NOTICE HISTORIQUE I I CRITIQUE
trois cents ans avant Jésus-Christ ; que chacun des con> mentateurs de ces textes a donné pour l'époque où il a vécu une sorte de copie légalisée des livres hippocrati* ques, et que, sauf quelques erreurs des copistes, très, facilement adressables, ces livres ont une incontestable authenticité et une immense portée, même dans ce qu'ils ont d'obscur et d'incomplet. »
Ainsi donc, en dépit des protestations irréfléchies de quelques prétendus docteurs de la loi, on est toujours en droit d'affirmer que les livres hippocratiques renferment des principes dont les vérités générales ont été sanctionnées et magistralement exposées de tout temps par les hommes les plus savants : par Celse et Galien, dans l'antiquité; par Fernel, Houillier, Duret, Baillou, Stahl, Clerc, Coray, Aubry, Hufeland, Sydenham, dans les temps plus modernes; et enfin, de nos jours, par Stoll, Bordeu, Barthez, Lepecq de la Clôture, Thouret, Pinel, Chaussier, Bayle, Laennec, Cayol et Lordat.
Mais cela n'empêchera pas les Aristarques fraîchement éclos de répéter que les œuvres d'Hippocrate sont en opposition les unes avec les autres, et qu'elles se contredisent mutuellement ! On leur fera observer que leurs arguments sont faux, et que la plupart de leurs objections sont tout au plus applicables aux adultérations de certains copistes, qui, alléchés par les somptueuses enchères des rois de Pergame et d'Alexandrie, vendirent pour des œuvres du maître de folles copies arrangées et allongées à plaisir ! Les choses en vinrent même au point qu'on fut obligé de charger des érudits de revoir les