OU EXAMEN CRITIQUE DES DOCTRINES MÉDICALES
Considérations générales ; 289
Ce que c'est que le naturisme. — Cette doctrine est fort ancienne. — < Hippocrate la recommandait lui-même à ses élèves comme un héritage paternel. — Les prêtres d'Esculape, les sophistes et les philosophes. — Hippocrate parut. — Il établit une séparation absolue entre la philosophie des causes premières et la médecine, qui ne doit reposer que sur l'observation, l'expérience et le raisonnement. — Dogme fondamental : la médecine seule guérit. Cette doctrine, que l'on pourrait appeler la philosophie de la nature ou des causes finales, a reçu plus tard le nom d'hippocratisme.
Du naturisme. — Phases diverses du naturisme. — Son origine. — Pour bien comprendre cette doctrine, il faut se rendre compte d'abord de ce que les anciens entendaient par le mot nature, et ensuite du sens qu'Hippocrate lui-même attachait à ces expressions : nature, nature universelle, nature de l'homme. — Étymologie du mot nature, — ce que les anciens entendaient par ce mot. — La nature n'est que la cause universelle seconde ; — elle est la manifestation et l'expression éclatante de la pensée divine. — C'est par
l'ordre de Dieu que la nature fait circuler la vie dans l'univers. — C'est par une extension de cet ordre qu'elle pourvoit aux besoins de chacun. Chaque être possède une force, une nature qui lui est propre ;
— il ne faut pas confondre la matière avec la force, la nature physique avec la nature divine, l'univers avec Dieu, la création avec le créateur. — Ce qu'Hippocrale entendait par ces mots nature de l'homme : yvat;. — La nature de l'homme est une et infiniment variée ;
— elle est douée de facultés qui sont ses ministres. — Origine du naturisme. — Base fondamentale du naturisme. — Il y a en tout homme, en tout être, une force vive, formatrice, conservatrice et médicatrice. — Hippocrate ne voyait pas dans la nature un être spirituel; il employait ce mot pour désigner... — Le naturisme considéré au point de vue de l'art de guérir ; — il est le code même des notions expérimentales. — C'est un véritable système et un système vrai.
Principes généraux du naturisme, — Il y a un principe simple dans son essence et multiple dans ses effets qui préside. .. — La nature faitla vie de tout et la vie des parties; — elle maintient l'unité des parties.'— La nature est une faculté première et principale, mais il en est bien d'autres qui dépendent d'elle; — elle révèle l'état du corps par des phénomènes et des symptômes. Les idées de Haller, de Bordeu et de Bichat sur la sensibilité, la conlractilité et les propriétés vitales, ne sont que des commentaires de cet aphorisme d' Hippocrate. — La nature a pour excitateurs de son action... — Dans l'état normal du corps, elle est formatrice et conservatrice; — dans l'état de maladie, elle est médicatrice. — La maladie est une lutte entre. . . — La médecine est fort ancienne, dit Hippocrate. Successeurs d' Hippocrate : — Thessalus et Dracon ; — Acron d'Agrigente, Erasistrate, Asclépiade;
— Proxagore et Hérophile ; — Athénée et Archigène ; Galien ? — Il a eu l'insigne honneur de faire revivre le naturisme. — Fernel.
— Il a été le chef du naturisme après Galien. — Naturistes : Duret, Baillou, Charlier, Sennert, Houlier, Lazare Rivière. — Sydenham.
— Van Helmont, de le Boë Sylvius. — Borelli, Bellini, Pitcarn.
— Baglivi. — Ce que nous devons à Sydenham. — Gordon, Dulaurens, Stahl. — Depuis Galien, et surtout depuis la renaissance, tous les médecins d'une véritable valeur ont partagé et préconisé les vues et les doctrines d'Hippocrate. — A la fin du xvne siècle, le cartésianisme a porté un coup terrible au naturisme, en attaquant le dogme
de la force vitale et en rattachant toutes les fonctions animales à un pur automatisme soumis aux lois générales de la physique, de la mécanique et de la chimie! — L'école de Montpellier lutta d'abord contre le cartésianisme, — mais il se trouva néanmoins dans son sein des esprits irrésolus qui consentirent à une sorte de transaction. — Sauvages, Roussel, Borcleu, furent les fauteurs do cette déplorable fusion, qui devint la source d'une scission; conséquences fâcheuses.
Barthez. — Barthez parut. — Ce qu'il fit. — Il créa la philosophie médicale, sous le nom de philosophie naturelle, et en fit connaître le caractère. — Elle consiste en partie dans la recherche môme des causes de la vie. — Et après avoir reconstitué la médecinescience, Barthez créa la médecine-art. — Il fonda la théorie des indications et des méthodes thérapeutiques. — Principes, vues et doctrines de Barthez. — Il y a une différence absolue entre le système des forces chimiques et physiques. Barthez rattachait la perception humaine ou la conscience à une force distincte et supérieure, c'est-àdire à l'âme; — enfin, il admettait le fait de l'unité vitale proclamée par Hippocrale, et il donnait à cette cause de la vie le nom de principe vital déjà employé par Aristote. — Explication de Barthez relativement au mot principe vital. — Ces réserves une fois établies, Barthez professait qu'aux termes de la philosophie médicale... — A l'exemple des anciens, Barthez regardait les mots fièvre et maladie comme synonymes. — Celse avait dit.. . — Alexandre deTrallesavait ajouté... — Sydenham et Sloll avaient répété... — Barthez médita le sens de ces diverses définitions, puis il formula cette grande sentence, devenue plus tard fondamentale : La maladie est une fonction. — Passant ensuite de ce principe aux conséquences qu'il renferme, et de ces conséquences à leurs applications, Barthez fonda le code des règles pratiques, en instituant les méthodes naturelle, analytique et empirique. Telle est la doctrine de Barthez : c'est... — Ainsi se développa ce magnifique thème du naturisme à qui Barthez donna le nom de vitalisme. — Barthez a voulu faire revivre sous le nom même de la vie cette doctrine d'Hippocrate, qui est la science même de la nature médicatrice prise sur le fait. — Influence du vitalisme barthézien sur la médecine. — Détracteurs du vitalisme et déviations du vitalisme. — Brown, Bichat, Broussais. — L'idée hippocratique a toujours dominé et asservi les différents systèmes ; — que la plupart ne diffèrent du vitalisme que par des nuances imperceptibles, — quel-
quefois même par de simples substitulions de mois. — En effet, qu'est-ce que le pneuma dans le pneumatisme? — Qu'est-ce que la force vitale et les esprits vitaux dans le système de Galien? — Qu'est-ce que l'archée dans l'archéisme? • — Si ce n'est la nature providentielle d'Hippocrate. — Nous voyons Dulaurens, Gordon et Stahl répéter... — Et Frédéric Hoffmann! que dit-il? Qu'un éther sécrété par le cerveau est la cause des phénomènes de la vie. — C'est bien Fréd. Hoffmann, et non M. de Bonald, qui a dit : L'homme est une intelligence servie par des organes. — Cette sentence mérite d'être expliquée et commentée. — L'homme, dites-vous, est une intelligence servie par des organes, — dissertation à ce sujet. — Examen des systèmes de Boerhaave, de Cullen, de Brown, de Bichat et de Broussais. — Tous les systèmes, malgré leur prétention à la nouveauté reposent exactement sur le même principe, c'est-à-dire sur le fait de la vie animant, conservant et réparant l'organisme. — Conséquence naturelle de celte observation. — Que les forces vitales soient inhérentes ou simplement adventives à l'organisme, peu importe! Résumé des principes et de la philosophie médicale de Barthez. — Exposé analytique. — Principes de philosophie médicale. — Objet de la philosophie naturelle; — elle classe et généralise les faits. — L'essence des causes nous est inconnue. — On peut désigner les causes expérimentales sous les noms synonymes de... — Il est également nuisible à une science de trop étendre ou de trop restreindre le nombre des causes expérimentales. — Les hypothèses qui ne sont pas déduites des faits propres à la science qu'on étudie sont contraires à la manière de philosopher. — Comment on parvient à la découverte des lois de la cause expérimentale. — Principes pour la recherche des lois d'une cause ou faculté expérimentale; — exemple emprunté aux mathématiques. — Ce que c'est qu'un principe. Il faut admettre des causes expérimentales différentes. — Distinction à établir entre les lois vitales et les lois physiques et chimiques. — Nécessité d'une cause unique de la vie. — Plusieurs auleurs avaient admis un principe vital, mais Barthez est le seul qui ait présenté ce principe comme une notion abstraite et indéterminée. — Opinions de Barthez sur la nature et l'essence des causes de la vie. — Il réfute l'opinion de ceux qui ont voulu faire consister la nouveauté de sa doctrine dans l'adoption d'un principe vital. — Esprit philosophique du système de Barthez. — Le vitalisme peut seul amener des progrès dans la science médicale.
/l78 TABLK A.NALYTIQUH.
Exposition historique bi philosophique du vitalisme. — Considérations générales. — Le poète a dit, en contemplant la nature,.. — Le poète a dit, en étudiant l'homme malade... — Eh bien ! sans le savoir et sans le vouloir le poète a conçu et défini le vitalisme. — Le vitalisme ainsi conçu est le système de l'homme révélé par la nature. — La vie est dans l'air, nous l'y puisons en même temps que l'intelligence et la raison. Le vitalisme remonte à Pylhagore. — Principe, appui, autorité du vitalisme. — La vie! qu'est-ce que la vie? — L'admission de la force vitale suffit, et pour prouver la nécessité d'une ligne de démarcation entre la physiologie et la physique du corps humain, et pour légitimer l'existence d'une science qui repose sur les lois de la vie. — La vie est-elle une cause, un effet ou une loi? — La force vitale est-elle matérielle ou immatérielle? — La force vitale est-elle intrinsèque. — Le docteur Blaud de Beaucaire. — Identité du fluide nerveux et du fluide électrique. — MM. Prévost, Davy, Magendie.
— Lecat (de Rouen). — Quel est le principe qui anime l'organisme? In vita sumus et movemur. ■ — La vie n'est en chacun de nous qu'un usufruit, qu'une concession. — La nature de l'homme est double: Homo duplex. — Damascène/ médecin arabe ; — ses préceptes : Ceux que nous médicinons ne sont pierre, bois, boue, ni cuir, mais l'œuvre de Dieu grandement précieuse et très-périlleuse. — M. Trousseau rapporte que sur dix malades sept succombent à des médicaments mal indiqués ou mal administrés. — Les mœurs de l'esprit suivent la tempérance du corps, dit Damascène ; — préceptes de Damascène.
— Considérations sur le fluide nerveux. Le fluide nerveux est le fluide vital par excellence.
Exposition des principes du vitalisme. — Exposition. — Dogmes, nature médicatrice, unité vitale. — Réaction vitale. — L'affection et la réaction sont les deux éléments constitutifs de la maladie. — Effets de la réaction ; — solidarité des organes. — Ce que sont les symptômes, à proprement parler. — Des lésions organiques. — Nosologie du vitalisme. — Nomenclature du vitalisme. — Le docteur Lassalvy.
— Thérapeutique du vitalisme. — Représentants célèbres du vitalisme en France : M. Lordat, M. Cayol. — Doctrines de ces deux maîtres.
Doctrine» du professeur Lordat. — École de Montpellier. — École de Montpellier. — Esprit de cette école. — Principes de l'école de
Montpellier; ses dogmes. — Origine de l'école de Montpellier; — se9 maîtres. — Sauvages, ses principes. — Distinction entre les forces vitales et les forces physiques. — Première ébauche de la doctrine des propriétés vitales. Sauvages a renversé le mécanicisme. — Lacaze, ses principes; — il a imprimé à la physiologie un caractère expérimental. — Bordeu, ses doctrines. — Il a affranchi la médecine du joug des sciences physiques et chimiques. — II a rattaché los données métaphysiques à l'organisation ; — par une application philosophique de la méthode newtonienne à la physiologie, il a placé le foyer de la vie dans la sensibilité et la motilité. — Il a érigé ces modalités de la vie en propriétés vitales.— De Sèze, Robert, Roussel. . . — Barthez ; — ce qu'il a fait. — Il a institué la science des
méthodes et des principes, et créé ainsi la philosophie médicale.
Il a établi le code magistral de la médecine. — Grimaud a spiritualisé la doctrine de Barthez. Dumas a matérialisé la doctrine de Barthez; — M. Lordat a ramené les esprits à la doctrine pure de Barthez. — Ses livres constituent en quelque sorte la bible médicale du médecin.
M. Lordat. — Principes de philosophie médicale. — Il faut remonter jusqu'au phénomène primitif ayant force de cause. — Il faut étudier l'homme tout entier, et rapporter les actes de la vie à autant de principes d'action qu'il en faut admettre pour lasser les faits. — Dogme de l'unité vitale. — Principe d'unité; principe d'harmonie. — Sources des faits des systèmes philosophiques. — Défense de Barthez. — Doctrines de M. Lordat. — Il faut en philosophie médicale adopter pour point de départ et pour base le baconisme newtonien ou la méthode expérimentale. — L'homme est composé d'un mécanisme et d'un dynamisme double. — Il y a dans l'homme trois parties à considérer : un agrégat matériel, une force vitale, une force psychique. — Développements à ce sujet. — La vie ! — Causes aveugles, ou ratione ends; causes intelligentes, ou ralione moris. — Force vitale ou esprit de vie. — Principe de l'intelligence ou sens intime, âme humaine. — L'homme est engendré et non fabriqué. — Caractéristique de la double nature de l'homme. — Doctrine de l'alliance. — De la physiologie humaine ou de l'anthropologie. — Réflexions critiques sur les doctrines de M. Lordat. — Pratique médicale de l'école de Montpellier.- Art médical. - Le professeur Goltin. — L'ouvrage didactique du professeur Golfin sur la pharmacodynamie donne une
idée complète de la pratique médicale adoptée et suivie par les maîtres de l'école de Montpellier — Berthe et les maladies de l'Andalousie. — Baumes et ses ouvrages sur la phlhisie pulmonaire, le vice scrofuleux et les convulsions des enfants. — Éluge du professeur Golfin.
M. le professeur Cayol. — Ses doctrines. — Depuis Ferrie!, Sennert, Houillier, Durel, Bnillou, et même depuis Thouret et Hallé, il y a toujours eu à Paris des médecins hippocratisles, mais il n'y a plus eu d'école hippocralique, à proprement parler. — L'enseignement particulier a seul conservé et transmis la doctrine. — Pinel, Corvisar, Bayle, Laennec, Fizeau, Alibert, L'André-Beauvais, Léveillé, Récamier, Cayol, Bayle neveu, Bousquet, Gibert et Martinet. — L'école anatomique. — Ce qu'a fait M. Cayol. — Il a imprimé aux maximes dogmatiques de la médecine traditionnelle une expression simple, lucide et technique, il a formulé des aphorismes qui ont exercé une notable influence sur la médecine philosophique. ■ — Comment M. Cayol a procédé dans cette vaste entreprise. — Barlhez et M Bousquet. — Les commentaires de Dumas, de Vitet, de Plancbon et de Petetin. — Ne pas confondre Dumas, le célèbre professeur de Montpellier avec M. J.-B. Dumas, chimiste et sénateur.
Aphorismes de l'hippocratisme moderne. — La force vitale; — l'organisme ; — la vie, — la physiologie; — la pathologie ; — la maladie, la réaction. — Fonctions naturelles ou physiologiques; — fonctions accidentelles ou pathologiques. Elles dérivent d'une seule et même loi. — Réaction locale, — réaction générale; — leurs organes ou leurs agents. — De l'inflammation, — de la fièvre ; — rapports absolus.— Toute réaction locale peut exciter une réaction générale. — Il y a des fièvres primitivement locales — ou svmptomatiques; — fièvres primitives générales ou essentielles ; — causes des fièvres essentielles. — La fièvre n'est pas un être, mais un acte, une réaction, une fonction pathologique. — 11 ne faut donc plus demander quel est le siège de la fièvre, mais ses instruments, ses organes. — La réponse est simple et facile. — Il ne faut pas confondre les maladies avec les lésions ou les altérations matérielles: — ces altérations sont des produits d'exhalation et de sécrétion, et presque toujours le résultat ou le produit de fonctions anormales. — Réduire ainsi la théorie médicale à la coordination logique des faits qui résultent de l'observation de l'homme vivant et réagissant, c'est introduire dans la science médicale un lan-
gage clair, précis et rigoureux. — Appréciation des aphorismes de M. Cayol. — Épisode. — M. le professeur Cayol et M. Sales-Girons.
— Réclamation et réfutation de M. Cayol. ■ — M. Cayol a eu le tort de batailler contre les théories du double dynamisme de Montpellier.
— Systèmes et vues d'Hippocrate, de Platon, de saint Augustin et de Buffon sur la double nature de l'homme. — Opinions de Bichat.
— Saint Paul. — Quelques mots à la mémoire de M. Cayol. ■ — Ses principes, ses doctrines, ses travaux scientifiques ; son enseignement à la Faculté, sa clinique à la Charité, sa pratique.
Du néô -vitalisme ou du pseudo -vitalisme. ■ — Ses aphorismes,
réflexions à leur sujet. — Action désastreuse du pseudo-vilalisme, — où il conduit. — M. Sales-Girons. — Réflexions générales sur le vitalisme. — La médecine philosophique est celle qui. . . — La nature,
— ou l'âme médicale, comme dit Hoffmann. — Définition de la nature,
— Examen critique du principe-vitalisme de M. Sales-Girons. — Il n'y a qu'un vitalisme comme il n'y a qu'un christianisme.
De l'or ganicisme. — Définition, origine. — Thalès, — Épicure. — Théoph. Bonet, — Morgagni. — L'organicisme est moins un système qu'une méthode. — Bichat. — Alliance de l'organicisme et de l'anatomo-palhologisme. — Choses étranges et déplorables ; — oubli des principes; — corruption du langage; — conséquences désastreuses!
— Abandon de la philosophie. — L'organicisme de M. Rostan; — principes. — La vie selon le professeur Rostan. — M. le professeur Rostan est à la fois organicien et vitaliste. - Scission entre la théorie et la pratique. — Des alliances de l'organicisme. — La vie, selon M. Littré.— M. Michel Lévy a slercorisé la vie. — Réflexions générales sur l'organicisme. — Le bon sens public a fort heureusement fait entière et complète justice de ces doctrines. — C'est un système dont on montre les assises, mais dont on n'a jamais su exposer scientifiquement le plan. — On n'enseigne même, dans ses propres écoles que ses procédés et ses pratiques.
Corollaires principaux de l'organicisme. — Principe ou base fondamentale. — La maladie ; — plus de diathèses ; plus d'entités morbides, plus de fièvres essentielles. — Développements à ce sujet. — Méthode générale des organiciens, — leurs idées sur les fonctions de l'économie. — Classification des maladies. — Des quelques lumières répan-
dues sur la médecine par l'organicismo j — mais que d'erreurs, que de déceptions I — Il a détourné l'attention de l'étude de l'homme; — il a imposé à la médecine un langage, des méthodes et des procédés d'investigation qui l'ont tuée ; — il a bouleversé la pathologie en faisant du siège do la maladie le point de départ du diagnostic; — il a faussé l'éliologie et désorganisé la symplomatologie. — L'organicismo n'aboutit qu'à des abîmes en physiologie, en pathologie, en thérapeutique. — L'organicisme a tout renyersél — ■ Comment il procède; — ses moyens d'investigation : — le microscope, — le stéthoscope. — L'organicisme est le système régnant à la Faculté de médecine de Paris. — Il n'y a plus de médecins, il n'y a que des chirurgiens. — Paroles de Pinel, — de Cayol, — du docteur Teissier.
L'organicisme est le déshonneur de la médecine au xixe siècle. —
Ce n'est ni une théorie, ni une doctrine : c'est une erreur grossière et le caput mortuum du voltairianisme! — Yitalisme organique de M. Pidoux. ; — M. Amédée Latour. — MM. Bûchez, Andral, Ribes, Dechambre. — Exposition. — Une cellule et du mouvement, voilà l'univers ; ■ — une cellule vivant par elle-même, voilà le germe organique, voilà l'embryon humain. — Développements à ce sujet. — On s'épargnerait bien des efforts inutiles, si l'on voulait simplement se rappeler que l'office des disciples de la science consiste à développer, à commenter et à répandre les doctrines du maître.
Parallèle do médecin organicien et do médecin vitaliste. — Du médecin organicien. — On le reconnaît aisément à ses manières.
— Ses idées, ses méthodes, ses procédés. — Ausculter, percuter et saigner, tel est son lot. — Comment on devient organicien plutôt que vitaliste, ou vitaliste plutôt qu'organicien.
Du médecin vitaliste. — Comment il procède. — Il comprend la médecine comme la comprenaient Hippocrate, Galien, Fernel et tous les maîtres de l'art. — Diagnostic anatomique et diagnostic médical.
— Pour établir un diagnostic, il a recours surtout à sa raison et à ses propres sens. — Il attache la plus grande importance aux expressions vitales, et ces expressions vitales, véritables dépositions naturelles de l'organisme, sont autrement éloquentes que toutes les données fournies par les bruits de fouet, de souffle, de râpe, de scie, de cloche ou de tamtam, qui font la joie des bébés du jour! - Il faut faire déuver une partie des règles de la médecine pratique de l'observation attentive et
soutenue (Je ce qui esl utile ou nuisible au, malade. — Le langage médical du médecin vitalisto est fortement empreint de l'esprit médical qui le dirige. — Levitaliste ne prescrit jamais de remèdes énergiques qu'avec une extrême circonspection ; — il a confiance dans les efforts de la nature.— Le médecin vitalisto attaque de front la cause morbifique. — Il met le malade dans toutes les conditions favorables à sa guérison ; — il surveille et dirige la nature.— Il établit une différence capitale entre une maladie et une affection, entre une réaction et une lésion organique. — ■ Il y a beaucoup plus de vitalistes qu'on ne pourrait le croire.
— Le docteur Munaret.' — Il y en a même qui le sont sans le savoir. — On est vitalisto quand... — 11 n'est pas indispensable, pour être vitalisle, d'avoir une théorie toute faite sur l'existence ou la nature de la cause qui anime l'organisme ; — ni de savoir si elle existe en l'homme ou hors de l'homme ; — ou bien encore si elle est d'essence spirituelle ou matérielle? — Ce qu'il faut savoir, c'est que l'organisme pourvoit à sa conservation et à sa guérison. — Développements à ce sujet. — Les conceptions et les formules qui sont le commentaire et le développement des termes métaphysiques, nature, esprit, âme, constituent par leur enchaînement logique une synthèse de l'ordre le plus élevé.
— L'acle de la guérison naturelle des affections morbides par les forces propres de l'organisme, est l'acte ou le fait qui domine toute la physiologie, toute la pathologie, toute la médecine. — La question du vitalisme n'est ni aussi ardue ni aussi embrouillée qu'on veut bien le dire. — Elle se réduit à une simple dispute de mots, à une vraie logomachie. — Le vitalisme n'est autre que le naturisme rétabli par Barthez, qui, pour opposer une digue aux sciences physiques, a fait revivre sous le nom de la vie (principe vital) le fait fondamental de la nature médicatrice. — Note : Tableau de l'univers. — Dieu créateur. -=La nature ou le principe de vie; la nature inorganisée, la nature organisée; les organismes végétaux, animaux. — Le corps est à l'homme ce que la terre est à l'arbre, ce que l'arbre est au fruit. — Le naturisme hippocratique a été professé en France, à Paris et à Montpellier jusqu'aux dernières années du dix-septième siècle. — Ses dogmes étaient expliqués aux élèves par des maîtres qu'on appelait des lecteurs successifs. —Leur office consistait à... — Les premiers livres de la Faculté de Paris ont été désignés sous le nom de commentaires. — Bibliothèque de la Faculté de Paris. — Réorganisation de l'école de médecine en 1797. — Thouret, directeur de l'école de Pans, fondateur du haut enseignement. — Chaires de médecine hippo-
/|8ft TABLE ANALYTIQUE.
cratique, d'histoire de la médecine et de bibliographie médicale. — Thouret demande aussi la création d'une chaire de philosophie médicale, mais tous ses efforts échouèrent devant cet argument irréfutable : Nous n'avons pas d'argent 1 — Suppression de la chaire de doctrine hippocratique en 1810. — Collège de France. — Chaire de médecine fondée par François Ior. — Elle avait pour objet spécial l'enseignement des principes fixes de la médecine. — Le collège de France devint en quelque sorte l'arche sainte de la médecine. — On y entendit des médecins propager avec dignité et avec foi les saines doctrines.
Malheureusement cette époque de rénovation n'eut elle-même qu'un
terme trop rapide. — Les leçons du génie antique perdirent leurs interprètes. — Les ombres des Riolan, des Guy Patin, des Astruc, desDanyau, des Andry, des Ferrein, des Bouvard, ont abandonné ces lieux sacrés. — Vingt ans après, la voix éloquente des Hallé, des Corvisart, des Laennec et des Récamier se fit entendre comme un dernier écho ! Cette chaire est devenue une arène sanglante sous Ma-
gendie. Elle est, encore aujourd'hui comme une succursale des pavillons de dissection ! Aujourd'hui on y dogmatise éperdument sur la glycogénie, sur la nature des substances douces, sur les actes moléculaires de la nutrition. — Note : MM. Bouchut et Daremberg.
Considérations génébales *09
Ce que c'est que la médecine. — C'est une science et un art.— Domaine de la médecine. - Ce que c'est que la vie. - Des lois vitales. — Objet des lois vitales. — Lois morales. — La vie est le fait qui domine toute la philosophie de la médecine Ce principe est la source d'une méthode qui consiste à.. —Oubli de la vraie méthode.— Conséquences déplorables'de cet oubli. - Retour aux vrais principes. - Le vitalisme.
Une force anime et régit l'organisme. En médecine, cette force est le principe qu Hippocrate invoquait sous le nom de nature.- Facultés