JJU DE LA. DIÉTÉTIQUE
diète sans y joindre l'usage d'aucun médicament! la diète est par elle-même, et par elle seule, un remède héroïque (1).
« (l)Lcs anciens faisaicnljconsister le principal traitement des maladies dans le régime qu'ils prescrivaient à leurs malades. Autrefois les médicaments proprement dits étaient peu nombreux et rarement mis en usage. Ce ne fut que. dans les temps de préjugés et d'erreurs, sous le règne de l'astrologie judiciaire et de l'alchimie qu'on s'imagina avoir découvert dans une multitude de substances des propriétés merveilleuses contre les maladies !
» Alors on inventa des formules bizarres , assemblage monstrueux de substances inertes, dégoûtantes ou nuisibles, auxquelles on attribua des vertus infaillibles contre la plupart des affections.
» Cet héritage est précieusement conservé par des esprits étroits, pour qui la crédulité et l'amour du merveilleux sont encore les premiers besoins, et qui croiraient commettre un attentat, s'ils se permettaient d'examiner ce que leurs prédécesseurs leur ont appris ou transmis.
» Ce sont ces formules que les médicastres, les charlatans, les ignorants, les esprits faibles, considèrent comme des richesses médicales, faute de pouvoir ou de ne vouloir pas s'élever à quelques considérations philosophiques. Ils s'imaginent que le traitement des maladies consiste dans une longue série de médicaments qu'on peut tour à tour mettre en usage contre elles ; ils n'oseraient même pas traiter une maladie, s'ils ne voyaient à la suite de cette maladie rénumération de tous les moyens préconisés pour la guérir. — Ils ne peuvent concevoir que la véritable thérapeutique ne peut être fondée que sur la connaissance exacte et précise de toutes les circonstances des maladies ; qu'un petit nombre d'objets dirigés d'après ces indications suffisent au médecin habile pour traiter et guérir toutes les maladies ; que le succès du traitement ne dépend pas du nombre des moyens, mais de leur opportunité, et que cette opportunité ne peut être déduite que de la juste appréciation des phénomènes morbides. Ils ne peuvent concevoir qu'un conseil d'hygiène est souvent bien plus efficace qu'une drogue savamment préparée ; qu'il y a plus de véritable médecine dans le billet de Bouvart : Bon pour trente mille francs à prendre chez mon notaire, que dans toutes les formules du Codex ; qu'il est souvent bien plus efficace de rassurer le malade sur son étal que de lui faire avaler des potions antispasmodiques ; qu'il vaut mieux enfin le soustraire à la cause qui a dérangé sa santé que de le gorger de drogues.
» 11 est cependant juste de le dire, à mesure que la médecine clinique est mieux étudiée, à mesure que les maladies sont mieux connues, le crédit des médicaments diminue, et aujourd'hui il n'est plus que quelques
La diète est une chose capitale dans les maladies aiguës comme dans les chroniques, aussi bien que dans les rehaussements de la fièvre , ses développements et ses relâches.
La règle fondamentale consiste à remplir et à vider; il faut donc observer attentivement les changements qui arrivent après le boire et le manger.
En toute chose, il faut saisir!' à-propos, pour ne pas donner la nourriture à contre- temps et pour la présenter, au contraire, au moment où elle ne peut nuire, et qui est
vieux conser valeurs des préjugés antiques qui prodiguent les remèdes dans les maladies. C'est une chose vraiment digne de remarque que les hommes supérieurs de tous les temps ontprofessé pour les médicaments un scepticisme profond. — Les médecins des hôpitaux, ou ceux qui, dans les villes, donnent leurs soins à un grand nombre de malades et n'exercent pas notre noble profession comme un vil métier, finissent par devenir très-avares de remèdes. — Bocrhaave avait coutume de dire qu'avec de l'eau, du vinaigre, du vin, de l'orge, du mire, du miel, de la rhubarbe, de l'opium, de l'émétique, du feu et une lancette, on pouvait faire toute la médecine. — Uippocrate en employait moins, et n'avait pas moins de succès 1
» Mais, en blâmant l'excès, nous ne prétendons pas proscrire l'usage; il est des substances dont une saine expérience a démontré l'efficacité. Il serait aussi antiphilosophique de rejeter ces ressources précieuses que d'admettre toutes les formules du moyen âge. Certes les antiphlogistiques, les révulsifs, les toniques, les excitants, les narcotiques, les purgatifs, les émétiques, contribuent véritablement aux ressources thérapeutiques. Le plus habile médecin est celui qui les met en usage avec le plus de discerii' inent, c'est-à-dire qui saisit mieux les indications qui les exigent.
» Mais ces moyens resteraient sans succès et pourraient même devenir une arme dangereuse et meurtrière, s'ils n'étaient secondés par un régime convenable. »
Cet éloquent paragraphe, que nous empruntons aux leçons du professeur nostan,est, selon nous, le plus admirable tableau et le plus savant commentaire qu'on puisse donner de la médecine hippocralique ; c'.est ce qui nous a déterminé à le placer ici en regardâtes institutions d'Iiippocrate.
lJ- HE LA DIÉTÉTIQUE
celui OÙ le malade se trouve le plus loin de l'entrée dans le redoublement*
Règle fondamentale : Craignez toujours de nourri* trop, surtout au début des maladies aiguës ; mais la (faute n'est pas moindre et le mal est plus dangereux de ne pas nourrir assez que de nourrir trop, car la faim a un grand pouvoir sur la nature de l'homme, soit pour le guérir, soit pour l'affaiblir ou pour le tuer. Comme la réplétion cause une infinité de maux, l'inanition en produit aussi qui ne sont pas moins terribles : voilà pourquoi cette dernière espèce de médecine est plus étendue que la première, et demande plus de soin et plus d'exactitude.
11 s'agit de trouver une proportion convenable ; or il n'y a ni mesure, ni poids, ni nombres qui puissent nous guider plus exactement que le sentiment du corps qui reçoit la nourriture. Mais comment le connaître de manière à ne point errer, ni par le trop, ni par le trop peu ? C'est là la difficulté. Je regarderai comme très-louable le médecin qui ne commettra en ceci que de petites erreurs, car de n'en commettre aucune, cela ne peut manquer d'être fort rare (1).
Donnez les aliments et les boissons qui plaisent aux malades, lors même qu'ils seraient un peu moins convenables que d'autres qui ne leur plaisent pas.
(1) Si les premiers médecins de Paris, comme on dit assez naïvement; si les grands et les petits, si les forts et les débiles, si chacun, si tout le monde voulait méditer à loisir et mieux les maximes d'IIippocrate sur le régime el L'abstinence, f>n serait moins exposé à trouver dans les
Respectez aussi les habitudes particulières, car ce qui est depuis longtemps habituel , quoique mauvais, occasionne moins de trouble que ce qui est insolite.
Ne donnez pas beaucoup de nourriture au fort de la maladie et de l'inflammation, et ne faites pas subitement un grand changement quelconque en quoi que ce soit.
On digère facilement les aliments auxquels on est habitué, lors même qu'ils ne sont pas sains de leur nature. Il en est de même des boissons. Difficilement aussi s'accom mode-t-on des choses très-saines qu'on mange ou qu'on boit pour la première fois.
On doit toujours se conduire conformément à la nature de la maladie, à sa violence, au tempérament du malade, à ses habitudes, à son régime ; on doit aller plus doucement quand il s'agit d'augmenter. Il est des cas où l'on doit faire dès les premiers jours un retranchement absolu, jusqu'à ce que le fort du mal soit passé, pourvu cependant que le malade y puisse suffire ; les meilleures leçons à ce sujet se puisent dans le traitement des maladies, fondé sur l'observation et l'expérience.
Je ne crois pas que les médecins portent toujours assez d'attention à ce qu'ils ont à craindre de l'état de
journaux et dans les livres ces longs ébahissements et ces ravissements stupides qui émaillent d'une façon si grotesque les réflexions des derniers venus sur Faction salutaire d'une alimentation bien combinée dans toutes les maladies en général, et dans les fièvres graves ou lypboïdes en parlipuliér ; et d'autre part, les trop ardents auteurs de ces bonnes nouvelles éebapperaient eux-mêmes à l'immense éclat de rire des érudits.
(Dr Ed. A.)
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faiblesse provenant de la vacuité des vaisseaux qui cause la mort en plusieurs maladies, quoique plusieurs périssent aussi d'éréthisme, ou de douleur, ou de la violence môme du mal qui épuise les forces. La nature et les habitudes de chacun produisent de grandes différences dans les maladies, dont la cure ou le mauvais traitement dépendent de la connaissance ou de l'ignorance de ces divers états, et de l'attention ou de l'inattention à les distinguer.
Le mal devient sans doute plus grand, si, tandis que la faiblesse du malade est occasionnée par la violence et par la force de la maladie, on lui donne des aliments solides, croyant qu'il est faible parce que les vaisseaux sont vides ; — mais on n'est pas excusable, d'autre part, de méconnaître le cas où la faiblesse vient de la vacuité des vaisseaux, et d'exténuer alors par un régime trop tenu et trop austère.
L'une et l'autre erreur sont dangereuses, mais la seconde l'est plus que la première ; et si quelque autre médecin, ou même un simple particulier allant chez le malade, examine ce qui se passe et lui donne à manger, ou à boire, malgré l'ordonnance de celui aux soins duquel le malade est confié, on voit alors que le malade se trouve bientôt manifestement mieux. . . .
Ce sont de pareils événements qui attirent aux médecins les reproches du peuple. Il croit que le médecin entré par hasard ou le particulier qui est venu ont ressuscité le mourant !
Je sais qu'il y a des médecins qui pensent autrement ;
ils prétendent devoir commencer d'abord par exténuer le malade pendant deux ou trois jours ou même plus, ne donnent ni purée ni bouillon. Ils croient vraisemblablement que la maladie étant un grand changement, il faut lui en apporter un autre grand aussi. . . . Ce changement peut être nécessaire,. mais il ne faut en faire que de convenable, surtout en fait de nourriture.
Le malade, suivant leur opinion, serait très-incommodé si aux aliments ordinaires on substituait la tisane entière, ou la tisane crémée, ou même une simple décoction. Telle est leur opinion... Mais qu'ils apprennent que, si chez ceux qui se portent bien, tels ou tels changements, ou telles ou telles choses opèrent de très-grandes différences, ces différences seront encore plus considérables chez les malades, surtout chez ceux qui ont des maladies aiguës. D'autre part, on voit qu'un régime habituellement le même, tant du boire que du manger, vaut encore mieux que s'il était changé subitement en un meilleur ; car, soit chez les personnes qui font deux repas, soit chez celles qui n'en font qu'un, les changements subits sont nuisibles et occasionnent des maladies.
Ceux qui sont dans l'habitude de ne point souper, s'ils soupent, en éprouvent bientôt de l'incommodité ; leur corps s'appesantit, ils se sentent moins forts et plus lourds. Mangeant encore par-dessus, ils ont des rapports aigres et quelquefois de la diarrhée ; leur ventre se trouve surchargé, parce .'qu'il est accoutumé à de la relâche, à n'être pas rempli et à n'avoir pas à digérer tant de fois par jour.