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402 mSTITUTIOlîS d'éducatioii militairb
c aussi dommageables à leur instructimi qu'au service de
< rÉtat. Admis sans qu'on exige&t d'eux aucune instiao- € tioD préparatoire convenable, on leur ccHofàrait un tilre « qui les rattachait au service de la marine avant que bar
< vocation ou leur tempérament eût suIh l'épreuve dédc sive de la mer ; enfin, on leur donna la certitude d'être c incorporés dans les cadres avec le grade d'âève de c deuxième classe, quel que fut le résultat de l'eBamai aoc quel ils étaient soumis ponr la forme à rexfnraâoo de « leurs cours d'études. L'expérience révéla promptement c les vices d'un système qui paralysait l'émidatioii, et qui c substituait la faveur à lacapacilépenonnette, »
L'accusation était peut-être exagérée ; elle fut portée à la même époque, et li peu près dans les mêoieB termes, contre l'école préparatoire militaire de La Flèche. Néan* moins, du moment qu'on ne voulait pIuB pour ka améei de terre et de mer que des écoles spédales ouvertes dirsetement au concours à des candidats ayant teraûiié len études, il est certain que l'école de l'Orûm, exf depuis sa création du 7 mai 1827, remplissait les tions voulues. L'essai de trois annéea avait jfoaûBé les espérances conçues par le gouvernement de Charles X pour rinstruction théorique et scientifique des jeuDSSgew qui se destinaient à la marine.
c  part quelques changements dans la limiie c d'âge d'admission et dans quelques parties du pioc gramme des études, l'école navale établie sur le ftrris < est aujourd'hui ce qu'elle était sur l'Orton en 18S7 et c surtout en 1830. »
Le personnel se composa d'un ca|Mtaine de
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d'un capitaine de frégate, de cinq lieutenants de vaisseau, d'un aumônier, d'un commis d'administration, d'un diirurgien major, de deux professeurs de navigation, d'un professeur d'hydrographie et de géométrie descriptive, d'un professeur de mécanique et de physique générale, d'un professeur de belles-lettres, d'histoire et de morale, d'un professeur de langue anglaise et d'un professeur de dessin. L'équipage fut composé d'un certahoi nombre de sous-officiers, marins et soldats.
Les candidats au titre d'élèves de l'école navale, ne devant pas être âgés de plus de dix -sept ans, subirent leur épreuve devant les examinateurs de l'école Polytechnique.
Le programme d'admission comprit : 1^ l'arithmétique complète ; 2^ Talgèbre ; S"" la géométrie, comprenant la mesure de la section horizontale et verticale de la carène d'un vaisseau et l'application des théorèmes sur les volumes des solides à la recherche du volume de la carène et au jaugeage des vaisseaux ; 4"" la trigonométrie rectiligne et sphérique ; W" la statistique démontrée synthéliquement appliquée à l'équilibre des machines simples; 6* une bonne écriture, une composition française, langue latine de force de troisième, la langue anglaise et le dessin.
Les cours suivis à l'école de l'Orton par les élèves admis étaient ceux dont étaient chargés les professeurs que nous désignons plus haut. Ils faisaient, en outre, l'exercice du fusil et du canon. Une corvette de guerre fut affectée au service de Técole. Ils reçurent leur ration en nature et un franc par jour pour traitement de table. Ils restaient alors
404 INSTITUTIONS D*ÉDUGATiON mLfTAIRE
à bord de VOrion du 15 novemlM^ au 15 septembre de Tannée suivante, puis recevaient, à leur sortie et apiis examen, le titre d'élève de deuxième classe de h marine.
Après vingt mois de navigation, y compris le tempi passé à Técole navale, ils étaient nonunée élèves de première classe.
La marque distinctivedu premier grade fiit raiguillette d'or entremêlée de soie bleue, et du deuxième raigoilhlte entièrement d'or.
Une caisse fut formée avec la somme de 100 firanos vwsée par chaque élève à son entrée à récote, pour sobvenir à différentes dépenses et à l'adiat de cartes et instruments donnés en récompenses aux trns meiHeaiB élèves.
k cette heure, les élèves entrent 1 Ffige de dk-eept ans à l'école navale établie en rede de Brest sar le Berrfs, y passent deux années, puis sont embarqués pendant ke deux suivantes pour faire campagne en qualité d'aepîrants de deuxième classe ; enfin, après examen et deux autres années de navigation comme aspirants de pmAn classe, ils peuvent être promus au grade d'ensrigné de vaisseau.
D'après le projet de loi adopté par le CSorps'Iégirialif dans sa séance du 22 avril 1864» les asfûraiftB ne restent plus qu'une année dans la seccHide ctasee, hnque cette année s'est passée à bord d'une corvette dlirstniction.
Cette création n'échappa pas à la criUque. Gependanl» comme école spéciale, on n'avait encore rien institiiéqiî fût plus approprié au but qu'on se proposait. On disait qoe
le titre d'École navale ne pouvait être donné qu'à celle qui admettait des oiBciers déjà formés et qui montreraient des dispositions pour le commandement.
Quand on cherchait quel était le nom à donner à Técole militaire créée par Louis XV, Paris-Duvemey écrivait à M. le marquis de Puysieulx : c Au surplus, vous sentez, c mon très-cher ami, que je suis jaloux de la chose et € point du tout du nom. » (Première période, livre II, chap. u, page 144.)
L'objection que nous rencontrons à ce sujet dans le Journal des sciences militaires (1847), tombait d'elle* même. On ajoutait, en parlant du programme adopté, c qu'il ne fallait pas faire un accessoire de la connais-
< sance de la manœuvre deS vaisseaux et leur apprendre
< à manœuvrer une chaloupe et un canot avant de leur « montrer la tactique navale. Pour la mer, il faut surtout <r apprendre et exercer en mer. Dix mois ne suffisant c pas, on augmente d'un an le séjour sur le ponton sans « retrancher du programme ce qui devait être appris « plus tard et combiné avec les études essentielles. »
Bézout et Monge, examinateurs de la marine, sous Louis XYI, avaient longuement discuté sur ces questions de théorie et de pratique. Plus que jamais l'officier de marine doit être pourvu sérieusement de toutes les connaissances scientifiques et théoriques qui lui permettront de suivre le progrès marchant à pas de géant et apportant à la pratique de la mer des modifications journalières.
L'élève de la marine, dans l'intérêt de son avenir, ne doit perdre aucune des heures qu'il passe sur le Borda.
406 INSTITUTIOMS D'tDOCATlON MILITAIRE
Au moment de rapplicatioD, il n'y a plus k re?emr aux principes ; il faut les posBéder pour mardier de rayant et d'un pas égal à celui de la sdenoe. c Quand nous oonw
< prendrons bien les signes précurMinidu cabBê ou deh € tempête» dit Tamiral Jurien de la Gravitee, non -n'en c saurons pas assez. Il nous faudra demuider eneon à la c mécanique et à la balistique leurs plua intiuieB secreb. € L'âan spontané dépendra un effint réfléchi ; de froids c et longs calculs nous dicteront nos résolatioiis. Danseet
< âge poétique oii la théorie cédait toujours le pas i Va- € périenoe, nous pouvions fiiire campagne armés à la léa gëre ; nous porterons désormais un plus kmrd bag^e.
< Le front insouciant du marin pftlira à son tour sor la c livres. » [Revue des Deux-M(mde$, août 1864.)
A ce sujet, on a dit depuis longtemps qa'on sentait Textrème besoin dans la marine de cours supérieim pov les lieutenants de vaisseau et grades plus Aevés pouriMintenir Tinstruction d'une manière uniforme à toola la buteur nécessaire.
L'ordonnance du 4 mai 1835, relative à réoob nivale, fixe à deux années h durée des études» fiirms Anx divisions et accorde une année de protongalicm an besoin ainsi que des places gratuites.
L'ordonnance du 1* mars 1852 sur rorganiaaliai.di corps des équipages de ligne établit dans les dni Avisions de Brest, Toulon, Rochefort, Lorient et GheÂea^g» des écoles de mathématiques élémentaires appfiqnéesi h. navigation et de dessin linéaire pour les officiers niers, de lecture, d'écriture et d'arithmétique» d'4 et de natation. Une compagnie de mousses devait ébe
attachée a chaque division ; ces mousses, âgés de douze à quatorze ans au plus, fils d'officiers mariniers, étaient embarqués jusqu'à seize ans et pouvaient, à cette époque, contracter un engagement volontaire.
L'ordonnance du 28 février 1858 organise le génie maritime, toujours recruté parmi des élèves sortant de l'école Polytechnique. En 1830, l'école d'application de ce corps fut transférée de Brest à Lorient. Il fut réorganisé en 1854; une ordonnance du 25 octobre 1855 réorganisa le service de l'école du génie maritime, à laquelle, le 6 janvier 1858, on affecta définitivement l'hôtel domainial, rue de Lille, n"* % à Paris.
Les ordonnances du 4 janvier 1842 et du 21 mars 1846 sont relatives aux régiments d'artillerie et d'infanterie de marine. La première établit à Lorient une école d'artillerie à laquelle furent attachés un professeur de mathématiques, un de dessin, un de fortification et un garde d'artillerie. Dans chaque compagnie devaient compter deux enfants de troupe.
Le gouvernement républicain chercha à modifier le système des écoles. Mais il fut très- modéré pour tout ce qui touchait au corps de la marine, et à ce sujet on ne peut pas lui infliger le blâme qu'a si justement encouru son aîné de 1793.
Dans la séance du 1*' septembre 1848, l'amiral Cécile^ au nom du comité de la marine, déposa son rapport sur l'admission gratuite à l'école navale. < Le comité, dit < l'amiral, a appliqué à cette école un principe qui sera, c nous l'espérons, adopté par les écoles militaires ; c'est € que les candidats, avant de pouvoir se présenter aux
408 INSTITUTIONS d'ÉDUCATION MlUTAIBE
< épreuves^ auront fait preuve de vocatum, d'aptitude et « de bonne conduite par un service effectif antiriewr. Eo
< conséquence, l'article 2 du projet de déo^t porte qu'a D partir du 1*^ octobre 1850, nul ne pourra se préBeoter « aux examens d'admisûon à l'école navale s'il n'est Agé
< de plus de quinze ans et de moins de dix-huit» et s'il ne « justifie pas d'une navigation d'un an à bord des bâtia ments de la République ou du commerce et d'une cam- « pagne au long cours au delà de l'équateur, qudie qu'en
< ait été la durée.
c Lorsque viendra le temps de mettre à exécution le 4 décret de l'assemblée , qui rend l'admission gratuile « dans les écoles militaires, nous ne doutons pas que des
< conditions analogues ne soient imposées aux candkhls <i de ces écoles, c'est-à-^ire, qu'cm n'exige d'eux, pour a qu'ils puissent se présenter aux examens, un sorvioe « effectif d'une année dans les r^iments. »
Nous avons vu combien ces mesures deviennent ilhhe. soires par la difficulté qu'a éprouvée le ministre de h guerre pour rendre effectif le service demandé aux candH dats de l'école de Saint -Cyr ayant dépassé l'âge de vingt ans.
Elles ne furent pas sanctionnées par le gouvernement de l'Empereur, qui agit sagement, car elles ne poavaient ni affirmer la vocation ni tenir lieu d'une priparatùm.
 chaque époque, à chaque règne, des avis ont été émis sur les écoles militaires et bien souvent sur odias qpi étaient destinées à la préparation. Mais renfermés <biiMi des écrits mensuels ou hebdomadaires» éck^pant la plupart du temps à l'attention, n'arrivant pas à coodurs
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parce qu'ils ne se coonlonnaient pas ensemble» ils restaient sans effet et sans résultats*
c Nous ne blâmons pas, disait-on en 1847 dans tê € Journal des sciences miHtQire^, rétablissement du col- « lége militaire de La Flèche, malgré tout ce qui a été dit « pour obtenir sa destruction. Nous louons, au contraire, € cette bonne pensée* L'armée n'est pas riche, c*est bien € la moindre des choses que TÉtat pourvoie à T instruction € des enfants de ceuK qui ont consacré leur existence au € sen îce du pays.
< A Brest et à Lorient, ajoute récrivain, il faudt^ait € aussi des écoles prépara toiros, y admettre ries enfants c de dix ans pour les faire entrer dans une école spéciale c de marine. *
Le systëmo proposé dans te Jourjml de^ sciences militaires, en 1847, coprespond parfaitement avec celui que la Restauration avïiit adopté pour ses écoles militaires. Il oofinslerait dans ta création de deux écoles préparatoires de marine, si les deux étaient nécessaires, et d'une école spéciale correspondante à eftile de Saint^yr, et de laquelle sortiraient, non de nmplei élèves de marine, mais des officiers. On s'appuie^ à ce sujet, sur ce qu'une éookd spéciale doit produire des officiers qui n'ont plus cp'à appliquer et leur science théorique et la scienee pratàq^ ^ qu'il a été possible de leur donner. i <
Nous ne nous permettons pas de répondre, d'une manière péremptoire, sur une question tant de fois débattue par les membres les plus distingués et les plus compétents de la marine française ; mais nous restons convaincus qu'à présent plus que jamais ia préparation , la préparation
410 INSTITUTIONS d'ÉDUCATION MILITAïaE
longue et attentive doit être rétablie comme die a été toujours maintenue et préconisée chez les puiaaanoes étrangères» et que nos conclusions finales sont applicables amsi bien au corps de la marine qu'à l'armée de terre.
L'école des mousses était établie à Brest sur h firéple la Thétii. Par dépèche du 31 mars et du S4 aoAt 18fti> vaisseau VInfleœible fut substitué à la frégate, et le nombre des mousses put être porté à 600. Celte éooleest récole spéciale de celle des pupilles de la marine.
Les écoles de mousses établies à Marseille, à Bordeaoz, à Ajaccio et à Cette appartiennmt au commeroe et sont entièrement indépendantes du ministère de la marine» ao moins pour leur direction et leur constitation.
Un décret daté du 15 novembre 1862 porte ciéition d'un établissement de pupilles de la marine, sur la proposition du ministre le marquis de Laubat.
M. le vice-amiral comte de Gueydon s'oocopa de i de Torganisation avec la plus paternelle sollidtude.
Cette institution, placée sous la surveUlanœ il du préfet maritime, reçoit 800 orphelins d'oflkiers,nttri* niers et marinade TËtat ou du commeroe, ain^ que d'ouvriers et agents divers de la marine. Les orphéliiis dephe et de mère sont reçus dès Tâge de sept ans, ceux de pèn ou de mère à neuf ans révolus. A treize ans, ils sont envoyés à bord du vaisseau-école des mousses oa rendns i leurs familles s'ils ne remplissent pas les oondfitiiiiis engées pour être marins, ou si les familles les rédameot. là faveur de l'admission fut étendue, par décision dn 11 sqh temhre 1863, aux enfants des &milles appartenanli k
population maritime des cotonies et des établissements français.
L'établissement est commandé par un lieutenant de vaisseau, secondé par un certain nombre d'adjudants et de seconds-maîtres, de quartiers-maîtres et de matelots bre* vetés instructeurs.
Un aumônier assure le service religieux, et Tinfirmerie est placée sous la direction d'un médecin de la marine.
M. l'amiral Gueydon n'a pas hésité à confier aux frères de la doctrine chrétienne l'éducation intellectuelle des pupilles auxquels on enseigne la lecture, l'écriture, les quatre règles et le catéchisme. Des soeurs de la sagesse sont chargées de l'ordonnance, de l'infirmerie et du vestiaire : elles remplacent les soins de la mère.
L'instruction pratique est confiée aux marins. Les exercices qui ont lieu, comme les classes, deux fois par jour, sont l'école du mateloiage, V école du sifflet, l'école de nage dans les embarcations, Vécole du soldai sans armes, l'école du fusil, Vécole de peloton, Veçpereice à la baïonnette, Veœercice de la man(Buvre sur le gymnase nautique.
Dans le fond de la grande cour, l'amiral de Gueydon a fait construire une petite corvette entièrement gréée^ sur laquelle sont exercés les pupilles, qui sont divisés^ comme à bord d'un navire , en bordées, compagnies, escouades et séries.
On leur fait monter la garde à la porte de rétablissement pour leur donner une première idée du service des places. On leur montre, en outre , le fifre et le diant d'après la méthode Ghevé.
412 INSTITUTIONS d'ÊDUGATION lULITÀlRE
Ils portent pour uDiforme une espèce de béret, b diemise à ool nJ»ttu sans cravate, une blouse avec une ceinture.
On ne peut douter qu'au moyen d'une préparatioB aussi intelligente que paternelle , ces en&nts , pris ao seuil de la vie , ne donnent à la marine des mateloli d'élite.
La marine a, comme l'armée de terre, des bibliodièqiies choisies et bien appropriées à leur destinatbn. Gdie do ministère renferme de 20 à 30,000 volumes. Les carfas et les places montent au même chiffre. On oonqMe prh de 80,000 volumes dans les ports, dans les hôpitaux et les bâtiments. La chapelle du bord contient une bibliothëque particulière pour les matelots.
L'écple de tir de Tannée de terre récent lee enaeigllBi de vaisseau provenant des bataillons de fusiUms de h marine. Ces officiers font ensuite un cours théorique et pratique auquel préside le commandant du bâUmenL
La Circulaire ministérielle du 25 juillet 1882 crée im emplois d'élèves mécanidens pour le service de k flotte ; ils sont recrutés parmi les quartiors-maitres mécameiflus, les ouvriers chauffeurs, les élèves des écoles impériahs des Ârts-et-Métiers, et les ouvriers dvils eseroant les professions d'ajusteur, de forgeron et* de Les écoles théoriques et pratiques. des ouvriors de la flotte ont été établies, d'après la circulaire i rielle du 26 août 1862, à bord du bfttiment central de la marine à Brest et à Toulon.
L'ordonnance du 3 février 1835 institue un corps de commissariat de la marine et soumet l'admiaMm des <
mis écrivains à un jury d'examen. Sur quatre places d*aide-commis8aire, deux sont réservées aux enseignés qui, sur leur demande, ont été choisis par le ministre, et deux aux élèves de Técole Polytechnique reconnus admissibles dans les services publics. Le stage pour aide-commissaire est d'un an pour le licencié en droit, et de trois pour les simples bacheliers ës-lettres. L'élève commissaire doit avoir vingt et un ans et être propre au service; il ne peut être admis sans avoir produit les diplômes, soit de licencié en droite soit de bachelier ès-lettres.
Le premier grade dans la hiérarchie du service médical de la marine est celui d'aide-médecin ; nul n'est admis en cette qualité s'il ne justifie pas de deux années d'études dans une école de médecine navale et s'il n'est pourvu des titres universitaires exigés dans les facultés des candidats qui se présentent aux examens du doctorat en médecine; sans ce titre de docteur, il ne peut devenir médecin de deuxième classe.
Les exigences pour l'admission des pharmaciens de la marine sont identiques aux premières.
La marine française a sa grande école de guerre ; c'est ainsi que nous pouvons nommer cette escadre d'évolutions devenue pour tous les états-majors une école permanente en même temps qu'un champ d'expériences et d'essais pour tous les progrès.
En 1859, les graves événements survenus en Orient motivèrent la présence d'une flotte de 13 vaisseaux dont le commandement fut donné à l'amiral Lalande.
Nul plus que cet habile officier ne parvint à exciter ses
414 INSTirUTIONS d'ÉDVGATIOII mUTAIRE
subordonnés au travail pratique de la mer et à Tapp^ cation de la théorie. Par oette répétition oontiondle il arrivait à des résultats surprenants. Avec Im, a-tron diti oa travaillait toujours, au mouillage comme mna vailm^ sous voiles comme au mouillage. Et aux Anglusipî demandaient quand ces écoliers enraient fisi leurs éludes, sir Charies Napier répondait : Ce$ ieoUen mmt montres.
Enfin Tamiral Lalande a prouvé et avantages que Ton pouvait tirw de reiisteDce d'nneilollB permanente. Cette institution lui a survécu et ne sm certainement plus abandonnée. Et, d'aiUeurs, n'c pas de plus en plus nécessaire à une époque oà la i et l'expérience du jour ne sont plus celles dn i oii Ton n'ose plus perfectionner une nouvelle il de peur qu'une seconde ne vienne la fidre abandonner ; k dernier mot de la science ne se prononce pas. D le jeune marin soit toujours sur la brèche que cellei agrandit chaque jour. Et il en est des amiraux i novices. Ne se montrent-ils pas toujoura pour le treuil théorique comme pour le combat en tète de cette nflleaft cohorte composée d'ofiiciers réunissant toutes lea tpeStés du marin : Navigateurs , eœplorateurs , également habiles, on les a vus aussi bons à qu*à conquérir la Cochinchine et menant à la fins êti le même succhs la guerre et la diplomatie au Jwfmu Ai les a vus en Crimée et au Mearique, faisant PadtmrmUm de V armée par la variété de leurs aptitudeSm CBoouê dm Deuœ-Mondes, août 1865). Nous devons parler anside leur dévouement à l'occasiop de ce service de i
qui devait faire briller du plus vif éckt leur patiefèeeei leur abnégaiion personnelle.
Les ingénieurs de la marine, parmi lesquels on distio*- ^e principalement M. Dupuy de Lôme, trouvent faeu^ reusement dans Thabiteté et le savoir de nos officiers de marine tous les moyens d'expérimenter les oeuvres qu'ils ont continuellement à modifier. Les navires à vapeur ont remplacé ceux à voiles : Thélice a été substituée à la roue. La puissance des nouveaux canons a nécessité une armure pour les vaisseaux, et le succès des batteries flottantes à Kinburn devint Toocasion d'où naquirent les frégates cuirassées qu'on a armées d'un éperon redoutable et qui représentent dans leur dioc un projectile de 7,000,000 de kilogrammes (1).
(1) Noua ne pouvons mieux faire comprendre l'effet de eee terribles chocs qu'en citant un passage de l'article inséré dans la Revue dee Deux-Mondes du 15 novembre 1866. Nous ne sortons pas de notre sujet : car ces transformations radicales dans Part de la guerre opérées depuis bien peu de temps encore remettent pour ainsi à l'école les marina les plus expérimentés. Plus que jamais l'étude est de chaque jour et de chaque heure.
« On courait, on s'entrecroisait sans se connaître malgré les grandes « enseignes arborées à tous les mâts. Une seule marque distinctive « dirigeait encore les coups des Autrichiens ; l'amiral Persane avait n eu la singulière idée de faire peindre en gns bleuâtre la coque de « ses bâtiments. L'amiral Tegethof, lancé à toute vitesse, rôdait (V comme un taureau furieux sur le champ de bataille, cherchant où « frapper; dès qu'il apercevait une muraille grise, il se ruait dessus « pour l'enfoncer. Il en heurta deux (on dit même trois ) sans les con- « naître; mais ne les ayant pas frappés normalement, il ne fit que les « écorcher. Cependant l'admirable mouvement par lequel il avait ra- « mené compactes ses cuirassés eut son effet. Tout à coup, dans une M éclaircie de fumée au ras de l'eau il découvre droit sur son avant une « masse grise et immobile; c'était le Ré-d'lialia qu'un bâtiment aniri- 4( chien venait de couvrir par l'arrière d'une bordée tout entière. Son tf gouvernail avait-il été brisé du coup et sa machine avariée, comme le « racontent les Italiens, de telle sorte qu'il ne pouvait plus se diriger? « ou bien, comme le veulent les Autrichiens, le commandant, incertain « de sa manœuvre en présence d'an autre navire qui lui barrait le che-
416 iNSTiTUTiom d'éducation militaire
Sait-on maintenant si ces armures, qui appesantifliflDt nécessairement le navire comme c^es qni couvrûeot autrefois les chevaliers et leurs montures, suflfiront quamd la balistique aura attënt son dernier peifectioniieaMOt. Ne faudra-t-41 pas en dâbarrasser nos vûsseauz le jour où leur légèreté et leur vitesse seront un des premim éléments de succès?
Serait-ce là la pensée de l'amirauté aoglûae, qm, pour ses constructions nouvelles» examine plus qu'elle ne se presse? Il est cependant possible que h cuirasse bnve encore longtemps les atteintes du projectile.
En tout état de cause, il faut chodier à réunir sur on vaisseau de guerre au plus haut'point de perfection les fmlités nautiques et la puissance de combat. Et c'est là k problème, car il ne suffit pas d'être fort, il fout arriver ao point d'attaque au moment opportun non pas i l'heure.
« min de ravant et n'aymi pat la pféunoa d'eaprit da VmiÊonmt ot di « prendre la mâme mesure qae le M^9, n'aTilt-U pu m mafehiran » « riàre i temps? Toujours est-il qu'à l'aspect de cette mw— iiu ImHs « l'amiral Tegethof^ du haut de sa dnnette, qu'il na quitta pas aa « instant pendant tout le combat, intimant an mécanidan raidie ds « donner toute sa vapeur et de se tenir prêt à ftdia hraaqaaBWt aa- « chine en arrière, ^élança avec sa moue de 4,M0 foaajaaxifaidi Aaf « vitesse de onze nœuds et demi^ et enfonça Tarant da sa Mgria dus 11 « flanc gauche de l'ennemi, brisant ton^ plaqou at matalu da ou- « rasse, bordage et varangues, sur une tnrlàea da anitanta-gartis <f pieds carrés, puis, renversûnt le mtmoewtmU^ U recuisu Bm fOiiiisf% « bien qu'avertis de faire ferme sur leurs piadtp tombèrant lou h « secousse; mais la machine ne broncha pu. An eboCi la « s'inclina lentement d'environ 46 degrés sur tribord, ati « dant, qui crut d'abord à une simple attaque à l'abordaea, « déjà l'équipage sur le pont, quand le navira, revanant aur lai-nlBi « au moment où le Max s'en détachait à reculons, plongu aon aftoy» « ble blessure béante dans la mer qui s*y précipita aomma un toma^ « et en moins de deux minutes s'engoulba dans un abtna da dm « cents brasses de profondeur. Quatre cents hommu y périrutH«« L. BuLoz {Revue de» deux JCsmiar. 18t6.)
mais à la minute» à la seconde. VHéroïne, le type le plus parfait de nos constructions navales, parait déjà remplir ces conditions, et. vienne le combat elle prouvera peutêtre que nos vaisseaux, sous la main de nos intrépides marins, sont sans rivaux pour fendre Tonde, foudroyer de leur feu, ou défoncer par la violence de leur choc.
Nos habiles ingénieurs de la marine marchent dans la voie du progrès continu ; c'est ce qui a pu être bien visiblement constaté dans les essais de Tescadre cuirassée.
c En résumé, dit Louis Figuier {Journal pour touif c 15 décembre 1866), Tinvention des cuirasses roétallî-
< ques a complètement bouleversé Tart de la guerre ma- € ritime. Elle est venue annuler tout à coup Fancienne « tactique navale, œuvre de tant de siècles, et par là, on € peut le dire, ôter sa poésie au métier de soldat de la « mer...
c II y a dans tout cela quelque chose d'amer et de triste
< pour la dignité militaire et le courage d'un homme de
< coeur ; mais le devoir de tous est de s'incliner devant € le progrès, quelles que soient les conséquences qu'il c entraine... >
L'ofTicier de marine se résignera toujours au rôle qu'il devra remplir pourvu que son pavillon reste vainqueur et debout après le combat : mais quel que soit aussi le rôle de ces machines, de ces engins et de ces cuirasses, il y aura toujours place pour sa science , son habileté, son coup d'œil, son courage et son audace. Le mécanicien du bord ne sera pas, comme on l'a dit, le seul commandant du vaisseau ; il n'est et ne sera jamais en réalité que le
premier moteur de la machine. La direction reste au ca-