‹ Institutions d'éducation militaireChapitre 83 sur 107 · LIVRE noisiiMB · texte numérisé non relu

LIVRE noisiiMB

nombreux sous-ofBciers à rarmée rane. Cette diaee intermédiaire s'accroît annuellenient et dans des proportions toujours égales comme nombre, comme instractioo et comme intelligence. On conçoit parfidtemeiit que Texistence de cette classe peut, dans un temps donné; changer la face de l'empire : ce sont de véritables baïonnettes intelligentes. \

Les cinq écoles de la marine reçoivent ies enfimts de la noblesse à Tâge de dix ans, et on les prépare longuement à ce métier tout spécial. Il a été créé en 1827 une classe d'un ordre plus élevé de 25 élèves pris parmi les cadets de la marine les plus distingués ; ils font de nouveaux cours pendant trois années sur toutes les parties de la science navale. C'est parmi eux qu'on choisit les officiers chargés des expéditions scientifiques.

Les enfants de troupe ou les fib de matelots fcmnent douze bataillons de pilotes : ils sont tous âevés pour le service inférieur de mer et pour tous les travaux mécaniques de la marine.

Les écoles russes sont en voie de prospérité. 8 à 900 officiers instruits en sortent annuellement pour entrer dans l'armée ; 1,100 jeunes gens de dix-huit à vingt ans sont admis dans les régiments d'instruction après avoir reçu dès leur jeune âge une éducation toute militaire dans les écoles de cantonistes ; et ces cantonistes sont au nombre de 150,000 1 Pépinière immense de hom soldats, d'écrivains, d'ouvriers et de musidens militaires. Enfin, les écoles techniques d'artillerie fournissent de bons chefs d'ateliers, pouvant se suffire à eux«mèmes et se passer de l'étrangeCi

En Russie, comme dans les armées allemandes, on ne fiât jamais un saus-^lieutenant, mais un officier ; nous foulons dire que ce premier échelon à gravir n'eet oonsîdM que comme un point de départ. On n'y comprend pas, dn reste, des officiers d'espèce diflTérente et auis homogénéité, se fractionnant en catégories souvent incompatihleB entre elles.

Il est fadle d'aperoevcnr que dies ces nations de premier ordre, les institutions d'éducaticm militaire tiennent une large placé au milieu de toutes les autres. Toot y est militaire, ou en a au moins Tapparenoe.

Entre les officiers et les sous-officiers anglais» il emte une certaine ligne de démarcation, pas asses largp poor qu'elle ne puisse être quelquefois franchie.

Les premiers achètent leur grade, à moins qu'ils ne aartent d'une école militaire. La vénalité du grade que dans nos mœurs nous ne pouvons accepter^ ressort eependaat lionorablement des institutions de la vieille An^eterreel en est la conséquence.

Le soldat, au contraire, serait plutAt acheté; cependant ce terme est impropre et ne peut omrespondre i Tépithète de vendu que nous donnions au soldat remphçant avant la loi sur la dotation de ramée. L'engif»ment anglais est toujours volontaire et la snite d'one eoh vention qui, contrairement à l'opinion du général Foy, n'est pas de nature à empêcher le contraGltfit d'arriver aux emplois les plus élevés. Plusieurs généraut tt*eat pas commencé autrement. La prime est extrèmenMst minime. ^T

Toutes les classes se trouvent représentées dans l'ai^

mée, et nul, quel que soit son rang et sa positîoD» ne recule devant le devoir absolu qu'il s'est imposée

L'école militaire de Sandhurst reçoit des élèves de seize à vingt ans pour l'infanterie, et de seize à vingtnleyx pour la cavalerie. Les bourses n'y sont jeûnais accordées qu'aux fils de militaires et sont la conséquence des ler^ vices rendus sur le champ de bataille. LfUbrevet sans achat n'est accordé qu'aux vingt plus distingués par leur conduite et leur instruction» et en tous cas aucun n'ob*tient le grade qu'après avoir subi un examen sur toutes les parties du programme. Cette école est donc spéciale.

Le collège d'état-major ne reçoit que des officiers ayant servi trois ans au moins sans interruption ni congé, et présentant toutes les garanties désirables comme conduite et instruction.

On ne peut être officier d'artillerie ou du génie sans avoir passé par l'académie royale et militaire de Wolwich et en avoir suivi tous les cours.

Les candidats doivent avoir de dix-sept à vingt ans d'âge et ne sont reçus qu'après examen. Les cours durent deux ans, après lesquels les candidats passent un nouvel examen et reçoivent tous, après y avoir satisfait, le brevet gratuit d'officier dans les corps d'artillerie ou du génie.

Le Gouvernement trouve dans ces différentes pépinières le moyen de remplir ses cadres d'officiers, qudque- Ibis au-delà des besoins : de plus, le commandant en chef a la faculté de choisir des enseignes et des cornettes parmi les jeunes gens ajppartenant aux familles intéressées à l'ordre. Le duc de Wellington se disait toujours pré-

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senter les candidats. On conçoit tout ce que y gagner la composition des cadres de rarmée. Ga i Tavait rendu Tennemi de la préparation militaire qui, avec ses avantages, donne un droit à l'enfant dont on a cokité la préparation. II demandait à chacun une éducation dea plus larges et des plus libérales et se réservait aprèa da conclure à l'adoption du sujet.

Les vobntaires sont parfaitement orgamsés et vent servir de modèle. Ce sont des citoyens par le gouvernement, mais équipés à leurs frais; tenue est très-soignée. Entre eus et nos gardes nales mobiles projetées on ne peut établir aucune litude.

Pour Tétat militaire, il n'y a donc en Angleterre d*a tre préparation que les études ordinaires convoiant à tontes les carrières. Il n'en est pas de même pour la marine. Après Tâge de treize ans, toute année non paaaée i h mer est considérée comme perdue par le novice et son instruction et pour son avenir.

Que dire de ces institutions différant si décolles des peuples allemands? L'Angleterre devra-l-«lle les modifier et les assimiler à celles du continent ? Noua ne le pensons pas : cette nation si pratique ne peut ètie ni positivement imitée, ni être l'objet d'un bUme on d'une critique. Si jamais elle apporte une modification notable à ses institutions militaires, ce sera sans éclat et sans effort et elle ne dépassera jamais la limite que lui imposent ses vieilles habitudes de liberté.

Les institutions d'éducation militaire de la Hollande, du Danemark et de la Suède ont beaucoup de rapports

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avec celles de te Pnuee et de l' Autriehe. U piépi^^ est toujours mise en première ligne et les rtadttÉÉ'teiit remarquables.

Le roi Léopold atteignit de suite te kit dani htaitl tioD de ses écoles, et d'aprto son systètnesi bien eonvii^ tout enfant légitime d'officier, de soa»-officter os de sol* dat et même d'employé à te guerre peut, eii'^iitnint dans la compagnie des enfants de troupe, arriver à suivre les cours supérieurs destinés aui olBciers» et passer far te filière des écoles régimentaires et de Técde militûffe avw ses annexes d'oiseignement supérieur de Téeote d'équitation et de pyrotechnte.

Le problème se trouve donc députe longtemps résidu en Belgicpie dans te sens te plus populttre eo laiasant^ néanmoins, toute primauté au travail uni à l^iiilePigence.

En Italie, les écoles militaires piémontaises et celtes des royaumes ou duchés annexés sont nombreuses. Elles présentent toutes à peu près les mêmes caractères que celles que nous avons décrites. Ces institutions, nous ne pouvons en douter, seront toutes reconstituées suivant un même système et coulées, pour ainsi dire, dans un unique moule de facture piémontaise, dont les aspérités et les profondeurs devront être adouries et appropriées aux mœurs et aux habitudes diverses de ces poputetions si vives dans leurs impressions, si inflanunabtes, si impatientes du joug, si ardentes dans leurs haines, si pasrion-* nées dans leur culte, si extrêmes dans leurs qoaKtài comme dans leurs vices.

Dans son conseil. Napoléon affirmait un jour à ses mi-*

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nistres que les Italiens deviendraient leê premierM toldata de l'Europe.

Justifieront-ils cette assertion du plus grand apîlaine du siècle ? C'est possible, mais à la ccniditioD seule et absolue de la bonne organisation de leurs institatioDS d'éducation militaire, déjà pour la plupart solidement étaUiee, mais manquant en ce moment du complet aeoord nécessaire pour de bons résultats.

c Avant la sécession, les États-Unis , dit M. Vigoc Roussillon (1), n'ayant aucun voisin puissant à

< battre autour d'eux que quelques malheureuses € indiennes , ne possédaient qu'un rudiment d'à € permanente , comprenant des troupes de toutes arc mes. L'effectif réel de celte armée ne dépassait pas

< 15,000 hommes; elle était dispersée sur looles les « frontières et gardait contre les Indiens les débouchés c des montagnes Rocheuses. Les instituti(»s militaires c des Américains du Nord étaient peu développées, et

< s'ils se préoccupaient de l'avenir, c'était seulement sa « entretenant une école militaire excellente à West-Pùiiit,

< près de Richmond.

c Des jeunes gens, choisis au concours chaque i € passaient quatre ans dans cette école avant d'c € dans l'armée régulière. On y enseignait les langues 4 étrangères et particulièrement le français, les scienoes € pures et les sciences appliquées. On faisait connaître € aux élèves l'organisation des armées permanentes eu- € ropéennes et les perfectionnements qu'elles erapruo-

(1) Puissance militaire des ËlaU-i:nia d'Amérique diaprés la gnerre de la sécesMon 186M8G5. {Librmrie militaire de ùuw^int. )

c talent chac|ue jour aux progrès des scieiioes modernes, c Cette école a suffi pour donner des généluum Ulustres c aux deux armées opposées : Mac-Clelan, Mao-Dowel^ c ScoBeld dans le Nord, Jefferson-Davis, Besairegard, € Lee dans le Sud, étaient des élèves de West-P<HnL »

A ces noms on peut joindre ceux de Samuel Cooper, Jonbston et Bragg. West-Point a fourni» en outre, à ces armées 8 lieutenants-généraux , 29 majors-^;énéraux et 68 brigadiers.

Tous, après la guerre, sont rentrés dans la vie civile» pauvres de distinctions honorifiques, mais riches dlMHH neur et de gloire militaire.

Nous n'avons rien à redierdier dans les créations espa^gnoles et portugaises. E31es ne nous paraissent pas être à la hauteur de celles des autres pays et ne peuvent nous servir de point de comparaison.

Dans cet exposé malheureusement trop rapide et abrégé des institutions d'éducation militaire étrangères, que doit-on principalement remarquer? La surveillance de la vocation, le soin et la longueur de la préparaUan, la suite des études et des travaux spéciauœ et pratiques, la tension perpétuelle de toutes les intelligences vers les progrès de Tart militaire, le professorat pratiqué prèsqu'uniquement par des officiers, et enfin cet important résultat consistant surtout dans la stabilité du personnel des cadres de ces armées, que viennent rarement affecter les démissions prématurées de ceux qui, dès renfance, n'ont eu d'autre pensée, d'autre but que celui (le conquérir avec Tépée une position honorable et élevée.

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En résumé, vocation, préparation, gpéeialiti, apfdi^ cation^ maintien sous les armes.

S'il y a une ombre à ce tableau» ce serait trop de rigi-dite dafis le service, trop de préoccupation dam les dé^ tails, peu d'initiative chez Vofficier étranger.

Ces conditions sont-elles remplies en France?

Il y a des précautions que dans sa force et son indiffi^ rence du danger, le lion néglige et parait dédaigner... Ainsi bien souvent dans notre glorieux paya. — La VOCATION, pourquoi la mettre en ligne de compte» dira-ton ; tout Français au besoin sera soldat. Là prAparahoh» nos officiers non préparés ont-ils jamais failli k leur mission ? Nos ÉCOLES SPÉCIALES ET d'aPPUCATION prisCS pOUT

modèles, n'ont-elles pas produit les officiers d'Afrique^ de Grimée et d'Italie ? Le maintien au service, L'nml- GiiiTÉ DES CADRES *, uno alvuso fion déficit tUter, fière et noble devise toute tachetée de sang, n'est-ce pas la nôtre à tous?

Mais un jour le lion, qui portait allègrement dana aea chairs vigoureuses les balles sorties du fusil de TArabe, tombe foudroyé par un lingot explosible lancé par une de c^ armes de précision si sûres dans les mains d'un intrépide Gérard.

Ainsi l'heure suprême peut venir ; soyons pr6l8p et» nous le répétons encore : c Pour rester invinciblea. ne c croyons pas que nous pourrons toujours Tèlre. »

c Du reste, dit M. Emile Chevalet (1), ce qui importe

(1) Histoire politique et militaire de la Pnuse, depuis eom origimeju*' (fu>n li67, i»ar Emile Chevalut.

( Librairie militaire de DHiiMmt.)

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c avant tout, oe n'est pas la qualité 4u apkb^ c'eif^callf < du chef. Notre propre histoiro noua Tenaeigiie; Ip c annales de la première République ne sont-elies pas c là pour nous apprendre que des troupes mal eieineéw» c mais bien coipmandées, remportent sur 4es troqpes € bien exercées, mais mal conduites... »

On veut, au besoin, un million d'hommes souf^ les, fft^ mes. Notre terre fertile les donnera ; mais les officiers pour les commander, ne faut -il pas les préparer à l'avance et les instruire dans une égale proportion? Ne faut-il pas, lisons-nous moore dans une récente publication, constituer des cadres solides — numériquement et en qualité — pouvant recevoir, former et envoyer suc-cessivement au(v armées, les masses dont Vappel serait nécessairel

En France, disons-le avec fermeté et courage, la pépinière soignée et surveillée depuis la première pousse du rejeton jusqu'à l'heure de la plantation définitive manque totalement au point de vue militaire. Bien rarement, les candidatures pour les écoles spéciales sont décidées par la vocation ; l'aptitude pour le métier n'est pas un motif d'admission s'il en est un pour la sortie. L'Ëtat ne connaît ses élus que sous le rapport scientifique, et ces élèves eux-mêmes ne savent pas, si en cédant aux désirs de leurs familles, ou à la nécessité, ou à un caprice, ils pourront se plier longtemps aux exigences d'un métier d'où s'écartent ordinairement toutes les jouissances du àhde. De là ces fréquentes démissions qu'on n'oserait chiffrer, de là souvent ces regrets et ces dégoûts qui disparaissent momentanément en temps de guerre, mais

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pisent après si lourdement sur le cœur du jeune officier pendant les loisirs si inoccupés de la fumison.

L'unique remède, c'est ta vocation cultivée par une longue et intelligente préparation.

Et ils ne l'ont que trop bien compris et mis à «6cution ceux qui, demain peut-être, seront nos ardents adva^res !

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