G DISSERTATION PHILOSOPHIQUE SUR LA MEDECINE
en dépôt, on lui-ihème, les perceptions des objets dont il a eu occasion d'être affecté plusieurs fois, et se les rappelle ensuite et de la même manière qu'il les a saisis.
J'admets donc en médecine tout raisonnement qui partira d'un fait, et qui tendra à une conséquence appuyée sur une chose manifeste; car on sent bien que l'esprit peut raisonner avec certitude d'après des faits manifestes qu'on prendra pour principe d'un raisonnement. Au lieu que si l'on ne forme de raisonnement que d'après des probabilités , et non d'après des inductions fondées sur la certitude d'un fait, on a toujours lieu de se repentir de ses conclusions, car, en définitive, ce n'es! raisonner qu'au hasard. C'est pourquoi il faut s'attac! ht à des faits, partir de ces faits pour généraliser les principes, et ne jamais les perdre de vue si l'on veut que la médecine devienne un art facile à exercer et exempt de fautes. .
Je crois avoir établi ainsi que l'art médical doit son origine aux résultats de l'observation de chaque groupe de phénomènes médités, et ramenés à des principes généraux basés sur l'observation et sur l'expérience des maîtres et des disciples.
Quant aux procédés à suivre pour augmenter cette science, qui est déjà fort ancienne, il faut étudier un à un tous les faits qui font partie du domaine de la médecine, et particulièrement les cas morbides ; rapprocher ensuite tous ces faits selon leur analogie de cause, démarche, de tendance et de terminaison; et, en dernière analyse, exprimer en termes aphorisliques les résultats
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES OU l'UOLÉCOMÈNES. 57
généraux que l'induction a pu saisir dans ces rapprochements : c'est ainsi qu'on parviendra à donnera notre science, pivsque divine, son entier développement.
Voilà la seule méthode philosophique applicable à la médecine : c'est d'elle qu'est venu le précepte d'établir . le raisonnement sur la connaissance éclairée de toutes les choses et de tous les moyens dont l'influence peut modifier le malade ou la maladie, soit en bien, soit en mal : A juvantibus et lœdentibus.