DOUZIÈME TABLEAU
Le ver solitaire.
Les vers plats s'engendrent durant que les enfants sont dans le sein de leur mère. Lorsqu'une fois ils sont
nés, les matières fécales ne séjournent pas assez dans le ventre pour que de leur pourriture il se forme un animal aussi grand que celui-ci ; leur formation cesse ordinairement d'avoir lieu.
Les personnes en santé rendent communément tous les jours les excréments de la veille ; or, un tel ver ne saurait s'engendrer dans aussi peu de jours que les hommes en passent quelquefois sans aller du ventre.
On voit qu'il se forme chez les enfants beaucoup de choses analogues durant qu'ils restent enfermés dans le sein de leur mère ; le sang et la bile qui y abondent, et qui s'y pourrissent, donnent une matière d'où proviennent les vents en ce lieu même. Les ronds s'y engendrent aussi. La preuve en est que les mères donnent aux enfants, aussitôt après leur naissance, de quoi leur faire rendre le méconium, afin qu'il ne s'échauffe pas dans le ventre, et afin d'élargir les boyaux. — On a vu sortir, avec les excréments, des vers ronds et quelquefois des vers plats ; il arrive ensuite qu'il s'y en engendre , et ceux-là font des petits ; mais les vers plats n'en font pas, quoique certains prétendent qu'ils en font aussi. Il est vrai que ceux qui ont les vers rendent quelquefois dans leurs excréments comme des graines de citrouille qu'on prétend être les petits de ces vers plats. — Le ventre ne serait pas assez grand pour les nourrir tous.
A mesure que lès enfants croissent, les vers plais croissent aussi et se nourrissent de ce qui arrive dans le ventre. Ils acquièrent une longueur égale à celle des intestins vers l'âge de puberté au plus tard. Lorsque le
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vers est arrivé à une longueur égale à celle des boyaux, il s'arrête; tout ce qu'il acquiert de longueur au delà est rendu par l'anus avec les excréments, cl tombe ëî) formé de graine de citrouille ou môme un peu plus gros. Pendant les voyages, dans des fatigues, lorsque le vëtttre s'échauffe, ce ver sort par le bas, et il en pend a l'anus une partie, qui se coupe ou bien qui rentre.
Une preuve que le ver plat ne fait pas de petits, et que la chose est telle que je le pense, c'est que si l'on donne un purgatif ou quelque boisson appropriée après avoir bien préparé le sujet, l'animal sort tout rond en un morceau comme une boule, et l'homme est entièrement guéri.
Mais si, à la faveur des remèdes, on rend de ce ver la longueur de deux ou trois coudées, ou même davantage, il se rompt, et Ton passe ensuite un long temps sans en avoir; mais il reparaît ensuite de plus fort. Cette observation mène à croire que le ver plat n'engendre pas de petits, et que ce qui parait en forme de graine de citrouille en est des morceaux. Il ressemble, dans sa forme, à une lisière faite de la membrane blanche des intestins.
Voici les symptômes : On rend de temps en temps, avec les excréments, comme des graines de citrouille. Quand on est à jeun, on le sent qui se jette du coté du foie, ou ailleurs, et il y cause de vives douleurs. La salive vient quelquefois à la bouche quand il se porte vers le foie, quelquefois non. On crache abondamment ; peu de temps après que les crachats sont arrêtes, on a de
métaphysique JUiH'i'ocnATK. 255 fortes tranchées; — quelquefois aussi des douleurs au dos : tels sont les symptômes du ver plat.
Ceux qui l'ont n'en éprouvent rien de funeste ; mais le j établissement de la santé, quand ils ont des maladies, est chez eux très-lent et très-difficile. Le ver consume en eux une grande partie de la nourriture qu'ils prennent. — Quand on le combat avec des remèdes convenables, on en guérit. Si on le néglige, il ne sort pas de lui-même, mais on n'en meurt pas. 11 n'empêche pas de parvenir à la vieillesse. Voilà ce qui concerne l'origine du ver plat et ses symptômes.