‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 77 sur 107 · II. n · texte numérisé non relu

II. n

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Enfin ils ont dépassé le grade de capitaine dans le rapport de 1 à 1.88.

Le corps d'état-major a donc parfidtement réponda i sa destination; il n'a pas de rival en Europe; il fait surtout honneur à l'école spéciale militaire, qui fi»rnit la plus grande partie de ses membrea, et aea snceès donneraient lieu de penser que cette école fimMnit aussi bien des officiers d'artillerie et même au besoin du génie.

Un certain nombre d'officiers d'état-major sont attachés au Dépôt général de la guerre et employés am travaux géodésiques et historiques.

Le Dépôt de la guerre fut créé en 1688 par Louvois» qui avait réuni dans les combles du chftteau de Yenailks les plans de campagnes» les mémoires et dessins des guerres anciennes et modernes, la correspondance des généraux, enfin tous les documents rdatifs à son département.

c Peu de temps après, dit M. Dolly (Moniteur de Tar-

< mee 6 janvier 1867), Louis XIV apprenant qu'il avait c sur sa tète une cause menaçante d'inoendiov donna Terc dre de transporter les papiers du Dépôt de la guerre i c l'hôtel des Invalides, sous la direction de M. de BeHoo.

< Ou y réunit l'année suivante dix-huit cents sacs reoftrc mant des papiers remontant au commenoonentdndiz-

< septième siècle et provenant de la successicHi de IGcImI c Letellier; ils étaient restés jusque-là à Thôtd Louvoiii c à Paris. >

L'importance toujours croissante des matériaux recaeillis au Dépôt de la guerre rendit nécessaire la .aqjafîoa de

la charge de directeur dont, en 1754, futinfeatilèmaré^ chai de Maillebois.

En 1 761 , le dépôt de la guerre, accm de celui dea^eafleai et des plans, fut transféré de nouveau à YeraaiHea dans rhôtel de la guerre Mtipar Berthier, ingénieur-géognH phe, përe du prince de Wagram maréchal Berthier.

M. de Vault remplaça à cette époque le inaréohal de Maillebois; il mourut en l7Mau D^pM delà guerre, au^ quel il légua l'analyse historique, en 12K volumes, dert pièces originales relatives aux guerres qui eurent fieu de 1763 k 1677.

M. le général Mathieu Dumas fot son successeur. Le Dépôt de la guerre fut de nouveau transporté, en 1791 , de Versailles à Paris. Le comité de salut public y fit déposer toutes les cartes ou plans géographiques trouvés dans les maisons ou établissements publics supprimés ; de là cette belle et riche collection de 10,000 cartes à laquelle chaque jour on en ajoute de nouvelles.

En 1798, sous la direction du général Emouf, on forma la bibliothèque du Dépôt. Nous avons déjà parlé dans notre première période de cette mine inépuisable trop peu explorée par ceux qui auraient le plus d'intérêt à y puiser.

Sous la Restauration, le marquis d'Ecquevilly et le lieutenant-général Guilleminot en furent successivement les directeurs.

En 1850, le Dépôt de la guerre fut mis sous la direction du lieutenant-général Pelet, qui fut puissamment secondé par les oflficiers et employés sous ses ordres ; il était en bonnes mains, car toute la carrière de ce savant officier a été consacrée seit à fme la guerre, soit à en

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écrire Thistoire. La eorrespondance rebtiw aui guerres de hi République, celle du comité de salut publie, k ( respondance de Napoléon ont été, dë$ cette époque, ( sées par année et par campagne, numérotées, timbrées et accompagnées de tables, puis cùçîén pour en fodliter h communication. Le même travail a été opéré pour toute la correspondance de guerre entre le major-général, ks commandants en chef et autres. C'est dans ces collections que les historiens doivent aller puiser ; les bits y restent pour ainsi dire toujours vivants et les dates sont parraitemeut assurées.

Il se trouve certainement encore dans les familles d'officiers généraux ou ofBciers de tout grade des coUectiflOi précieuses perdues pour Tbistcnre.

11 serait d'un grand intérêt. que les lettres ou fÊfim qui ont échappé aux prescriptions de l'arrêté du 3 janvier 1802 (13 nivôse an X) fussent au copiés, légalisés et réunis dans les cartons du Dépôt.

Le Dépôt de la guerre est divisé en tnna cipales, sous la direction du général Blondel, d'Ëtat.

Les Archives historiques et la bibliathàqué confiéss au soin d'un conservateur, M. Camille Rousset ; la 1* ônrass, M. Hecquard, colonel d'état-major, chef, oomprend h géodésie, la topographie, le dessin et la gravure.

Le 2^ bureau, M. Leroy, colonel d*état-DHfM% ckflf, comprend les travaux historiques, la sfatisliqae militaiie et la collection générale des cartes et des (dans.

Le principal travail du Dépôt général de la guerre et du corps royal d'état-major est la carte de FraiK|#.

LiwB Tiumitiir 3^

L'idée en est due au marquis d^EéquefiMf , 4lh)eteinp du Dépôt dé h guerre qui, le 44 oct(d)rtf f M^^profiiiài au ministre de oê département de feire établir unii'iMMi*^^ velle carte topographique de la France pMr rwiplimr cêHe de Gassini, dont les etiiTres étaient usés. Ptor oi^nance du li juin 4817 , une odmnriésioÉ Ait ehargée d'examiner cette question et d^en arrêter les mè^m» d'exécution. Cette commissittti, oeMUfmée d'IioiMmee^p^parlenant tous à des corps savants, M)it tnilittmmi soit civils, était présidée par le marquis dé La Ptaoe. ^ :

Les dispositions relatives à beonTéctieii'de^eetteeÉrté forent approuvées par Fordemsffiee du 6 aoÉi iftl7. ^exécution commença le i^ avril 4848 au ntoyen dés premiers fonds accordés par le budget de 1818. <^

Cette carte, établie à 4 pour 80,000, l'est à une éelielle plus grande que la première dont l'échelle est de I poor 86,000. Elle réunit par ses détails nombreux et son éxac« titude les documents topographiqoes les phis étendus, et sous tous les rapports ne laisse rien à désirer.

On peut considérer cette grande carte comme aehevée^ Les levés et dessins sont terminés ; il ne reste plus à ftire que quelques détails de gravure. On estime qm les travaux de cette carte, quand ils seront tout à fait finis, auront coûté environ vingt nrilUcmde francs, en osmfH tant la solde et les supplémenls de solde des officiers q«i y ont collaboré.

Les travaux historiques, si bien mis en honneur fiT M. le général Petel, dont les prmcipaut ont élé, e«tM le Mémorial du Dépôt et les Mémnres tnitM/n» 4e fÈm/pitêi ceux vehitifs à là Suerassienv Iw eMmpagttsit ètt^Pyré^

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nées - Orientales et Occidentales en 1793, 1794 et 1795, etc.f etc., ont été continués par M. Camille Rousset» qui chaque jour retrouve des trésors dans.eetle mine inépuisable.

L'histoire de Louvois, la correspondance de Loiûs XY avec le maréchal duc de Noailles, seront certainement uivies d'autres travaux d'un vif intérêt pour la France et l'armée. Déjà, par les soins du conservateur des ArdûveBp se réunissent les matériaux d'une histCMre de Vaubui ainsi que ceux de l'histoire de l'Afrique septentrionde, dont la rédaction est avancée.

La relation de la campagne d'Italie et celle de Texpédition de Chine, dues aux officiers attachés au Dépôt, sont publiées.

Sous les auspices et d'après les ordres de M. le maréchal Randon, l'histoire de Bertrand Du Guesclin et de son époque, écrite par P.-F. Jamison, vient d'Atrs élégamment traduite de l'anglais par M. Baissée, tradudeor attaché au Dépôt de la guerre, écrivain ausû savant que modeste , duquel chacun peut toujours obtenir uo bon conseil et les renseignements les plus complets.

Tous les travaux exécutés par les officiers de TanDée et du corps d'état-major sont adressés au Dépôt, où ils sont examinés avec soin et appréciés suivant leur valeur. Cert encore au Dépôt que sont rassemblées toutes les publiations militaires 'Ae l'étranger; il en est fidt on extrait de toutes les découvertes qui peuvmt intéresser Thistoirs et la théorie de la guerre, et on y rédige Télat militaire de toutes les puissances de l'Europe. On voit donc quelle place tient dans les affaires militaires ce Dépôt delà gqem,

dont Texistence est si peu connue et qu'on peut considérer comme étant à Paris le quartier général des officiers du corps d'état-major pour tout ce qui concerne la science et les travaux géodésiques.

Nous ne sortons pas du même sujet en parlant des bîbliotliëques militaires, dont on cherche à répandre Tiisage dans tous les corps. Dans la plupart des départements, il existe maintenant une bibliothèque populaire destinée è faire rayonner une lumière saine et pure, venant contrebalancer les effets désastreux de la démoralisation, née de la profusion de livres que la mauvaise presse répand dans les campagnes.

Au xviu* sièle, ce moyen d'instruction était déjà préconisé. Maurice de Saxe en parle dans ses Rêveries, et les encyclopédistes eux-mêmes le conseillent.

Frédéric II, le Roi pratique, forma le premier, en 1740, une bibliothèque militaire ; il provoqua ainsi chez ses officiers le goût des études fortes et continues : en 1781, une salle de lecture fut établie dans tous les régiments.

Le militaire doit toujours être un homme d'action physique et morale , entretenir l'activité du sang par le travail, les ressorts intellectuels par l'étude, et surtout ne jamais oublier qu'entre Voisiveté et la honte il n'y a quun pas.

Le premier Consul ordonna de former des bibliothèques dans les corps de l'armée et s'occupa lui-même de ce détail pour les grenadiers de la garde consulaire, casernes alors & Courbevoie. Sous l'Empire, le colonel Roguel, commandant la 52'' demi-brigade, le colonel de Préval du 5* de cuirassiers, et le général Gouvion Saiot-Cyr soi-

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virent cet exemple, ainsi que sous la Hestauratioa le oh lonel depiûs maréchal àê GasteHane. Le 37* fégaoeai da ligne, successivement comma(*dé par les oolooels ban» Susbielle et baron de Feuchères, oooserva tpiqoun sa bî^ bliothëque.

On reparla des bibliothèques en 1818. Par une ovà»nance du 18 mai^ on engagea les ooloneift à s'en oocoper, mais sans leur fournir les fonds ou au moins une praaîèn mise. Il y en eut cependant dans la garde royale au moyan de cotisations faites par les officiers. Mais elles diqpanH rent avec les corps eux-mêmes.

 Tétranger, surtout en Angleterre, en Ruvie» m Prusse, en Autriche chaque année voyut lea bibliothèques militaires s'enrichir de nouFeaux ouvrages. Ea France, cet usage restait à l'état de théorie.

Le maréchal Bugeaud établit des bibliotliëc|MS en Afrique. Tous les postes devaient en être pourvus ^oftdamment.

Les établissements militaires possèdent maîntenant ce moyen d'instruction. Dès 1860, l'Empereur, sur le rapport du ministre de la guerre, a approuvé la créatioiiy dans chaque ville de garnison, d'une UbUothèque ini}it»n, annexe de la bibliothèque civile. Un premier espai j^^élé fait, et des bibliothèques militaires ont été fondéesdaUÉTte villes de Lille, Metz, Strasbourg, BesanQOfi» LyfW» Alger, aux camps de Ghâlons et de Sathonay. Ces deux dmA^ res notamment ont reçu de Son Excellence le Bwéchal Randon de nombreux ouvrages provenant des pubUoS" tioos faites par ses ordres au ministère de la guerre, d'etvois adressés par plusieurs de ses ooUègueg^d'aobata^ it

LIVRK TROlSIÈlie -^ ffFT

dons, etc. Cette mesure doit être étendue à nos prifteipaui établissemeDts hospitalierSé^*^

D'après une décision r^nte, les gàiéraux comman-» dant les divisions mîQtairies doivent enrojer Féttt détaillé de toutes les bibliothfeques régimentaires*

Nous avons parlé dans notre première période de la magnifique bibliothèque du Dépôt de la guerre qui est une des plus complètes de toutes celles de l'Europe.

Le Dépôt général de la guerre est une véritable acadé^ mie militaire constituée dans le seul mode possible abm une nation comme la nôtre.

On a souvent et longuement discuté au sujet des aca^ démies militaires. Nous disions dans notre première pé^ riode (Livre IL chap. iv, page 211) : c A peu près à la t même époque (1776) apparut un projet assez complic que d'académie militaire tendant à engager les offiders < de tout grade à ne pas abandonner leurs études. Sous c le ministère de M. Rouillé, le corps de la marine avait c donné l'exemple. Beaucoup d'écrivains traitèrent ce € sujet dans le siècle dernier, mais sans aucun résultat. € On chercha à imiter Frédéric II ; son Cercle militaire, € dont faisaient partie ses principaux officiers, passa inac perçu...!

Il y a quelques années, dans quelques articles militaires, des généraux cherchèrent à attirer l'attention sur la nécessité d'imiter l'exemple des puissances étrangères. Mais quelque excellentes que soient des institutions, il fkut qu'elles soient parfaitement en accord avec les habitudes et le caractère d'une nation, les errements et les tendances particulières de son armée. -

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D*un côté, pour acquérir une importance réelle, il ftut qu'une création de ce genre soit (^Bdelle dans son essenor, d'un autre côté, la liberté nécessaire à tous les travaux de l'esprit se trouverait souvent enchaînée par les fè^ absolues de la discipline ainsi que nous rentendoos m France. I)e plus» les académies pourraient fimner des catégories.

Il nous semble que chaque corps doit renfermer son académie» se composant du petit au grand des écoles piimaires et secondaires» de la réunion desoflBciera trouvant dans la biblioth^ue qui suit le corps tous lea d'instruction et de travail ; de cet accord jaillira nement un faisceau de lumières mettant infiiil en vue ceux qui» à l'ombre de leur drapeau et après les exercices pratiques du métier» viendraient dwrdier It science militaire élevée dans les nombreux et remarquaUei ouvrages dont ils auraient la possession collective»

Au sommet se trouvera toujours la section du DépAt de la guerre, chargée de l'examen des travaux des offiaerk Son importance pourra être étendue. Gomme un i d'élite» ses composants pourront avec autorité mer une forte impuUion aux études iupirimtm, quer l'émulation dans les rangs des offiders^ leurs efforts et décerner des récompenses à four wiérili. Ainsi que nous le lisons dans un artide du ManUemr is l'armée, concernant l'organisation de l'année cette section serait chargée d^eœaminer ef de tous les ouvrages militaires publiés â fthlrfrîeiir ds royaume ou hors de ses limites, de pénétrer datu le vif des dissertations didactiques, et de répandre dam Formés

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