‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 74 sur 107 · LIVRE TROISlllIB S · texte numérisé non relu

LIVRE TROISlllIB S

appartient à une société de professeurs, rapporte beaucoup aux fondateurs^ est trës-aimée et favorisée par le gouvernement. Cette école forme en deux ou trois ans des ingénieurs très-aptes à toutes les carrières, tandis que Técole Polytechnique et les écoles d*application en demandent quatre ou cinq pour chaque carrière en particulier.

Gela tient à ce qu'à la première, on ne prend pas la science d*aussi haut ; on accepte bien des faits, bien des données pratiques ; on s'y met promptement au niveau actuel de toutes les connaissances humaines sans remonter aux causes. Ces jeunes ingénieurs conviennent aux grands industriels qui ont le génie sans Tinstruction ; ils n'ont pas de parti pris, ils marchent promptement au résultat et naturellement ont droit à une certaine part des profits : ils sont déjà riches souvent quand leurs maîtres dans la science végètent encore dans des positions inférieures et gémissent peut-être de s'être enchaînés à un service très- honorable sans doute, mais sans larges horizons.

La France est partagée en deux camps : ceux qui aiment leur pays et le serviraient pour rien, et d'autres qui ne veulent que de l'argent.

Sous le rapport d'un avenir fructueux, l'école Centrale présente donc de grands avantages pour quelques-uns de ses élèves ; donc, sans intention de sa part et tout naturellement, elle se place comme une menace en face de l'école de la montagne de Sainte-Geneviève.

Vienne cependant un grand mouvement industriel et scientifique; ceux qui n'ont reçu qu'un enseignement pra-

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tique^ si complet qu'il soit, qui ne connaissent pas tons ksi secrets de l'analyse, seront-ils en état de se mettre d'euimèmes à la hauteur de la nouvelle situation oomme s'ils étaient bien initiés aux idées théoriques et généfaks d'où procède, pour ainsi dire, tout ce qu'on peut inventer.

Si donc l'école Centrale, en rûson de ses résultats, venait à supplanter l'école Polytechnique, ce serût un malheur ; car toutes deux sont utiles. En attendant, fl faut parer au danger du découragement qiû ponmï atteindre les élèves instruits dans ce temple de la hsnb science vis-à-vis du succès matériel de leurs rivaux.

De ces circonstances qui ont frappé les mûUeurs esprib, a pu naître l'idée déjà émise par des officiers di^îngnés de placer à Saint-Cyr les élèves d'artillerie, si ce n'est du génie.

Cette modification nous paraîtrait si grave que nm n'oserions qu'en tremblant en pousser la discussion joh qu'à ses dernières limites, quoique la situation acIneU^ les besoins du service, la nécessité d'être désormais toujours prêts semblent amoindrir 4es nûsons qu'on y oppose et grandir, au contraire , les ai'guments qui h conseillent.

L'élève ayant terminé son stage à l'école de SiinlrC^, est un militaire complet auquel il ne manque plus que h pratique et l'habitude des camps ; il peut ocmunanderi toute troupe avec l'assurance de rencontrer peu de rivam ; il est même en état d'exécuter ou de faire exécuter bmtaB les manœuvres de l'artillerie.

Il peut enfin entrer en campagnb dès le jour même de son départ de l'école spéciale.

L'officier d'artillerie ou du génie sortant de l'ëoole FkH

lytechnique, tout surpris quelquefois de porter une épaulette qu'il n'a peut-être pas désirée, remplu^it difficilement de prime-abord les fonctions de son nouvel état. Il est certainement bien supérieur pour la science à Télève de Saint-Cyr, mais il lui est inférieur sous le rapport militaire. Car celui-ci, depuis deux ans, travaille pour arriver au but qu'on cherche principalement à éviter à Fécole Polytechnique.

Nous le répétons : nous n'osons pas nous engager sur un pareil terrain.

Aucune institution n'est parfaite, mais il est incontestable que le titre d'élève de l'école Polytechnique honore pour toujours celui qui l'a obtenu. U n'est pas d'industriel qui ne considère comme une garantie de succès la direction et les conseils du jeune savant qui, après toutes les épreuves subies, a préféré aux chances diverses que présentent les services publics l'avantage de coopérer à une grande entreprise.

L'école spéciale da service de santé militaire, qui a pour école d'application celle du Yal-de-Grâce, a été placée à Strasbourg et institutée par décret du 12 juin 1856.

L'enseignement spécial, réorganisé dès l'an V dans les grands hôpitaux militaires, dits d'instruction, était venu aboutir enfin, après bien des vicissitudes, à la création de l'école du Yal-de-Grâce, destinée à recevoir un contingent de docteurs. Mais ce mode de recrutement trop direct et composé d'éléments non formés à la discipline mihtaire ne remplit son but qu'après la créaticm de l'école de Strasbourg. On vit bientôt combien le casernement de ces élèves était urgent, et on comprit la convenance d'une

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scolarité de quatre années qui, oomlnnée avec un sjitème d'interrogations hdbdomadûres sur toutes les parte de renseignement de la faculté, permit de régler les études» de graduer le travail et d'acheminer les âfcves aux épreuves successives du doctorat.

Le ministre de la guerre et celui de rinstructiim publique s'étaient entendus pour établir, par le décret do 28 juillet 1860, un ensemble de dispositions finidées sor le recrutement des élèves sans inscriptions et sur leur casernement.

Admis dès le début de leurs études médicales, les élèves militaires se plièrent plus aisément à la règle, contractèrent des habitudes d'ordre et de discipline et travaillèrent avec plus de métliode et de suite, par oonséqDBBi avec plus de succès : le niveau moyen des promotioDsqjiM l'école de Strasbourg transmit au Val-de-Grâoe teoifiti s'élever. (Rapport du marécluU Randon à VEmpennr, 27 avril 1864.)

L'épreuve étant ainsi faite, une r^lementatkmdéfiûtive fut préparée par une commission composée de dem médecins inspecteurs MM. Michel Levy et Hutin, d'an pharmacien inspecteur M. Poggiale, de deux i dants militaires MM. de Lavalelte et ingo-l d'un médecin principal et d'un médecin major MM. I>veran et Meurs.

Cette réglementation fut fixée par un décret rappeiutf ceux du 23 mars 1852 relatif à l'orgamsation du oorpéde santé de l'armée de terre, du 13 novembre i8tS8 organisation de l'école impériale d'application de i cine et de pharmacie, et enfin ceux des 12 juin 1856 0i

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