‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 82 sur 107 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SoimAmE. — Écoles étrangèrw. — - tdacatioii milittin «n Pnuie, eo Autrichet ta RoMiei an Anif^eUrre, en Hollande» en Denenarl^ en Suéde, en Belgique, en Italie et aux États-Unis. — Cïonsidéra- Uons gânérales et paraUèles.

Quand de graves événemeots ae sont accomplis eo dehors de toules les prévisions des hommes de fgdene, il est nécessaire de rechercher avec scmû les causes d'un succès non prévu et qu'on aurait voulu attribuer presqu'uniquement à l'emploi d'une arme déjà connue et perfectible dans sa forme comme dans sa portée. Il y avait là toute autre chose que le fusil à aiguille.

Au reste, nous ne pouvons trop le répéter» le meilleur moyen de rester invincible est de ne pas être ixop con-* vaincu qu'on pourra toujours l'être. Observons donc avec une extrême attention tous les &its extérieurs; dans l'examen des institutions militaires étrangères, élevons toujours notre regard, ne l'abaissons jamais ; préoccu-» pons-nous du progrès et non de l'infériorité; ne nous reposons pas dans un siècle où personne» sous peine de mort ou de ruine, ne peut se reposer ; jeunes et vieux, souvenons-nous du sublime mot d'ordre qu'à son lit de mort l'obscur Africain, devenu l'empereur Septime-Sévère^ donnait à ses officiers : < Laboremus ; » révélant dans cette s'unpie parole tout le secret de sa fortune et de son génie.

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Depuis le grand Frédéric, ce mot d'ordre parait tToir toujours été celui de Tarmée prussienne. ÀTant on après la victoire» on a travaillé ; après la débite» oo a rétabli tous les moyens d'étude. Ne serait-ce pas là le secret de la Pnisse, comme c'était celui de Septime- Sévère?

Remarquons-le bien; la puissance d'une natioD eat toujours dans le rapport exact de l'importance de aea institutions d'éducation militaire. La Prusse, rAutriciie et la Russie en possèdent de nombreuses et de par&itement organisées, progressant d'année en année sur les mêmes bases; l'Italie devra coordonner les différents éMmeots composant ses écoles militaires, si elle veut prendre son rang. L'Angleterre a fait concorder leur organisation avec les exigences particulières de son état social, sans danger pour le maintien de sa puissance. A un degré inférwor, la Suède, le Danemark , la Hollande et même h Belgique offrent de remarquables spécimens de ces institn* tions bien insuffisantes encore en Espagne, en Portugal et en Turquie. Nous devons cependant ajouter que le Sultan, le vice-roi d'Egypte et le bey de Tunis s'occupent sérieusement de leurs écoles militaires et en donnent ordinairement la direction a des officiers françab.

Les West-pointers des Etats de l'Union nous ont prouvé ce qu'ils savaient faire pendant cette guerre gigantesque qui a fixé l'attention de toute l'Europe.

En général, le grade d'officier est à l'étranger le piû d'une longue et laborieuse préparation.

Les institutions d'éducation militaire de la Prusse d'autant plus intéressantes à étudier qu'elles seront i

U¥ll£ TROISIÈME 4fil

oessivement appliquées à une grande partie des peuples allemands... si ce n'est à tous.

Au sommet^ un roi militaire et des princes soumis dès le début de leur carrière à tous les examens exigés des porteépée-fœbnridis et des oflficiers de Tarmée.

A la base, un peuple enrégimenté sous le drapeau et prêt, à différents degrés, à se lever pour la défense ou pour la grandeur du pays.

Des institutions militaires progressant toujours d'après les mêmes principes depuis Frédéric H, des cadres (brmés d'hommes possédant tous une éducation libérale, que viennent fortifier, suivant les fiicullés de diacun, des études théoriques et pratiques plus ou moins élevées :

Des corps d'officiers se recrutant en euoMnimes ei par euco-mémes, sauf la dernière sanction du roi qui, suivant un exemple traditionnel, examine les droits de diaque officier et signe lui-même son brevet.

Position sociale élevée pour l'officier, sollicitude et soins constants pour le soldat ; grades accessiblei à tout citoyen sans distinction de caste, sous la condition d'un mérite éprouvé, et à ce sujet concession faite à l'écrit du temps, au moins acceptée, si elle n'est pas toujours com^ pïèie.

Telle est, en substance, l'organisation militaire prussienne.

La direction générale des études est confiée i une commission principale, et l'inspection à un officier général, commandant en chef de toutes les écoles militaires.

Les examens pour l'obtention du grade d'officier^ pour l'admission à l'académie militaire supérieure, et ensuite

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à rétat-major général, se passent devant une haute < mission siégeant à Berlin et ayant sous sa surveilban les commissions établies sur divers points du royaume, pour les examens des porteépée-fsehnrichs.

Il existe en outre une commission d'^reuves pour lea lieutenants d'artillerie, les lieutenants et ca|ntaineft en second du génie ; une autre commisôon est chargée ém examens de Técole d'artillerie technique ou d'application.

Le recrutement des cadres de l'armée se fiiit : 1* par le corps des cadets ; 2* par les écoles de division, dhargées de préparer les porteépée-faebnrichs.

451 cadets sont admis aux écoles élémentairea da Potsdam, de Culm, de Wahlstadt et Bensberg, connBandées par des officiers supérieurs, et 524 à Péoole de Berlin^ où les élèves des quatre premières viennent terminer leurs études humanitaires et suivre ensuite la clasae spéciale d'éducation militaire. Cette école est dirigée par nn officier général ayant une autorité directe sur lea des autres institutions. Les élèves royaux admis i boursiers dans les écoles doivent être fils d'offiderSp de vieux sous-officiers sans fortune ou d'employés âmiê ayant rendu des services spéciaux à l'Ëtat.

Les élèves de la première division de l'école de Berfin subissent à la fin de leurs cours des examens devant h commission de la première division de la garde^ et sont envoyés dans les corps avec le titre de poriaépéefa^nrich.

Les 30 plus distingués continuent leurs études pendant une année, puis, après avoir subi l'épreuve devant h haute commission de Berlin, sont admis immédiatement

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dans l'armée avec le grade de lieutenant en second. Cette exception correspond à celle que Frédéric II avait établie pour 12 cadets dont il faisait^ terminer Téducatioii à part« (Voir première période.)

Ije volontaire et le soldat qui déclarent prétendre à l'avancement, doivent passer ,rexamen de porteépée-* faehnrich devant la commission la plus rapprochée de son corps ; mais après l'examen subi ils continuent à servir jusqu'à ce qu'ils aient reçu leur nomination du roi, si la vacance a lieu dans un corps de la garde» ou du oomman^ danl en chef de leur corps d'armée s'ils servent dans la ligne. En tous cas, il faut qu'ils aient accompli leur sixième mois de service.

Les étudiants pourvus de titres universitaires peuvent être nommés aspirants sans exigence de l'examen.

Tous doivent se préparer pour les examens d'officier dans les écoles de division établies à Potsdam, Kœnigsberg,Glogau, Neisse,Erfurt et Trêves. Ce nombre d'écoles n'est pad définitif et sera probablement élevé au fur et à mesure des besoins.

Ceux d'entre eux qui subissent avec succès leur examen devant la haute commission de Berlin, sont classés au nombre des porteépée-fsehnrichs, aptes à remplir les vacances de lieutenant en second, à l'occasion desquelles ils seront proposés par les officiers de leurs corps qui ont droit de veto à peu près absolu. Le roi, malgré sa prérogative souveraine, ne passe jamais outre contrairement à leur décision.

Ainsi, soit à l'école des cadets, soit aux écoles de division, les futurs oiBciers sont longuement épiouvés.

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c Tout ce que vous avez fait, écrivait d'Agnenetn c à son fils, n'est encore qu'un degré pour vous élewr i c des études d'un ordre supérieur. »

Cette maxime fait loi en Prusse, où Ton ne craint rien plus que Yinanité dans le travaiL Aussi les oours d'une académie militaire ou grande école de guerre sont ouverts pendant neuf mois de Tannée, après un nouvel examen de capacité, à tous les officiers jusqu'au grade de capitaine inclusivement. Ils passent les trois autrea mois dans leurs corps respectifs. Ces officiers doivent javoir trois années de grade ; les cours durent le même espaoe de temps. Cette institution a pour but de compléter leur éducation déjà basée sur de fortes études et de développer les facultés de ceux qui sont particulièrement doués. L'attention peut d'avance se fixer sur les sujets qui ae montrent véritablement dignes du commandement.

Les officiers qui se destinent au service d'étatHmajor doivent, après avoir suivi tous les cours de racadémie militaire, se remettre à Tétude pendant trois années» et aooi attachés alors à Tétat-major général.

Une école spéciale établie à Berlin et dont les eoun comprennent aussi trois années, forme des olfiden pour les corps de Tartillerie et du génie. L'école de cavalerie de Schwedt, dernièrement transférée à Hanovre, dmt Alie le Saumur de la Prusse. L'école vétérinaire compte annuellement 80 élèves.

La section d'école de Potsdam forme des soldats destinés à devenir plus tard des sous-officiers distingués. Elle se recrute dans la maison des orphelins militaires de Potsdam et dans les instituts d'Annabuig

et de Preatsdh, ou par Aes volontaires âjfant au moto:» di^-sept ans et pas plus de vingt*

L'olficier en Prusse est donc uniformément instruit. On le dit généralement intelligent, vif et prompt dans ses allures, d'apparence distinguée et rempli d'honneur (l)t comme il arrive toujours quand Tesprit a éiè longuement et fortement cultivé •

Tous, au reste, passent successivement par les mêimes épreuves ; Tavancement est le prix du travail continu, et ne donne à Tarniée prussienne que des officiers de même provenance et ne constituant qu'une seule et même catégorie.

L*Au triche possède trente-quatre instituts d'éducatioo militaire^ sur lesquels dix-huit destinés :i former d«8 fious-officier», et quatorze préparatoires spiîciauK ou d'application pour les fonctions supérieures.

On pense en Autriche qu'on ne peut s'occuper trop tôt de l'éducation préparant i une carrière dont la première loi est l'abnégation personnelle.

c L'art militaire est plus diffidie à apprendre qu'on ne c le croit généralement ; il exige de longues années d'é« c tude et de réflexion ; on ne saurait donc trop tôt y appli- € quer la jeunesse; les premières impressions sont d'ail^ € leurs les plus durables ; elles réagissent en nous et elles c exercent sur nous et malgré nous leur empire. Le son- € timent de l'honneur et du devoir inculqué dès le prin- € cipe de l'éducation ne s'efface jamais. > (Commandant Haillot, Journal des Sciences mititaires,)

(1) M. Favre, li«ut»uaotrcoloael tAilértl* Camp d« ColOfac,

426 iMSTlTt'TlONS d'éducation MlLirAlKË

Ainsi on compte en Autriche quatre instituts de cadets, écoles préparatoires militaires se oompwant chacune de 200 élèves qui y entrent à Tâge de orne à douze ans et y restent quatre années avant d'entrer à Neuatadt.

Les élèves de Neustadt, qui est le Saint-Cyr antrichien, y passent quatre années et en sortent après ce temps sous-lieutenants ou simples cadets, suivant k valear de leurs examens.

Les écoles d'application sont au nombre de neuf.

La haute école militaire de Vienne est destinée ans futurs officiers d'état-major. L'école normale ausai établie à Neustadt est toujours composée de 53 élèves qu'on forme pour le professorat militaire. L'école d'arlOkrie technique de Vienne^ les académies d'artillerie et da génie de Weischirchen et de Znaim, l'école ceabak de cavalerie de Vienne, celle d'administratbn mililurs de médecine, l'école des vétérinaires donnent ment à l'armée, avec les précédentes et celleB aux sous-officiers, un total de 900 aous-H>1]icier8» 830 officiers ou cadets, 120 employés d'admitûstntîoD et un certain nombre de chirurgiens ou vétérinaires.

Le collège pour les cadets de marine étût établi i Venise : ces cadets y suivaient des cours de cinq i pendant lesquelles quelques campagnes d'esenâce : i qui se destinaient au génie maritime y restaient i de plus.

On voit donc que, comme en Prusse, il y a j spécialité et application. Les officiers aotrichisDS soot trës-instruits et parlent tous plusieurs faingues ; ai le résultat ne s'est pas montré toujours aatialâîiaal, il lui

en accuser l'esprit de routine qui a longtemps ininiobîlise l'armée autrichienne et tend chaque jour k di^arailre.

L'éducation militaire en Autriche est donc bonne; le défaut en est encore dans l'emploi et dans le manque de cet esprit de suite que Frédéric II faisait consister principales ment dans la répétition continuelle de la science de ses officiers. Mais ce défaut tend de jour en jour à disparaître.

Comme en Prusse, les publications militaires sont en assez grand nombre ; la plus remarquable est VOsîerrei'^ chisckemilitar Zeitschrefl, dont l'épigraphe est ce précepte de Végëce : c In omni autem prœlio non tam muliitudo et <i virtus indocta quant ars et exercitium soient prcestare € victôriam. »

Enfin l'Autriche possède une infanterie solide, une magnifique cavalerie, des corps francs dévoués, une grande force de résistance, et quand elle aura définitivement secoué quelques vieux lambeaux datant de l'autre siècle et réglé l'avancement des ses cadres de manière à ce que la faveur ne puisse s'exercer que dans les limites de propositions régulières, nous ne doutons pas qu'elle ne puisse se représenter de nouveau sur des champs de bataille avec des éléments redoutables qui la mettront toujours au rang des premières nations militaires de l'Europe.

L'impératrice Anne, sous l'inspiration du maréchal de Munich, mit la première à exécution l'idée conçue en 1724 par Paris l'ainé, et créa en 1752 à Saint-Pétersbourg une école militaire, qui existe encore sous le nom de Premier corps des Cadets. (Première période, livre II, chap. 1*', page 115.) On en compte quabre dans la capî-

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taie, deux à Moscou et plusieurs dans les autres pro?inoes. Toutes ces écoles sont préparatoires ou spéciales ; le oorps des cadets de Constautinoff appartient surtout à cette dernière catégorie. Dans les écoles préparatoires de cadets on reçoit des enfants de cinq à dix ans, formant b première division, la seconde se compose des enfants de dix ans et au-dessus.

L'éducation est entièrement gratuite ; mais les frais ne sont pas tous à la charge de TÊtat : plusieurs de ces instituts sont dotés par TEmpereur, par le corps de k noblesse ou par des officiers généraux ; ainsi celles de Nowogorod, d*Orel et autres.

En général, les règlements sont très-circonstanciëB et très-prévoyants sur toutes les parties de réducation physique et morale, et de Tinstruction théorique. Pbr suite d'anciens usages, l'instruction pratique militaire est peutêtre poussée trop à Textrême ; depuis longtemps àéjjk, il est cependant reconnu que cette perfecdon est inutile k h guerre.

La principale des écoles d'application est Tacadéime militaire de Saint-Pétersbourg, institution semblable i celle de la grande école de guerre de Beriin. Deux aoidémies, l'une du génie, l'autre d'artillerie, ont pour but de former des officiers pour ces deux armes.

L'école modèle d'équitalion et l'école centrale de cavalerie répandent dans l'armée des connaissances identiqueB.

Les écoles spéciales et d'application reçoivent les cadets de quatorze à vingt ans.

Les bataillons de cantonistes ou fils de soldats répundus dans toutes les provinces de l'empire, fournissent do

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