ONZIÈME TABLEAU
Ictère et lièvre bilieuse.
L'ictère a lieu quand la bile en mouvement se porte sous la peau; on a un peu de lièvre et de pesanteur de tète; quelquefois môme il n'y a point de fièvre; on devient jaune, les yeux surtout prennent cette couleur ; la
langue est quelquefois verte au bout. L'uriue est épaisse et verte; on se sent faible du corps.
L'ictère se traite en détendant tout le corps avec des bains chauds et en humectant le ventre et la vessie. Après avoir poussé parles urines, on donne des aliments laxatifs; on prescrit une boisson abondante de vin blanc coupé avec de l'eau ; on usera, parmi les aliments, de l'ache et des porreaux, ainsi pendant sept jours. Si la peau se nettoie, cela suffira, sinon on continuera encore durant trois jours; puis, après un ou deux jours d'in-. tervalle, on prendra quelque sternntatoire, et l'on avalera en boisson un remède propre à purger la bile par bas.
Fièvre bilieuse.
Quand on est tourmenté de la bile, on a tous les jours de la fièvre qui se fait principalement sentir à midi, et qui tombe et quitte ensuite; la bouche est amère; le mal est plus fort durant qu'on est à jeun— On se sent étouffer après le manger, peu d'aliments suffisent et remplissent ; on les voit avec répugnance, et leur vue suffit quelquefois pour provoquer des vomissements. — On sent un poids aux sourcils et aux jambes; on dort beaucoup. Dans la chaleur, il y a des sueurs. — S'il y a des froids forts, si la fièvre ne désempare point, là maladie sera longue. Lorsqu'il n'y a pas de sueurs, elle est jugée dans peu.
Dans cet état, on donnera un purgatif le neuvième jour: si on le donnait tout de suite, dès que la fièvre se
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déclare, elle augmenterait après la purgation, et il faudrait y revenir. Lorsqu'on n'éprouve pas de rapports à la bouche, et que le désordre se passe dans le bas-ventre, il faut évacuer par bas; dans les premiers jours, donnez du lait d'ânesse, ou du petit-lait, ou quelque suc laxatif; si le malade est faible, on se borne à des lavements.
Quand la fièvre persiste, on fait prendre le matin de l'hydromel avant d'administrer les purgatifs. Il faut boire de l'eau pure pendant tout le temps que la fièvre dure, et cela autant que le malade veut en boire. Dès que la fièvre a cessé, on donne de la tisane crémée ou un peu de millet, et de bon vin blanc par-dessus coupé avec de l'eau.
Si la fièvre dure toujours, ne quittant ni nuit ni jour, avec de la chaleur aux parties supérieures, qui se manifeste au toucher, et du froid tant au ventre qu'aux pieds et au visage, il faut s'abstenir de purger ef se borner à des lavements émollients; faire prendre la tisane crémée deux fois le jour, avec du vin trempé par-dessus; dans le reste du temps, on boit de l'eau fraîche.
Si le septième jour il ne survient pas de sueur, et si la fièvre ne relâche point, le malade meurt communément le quatorzième jour.