‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 49 sur 84 · QUATRIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

QUATRIÈME TABLEAU

Tubercules et phtliisie.

Il se fait des tubercules dans le poumon lorsque la pituite et la bile s'y rassemblent et se pourrissent. Tandis qu'ils restent crus, on sent une légère douleur avec une toux sèche. Quand la coction est faite , on a de vives douleurs au devant et à la face postérieure de la poitrine, des chaleurs et une toux violente.

Si après la coction, si après que l'abcès est ouvert, le pus se porte dans le haut, de manière qu'il sorte tout par les crachats, et que la cavité où le pus s'est formé se dessèche, on guérit entièrement; mais quoique la coction et l'ouverture du dépôt se fassent vite, quoique le poumon se purge par les crachats, quand la cavité du pus ne se dessèche pas entièrement et que le tubercule donne toujours un peu de pus , l'état est très-grave et souvent mortel. On périt aussi par suite de la diarrhée; on meurt en parlant, en faisant ses affaires comme à l'ordinaire; on se dessèche, on se consume.

Lorsque l'abcès ne peut s'ouvrir de longtemps, ni de lui-même, ni au moyen des remèdes , le malade périt ordinairement épuisé par de fortes douleurs, par le dégoût, par la toux, par la fièvre. Lorsque le dépôt crève vite, et que le pus, bien cuit, s'épanche en abondance sur le diaphragme , le malade paraît d'abord se trouver mieux; si dans la suite il le crache tout entier, si la cavité où le pus était contenu s'affaisse et se dessèche, il

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guérit; mais il s'affaiblit à mesure que le temps s'écoule. S'il 110 peut cracher et qu'on ouvre alors avec le fer ou avec le feu pour l'aire sortir le pus, le malade paraîtra d'abord se trouver mieux; cependant, parla suite, il mourra comme les autres dont nous avons déjà parlé.

Il se fait aussi des tubercules a la plèvre, et cette affection est très-grave aussi.

Phthisic pulmonaire.

Dans la phthisie pulmonaire, on tousse et l'on rend beaucoup de crachats délayés qui sortent quelquefois facilement. On y remarque du pus qui ressemble à des grains de grêle. En le roulant sous les doigts, il est ferme et de mauvaise odeur; le son de voix est clair, on ne ressent point de douleurs; on n'a point de fièvre, mais de la chaleur de temps en temps, et l'on se trouve faible.

Il faut, dans ce cas, faire boire de l'ellébore et du bouillon de lentilles, bien nourrir le malade (G&ràe'ù, t. III, p. 232), en lui interdisant cependant les choses acres. — Il fera peu d'exercice, il s'abstiendra du commerce des femmes. Cette maladie dure environ sept ou neuf ans ; on en guérit quand on est soigné dès le commencement.

Phthisie laryngée.

Lorsque la cavité de la trachée-artère est atteinte, m a un peu de fièvre ; on sent do la douleur vers le milieu de la poitrine avec des démangeaisons dans tout le corps.

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Là voix est rauque; le crachat est liquide et clair; quelquefois épais comme de la purée de tisane. Il laisse une mauvaise odeur dans la bouche comme du poisson cuit. On y voit de temps en temps comme des fragments de chair d'un ulcère. Le malade dépérit des extrémités supérieures et de tout le corps. Il se forme un cercle de rougeur aux joues. Avec le temps, les ongles deviennent crochus, secs et livides. On meurt bientôt, s'il n'y est apporté remède. Le crachement de sang, de pus et la fièvre qui survient emportent le malade; il pourrait cependant guérir s'il était bien soigné.

Pour le traitement, vous ferez prendre du bouillon de lentilles et l'ellébore en boisson, pourvu que les forces du malade le permettent, sinon vous en mêlerez une demi-dose avec le bouillon de lentilles, vous arrêtant à la cinquième ou sixième prise.

Il ne faut pas purger par bas, à moins qu'il ne survienne une fièvre violente ; qirend elle n'y est point, on lâche le ventre avec du lait d anesse. Si le malade ne peut en boire la quantité suffisante, on donne des lavements qui portent peu à la tète; lorsque la bouche est inondée de crachats salés , on prend des sternutatoires qui n'irritent point la bile. S'il n'y a point abondance de sérosités, on ne travaille point sur la tète ; lorsque le crachat prend une mauvaise odeur, on met clans le bouillon de lentilles des remèdes propres au poumon ; on fait dès le deuxième jour des fumigations.

La nourriture consiste en viande de mouton et en poisson cartilagineux; on donne du poisson mariné, le

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meilleur et le plus gras. Quant aux épiceries, on use de coriandre et d'aneth. On prescrit des promenades avant et après le repas, en se préservant des vents et du soleil.

Do la phthigie dorsale.

La cause ordinaire en est les excès dans les plaisirs de l'amour; cette maladie est fréquente chez les libertins et chez les nouveaux mariés. On tombe malade sans s'en apercevoir. L'appétit se conserve, mais le corps se consume. On a de violents maux de tête avec des douleurs au cou, aux reins, aux muscles des lombes et aux jambes qu'on ne peut fléchir. Le ventre se constipe, les urines coulent difficilement. Le mal n'est pas grand d'abord; mais à mesure qu'il s'établit, on souffre davantage. Les jambes s'enflent comme dans l'hydropisie; il vient aux lombes des ulcères dont les uns se dessèchent quand il s'en forme d'autres.

Si vous interrogez les malades, ils répondent qu'ils sentent comme des fourmis qui descendent de la tête le long de l'épine. En urinant, en allant à la selle, ils rendent beaucoup de semence liquide ; quoiqu'ils voient des femmes, ils ri engendrent point. Ils tombent dans des difficultés de respiration, dans un grand état de faiblesse avec des pesanteurs de tête et un bourdonnement d'oreille. Si dans cet état ils sont atteints d'une fièvre violente, ils meurent épuisés.

Lorsque vous serez appelé dès le commencement, vous ferez prendre le lait d anesse, puis celui de vache ;

on passera ensuite et insensiblement aux aliments qui ont de la consistance, qui sont doux et propres à bien nourrir. Il faut s'interdire, pendant un an, tout excès de vin , le commerce avec les femmes et les exercices violents; on prendra les bains tièdes.

Aphorisme» relatifs a la phthisie.

Ceux qui vomissent du sang écumeux et qui ne sentent point de mal au-dessous du diaphragme, le vomissent du poumon.

Lorsque le crachat des phthisiques, jeté sur le feu, sent fortement, et que les cheveux leur tombent, ils périssent.

Les phthisiques dont le pus jeté à la mer va au fond, périssent dans peu. Pour faire cette expérience, mettez de l'eau de mer dans un vase de cuivre.

Les phthisiques qui perdent leurs cheveux, périssent avec la diarrhée ; et tous ceux qui sont pris de diarrhée meurent.

Quand les phthisiques sont oppressés par l'abondance des crachats et qu'ils en rendent une grande quantité non cuits, leur état est désespéré.

L'âge le plus dangereux pour la phthisie est depuis dix-huit ans jusqu'à trente-cinq.

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