dans les rangs de Tannée par lele ou telle circonstance de sa vie, mais bien pour donaer place au retardataire ayant manqué ses eiamena an onment où la limite d'âge l'en excluait.

Le jeune engagé, en s'adonnant de toat ooBur à son métier, se distinguant par sa tenue et son amour du vice, perfectionnant tranquillement et dans se de repos son instruction littéraire et miiitairiB, n'ëlait-il pas sûr d'arriver plus tôt au grade de sous-Iieulenant qu'en courant des chances bien hasardeines compromettant en même temps ce qu'il pouvait posséder de fiMtme en raison du prix des leçons et de la penmon élevée de Saint-Cyr? E\ d'ailleurs, ainsi que nous aurons à Tespeser dans notre discussion sur les écoles étrangtew, Téeele

militaire est créée pour faire des officiers ayant tout un avenir devant eux, et non des sous^-lieutenarUs de vingtcîoq ans. Or, à moins de chances plus qu'heureuses, le sous-officier ou soldat, entrant à Saint-Cyr à vingt-cinq ans, ne pourra en sortir qu'à vingt-sept. C'est trop tard pour le but qu'on veut atteindre.

L'ordonnance du 21 octobre 1840 réduit à une année de service ou à une campagne l'exigence pour l'admission à Saint-Cyr des candidats de cette catégorie. L'arrêté du 1 1 décembre 1848 réduit à six mois la durée de leur service militaire.

Après plusieurs années écoulées, on s'aperçut enfin des abus qui s'étaient immédiatement produits, et on jugea nécessaire d'y mettre fin. La loi du 3 juin 18S0 exigea de nouveau deux années de service et le voulut surtout réel et effectif. < On a voulu, dit le ministre, c rendre les écoles plus accessibles aux jeunes gens bien

< doués par la nature, qui, à force de travail, auraient pu c vaincre les obstacles apportés par le service milita'u*e € aux éludes d'un autre genre. Ce n'était pas d'ouvrir

< un refuge à ceux qui, dans des conditions ordinaires € d'études, n'auraient pas su atteindre, avant l'âge fixé, c le savoir nécessaire. La loi voulait accorder une faveur € aux hommes appelés par le sort sous les drapeaux ; elle

< était loin de vouloir créer un privilège au profit de la 4 mollesse et de l'incapacité. C'est là, cependant, ce qui € s'est produit trop souvent dans la pratique, et chaque c concours voit admettre aux examens et recevoir dans c les écoles de prétendus militaires qui ne savent ni s'alic gner ni manier un fusil. Ce résultat tient à la complai-

< sance des chefs de corps et des conseils d'administn- « tîon. k cet effet, voiis voudrez bien vous ftire présenter c individuellement, dans chaque corps, les jeunes ffKÊ € aspirant aux écoles militaire ou polytedinique pour

< cette année et pour Tannée prochaine. Vous voudra >! bien vous assurer, par vous-même, qu'ils ont i € ment fait le service et acquis cette habitude des i <E de la caserne, du corps de ^rde, qui est la preuve ds

< service réel et effectif ei\^ par la loi, »

Les recommandations du ministre de la guerre an inspecteurs généraux élaient bien précises» et la loi fut encore éludée ; Tabus était tellement sur certains points il était- si logique, les régimeuto ne pouvant pas servir de collège, que (fouM ans plus, (drrf, le ministre dut revenir sur cette question i peu pièi dans les termes renfermés dans rinstructidn de. iSHO. c La loi a voulu que le service fût réel et noo fictif, âs-

< trement elle eût donné une prime à la fsresn ef à*

< l'incapacité, en laissant aux candidats militaiNS-qfî)' « n'auraient pas effectivement servi le moyen d'attanfÉv

< OH de dépasser à la longue des compagnons d^élade <: qu'ils n'auraient pas su suivre en temps

< Ainsi des engagements volontaires ont été i

< qui n'étaient pas des engagements sérieux ; esnx qû

< les ont souscrits ne figuraient que sur les registres sfea- € tricules sans faire aucun service personnel.

c En conséquence, les jeunes étudiante de Ssinl-Qjfr a qui se présentent comme militaires, seront taons de <x prouver rigoureusement la réalité de leurs servioes. »

Un tel état de choses avait donné naissance à un prifi*

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