‹ Institutions d'Hippocrate, ou, Exposé philosophique des principes traditionnels de la médecineChapitre 78 sur 84 · CHAPITRE II. — Du régime ou de l'alimentation · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — Du régime ou de l'alimentation

On appelle régime. — Les recherches au sujet du régime. — Les esprits, le manger, le boire; il faut saisir l'à-propos; qu'est-ce qu'un mauvais régime. Pour bien tracer le régime de l'homme sain ou malade, il faut... — Quand la faim se fait sentir. — 11 faut réparer lentement le corps affaibli par une longue privation; il faut réparer vite ceux qui ont été épuisés par un excès rapide. Choisissez les aliments et les boissons qui plaisent aux malades. — Respectez les habitudes. — Régime pendant l'hiver, le printemps, l'été, l'automne, suivant les tempéraments et les âges. — Hygiène des personnes maigres , des personnes grasses ; la quantité des aliments doit répondre au travail ; si l'on se porte bien, ne rien changer à son régime ; pendant le cours des maladies il faut examiner leurs tendances avant de prescrire le régime ; — il faut connaître les quantités naturelles des aliments, ainsi que les changements que leur font subir les préparations culinaires ou pharmaceutiques. Les aliments servent tantôt à l'accroissement, tantôt à la subsistance seulement ; il y en a aussi pour faire accroître les forces. — Des aliments. — Les fruits pris en

grande quantité après le repas incommodent.— Les meilleurs aliments solides et liquides sont ceux qui, pris en petite quantité, apaisent la faim et la soif. — Les viandes trop longtemps bouillies ou fortement rôties ne sont point propres à fortifier. — Les meilleurs aliments peuvent engendrer des maladies quand on en use avec excès ou mal à propos.

— Le pain fait avec de la fleur de farine de froment est plus propre à rétablir les forces du malade que celui ou il entre du son. — Le rôti est moins fortifiant quand il est très-cuit; la viande la plus légère est celle .des chiens, de la volaille; — le bœuf est pesant, le mouton est bon pour tous les tempéraments; — le cochon convient aux sujets vigoureux qui prennent de la peine ; l'agneau, le chevreau, l'âne,

le poulin. — La viande de cheval est fort légère. — Le sanglier.

Les oiseaux : les pigeons, les perdrix, les poules, les tourterelles, les canards. — Les poissons : ceux d'étang, ceux de rivière, ceux de mer; — la perche, l'alose, le turbot,— le mulet, l'anguille;

— les coquillages. — Les carnivores, les frugivores; — les jeunes, les vieux ; — les mâles, les femelles ; — les noirs, les blancs ; — les animaux qui travaillent. — L'eau rafraîchit, le vin dessèche. — Les

vins noirs et âpres? les vins blancs et âpres? — Le vin nouveau,

les vins doux, les vins acides. — Les herbes : l'oignon, les asperges, la laitue, le chou, la citrouille, les raves. — Les fruits : les mûres, les poires, les coings, la pomme. — Il faut tous les jours observer vers la même heure le temps où le corps se purge ; — il s'affaiblirait bientôt s'il n'était réparé. — Il faut supprimer le travail quand le corps a besoin d'être réparé; le signe qu'on est suffisamment rempli, c'est la bonne couleur de la peau. — Les gens vieux supportent assez bien l'abstinence, les jeunes gens pas, les enfants nullement. La nourriture liquide convient à tous les fébricitants ; les convalescents, les malades mêmes souffrent d'une diète trop austère. Un genre de vie trop précautionné est moins sain que celui dans lequel on fait quelque léger excès.

CHAPITRE III. — Thérapeutique générale, ou principes généraux DE LART DE GUÉRIR |g3

Rappel des principes fondamentaux. — La nature suffit aux êtres pour toute chose. — La nature est médicatrice; — c'est elle qui guérit les maladies tantôt par le repos, l'abstinence, le sommeil ; tantôt par l'exercice, par un surcroît de nourriture ou d'activité ; —

t.mlôt par une ceitaino agitation, par des mouvements partiels ou par des soulèvements* — La nature a recours aussi à des expulsions, à des évacuations, à des substitutions de maladies. — La médecine est l'art d'imiter la nature, — le médocin doit toujours être son interprète et son ministre. — La médecine pratique repose sur ce principe : guérir les maladies par les moyens mêmes que la nature emploie. — La thérapeutique ost l'art de... < — elle consiste*.. — Les maladies guérissent tantôt par les contraires, tantôt par les semblables. — On se délermine aussi par le bien ou par le mal que le malade ressent des remèdes, à juvantibus et lœdentibus. — Pour guérir, le médecin doit mettre en œuvre. — La nature n'a qu'un petit nombre d^occasions opportunes ; quiconque connaît la cause d'une maladie est à même d'y apporter un remède; — la médecine consiste à ajouter et à retrancher. — Tout ce qui opère un changement peut être regardé comme un remède. — Il ne faut pas dans les maux médiocres donner de grands remèdes ; — on ne doit pas dénaturer1 les remèdes, mais les administrer avec leurs vertus naturelles. Les malades doivent être évacuées par les organes. — Le remède. — Le fer, le feu. — Ce que le feu ne guérit pas est incurable ! — Il n'y a pas de principe de guérison universel! On commence quelquefois par des paroles qui donnent du courage ; dans d'autres circonstances on commence et l'on finit le traitement par des actions. — Les maladies se guérissent souvent d'ellesmêmes, par les efforts de la nature. — Il faut souvent changer la manière de vivre. — Il faut avant de changer le régime faire attention à l'âge, à la constitution, aux habitudes des malades. — Il faut faire attention aussi à la saison régnante, à la constitution médicale. — L'estomac est pour les animaux ce que la terre est pour les arbres.

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