‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 51 sur 84 · SEPTIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

SEPTIÈME TABLEAU

Kbloiilsscmcnf* et apoplexie.

On a quelquefois des éblouissements avec de légères douleurs à la tête ; on ne voit pas très-distinctement les objets , on a de la propension au sommeil, des vertiges, des tintements d'oreille, des battements aux veines; une petite fièvre, de la diminution dans les forces. Cet état annonce une prédisposition à l'apoplexie.

L'apoplexie ! Une douleur de tète s'empare subitement d'un homme en santé; il perd la parole sur-lechamp; il ronfle, sa bouche est béante; si on l'appelle ou si on le remue, il gémit; il ne comprend rien, il rend beaucoup d'urine sans le sentir. — Dans cet état, il meurt ordinairement dans les sept jours si la fièvre n'arrive; quand elle vient, il recouvre au contraire la santé. — Cette maladie est plus commune dans la vieillesse que dans la jeunesse.

Lorsqu'elle commence, on doit faire beaucoup de lotions d'eau chaude, fomenter, verser de l'hydromel

DES MALADIES. 2/l5

dans la bouche. Si l'on échappe au danger, on ne prendra de la nourriture que ce qui est indispensable pour suffire au besoin; on usera de quelque errhin, et au bout de quelques jours on purgera par bas. Si l'on ne purge, on doit craindre le retour. Cette maladie pardonne rarement une seconde fois.

Dans quelques circonstances, il faut débuter par faire couler le sang de la tête, quelque part que ce soit, après quoi on la rase et l'on y applique des réfrigérants.

D'autre part, si après avoir trop bu et trop mangé, on perd la parole, on revient à la santé si la fièvre paraît tout de suite; si elle ne paraît pas, on court le risque de mourir le troisième jour. Lorsqu'un individu tombe clans cet état , on doit lui faire des lotions d'eau chaude sur la tête et la lui couvrir d'épongés remplies de cette eau. On lui met dans les narines des tranches d'oignon pilé. Si à la suite de ces soins il recouvre la parole, la vue et la raison, il guérit le lendemain. — Si en relevant de cet état il vomit de la bile, il tombe dans la manie, et il court un grand danger le cinquième jour, s'il ne reste dans l'assoupissement. Voici , dans ce cas, la conduite à tenir :

On fera sur la tôte beaucoup de lotions d'eau chaude jusqu'à ce que le malade reprenne connaissance. On l'étendra mollement sur un bon lit, clans un endroit où la lumière soit très-faible et où l'on ne tasse pas le moindre bruit; on le couvrira bien; s'il dort, il est guéri.

Après qu'il aura repris sa connaissance, on lui donnera, pendant trois ou quatre jours, de la crème de

millet ou de la tisane crémée, avec du vin miellé pour boisson ; il passera ensuite à des aliments émollients en petite quantité.

Page 1